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Archives pour juillet 2016



La tête haute – Emmanuelle Bercot – 2015

13686752_10153808296962106_7446407088306803413_nLes nerfs à vif.

   6.7   Il faut d’emblée parler de l’interprétation tant chacun est exceptionnel. Et Benoit Magimel le premier, en éducateur spécialisé, tout en nuances et fragilité. Après Marseille et d’autres trucs insipides, je ne voulais plus le voir nulle part pourtant. Comme quoi une excellente direction d’acteurs peut tout changer. Ensuite comment ne pas évoquer Rod Paradot, ce jeune de dix-sept ans (auréolé dès son premier rôle d’un césar du meilleur espoir, bien mérité) qui dévoile une palette émotionnelle absolument dantesque, véritable boule de colère prête à exploser à chacune de ses apparitions – Sorte de Rosetta au masculin. Je trouve d’ailleurs touchant que le rôle de sa mère soit incarné par Sara Forestier (Une fois de plus incroyable, si l’on excepte la grossièreté de ce dentier, franchement) puisqu’elle tient un parcours similaire dans la mesure où Kechiche l’avait fait naître grâce à L’esquive (elle aussi avait dix-sept ans) où elle campait là aussi une ado cinglée pleine de rage et de cris. Voir ce passage de relais à l’intérieur même du film de Bercot crée un étourdissant vertige.

     Le film nous prend à la gorge d’entrée. Durant les premières minutes nous sommes dans le bureau d’un juge mais on ne voit presque pas de visages, seulement de la paperasse, des gestes mais on entend le dialogue entre la mère (accompagnée de ses gosses) et la juge et il suffit à créer une montagne russe de violence, de fatalisme, de progression dans le vide. Ce n’est que le début. Le film ne réduira jamais son tempo – Il m’a beaucoup fait penser à Ombline, le film avec Mélanie Thierry. Mais la grande idée du film à mes yeux c’est le personnage de Magimel qui au contact de ce garçon se retrouve lui-même puisqu’il fut à sa place plus jeune, face à la même juge – Catherine Deneuve, parfaite comme d’habitude. Le lien qui peu à peu se crée entre eux, aussi délicat soit-il (à l’image de celui qui va se nouer entre Mallony et la fille de sa directrice de centre) est d’une grande subtilité et finesse dramatique.

     A mon sens, Bercot réussit là où Maïwenn échoue (Certes je n’ai pas encore vu son dernier, Mon roi) dans son économie du sensationnel, alors que son film semble plein comme un œuf, avançant avec toujours plus de cris, d’insultes, de coups, de larmes. Deux exemples flagrants à mes yeux : Tout d’abord la scène de l’accident de voiture. Chez Maiwenn le petit serait sans doute mort créant une plongée tire-larmes supplémentaire. Chez Bercot, c’est un obstacle parmi d’autres, un élément de récit presque anodin qui en convoque d’autres, jamais dans le but de nous apitoyer. En fait, on n’a jamais le temps de pleurer. L’autre exemple c’est la fin de Polisse où Maïwenn y allait à grands coups de suicide, saut dans le vide au ralenti, ridicule au possible, alors que Bercot choisit d’accompagner Mallony dans les couloirs et les escaliers du palais de justice, qu’il foule pour la dernière fois, après dix ans de loyaux services. Mais le plus fort là-dedans c’est que cette apparente douceur finale est un moment d’une grande angoisse, tant le film nous a pris aux tripes pendant deux heures, donc même lorsqu’il se pose enfin, il est toujours aussi violent car Mallony fait ses adieux et tient dans ses bras son bébé. Le fait que cette séquence soit très longue accentue cette inquiétude, aussi lumineuse soit-elle.

Le convoi – Frédéric Schoendoerffer – 2016

Comme les sept doigts13659147_10153808297307106_1125461014505448440_n de la main.

   2.0   Si 96 heures, le précédent film de Schoendoerffer fonctionnait relativement c’est parce qu’il focalisait son intrigue autour de deux personnages, seulement. Je ne pense pas qu’il soit capable de plus, deux, c’est sa limite : Scènes de crimes, son meilleur film à ce jour, c’était pareil. Il lui faut un duo, point barre. Le Convoi est l’histoire d’un go fast entre Malaga et Paris à quatre voitures, sept personnes au total et bientôt huit en prenant en compte l’otage puisque le voyage ne va évidemment pas se dérouler comme prévu. Alors on tente de les faire exister via un montage parallèle, des discussions, des appels téléphoniques, on tente d’établir des interactions, un semblant de passé et de personnalité pour chacun, mais rien n’y fait. Impossible d’entrevoir les motivations. Aucun personnage n’existe et dépareille des autres. Avec ça il faut se farcir une première heure de jour à l’esthétique indigente, jaune moutarde bien dégueulasse, et un montage raté, soit trop effréné soit trop mollasson. La suite n’est guère meilleure sinon qu’on bascule de nuit, photo bleutée, façon Michael Mann low cost. Et il n’y a pas de surprise, pas une seule idée de mise en scène, des dialogues tous plus insipides les uns que les autres, des scènes d’action d’une pauvreté hallucinante. Et comme aucun personnage n’est intéressant, zéro émotion dès qu’ils disparaissent. Bref, c’est mauvais.

007 Spectre (Spectre) – Sam Mendes – 2015

13603684_10153788279607106_423807751783643999_oCold.

   3.0   C’est l’épisode de James Bond le plus froid de la série. Alors qu’il a tout pour se dénuder étant donné qu’il investit les origines, à sa façon puisqu’il évoque moins la première mission (Casino Royale) qu’un retour forcé sur la période d’apprentissage de l’agent double au sein de sa famille d’accueil à la suite du décès de ses parents. Il va donc affronter celui qui fut comme son frère. Mais c’est froid comme la glace et sans âme. Et pire tout est archi prévisible. On ne regarde pas un épisode de James Bond pour être surpris (ça n’arrive jamais) mais pour être suffisamment stimulé – Skyfall réussissait cela très bien, sans doute constituait-il la fin du système Bond dépressif selon Craig et Mendes. On se retrouve ici avec du déjà-vu et du chiant. La totale. Aucune scène d’action intéressante – Allez je sauve cette ouverture exceptionnelle, et son plan-séquence qui t’en mets plein à la vue pour pas grand-chose, car il y a des lieux (Maroc) et une situation (la fête des morts) et un dispositif d’action Rue/Immeuble/Hélicoptère assez grandiose. Puis plus rien. Un générique atroce et de l’ennui. Et des personnages dévitalisés – Alors qu’on a engagé le gratin du cinéma mondial : Ralph Fiennes, Léa Seydoux, Christoph Waltz (le même que chez Tarantino), Ben Wishaw, Monica Bellucci. Aucun intérêt et pas une once d’humour alors que ce 24e épisode ressort les gadgets, l’Aston Martin et ressuscite l’organisation criminelle qui apparaissait déjà dans Dr No. Et bon sang que c’est long. Interminable.

Rendez-vous avec la peur (Night of the demon) – Jacques Tourneur – 1957

13654291_10153808297532106_7532503732663613212_n (1)     5.0   Assez beau dans sa dimension fantastique notamment dans ses jeux d’ombres et de lumières, accentués par ce sublime noir et blanc, j’avoue n’être en revanche que partiellement convaincu par ses mécanismes aujourd’hui usés de la peur, via l’hypnose et les univers parallèles ; Et à l’image de ces nombreux et vains tunnels de dialogues et de ce monstre ridicule apparaissant au début et à la fin, je trouve le film meilleur quand il suggère et se fait silencieux.

10 Cloverfield Lane – Dan Trachtenberg – 2016

13507038_10153761602847106_396114138276038291_nTake shelter.

   6.0   Si le Cloverfield de Matt Reeves (2008) ne dérogeait jamais à son parti pris formel, le found footage, celui de Dan Trachtenberg ne s’extirpe jamais de son huis clos ; Surtout, il ne se séparera pas de son personnage central, joué par Mary Elizabeth Winstead. À la richesse topographique de l’un (provoqué par son obligation d’être cette petite caméra qui suit le mouvement des personnages) aussi bien dans son horizontalité (New York balayé, jusque dans ses souterrains) que dans sa verticalité (Escaliers et ascenseurs des buildings) répond la version microscopique de l’autre, un bunker, avec ses conduits d’aération, son couloir de vivres, son escalier de sortie et ses trappes verrouillées, donnant vers le ciel. Surtout, le film préserve son mystère. Y a-t-il ou non des monstres dehors ? Le titre le suggère, on est forcé de penser au film de Matt Reeves. Y a-t-il, comme le revendique le personnage campé par John Goodman, une humanité éteinte par la contamination de l’air ? Et les questionnements Post-9/11 habituels : Al-Qaïda ? Les russes ? Les extraterrestres ? Le film va y répondre mais prend le temps de le faire, via une construction et une dynamique adéquats. Si ce spin-off (Ou fausse suite) est plus passe-partout que son prédécesseur il faut lui reconnaitre une certaine maitrise dans la gestion de son suspense, ménageant ses effets pour nous offrir l’impulsion qu’il faut quand il faut – Petite baisse de régime dans un dernier acte un poil trop attendu et volontaire, puisque c’est de la volonté (Houston ou Bâton-Rouge / Le souvenir du supermarché) du personnage qu’il s’agit en permanence. On est certes bien loin de Cloverfield, ce chef d’œuvre, mais c’est un divertissement idéal.

The Witch – Robert Eggers – 2016

13533241_10153761603117106_9040140311053826222_nInto the woods.

   4.5   C’est plastiquement intéressant, quoique trop froid, monochrome et prétentieux, c’est presque Haneke chez les sorcières. Disons que les éléments sont là (Une immense forêt, une ferme paumée, le lit d’un cours d’eau) mais qu’ils ne sont jamais considérés comme des entités avec ou contre le récit, mais systématiquement saisis en tant que papier glacé. Et puis l’on sent dans chaque plan que le cinéaste est persuadé de renouveler le genre, il crée des espaces et des silences pour distordre le tempo attendu mais ça ne débouche sur rien sinon cette impression de pose. C’est ronflant au possible, à l’image de ces violons stridents  du début qui ne provoquent aucun effroi, aucune ouverture mystérieuse. Il y a bien quelques trouées ci et là mais elles s’effacent aussitôt en se désagrégeant dans un ensemble beaucoup trop corseté. Concernant le drame familial, puisqu’il s’agit surtout de cela, je trouve les interactions soit archi prévisibles dans leurs enchainements (Péché/Souffrance/Sorcellerie/Mort) soit vraiment grotesques, misant chaque discordance sur le rapport que chacun entretient avec dieu, les mensonges qu’il se permet, les secrets qu’il engendre. Ça parasite le semblant de climat impalpable qui peut parfois éclore. Et puis cette fin, pourquoi pas après tout, mais au-delà du fait qu’on a envie de crier « Tout ça pour ça ? » la dernière scène arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, notamment dans la rupture de rythme qu’elle impose au film et dans son basculement esthétique. A force d’en entendre des louanges, j’imaginais une révolution. Mouai. Quand tu viens de t’enquiller deux Bava, The Witch c’est dans le balisage. Alors c’est vrai qu’au début le rythme peut surprendre, qu’on a plus l’impression d’être dans une version forestière de La dernière piste, de Kelly Reichardt, qu’autre chose, mais en fait tout fini par entrer dans le rang ; De surprises il y en a peu. Reste l’interprétation qui de manière générale, enfants compris, est bien tenue. Mention spéciale à Ralph Ineson aka le sosie britanique de Bruno Lochet, il dégage une vraie présence, de par sa voix, son allure.

Togetherness – Saison 2 – HBO – 2016

13620917_10153800357772106_2335045406361232829_nEverybody Is Grownups.

   5.5   A l’annonce de son annulation après deux saisons, j’étais très triste. Voilà une série que j’aurais aimé suivre sur plusieurs années, pour préparer tranquillement ma future propre crise de la quarantaine. Plus sérieusement, il y avait dans ce programme des assortiments de personnages qui me plaisaient beaucoup. Et cette nouvelle saison a confirmé sa bonne tenue sans toutefois véritablement exploser comme elle l’avait promis. En ce sens, le dernier épisode, bien qu’il soit émouvant dans les retrouvailles (attendues) joue un peu trop franc jeu la carte des bons sentiments, avec rires et larmes, tripotée de gosses et force du message « Vivons ensemble » un peu trop placardée. On a presque l’impression que la série prépare sa sortie, façon happy end à l’arrache. Alors on a bien évidemment gardé ces personnages perdus, hésitants, toujours à deux doigts de craquer, qui cherchent à se reconstruire à l’image de Brett dans la reprise de son Dune de gosse transformée en pièce de théâtre ou de Michelle dans son projet d’école privée et sa compétition avec une mère classe dans ses bottes, mais son désir adultérin non assumé était le point fort de la première saison, disparu entièrement ici, enterré sous le poids de sa culpabilité, comme le personnage qui jouait son amant, évincé du casting en deux scènes. Ce qui devait être le point névralgique de cette saison, à savoir la tristesse de leur petite fille, qui ne comprend pas pourquoi son papa dort sur le canapé, est complètement édulcorée et balayé par un épisode paillettes et rigolades. Dommage. Et c’est d’autant plus regrettable que jusqu’à ce dernier épisode, la série s’en tirait, moins bien mais plutôt bien. L’avant dernier épisode avec le sable de plage, on est dans la drôlerie par l’absurde (Cela rappelle beaucoup l’épisode « Party time » dans la saison 1) donc moins dans un entonnoir moral. Reste que le personnage le plus intéressant de cette saison c’est définitivement Tina, qui s’éloigne de son amant de passage (Campé par Peter Gallagher) pour se rapprocher de sa sœur et se découvrir dans la garde récurrente de son bébé, l’envie elle aussi d’être mère. Saison en demi-teinte donc, avec de beaux hauts mais aussi de vrais bas. Mais un show attachant quoiqu’il en soit.

Sexcrimes (Wild things) – John McNaughton – 1998

13566919_10153788280542106_6789880864355918201_nFurieuse.

   7.0   Revu ce film que je connais par cœur, petit thriller dans le bayou, décomplexé (et plaisir coupable émoustillant) et à rebondissements multiples, avec une heure d’exposition (Je ne me souvenais plus que c’était si long avant le gros virage) entre le teen-movie et le film de procès – Et ça fonctionne encore très bien – avant une seconde partie qui se joue de tout ce qu’on a vu pendant la première, manipule son spectateur à gogo (de machination en machination, personnages qui se chevauchent et s’écrasent, disparaissent puis reviennent) tout en lui offrant une dynamique folle, aux tiroirs jubilatoires (Bill Murray génie, en trois apparitions) jusque dans la fuite de son personnage phare (S’inspirant de la légende de Médée) et son insolite générique final.

Hostel, Chapitre III (Hostel, Part III) – Scott Spiegel – 2012

13529014_10153775517942106_9108555823501129745_nLas Vegas barjot.

   2.0   Plus grand chose à sauver de cette franchise. Roth a disparu des commandes et ça se voit. Le tacheron qui le remplace fait un mélange des deux premiers volets (Il montre le décor et son envers, en gros) et situe l’action à Las Vegas, ce qui en fait moins un film d’horreur en terre inconnue qu’un Very Bad Trip gore. Désolé, ça m’aurait plu d’en dire davantage mais je ne vois vraiment pas comment. Cette franchise s’arrête donc là-dessus. Espérons que ce soit définitivement le cas.

Hostel, chapitre II (Hostel, Part II) – Eli Roth – 2007

28.-hostel-chapitre-ii-hostel-part-ii-eli-roth-2007-900x599Business is business.

   4.0   Comme souvent avec les films d’horreur, une suite sort dans la foulée. C’est d’autant plus mystérieux et intriguant ici qu’Eli Roth reste aux manettes. On pouvait s’attendre à une suite directe dans la mesure où le personnage s’en tirait par miracle (Pour combien de temps ?) ou à une simple redite (Pour surfer sur la réussite fructifiante du premier opus). Mais Roth va brouiller les cartes. Il y a d’abord une séquence introductive qui récupère, comme attendu, Paxton le survivant du premier chapitre mais son utilité est anéantie en deux scènes : D’abord au détour d’un cauchemar puis via une réalité nettement plus trash que le cauchemar. Ce sera la méthode Roth durant cette deuxième fournée, à savoir jouer à contourner nos attentes, construire une nouvelle énergie (Le film est plus gore mais aussi plus bizarre) puisque dans un second temps on croit revivre exactement le même processus de ces trois personnages happés par Bratislava dans le but de s’amuser, baiser et picoler. La seule différence ici : Les trois garçons sont remplacés par trois filles. Une fois de plus on passe sur les portraits de personnages, Eli Roth on a compris, est assez mauvais là-dedans. Le jeu va surtout être de savoir laquelle disparaitra la première et laquelle parviendra à s’en tirer. S’il y avait peu d’épaisseur dans la caractérisation des routards de Hostel, que dire ici ? C’est simple, ce ne sont que des marionnettes. Il n’y a pas un personnage et ses deux amies, il y a trois nénettes se relayant le bout de gras. Pourquoi ? Tout simplement parce que la grande particularité d’Hostel, deuxième du nom – Et ce qui le rend plus intéressant qu’il n’en a l’air – est de s’intéresser au versant bourreaux : Faire entrer en scène deux riches bourgeois (Joués par deux acteurs récurrents de la série Desperate Housewives) à la vie de couple sinistre, qui ont gagné leur droit d’entrée (dans le hunting club) lors d’une « vente aux enchères ». Et là aussi le film détourne ce à quoi on s’attend de voir, dans leurs approches et leur jusqu’au-boutisme ou non. Et c’est malheureusement là que le bât blesse puisqu’on ne croit plus à ces revirements de personnalités qui finissent par uniquement dégager un gimmick de scénario. On garde là aussi quelques bonnes saillies gores avec le bain de sang d’une étudiante lacérée à coup de faux ou le hachoir qui sectionne maladroitement un visage mais on retient aussi le grand n’importe quoi dans lequel le film s’enlise aussi bien dans l’évasion ridicule, la fête paillarde lourdingue et le twist final d’un goût vraiment douteux. Et sinon, pour l’anecdote, le client cannibale (qui déguste un bout de quadriceps) est incarné par Ruggero Deodato, le réalisateur de Cannibal Hollocaust, le film préféré d’Eli Roth. Oui, c’est une autre dimension.

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