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Archives pour décembre 2015



Night call (Nightcrawler) – Dan Gilroy – 2014

Night_CallBreaking news.   

   4.0   Mouai. Le film vaut le coup d’oeil au moins pour Jake Gyllenhaal, qui aurait fait ailleurs un excellent Norman Bates. Il y a dans son regard et ses déplacements quelque chose qui évoque Anthony Perkins. Après , le film est bien fichu, super rythmé, jusqu’au-boutiste, OK. Mais à en faire une satire totale, de bout en bout, sur les médias, les nouveaux voyeurs, la fascination pour le Tout-Voir, j’ai l’impression que le film se fait portrait de lui-même et qu’il ne va pas plus loin que son petit programme crescendo assez balourd. Disons que ça impressionne la galerie quoi. Et c’est tellement fait dans cet optique que les personnages n’ont aucune présence, ils n’existent que dans la représentation formatée qu’on leur insuffle. Après ce n’est que mon avis, ça ne me parle pas car il n’y a aucune croyance autre que purement misanthrope.

Repas de famille – Pierre-Henry Salfati – 2014

471972Les chevaliers de la merde.   

   0.0   Abject. L’un des pires trucs vu de ma vie. Dans le délire Barbecue mais en pire (c’est difficile je sais) car il faut se farcir Les chevaliers du Fiel pendant 1h30, imagine l’angoisse. Bon sinon, c’est fou cette mode d’humoristes transposés au cinéma. Enfin ça existe depuis longtemps, Coluche avait bien tenté de faire Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine, puis Les inconnus, les Nuls ont fait chacun leur truc. Mais depuis quelques années c’est un défilé : Le Coco de Elmaleh, Foresti dans Barbecue, les merdes de Dany Boon, de Kad & Olivier, Youn, Bigard. Pour le pire. Pour un peu mieux, il y a les tentatives de Ngijol et Eboué. C’était chouette Case départ, non ? Pour le beaucoup mieux forcément ce qu’a fait Dupieux d’Eric et Ramzy, ou OSS de Dujardin. Mais tout de même, c’est une époque bizarre où on a l’impression qu’il faut à tout prix faire son film/spectacle. Et quand il y a zéro cinéma derrière, comme ici, c’est atroce, inévitablement.

Fast & Furious 7 (Furious Seven) – James Wan – 2015

15One last ride.

   5.5   La franchise restait sur une chouette lancée grâce en partie à Justin Lin qui avait dépoussiéré tout ça. Ce septième volet pouvait briser l’élan, déjà parce que James Wan prenait le relais – Non pas qu’on n’ait pas confiance en lui, son Conjuring était épatant mais justement parce qu’il ne semblait pas super adapté au genre. Mais surtout parce que ce film pouvait tomber dans l’hommage excessif à Paul Walker, tragiquement disparu pendant le tournage. Non seulement le film parvient à être particulièrement émouvant mais il est probablement à ce jour le volet le plus généreux de la saga. Vin Diesel y descend des montagnes avec des croisements infernaux de bagnoles impossibles, le tout avec tonneaux et sans égratignure. On y saute en parachute directement avec les voitures guidées par GPS. Brian peut sortir d’un bus sur le point de tomber d’une falaise en se rattrapant in extremis sur l’aileron arrière de la voiture de Letty. Dwayne Johnson survit à une explosion d’immeuble en voltigeant dix étages et en atterrissant sur le toit d’une bagnole, récoltant un pauvre bras dans le plâtre. On a aussi un duel encastré à plein régime duquel Diesel et Statham s’extirpent tranquilou bilou. Toretto nous avait prévenu : Etre rapide ne suffira pas cette fois. Le Fast a d’ailleurs disparu du titre original, ce n’est pas un hasard. Le fils de Brian avait poursuivi en faisant voler ses petites voitures. Du coup le film joue moins sur sa vitesse de croisière horizontale que sur un tempo volontiers vertical. Tout se déroule en hauteur. On arrive en Azerbaïdjan par le ciel. On saute d’immeubles en immeubles à Abu Dhabi. Deux longues séquences vraiment jouissives, parmi ce que la saga aura fait de mieux. Dom, encore lui, effectue une dernière figure impossible pour déjouer les plans d’un hélicoptère. À la fin les voitures se battent contre des drones. Etc. Et il y a cet adieu final à Paul Walker, donc. Très touchant. Fondu dans l’histoire, où il est dit qu’il se retire pour retrouver sa famille. Le personnage et l’acteur fusionnent. Pour un dernier run entre potes et ces bolides qui finissent par prendre deux routes différentes. 

Misery – Rob Reiner – 1991

misery-james-caan-kathy-bates« I’m your number one fan »

   6.5   Ces temps-ci je recherche un peu de proximité, de facilité. Les films qu’on a dévoré longuement enfant font l’affaire. Des madeleines que justement je m’étais promis de revoir. Commençons donc par Misery. J’ai l’impression de l’avoir vu des dizaines de fois celui-là, à tel point que James Caan, pour moi, c’était Paul Sheldon et non Sonny Corleone. C’était avant, cela va de soi. Le problème de Misery version Rob Reiner, c’est qu’on ne peut en parler sans en évoquer le matériau de Stephen King, autre madeleine dans son genre. On ne peut en parler car c’est un décalque sans une once d’ambition formelle. J’exagère puisque le film parvient parfois à être saisissant, joue aussi habilement de son crescendo et Kathy Bates campe une Annie Wilkes qu’on rêvait à peine plus cinglée dans le bouquin. J’exagère puisque Reiner invente d’autres scènes, en sectionne plusieurs et est apparemment moins intéressé par le Novril que l’était King. Néanmoins, l’agencement des séquences fortes est attendu, le film fonctionnant sans doute trop par chapitre, le renvoyant inéluctablement vers le livre. Quand Annie s’emporte, le plan nous le fait comprendre : il cadre en contre pongée pour lui donner une dimension maléfique. Quand Paul tente des minis évasions de sa chambre, le montage insère de nombreux plans parallèles d’Annie (partie en ville lui acheter le papier, par exemple) pour que l’on s’adapte aux montées d’angoisses, pour ne pas nous perdre, aussi. Tout le travail nous est mâché. Le coup du pingouin, par exemple, impossible de rater son utilité tant le plan s’endort sur lui. En plus de s’en tenir à un petit programme bien construit, Reiner n’utilise jamais assez l’espace qui lui est offert : Une petite maison au coeur des montagnes du Colorado, ça devrait être dense, immense, indomptable – Kubrick avait compris, lui et en adaptant King qui plus est. Là ne restent que quelques plans morcelés de l’extérieur et une maison pas suffisamment cauchemardesque pour troubler plus qu’elle ne maintient forcément l’effroi. C’est une peur familière. Un film qui ressemble finalement beaucoup à toute cette vague de thriller d’époque agréables mais programmatiques. Pas étonnant que j’en fasse mon ouverture idéale à cette rétro d’easy watching films.

Girlhouse – Trevor Matthews – 2015

10. Girlhouse - Trevor Matthews - 2015Traque sur Internet.

   5.0   L’ouverture suit le schéma traditionnel de l’exposition du trauma : Un petit garçon rondouillard d’une douzaine d’années est coincé par deux petites pétasses qui lui baissent son froc et se moquent de la taille de son sexe. Humilié, dégouté, traumatisé donc, il prend en chasse l’une d’elles et la tue. C’est comme ça qu’il fait lui. On comprend que le film souhaite se garder ça sous le coude. Aucune date n’est offerte mais les années ont passé. Le film se trouve alors une héroïne. Une étudiante discrète mais pas si farouche qui afin de payer ses frais de scolarités, entre dans une maison diffusant du porno sur un site internet, relatant l’activité quotidienne de ses habitantes, lapdance et sextape compris, bref une sorte de loft story X.

     En slasher que l’on sent doucement émerger, l’intro va rejoindre la storyline centrale. Un admirateur de camgirls qui n’est autre que notre dodu du début, pas de surprise, faisant désormais partie de la clientèle des habitués (photos de chaque fille ornant ses murs en sa compagnie dans un montage Photoshop pathétique) officiant sous le pseudo de Loverboy va subir une nouvelle humiliation qui va réveiller sa campagne meurtrière. Il va pirater le site web (Oui, c’est aussi un hacker de renom) et pénétrer dans l’établissement, avec masque et couteau.

     Si la première partie du film s’étire et s’avère assez peu stimulante, quoique relativement soignée c’est à préciser, le film décolle ensuite dans sa partie slasher où le bodycount est l’unique crédo. Il y a un élan assez jouissif, rythmé par les allées et venues entre les caméras dispatchées dans chaque pièce de la maison, chevauchant assez judicieusement les prises extérieures (ceux derrière leur écran, sopalin dans la main et le petit ami de la petite nouvelle, inquiet, qui fera office de semblant d’issue) et les prises intérieures où la mise en scène s’amuse, vadrouillant entre les chambres, avec ou sans écran – Les filles de la maison ont aussi accès au site et donc aux vues des chambres, de leur propre ordinateur et plus flippant encore, le maniaque aussi grâce à son téléphone, lui permettant de construire une vengeance méthodique.

      Sous son masque à la Letherface, le maniaque n’y va d’ailleurs pas de main morte. Le film pourrait être hyper sale et malsain mais il choisit une dynamique un peu étrange, un peu bouffonne, entre le comique et l’horreur (les commentaires des internautes, soit c’est absolument génial soit on ne voit pas trop ce qu’ils viennent faire là, c’est selon). Néanmoins je le répète la mise en scène est suffisamment lisible pour maintenir sa tension et faire éclater ses effusions gores, parfois bien senties. Voilà, ça ne révolutionne pas le genre mais ça ne lui fait pas de mal non plus.

Wet American Hot Summer, First day of camp – Saison 1 – Netflix – 2015

12193663_10153265310662106_7481678632808840437_nHi, campers !

   4.5   A l’origine il y a un film, culte dit-on, sorti aux débuts des années 2000. Pas vu. J’aurais peut-être dû. Si le casting démentiel attisait ma curiosité, les trois premiers épisodes furent pour le moins difficiles. Pas une douche froide non plus (Je n’y avais pas placé d’espoirs démesurés) disons plutôt que ça m’a laissé complètement dubitatif. J’étais sur le point de m’en tenir là – Cette histoire de mare toxique jaune fluo n’était pas loin d’avoir raison de moi – mais le programme étant court, j’ai tout de même lancé le quatrième épisode, test de la dernière chance et j’ai bien fait, ça m’a plu. Quid de savoir si c’était une question d’humeur, qu’importe, j’ai enchainé la suite, sans enthousiasme mais assez aisément. Pas de quoi se relever la nuit non plus mais j’ai enfin trouvé ça attachant. Quelques situations m’ont plu, quelques vannes et gags aussi, durant les derniers épisodes notamment.. Merci aux acteurs hein : Paul Rudd, Kristen Wiig, Jon Hamm, John Slattery, Christopher Meloni, Amy Poehler, Bradley Cooper, Jason Schwartzman, Elizabeth Banks, Michael Cera… Quand je te disais qu’il y avait du monde. Ils y sont vraiment pour beaucoup. Bon, la plupart étaient semble-t-il déjà présents dans le film. Au passage, ce sont les deux acteurs/créateurs (David Wain & Michael Showalter) de la série qui me paraissent complètement en deçà, notamment à cause d’une storyline commune plutôt fade et comme ils sont sur le devant de la scène lors des premiers épisodes, ça se voit. Après, mon principal problème, c’est que l’humour global y est hyper lourd, les enchainements poussifs, c’est souvent gênant. Alors si on entre dans la danse ça passe. Mais ça peut très bien casser d’une séquence à l’autre tant l’absurde y est matraquée, grossière, pas super ingénieuse. Sinon, deux acteurs (Joe Lo Truglio & Ken Marino / Neil & Victor) toujours en duo, m’ont fait systématiquement penser à Olivier Baroux et Edouard Bear, c’était très perturbant. Ravi d’avoir essayé malgré tout. Mais je vais me contenter de dire que ce n’est pas vraiment pour moi.

Shocker – Wes Craven – 1990

shocker2Horace, les ondes télé.

   4.0   Houla. Je tiens probablement là ma limite dans la Série B 80’s Cravenienne. Il y avait dans L’amie mortelle ce je-ne-sais-quoi qui me le rendait si intime, son ton dépressif masqué qui me touchait beaucoup. Shocker pourrait reprendre des bases similaires et en un sens il les reprend, autant dans sa faculté à renouveler sa dynamique d’écriture, sa structure folle que dans son caractère épileptique. Rêves et cauchemars se mélangent toujours chez Craven : Ici le personnage principal, joueur de football de l’équipe universitaire, à la suite d’une collision avec les poteaux, se retrouve à voir sa famille se faire tuer par un serial killer, dans une vision, un rêve, une hallucination, rien n’est certain. Toujours est-il que l’on découvre, forcément, leurs cadavres quelques instants plus tard. L’autre constante du cinéma de Wes Craven c’est la confrontation de la famille américaine avec la perte, le meurtre ainsi que les secrets familiaux inavouables – Ici Pinker se révèle être le vrai père de Jonathan. On comprend très vite où le récit va nous emmener : La police va utiliser les pouvoirs de Jonathan pour enrailler la menace Horace Pinker qui s’est offert ce petit rituel quotidien de mutiler des familles, vêtu d’un uniforme de réparateur télé. Sauf que ce n’est qu’une infime partie du film ; L’univers de Craven a souvent offert du cinéma de la transformation. Une fois arrêté et condamné à la chaise, Pinker se durcit. Il se dématérialise, intègre le flux électrique et parvient à utiliser les corps de ceux qu’il met en pièces : Un jogger, un flic, le père adoptif de Jonathan voire même une petite fille, qui gueule des insanités, crache sur un mort et poursuit notre héros à bord d’un tractopelle. Ça va loin, pourtant le film devient de plus en plus délirant lorsque Pinker et Jonathan s’affrontent dans un interminable jeu de chat et de souris infernal, se téléportant sur les ondes télévisuelles, d’émissions en plateaux JT. En parallèle, toute la tendance gothique avec les apparitions de la petite amie défunte qui transmet le collier providentiel est assez maladroite. Alors certes, il y a trois films en un. Mais inégaux, forcément. Et il y a dans cette dimension cartoon absolument assumée quelque chose d’aussi réjouissant que lassant. En qualité de boogeyman, Pinker n’a pas la moitié du tiers du charisme d’un Krueger. Et si leurs modes d’exécutions se ressemblent sur bien des points, on préfèrera nettement, au moins en terme de mise en scène, le Craven des rêves à celui du champ électromagnétique.

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