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Archives pour 8 juin, 2016

Boarding Gate – Olivier Assayas – 2007

35.7Décalage horaire.

   6.0   C’est avant tout un grand balai de corps, souvent seulement des visages, prisonniers dans des cages de verre. Appartement et bureau saisis à la volée dans toute leur dimension clinique, géométrique : infinité de lignes, mobiliers, cloisons ; Entrepôt portuaire égaré dans la nuit. Le film est découpé en deux morceaux : Paris et Hong-Kong. Avec sa tension érotique en crescendo, le film se laisse gagner par une violence diffuse, un trouble évanescent. L’histoire semble se construire en même temps que nous visionnons le film.

     Olivier Assayas reste un cinéaste imprévisible. Là il semble à la fois se situer dans la continuité formelle de Demonlover et thématique de Clean. Mais pas vraiment non plus. Je trouve que c’est un beau film malade. Un peu comme l’était l’an dernier Hacker, de Mann. Qui déjoue les codes du thriller moderne auquel on s’attend. Dommage que le film se dilapide un peu sur la fin, passé son haletante entrée dans Hong-Kong, mais ça fait aussi partie de son impression diaphane, jusqu’à envoyer son personnage dans le flou lors d’un superbe dernier plan.

     Comme souvent, Assayas tente de mélanger plusieurs mondes. Sa kyrielle d’acteurs ici crée un mélange improbable, qui suinte le giallo (Asia, fille de Dario) et le polar tarantinien (Présence fantomatique de Madsen) traversés par des apparitions rigides d’Alex Descas et Kim Gordon, resucées malades du cinéma de Claire Denis et du rock de Sonic Youth. Et au centre, Assayas filme Asia Argento comme on ne l’avait jamais vu. Sexy et burinée, froide et bouleversante.

     Assayas a bâti un vrai film de mise en scène, trip punk mélancolique qui doit moins au déroulement de son intrigue (quasi anecdotique) qu’aux apparitions spectrales de ses personnages. Qu’importe le genre, qu’importe le récit, Assayas fascine par son engagement à maintenir, envers et contre tout, ses velléités formelles et son désir de faire du cinéma. Si le titre exprime cette idée de passage entre deux univers et semble donc coller au personnage de Sandra, c’est surtout au cinéaste lui-même qu’on songe, qui ne cesse de voyager au sein même de sa filmographie, autant dans ses choix géographiques que thématiques.


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