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Archives pour 23 janvier, 2016

Le Secret derrière la porte (Secret Beyond the Door) – Fritz Lang – 1948

Le Secret derrière la porte (Secret Beyond the Door) - Fritz Lang - 1948 dans Fritz Lang secret-derriere-la-porte-1948-08-gLa septième obsession.

   6.5   Au même titre que le Hitchcock de Strangers on a train, je ne suis séduit que partiellement, cette fois plutôt la seconde partie d’ailleurs, dès l’instant que Joan Bennett fait connaissance avec la passion étrange de son homme, qui collectionne des chambres de reconstitution de véritables meurtres et les fait visiter comme des caves musées. Dès lors et ce bien que l’on sente tout venir, la mécanique parait plus aléatoire, les jeux d’ombres plus abstraits, l’atmosphère devient anxiogène et surtout le film se libère un peu de l’omniprésence de sa voix off archi envahissante (Qui commente ce que Celia pense en permanence) qui plus est en finissant par la faire échoir au mari mystérieux et malade. Si je ne suis pas entièrement convaincu, il y a quelque chose qui persiste dans cette intrigue à la Barbe-bleue, qui hisse le film vers la nuit, vers cette porte que l’on doit ouvrir pour en percer son mystère, vers des bougies asymétriques à la symbolique terrifiante, vers un passé funeste qui surgit de toute part et les flammes du présent qui viennent engloutir ou presque ce Caïn moderne dans son manoir hanté.

Youth – Paolo Sorrentino – 2015

Youth - Paolo Sorrentino - 2015 dans Paolo Sorrentino youth-bandeauIl grande cazzo.

   3.5   Je m’étais juré de ne plus voir un film de ce type depuis This must be the place, cette purge innommable. Mais j’ai flanché. Péché de curiosité : Je voulais le voir investir un hôtel à flanc de montagne, d’une part, voir ce que ça donnerait. Et pour Caine et Keitel, qui sont deux acteurs que j’aime beaucoup et qui ne sont pas facile à cerner. Mais aussi parce que je savais que le film avait utilisé un morceau de Godspeed You ! Black Emperor (Et pas n’importe lequel : Storm, de leur (meilleur) album « Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven ») et là aussi je voulais savoir ce qu’on pouvait en faire.

     Bon, c’est un peu mieux. Je n’ai pas eu d’envies de meurtres en le voyant, c’est déjà ça. Mais franchement, soyons sérieux, c’est nul non ? La mise en scène de Sorrentino, c’est probablement le truc le plus exécrable, laid et prétentieux émergé dans un circuit festivalier (Cannes semble l’adorer, il grimpe les marches tous les ans en compète le bougre) depuis longtemps. Il faut voir le niveau béta de la chose, avec ici ces ridicules apparitions d’un faux Maradona, là les énormes nibards d’une fausse Miss Univers sans parler de la fin et les applaudissements qu’attend Fred Ballinger (et par prolongement, Paolo Sorrentino) cadré pleine gueule (Le film est bondé de ce genre de plan de pose) devant son public.

     Je m’en doutais, on n’entend quasi rien du morceau que j’attendais et la séquence moine en lévitation qui l’accompagne fait pitié. Je ne m’attendais pas à entendre ses 23 minutes mais bon j’aurais aimé que ça ne fasse pas Pub Leerdammer. Concernant Caine et Keitel rien à dire, ils sont bien. Largement meilleurs que le film mais ils ne le sauvent pas non plus à ne parler que de leur prostate. Et la montagne c’est du vite torché (J’aime bien la brève scène de téléphérique) voire quasi que de l’intérieur (Quand on n’est pas dans la carte postale). Le film aura au moins bousculé mes attentes : Tout ce qui m’y attirait est presque à chier.

     Je sauve pourtant quelques moments avec Paul Dano, complètement fantomatique jusqu’à la fascination, avant sa transformation ridicule en Hitler. Et ceux avec Rachel Weisz parce que Rachel Weisz. Le reste pue le film de vieux sénile (Sorrentino n’a pourtant que 45 ans), libidineux, cynique, poseur, publicitaire (C’est quoi cette scène sortie d’un Boyle à son pire ? Je me cachais) à faire bander l’équipe du Figaro. Ah oui, je sauve surtout les deux plans furtifs de cette mère à la fenêtre, paralysée, bouche et yeux béants. Ça m’a terrifié. Sorrentino devrait faire de l’horreur pure, baroque, fluo. Quoiqu’il en soit, en bon gros maso que je suis, je me tenterais bien La grande Bellezza.


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