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Archives pour 15 juillet, 2016

Un français – Diastème – 2015

30.-un-francais-diasteme-2015-900x506Chienne de vie !

   6.0   S’il est inégal sur la durée, le film de Diastème est passionnant dans son parti pris de raconter 30 ans de la vie d’un homme et singulier dans son étrange montage puisqu’il est découpé en plusieurs blocs de séquences toutes relayées par des ellipses très délicates à apprivoiser qui finit par accentuer l’ambivalence du récit.

     Dans sa violence et la méticulosité de sa retranscription Un français a moins à voir avec La haine, de Kassovitz qu’avec le sublime film de hooligans, The firm, d’Alan Clarke, au moins dans son approche frontale des interactions de groupe et familiales.

     On y suit un groupe de skinhead s’attaquant régulièrement à des inconnus, musulmans en priorité, les humiliant, les lynchant puis petit à petit le groupe se brise, chacun choisit sa voie, entre petite délinquance et participation politique, quand Marco, que le film va suivre, choisit une reconstruction intime en se débarrassant progressivement de sa haine.

     Il y a une scène pivot très symbolique mais très belle, où le garçon, soudain, étouffe, littéralement (Il vient de provoquer une famille musulmane dans le bus puis une femme qui l’observait) et se réfugie chez un pharmacien qui lui servira de passerelle vers le bien.

     Si le film est souvent intelligent et sobre dans son dispositif (Tout en réinjectant cette mise en scène collée aux personnages, cette caméra à l’épaule qui tremble) il se laisse parfois aller à des facilités de reconstruction comme s’il avait peur de perdre son spectateur en route. Disons qu’à préférer le raccord elliptique aux données temporelles, Diastème opte pour de nombreux moments historiques (de façon à mettre une date sur ce que l’on regarde) à l’image de la séquence avec la finale de la coupe du monde 98. Ce n’est pas un gadget puisque le film l’utilise, il permet en l’occurrence de voir combien Marco a choisi de « vivre ensemble » quand sa femme, qu’il avait rencontré à un meeting d’extrême-droite est restée campé sur ses positions racistes. La séquence de leur dispute (Alors que Marco venait chercher sa fille d’un an, pour lui montrer la fin du match) qui est d’une violence terrible, ouvre donc sur leur séparation, libère et accélère le récit, allonge les ellipses et enferme définitivement Marco dans sa solitude, ici dans une séquence où il cherche à récupérer le droit de voir sa fille, là quand il croise son ancien ami et plus tard, sur la tombe de sa mère.

     Ce qui est très beau c’est de voir cette reconstruction dans sa succession de petits boulots (Vigile de boite de nuit, vendeur en grande-surface…) jusque dans son dévolu humanitaire (Il donne la soupe aux Restos du cœur ou dérivé) et de constater que Marco n’a rien gagner de concret à changer de voie (puisqu’il a tout perdu) sinon une conscience morale. La dernière scène alors qu’il est devant son écran, outré par la manif pour tous où il y reconnait les présences de sa femme et sa fille, est un moment très beau, mais d’une violence terrible encore.

La maison de l’exorcisme (La Casa dell’esorcismo) – Mario Bava & Alfredo Leone – 1974

21.-la-maison-de-lexorcisme-la-casa-dellesorcismo-mario-bava-et-alfredo-leone-1974-900x670Bicéphale.

   5.0   Il y a deux films en un. Du coup ça manque clairement d’unité ; on bascule d’un climat à un autre, d’une esthétique à une autre, dans un désarroi total. Mais c’est paradoxalement sur cette association farfelue que le film atteint une forme d’abstraction macabre qui en fait un électron libre qui ne ressemble à rien de déjà-vu, quelque part entre L’exorcisme, de Friedkin et Quatre mouches de velours gris, d’Argento – Je prends volontairement deux films sorti quelques mois plus tôt. C’est très bizarre. Ça peut s’avérer fascinant puis la seconde suivante imbuvable. Cauchemardesque puis ridicule. Et comme tout s’explique, la schizophrénie du film provient de cette inspiration à quatre mains, puisque Alfredo Leone a finalement tourné des scènes au détriment de Bava et les a incorporé à la première version de Lisa et le diable, jugée trop personnelle et expérimentale, qui deviendra donc La maison de l’exorcisme, que Bava reniera, bien entendu.

L’ibis rouge – Jean-Pierre Mocky – 1975

13495125_10153755095402106_6014628511392327828_n Carton rouge.

   3.0   C’est du Mocky pur jus, aucun doute là-dessus, mais je n’ai jamais réussi à entrer dans sa dynamique et sa folie. Car ça reste bien barré comme d’habitude avec Mocky. Et je trouve Serrault sans relief, récitant sa partition, loin de ce qu’il pouvait générer dans A mort l’arbitre. Je passe mon tour.


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