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Archives pour 21 juillet, 2016

10 Cloverfield Lane – Dan Trachtenberg – 2016

13507038_10153761602847106_396114138276038291_nTake shelter.

   6.0   Si le Cloverfield de Matt Reeves (2008) ne dérogeait jamais à son parti pris formel, le found footage, celui de Dan Trachtenberg ne s’extirpe jamais de son huis clos ; Surtout, il ne se séparera pas de son personnage central, joué par Mary Elizabeth Winstead. À la richesse topographique de l’un (provoqué par son obligation d’être cette petite caméra qui suit le mouvement des personnages) aussi bien dans son horizontalité (New York balayé, jusque dans ses souterrains) que dans sa verticalité (Escaliers et ascenseurs des buildings) répond la version microscopique de l’autre, un bunker, avec ses conduits d’aération, son couloir de vivres, son escalier de sortie et ses trappes verrouillées, donnant vers le ciel. Surtout, le film préserve son mystère. Y a-t-il ou non des monstres dehors ? Le titre le suggère, on est forcé de penser au film de Matt Reeves. Y a-t-il, comme le revendique le personnage campé par John Goodman, une humanité éteinte par la contamination de l’air ? Et les questionnements Post-9/11 habituels : Al-Qaïda ? Les russes ? Les extraterrestres ? Le film va y répondre mais prend le temps de le faire, via une construction et une dynamique adéquats. Si ce spin-off (Ou fausse suite) est plus passe-partout que son prédécesseur il faut lui reconnaitre une certaine maitrise dans la gestion de son suspense, ménageant ses effets pour nous offrir l’impulsion qu’il faut quand il faut – Petite baisse de régime dans un dernier acte un poil trop attendu et volontaire, puisque c’est de la volonté (Houston ou Bâton-Rouge / Le souvenir du supermarché) du personnage qu’il s’agit en permanence. On est certes bien loin de Cloverfield, ce chef d’œuvre, mais c’est un divertissement idéal.

The Witch – Robert Eggers – 2016

13533241_10153761603117106_9040140311053826222_nInto the woods.

   4.5   C’est plastiquement intéressant, quoique trop froid, monochrome et prétentieux, c’est presque Haneke chez les sorcières. Disons que les éléments sont là (Une immense forêt, une ferme paumée, le lit d’un cours d’eau) mais qu’ils ne sont jamais considérés comme des entités avec ou contre le récit, mais systématiquement saisis en tant que papier glacé. Et puis l’on sent dans chaque plan que le cinéaste est persuadé de renouveler le genre, il crée des espaces et des silences pour distordre le tempo attendu mais ça ne débouche sur rien sinon cette impression de pose. C’est ronflant au possible, à l’image de ces violons stridents  du début qui ne provoquent aucun effroi, aucune ouverture mystérieuse. Il y a bien quelques trouées ci et là mais elles s’effacent aussitôt en se désagrégeant dans un ensemble beaucoup trop corseté. Concernant le drame familial, puisqu’il s’agit surtout de cela, je trouve les interactions soit archi prévisibles dans leurs enchainements (Péché/Souffrance/Sorcellerie/Mort) soit vraiment grotesques, misant chaque discordance sur le rapport que chacun entretient avec dieu, les mensonges qu’il se permet, les secrets qu’il engendre. Ça parasite le semblant de climat impalpable qui peut parfois éclore. Et puis cette fin, pourquoi pas après tout, mais au-delà du fait qu’on a envie de crier « Tout ça pour ça ? » la dernière scène arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, notamment dans la rupture de rythme qu’elle impose au film et dans son basculement esthétique. A force d’en entendre des louanges, j’imaginais une révolution. Mouai. Quand tu viens de t’enquiller deux Bava, The Witch c’est dans le balisage. Alors c’est vrai qu’au début le rythme peut surprendre, qu’on a plus l’impression d’être dans une version forestière de La dernière piste, de Kelly Reichardt, qu’autre chose, mais en fait tout fini par entrer dans le rang ; De surprises il y en a peu. Reste l’interprétation qui de manière générale, enfants compris, est bien tenue. Mention spéciale à Ralph Ineson aka le sosie britanique de Bruno Lochet, il dégage une vraie présence, de par sa voix, son allure.


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