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Archives pour 22 mai, 2016

Terminator – James Cameron – 1985

33. Terminator - James Cameron - 1985Storm is coming.

    9.0  Premier volet d’une saga incontournable encore aujourd’hui, comme en témoigne les nombreuses suites qui s’enchainent à n’en plus finir, Terminator est le seul opus à avoir un climat aussi sombre. Quasiment tout le film se passe de nuit. Musicalement, hormis son thème principal, et le son qui accompagne le terminator (proche du bruit, du rythme d’une machine) il est très ancré dans les années 80, avec cette disco dans le Tech Noir par exemple, qui n’est pas sans rappeler certains thèmes du Scarface de De Palma, sorti un an plus tôt. Certaines séquences de ce premier volet sont inoubliables, forment ce que l’on pourrait appeler un manifeste bourrin de science-fiction. Justement, celle du Tech Noir, où Cameron use du ralenti comme s’il mettait en place un balai du crime, avec un tueur sans âme et une victime dans le flou le plus total. Les scènes de l’annuaire aussi sont superbes : La machine a besoin d’un annuaire pour rechercher la personne qu’elle veut éliminer, témoignant d’un développement encore bas de gamme – Si l’on effectue un comparatif avec les machines des opus suivants. Cette double recherche, trois Sarah Connor, un type qui semble patauger, l’autre qui paraît très efficace. L’un semble intouchable, l’autre complètement vulnérable. Mais au départ, un peu comme ces inspecteurs de police, on avance nous aussi à tâtons. Et puis il y a dans ce déluge de violence une poursuite finale, plus angoissante, haut fait du cinéma Cameronien, reprise et amplifiée dans T2.

     L’histoire : Le jugement dernier a été prononcé. Les hommes affrontent les machines, grâce à une poignée de résistants humains qui ont échappé à la radiation. Un terminator est envoyé en 1984 par Skynet, l’ordinateur qui gère les robots, pour tuer Sarah Connor, future mère de John Connor, chef de la résistance en 2029. En parallèle, les hommes parviennent à envoyer l’un des leurs, Kyle Reese, à travers le temps pour protéger Connor. Ce qu’il y a de fascinant ici concerne cette opposition sur laquelle s’appuie le cinéaste, par des détails une fois nettement visibles d’autres fois plus discrets, entre l’homme et la machine. Ce retard que l’homme semble accumulé sans s’en apercevoir de nos jours, et celui qui le fait courir à sa perte quelques décennies plus tard. La séquence rêvée où Kyle observe ce véhicule de chantier en l’assimilant (Cameron procédant au basculement dans le rêve de manière elliptique) à ceux qu’il affronte plus tard dans le temps est une scène épatante. Il prend conscience très souvent dans le film à quel point l’homme s’est tué ; Il contrôlait ce qu’il créait, il est désormais en guerre contre ses propres inventions.

     On pourrait aussi parler des nombreuses scènes d’action, toutes plus huilées les unes que les autres, qu’elles soient futuristes ou non, et même si le grain tremble un peu parfois quand il s’agit de mettre un effet énorme pour l’époque (le terminator sans son apparence humaine) où les petits défauts de maquillages suivant les plans (la scène de l’œil devant le miroir) on reste finalement admiratif parce que l’on en sort jamais de cette ambiance pré apocalypse. Et puis il y a ces innombrables répliques qui font le charme du film, le fameux « I’ll be back » prononcé dans un moment silencieux, avec l’impassibilité flippante de Schwarzie. La phrase a beau avoir un sens comique (son automatisme, son ton) on sait que s’il revient, et c’est ce qu’il se passe, l’avenir de Connor est vraiment compromis. Car même si ce T800, premier terminator d’une longue série en chaîne, est envoyé trop tôt, donc pas assez perfectionné, il survit aux balles, aux accidents de voitures, il peut se retirer un œil à sa guise jusqu’à garder son instinct de machine à tuer avec deux jambes en moins. J’ai longtemps gardé le souvenir d’un film mal rythmé, celui que je voyais peu étant môme, nettement battu à la concurrence par sa suite. En réalité il est différent, moins attachant au premier abord mais plus impressionnant, et puis c’est le premier, celui qui voit la découverte des personnages qui reviendront ensuite, celui qui voit les débuts de Sarah Connor, bientôt seule à croire au destin tragique imminent de l’humanité. Et une fois de plus (Chez Cameron) le récit est guidé par son histoire d’amour. « I came across time for you » avoue Kyle à Sarah lors d’une séquence magnifique. Une parmi d’autres, dont on pourrait signaler celle finale au Mexique, qui fait passerelle avec cette photo dont Kyle parle un peu plus tôt, ce cliché de Sarah qu’il a longtemps minutieusement gardé et observé, jusqu’à tomber amoureux d’elle. Parvenir à injecter cette douceur au sein d’un récit aussi brutale et d’une esthétique aussi noire, prouve encore à quel point le génie Cameronien est sans limite et inébranlable.


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