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Archives pour 16 mai, 2016

Une ville d’amour et d’espoir (Ai to kibo no machi) – Nagisa Oshima – 1959

35.3Le fils.

   5.5   Dans le Japon d’après-guerre, à Kyoto, le jeune Masao vit avec sa mère, malade, cireuse de chaussures et sa petite sœur, handicapée. Il subvient comme il peut aux besoins de la famille en vendant ses pigeons voyageurs qui reviennent chaque fois au bercail. Brillant écolier, Masao pourrait poursuivre ses études mais la situation l’en empêche. Il va faire la rencontre de Kyoko, une jeune fille riche, qui lui achète un pigeon et va tenter de lui trouver une place dans l’usine familiale. Lorsque la petite escroquerie de Masao va être découverte, son embauche est compromise et son flirt se dissout. C’est un film sans amour ni espoir, ou presque. Complètement désenchanté et tellement sans concessions sur l’économie japonaise et la dureté de la ville que le film sort en catimini sous un autre titre, l’initial étant Le garçon qui vendait des colombes. Malgré son apparente rupture avec le cinéma classique, le film reste assez inégal dans ses enchainements, pas vraiment sûr de sa forme (Sorte de Rossellini en moins bien) et pas aussi puissant que pouvait l’être Le fils unique, de Ozu, dans un registre similaire et contradictoire, puisque ce dernier se déroulait dans le Japon d’avant-guerre.

Seuls les anges ont des ailes (Only Angels Have Wings) – Howard Hawks – 1939

35.2Les survivants.

   5.5   Parfois, toutes les conditions sont requises pour se prendre une calotte. Et parfois, on l’attend tellement, persuadé de son pouvoir, qu’on reste en retrait, sonné par la déception. C’est un peu exagéré mais c’est ce que j’ai ressenti ici. J’étais pourtant en terrain conquis : Découvrir un classique de Hawks en salle. Surtout que dans sa filmographie, j’adore le film qui précède Seuls les anges ont des ailes : L’impossible Monsieur bébé. Cette vivacité, cet humour, ces personnages que j’aimais tant sont anéantis par la confusion, réduits à des pantins d’intrigue, ballottés en plein flou, voire à peine esquissés, dévorés par la froideur de cet étrange lieu de compagnie aéropostale mexicaine, qui voit d’intrépides pilotes chargés de passer le courrier à travers les Andes. Ces fameux pilotes que l’on croise et qui trainent quasi tous leur boulet personnel (un vieux crash, une vue dégénérescente…) m’ont semblé trop écrits et antipathiques pour en accepter l’éventuelle amitié, éminemment masculine et l’impression de groupe qui doit s’en dégager. Toutefois, j’aime beaucoup les séquences d’avion, leurs virées nuageuses comme leurs atterrissages spectaculaires. J’aime moins l’humour absurde qui parsème chaque séquence, comme si elles devaient forcément être accompagnées par ce décalage. Mais bon, j’étais peut-être un peu tétanisé par l’attente que j’avais placé en lui. J’étais persuadé que ce serait mon nouveau film préféré. Maybe the next time.

Journal d’un curé de campagne – Robert Bresson – 1951

35Damnation.

   5.5   J’aimerais être aussi enthousiaste que je le suis si souvent avec le cinéma de Bresson, mais son minimalisme, sa froideur et sa précision clinique n’apporte ici à mes yeux que de la distance. Il s’agit peut-être aussi d’un certain surplus narratif au sens où la parole cette fois (il me semble qu’à ce point d’utilisation c’est assez inédit dans la carrière du cinéaste) vient couvrir en voix off de façon quasi permanente les gestes et l’action. Elle n’illustre pas, bien entendu, mais elle brise souvent l’unité de temps proposée par l’image.

     Le titre ne ment pas, il s’agit bien d’un journal. Celui d’un jeune curé affecté dans une nouvelle paroisse, à Ambricourt, dans le Nord de la France, dans laquelle les habitants, riches et pauvres, jeunes et vieux, rejettent son aide et le méprisent. C’est donc l’histoire d’un curé malade (héréditaire d’une vieille maladie familiale liée à l’alcoolisme) plongé dans ses doutes, non pas sur sa foi, mais sur l’efficacité de la transmission de sa foi, se heurtant continuellement à cette hostilité groupée, tragique ou sardonique, accentuant la cruauté de sa triste marche vers la mort.

     C’était l’un des deux derniers films de Bresson que je n’avais pas encore vu, avec Les anges du péché. C’est passionnant (Moins le verbe de Bernanos que le geste Bressonnien, d’ailleurs) mais un peu trop poussé et formaliste pour moi, je le crains, comme Perceval le gallois, chez Rohmer ou Film socialisme, chez Godard. Probablement aussi que la thématique religieuse y est trop forte pour m’embarquer comme le fera ensuite le très brut, primitif Un condamné à mort s’est échappé. Je ne parviens jamais à complètement accepter son rythme. Je vois donc le temps passer.


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