Alouette, je te plumerai – Pierre Zucca – 1988

32La mort lui va si bien.

   5.5   Un couple d’infirmiers ambulanciers décident de prendre avec eux un vieil homme, alors en maison de retraite (après avoir subi une crise cardiaque) qui fait testament de leur léguer, à sa mort, toute sa fortune. Une sorte de viager à domicile, en gros. Rien à voir avec la daube de Pierre Tchernia, néanmoins.

     C’est Claude Chabrol qui joue le rôle de ce vieux monsieur qu’on enterre un peu vite. Menteur invétéré (qui va jusqu’à faire croire à une nouvelle venue de l’hospice, qu’une fois sous médicaments on lui vole ses bijoux ; De manière à lui indiquer une cachette, d’où il pourra finalement tout lui subtiliser) et grand amateur d’oiseaux, qui leur envie leur liberté et se l’acquiert, au quotidien. Il s’immisce donc dans ce petit quotidien conjugal, pas vraiment exaltant et va secouer leur monotonie en leur apportant son envie de vivre à tout prix – Alors qu’ils n’attendent que de le voir mourir.

     Une fois de plus, le titre évoque celui d’une comptine enfantine. Manière pour Zucca de prouver que son cinéma, s’il prend parfois des détours tragiques, ne s’extirpera jamais du jeu. Un jeu malsain parfois, certes, souvent dangereux, aussi, mais qui trouve les bons parti pris pour ne jamais être lourd et grossier. Un jeu dangereux qui trouve ici le refus de Françoise de faire l’amour à la lumière devant Jacques, tandis que Pierre apercevra la jeune femme nue dans un déshabillage de plage gêné par le vent. Valérie Allain incarne cette créature tout en désir, mystérieuse et silencieuse, dans sa robe qui lui moule les seins comme dans son pyjama ou dans son peignoir entrouvert. Le film est très marqué par une dimension érotique fantaisiste, qui contrairement à Rouge-gorge, ne se refuse ici plus à la visibilité du tragique.

     On peut d’ailleurs voir Alouette comme la suite de Vincent. Une suite dans laquelle on aurait déplacé le personnage central, du fils au père. Les noms sont les mêmes : Pierre et Vincent. Philippe Léotard fredonnait « Il était un petit navire » dans Rouge-gorge, Lucchini chante Cadet Rousselle dans Alouette, je te plumerai. Tout se chevauche. Le film est quasi entièrement tourné à Honfleur, en Normandie, lui conférant une aura toute singulière, agréable et étouffante à la fois, un peu comme dans un film de Jessua. Pas mal mais relativement dispensable. J’en termine donc avec mon cycle Zucca dont je retiendrais principalement l’excellent Rouge-gorge.

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