Archives pour mai 2016



Le faucon maltais (The Maltese Falcon) – John Huston – 1946

35.5« The stuff that dreams are made of »

   4.5   Je laisse systématiquement passé plusieurs années entre chaque découverte d’un film de Huston. Ce n’est pas bon signe. Moby Dick, d’abord, il y a dix ans puis L’honneur des Prizzi et Des gens de Dublin. Aucun de ces films ne m’a laissé de souvenir suffisamment fort pour avoir envie d’approfondir sa filmographie illico. Je n’ai probablement pas vu les bons. C’est en voyant Huston dans Le convoi sauvage que j’ai pensé à lui en tant que cinéaste. Après avoir découvert ses deux derniers films, Le faucon maltais me permettait de faire le grand écart, étant donné qu’il s’agit de son tout premier. Quarante-cinq ans avant son dernier. Un film noir, en noir et blanc, plus noir que blanc, sur une histoire de trésor de pirates, un faucon fait de pierres précieuses, convoité par toute la pègre de San Francisco. Tout le film ou presque se vit du point de vue d’un privé, joué par Humphrey Bogart, qui brille par son charisme, tentant d’élucider le meurtre de son associé en se mettant aux trousses de ceux qui sont aux siennes. Le faucon maltais multiplie les séquences d’interaction notamment entre Lorre et Bogart, jouant sur de longues plages de dialogues bien pesés, intégralement repris, parait-il, sur l’œuvre de Hammett, dont le film est l’adaptation fidèle. Je ne suis pas vraiment attaché aux classiques du noir et si j’aime En quatrième vitesse d’Aldrich, Underworld USA de Fuller, Assurance sur la mort de Wilder, Les amants de la nuit de Nicholas Ray, je n’en ferais guère mes films de chevet. Ce qui me plait avant tout dans ces quatre films, cités spontanément, c’est leur mouvement permanent et leur capacité d’évolution dans le ton, la forme, le mélange du parler et du mutique et le fait de ne jamais rien reposer sur la présence des acteurs. Le faucon maltais me semble être le film idéal pour le fan ultime de Bogart, d’autant que je n’y vois qu’un scénario filmé, sans réelle envergure, sinon celle de filmer des gueules et les dialogues d’un bouquin. Alors certes, le film constitue les prémisses du Noir, puisqu’il est l’un des premiers répertoriés comme tel, mais sa mécanique huilée qui va pourtant dans tous les sens, ne dégage finalement que confusion, sans fascination. Essai manqué à nouveau, donc, mais je ne désespère pas et mise énormément sur Le trésor de la Sierra Madre, mon prochain rendez-vous avec Huston, j’espère pour très bientôt.

Respire – Mélanie Laurent – 2014

35.4

La marque du vampire.

   4.5   Le premier film de Mélanie Laurent, Les adoptés, était tellement horrible que je me voyais mal réitérer l’exploit de voir un autre film d’elle. Puis finalement… Respire fonctionne très bien dans sa première partie avec ce magnétisme entre les deux ados, il y a des instants très beaux, forts, avant que ça ne vire au cruel. Là encore il y a des choses qui fonctionnent. Mais comme à l’image du reste, dont certains dialogues trop écrits, l’obligation que toutes les scènes veulent dire et souligner quelque chose, Mélanie Laurent n’est pas hyper subtile et enfonce son film dans un tragique un peu extrême et grotesque. A la fois je ne comprends pas que l’une puisse être aussi cruelle tandis que l’autre puisse se laisser happer à ce point, ça me dépasse. Donc oui c’est quand même un film intéressant, sur la vampirisation scolaire, mais ça manque un peu de légèreté, de subtilité. Mais c’est au moins cent fois mieux que Les adoptés. Et Joséphine Japy est exceptionnelle.

Terre battue – Stéphane Demoustier – 2014

26.-terre-battue-stephane-demoustier-2014-900x506   3.5   Qui est moins un film sur le tennis (et sur ce petit garçon) que sur Gourmet. J’en peux plus de Gourmet. Il me sort par les yeux. Sa manière de jouer, de bouger, de pleurer, de faire comme chez les Dardenne mais en plus affecté. Il me gave. Avec Tedeshi à ses côtés on a le doublé gagnant. Le film est parfois traversé par quelques fulgurances mais tout est bien trop statique et programmé pour éveiller un semblant d’intérêt. Quant à la lumineuse Vimala Pons, sa présence ne relève que de l’apparition. Elle fait du bien Ok mais c’est un peu léger, malheureusement.

Le dernier coup de marteau – Alix Delaporte – 2015

13055463_10153621102712106_5712796714044366543_nVictor.

   5.0   Enième film sur le passage dans l’ère des grands. Victor, 13 ans, est un petit footeux du MHSC en passe d’être pris au centre de formation. Il vit seul avec sa mère atteinte d’un cancer et il est sur le point de faire la connaissance de son père, de retour dans la région pour un poste de chef d’orchestre. Le propos d’Alix Delaporte est on ne peut plus louable, il ne s’agit pas de monter la musique contre le football, mais plutôt de lier les deux de façon harmonieuse – Comme le début prouve que Victor, s’il ne vit que pour le ballon rond en arborant chaque jour le maillot de l’Equipe de France 98, floqué Zidane, cela ne l’empêche pas de bien travailler à l’école. La cinéaste craint tellement les clichés qu’elle fait trop gaffe de ne pas en faire, et son film manque de texture, de chair. Ainsi, plus loin, quand Victor s’éveille à la musique – et pas de la merde, hein, Gustav Mahler – parce que c’est la passion de son père, cela ne l’empêche pas de préserver son avenir foot, bien que le film use un peu trop d’un pseudo suspense sans intérêt. Il y a 5 ans je serais allé voir ce film en salle (la preuve, j’étais allé voir Angèle et Tony) aujourd’hui je suis un peu plus sélectif, car c’est joli mais c’est quand même un peu chamallow sur les bords, un peu trop petit film français bien sage. Cela dit, dans le moyen, ce que propose Le dernier coup de marteau, reste dans le haut du panier, pour la simplicité et la sensibilité globale qui en émane.

Journal d’une femme de chambre – Benoît Jacquot – 2015

12985550_10153621102582106_7412058167800275513_nLa mort en ce jardin.

   3.5   Jacquot est un cinéaste que j’aime bien, qui a fait de belles choses voire de très belles choses mais qui peut aussi faire des trucs sans intérêt. A l’époque de la sortie de son dernier film, j’avais revu celui de Buñuel, pris une grosse claque qui m’avait autant le dire, dissuadé d’aller me perdre devant Seydoux et Lindon, la compagnie Acteurs made in France approuvés. J’ai bien fait. Alors c’est pas mal hein, c’est soigné, mais ça manque d’à peu près de tout, d’incarnation, d’envolées, de sidération. C’est tout mou, tout programmé et j’avoue avoir un gros, gros problème avec Seydoux, dont le jeu de plus en plus stéréotypé ne dégage absolument plus rien. C’est à peine si on comprend ce qu’elle dit, d’ailleurs. Je me suis amusé à faire quelques parallèles entre des séquences du Buñuel et du Jacquot tant je m’ennuyais. Bref, passez votre chemin.

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