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Archives pour juillet 2016



Hostel – Eli Roth – 2006

25.-hostel-eli-roth-2006-900x597Requiem pour un massacre.

   5.5   Lors de sa sortie il y a dix ans, le film m’avait gêné dans son portrait qu’il faisait de l’Europe et plus particulièrement de l’Europe de l’Est ; L’impression qu’on y envoyait de gentils américains en sacrifice chez les barbares slovaques. En fait je pense que le film ne raconte pas grand-chose et qu’il est donc inutile de tenter d’y déceler un quelconque message. D’autant que la place du tortionnaire, elle, reste occidentale. Alors pourquoi Bratislava ? Et bien pourquoi pas. J’imagine bien Eli Roth penser comme cela. Lorsque les trois touristes débarquent dans le village paumé, on voit des enfants à gueules de travers, des blondes à gros nibards et un musée de la torture. Ça fait partie du folklore.

     Comme l’an dernier dans The green inferno, la partie teen movie, d’une vacuité absolue, rallongée pour rien, n’est pas ce que le film réussit de mieux. Il y a malgré tout une idée intéressante dans ce prologue (avant l’enfer) c’est la construction de son trio, qui pourrait tout bêtement être trois potes américains de longue date. En fait non, il y a deux amis américains qui sont accompagnés d’un routard islandais qu’ils ont rencontré précédemment car le film ne démarre pas sur le début de leur voyage, ils sont déjà en Europe depuis un bout de temps. Ce n’est pas grand-chose, mais avec ce genre d’infime détail on sort d’une certaine routine. On sait combien le genre peut être balisé. Et les balises, Roth les malmène, il a au moins cela pour lui.

     Mais la vraie bonne idée est d’avoir découpé en trois chapitres complètement inégaux (dans leur durée) l’enfer dans lequel vont s’enfoncer les trois personnages. Le premier on ne le voit ni disparaître ni mourir. Sa tête n’est déjà plus sur ses épaules quand il réapparait au détour d’un plan complètement gratuit. On pense alors qu’on va suivre le jeune puceau farouche mais non, aussitôt qu’il se fait droguer et enlever, sa mort est aussi violente que brève, mais elle permet d’apprivoiser le processus quand nous n’en voyons que les restes du premier. C’est seulement avec le dernier personnage que le film investit clairement le terrain du survival.

     Ce qui est intéressant c’est de voir combien chaque rencontre est un rouage les menant à leur future exécution, du junkie d’Amsterdam à l’homme d’affaires du train (qui leur vante qu’il est un vrai cannibale, en mangeant son poulet avec ses doigts) en passant par deux nymphettes éclaireuses. Tout converge vers cet hôtel sordide qui brille pour son spa où les meufs se mettent à poil, ce qui suffit au bonheur de nos trois compères qui ne sont venus que pour ça. Petit à petit mais seulement vraiment dans sa dernière partie, nous commençons à comprendre le hors-champ de l’affaire qui sera ouvertement le thème de Hostel 2. On navigue en plein commerce du crime puisqu’il s’agit de rameuter des sadiques fortunés contre une somme d’argent considérable et leur offrir de se libérer de leur pulsion meurtrière qu’ils assouvissent sur des étrangers qu’on a d’ores et déjà pris soin de faire disparaitre au niveau identitaire avant de bruler leur cadavre une fois le plaisir consommé.

     Si je trouve le film nettement meilleur qu’à l’époque c’est principalement dans sa partie horrifique et cette manière qu’il a de filmer les lieux : Immense usine désaffectée avec ses outils rouillés, ses murs et sols maculés de vieux sang, ses couloirs glauques où chaque porte s’ouvre sur une pièce de torture. Bien malsain. Le survival final attendu se double d’un sauvetage sans intérêt, mais il faut reconnaître au film son va-tout. La séquence de l’œil, avec la membrane découpée laissant échappé une quantité de pue innommable (précédée par une énucléation oculaire au chalumeau) est un sommet gore dans le gore. Avec la séquence tendons d’Achille sectionnés et celle du cache-cache dans un amas de corps découpés, on en a pour notre compte.

Les rats (Die Ratten) – Robert Siodmak – 1955

13567528_10153775518082106_4536569447678691218_nLa vagabonde et l’enfant.

   6.5   C’est un retour aux sources pour Siodmak qui revient en Allemagne, après son exil américain et y tourne Les rats, mélodrame à la fois aride et classique, qui prend essor à Berlin. C’est l’histoire d’une femme en détresse (Son mari l’a abandonné alors qu’elle est enceinte) dont la grossesse est convoitée par une femme stérile, qui préfère faire croire à son homme qu’elle attend un enfant (plutôt que de lui avouer sa stérilité) dans le but de récupérer l’enfant de la vagabonde (dont elle s’occupe) quand celle-ci aura accouché. C’est l’adaptation d’une pièce de théâtre mais on ne ressent son poids à aucun moment, Siodmak créant suffisamment de mouvement, de rythme d’autant que le film est d’une noirceur totale. Et puis je trouve qu’il y a du Fassbinder avant l’heure là-dedans, je ne sais pas vraiment à quoi ça tient, mais il y a un côté Mariage de Maria Braun dans l’approche historique de la reconstruction allemande, encore en plein crise morale.

Dawn of the Croods – Saison 1 – Netflix – 2015

13620922_10153800357572106_1915713449387807794_nNe va plus vers le soleil.

   1.5   A la maison on aime beaucoup Les Croods, le film. Son énergie, ses décors, ses couleurs, sa kyrielle de personnages, ses rebondissements. C’était du Dreamworks mais du bon. Et ça se revoit très bien d’ailleurs (Dans ses moments, mon fils peut le passer en boucle) même si certaines ficelles apparaissent énormes, notamment dans son humour, certes bon enfant, mais en surrégime et passe-partout. Alors pourquoi ne pas tenter la série après tout, puisque c’est un monde que l’on peut développer à l’infini, dans lequel on peut y injecter moult aventures et y faire apparaître des personnages hauts en couleur ? Le film réussissait cela très bien sur 1h30, la série se plante complétement avec son format 22 minutes, lesquelles sont parfois même sectionnées en 2×11 minutes, moins pour y faire évoluer des parallèles intéressants que lié au fait que les créateurs n’ont absolument rien de passionnants à raconter. Reste l’hystérie générale qui cette fois, faute d’envergure, se retourne contre le show. Et plastiquement on a perdu ce qui faisait le charme du film, mais c’est vraiment dans l’écriture que la série pêche constamment et refourgue sans cesse des éléments du film en les modifiant vite fait bien fait. Pas réussi à aller jusqu’au bout (13 épisodes, vu 7 je crois).

La malédiction de Chucky (Curse of Chucky) – Don Mancini – 2013

13533193_10153775517827106_6177442883432610018_n     3.5   Pas vu tous les épisodes Chucky mais j’aime assez le tout premier (Un jeu d’enfant) et j’ai pas mal regardé, ado, La fiancée de Chucky qui jouait moins sur la peur que sur le registre de la comédie gothique. Chucky y était extrêmement bavard, sadique, en totale roue libre. Ce sixième volet (et dernier en date) semble lorgner du côté du premier mais traine en longueur et ses enchainements sont archi cheap. Mais ça se regarde, même si le charme vintage a complètement disparu.

Un français – Diastème – 2015

30.-un-francais-diasteme-2015-900x506Chienne de vie !

   6.0   S’il est inégal sur la durée, le film de Diastème est passionnant dans son parti pris de raconter 30 ans de la vie d’un homme et singulier dans son étrange montage puisqu’il est découpé en plusieurs blocs de séquences toutes relayées par des ellipses très délicates à apprivoiser qui finit par accentuer l’ambivalence du récit.

     Dans sa violence et la méticulosité de sa retranscription Un français a moins à voir avec La haine, de Kassovitz qu’avec le sublime film de hooligans, The firm, d’Alan Clarke, au moins dans son approche frontale des interactions de groupe et familiales.

     On y suit un groupe de skinhead s’attaquant régulièrement à des inconnus, musulmans en priorité, les humiliant, les lynchant puis petit à petit le groupe se brise, chacun choisit sa voie, entre petite délinquance et participation politique, quand Marco, que le film va suivre, choisit une reconstruction intime en se débarrassant progressivement de sa haine.

     Il y a une scène pivot très symbolique mais très belle, où le garçon, soudain, étouffe, littéralement (Il vient de provoquer une famille musulmane dans le bus puis une femme qui l’observait) et se réfugie chez un pharmacien qui lui servira de passerelle vers le bien.

     Si le film est souvent intelligent et sobre dans son dispositif (Tout en réinjectant cette mise en scène collée aux personnages, cette caméra à l’épaule qui tremble) il se laisse parfois aller à des facilités de reconstruction comme s’il avait peur de perdre son spectateur en route. Disons qu’à préférer le raccord elliptique aux données temporelles, Diastème opte pour de nombreux moments historiques (de façon à mettre une date sur ce que l’on regarde) à l’image de la séquence avec la finale de la coupe du monde 98. Ce n’est pas un gadget puisque le film l’utilise, il permet en l’occurrence de voir combien Marco a choisi de « vivre ensemble » quand sa femme, qu’il avait rencontré à un meeting d’extrême-droite est restée campé sur ses positions racistes. La séquence de leur dispute (Alors que Marco venait chercher sa fille d’un an, pour lui montrer la fin du match) qui est d’une violence terrible, ouvre donc sur leur séparation, libère et accélère le récit, allonge les ellipses et enferme définitivement Marco dans sa solitude, ici dans une séquence où il cherche à récupérer le droit de voir sa fille, là quand il croise son ancien ami et plus tard, sur la tombe de sa mère.

     Ce qui est très beau c’est de voir cette reconstruction dans sa succession de petits boulots (Vigile de boite de nuit, vendeur en grande-surface…) jusque dans son dévolu humanitaire (Il donne la soupe aux Restos du cœur ou dérivé) et de constater que Marco n’a rien gagner de concret à changer de voie (puisqu’il a tout perdu) sinon une conscience morale. La dernière scène alors qu’il est devant son écran, outré par la manif pour tous où il y reconnait les présences de sa femme et sa fille, est un moment très beau, mais d’une violence terrible encore.

La maison de l’exorcisme (La Casa dell’esorcismo) – Mario Bava & Alfredo Leone – 1974

21.-la-maison-de-lexorcisme-la-casa-dellesorcismo-mario-bava-et-alfredo-leone-1974-900x670Bicéphale.

   5.0   Il y a deux films en un. Du coup ça manque clairement d’unité ; on bascule d’un climat à un autre, d’une esthétique à une autre, dans un désarroi total. Mais c’est paradoxalement sur cette association farfelue que le film atteint une forme d’abstraction macabre qui en fait un électron libre qui ne ressemble à rien de déjà-vu, quelque part entre L’exorcisme, de Friedkin et Quatre mouches de velours gris, d’Argento – Je prends volontairement deux films sorti quelques mois plus tôt. C’est très bizarre. Ça peut s’avérer fascinant puis la seconde suivante imbuvable. Cauchemardesque puis ridicule. Et comme tout s’explique, la schizophrénie du film provient de cette inspiration à quatre mains, puisque Alfredo Leone a finalement tourné des scènes au détriment de Bava et les a incorporé à la première version de Lisa et le diable, jugée trop personnelle et expérimentale, qui deviendra donc La maison de l’exorcisme, que Bava reniera, bien entendu.

L’ibis rouge – Jean-Pierre Mocky – 1975

13495125_10153755095402106_6014628511392327828_n Carton rouge.

   3.0   C’est du Mocky pur jus, aucun doute là-dessus, mais je n’ai jamais réussi à entrer dans sa dynamique et sa folie. Car ça reste bien barré comme d’habitude avec Mocky. Et je trouve Serrault sans relief, récitant sa partition, loin de ce qu’il pouvait générer dans A mort l’arbitre. Je passe mon tour.

Pauline détective – Marc Fitoussi – 2012

26.-pauline-detective-marc-fitoussi-2012-900x600Rendez-vous avec la mort.

   5.0   Je garde un bon souvenir de Copacabana, de Fitoussi, avec Isabelle Huppert et Lolita Chammah, mère et fille. Il y avait un soin dans l’écriture, dans les interactions entre les personnages. Cette densité s’est un peu évaporée ici au profit d’une ambiance plus lisse : Chamallow, cocktail et transat. Fitoussi parvient à saisir cet enrobage bonbon souillé de l’intérieur de sa mise en scène gracieuse, soignée. Qui soigne aussi Kiberlain, qui irradie absolument chaque séquence. On navigue donc dans une intrigue de bas étage avec une énergie assez généreuse malgré tout, qui emprunte assez clairement aux Agatha Christie de Pascal Thomas. C’est un agréable film du dimanche soir, mais rien de plus.

Intrigues en Orient (Background to Danger) – Raoul Walsh – 1943

13510934_10153775517712106_408436629316611127_n     6.0   C’est l’un des tous premiers films noirs, sorti dans la foulée du film précurseur, Le faucon maltais de John Huston. Un film qui s’inscrit idéalement dans la (future) tradition du genre, dans sa kyrielle de personnages, agissant en mensonges et faux-semblants, ainsi que dans ses imbrications et sa façon d’ancrer son récit dans les lieux, qu’il s’agisse ici d’un train ou là d’un hôtel turc, d’Alep, Istanbul ou Ankara. Il y a une vraie aisance dans les enchainements. C’est un film très bavard, comme souvent avec les films noirs (enfin d’ailleurs c’est plus un film d’espionnage qu’un film noir) mais pas suffisamment ici pour briser l’intensité rythmique, préservant donc un juste équilibre.

Flic story – Jacques Deray – 1975

18.-flic-story-jacques-deray-1975-900x693Borniche vs Buisson.

   6.0   Je me suis lancé là-dedans sans vraiment savoir qui l’avait réalisé. Inconsciemment, j’imaginais bien derrière un Georges Lautner, un Pierre Granier-Deferre ou un José Giovanni. Pourtant, dès les premiers plans, on sait qu’on est dans un Deray. Un sous-Melville donc un Deray. Je suis un peu dur mais il y a vraiment de ça dans les longues séquences d’interrogatoires, les filatures qui jouent beaucoup avec les silences. J’aime beaucoup le Deray de Trois hommes à abattre, moins celui de On ne meurt que deux fois. Là je trouve qu’on est dans du Deray honnête, avec un Delon excellent malgré son discours off de départ qui peut faire peur. Il est aussi sobre et discret que son personnage, on ne sait jamais si son calme masque une colère ou une extra-lucidité, c’est très intéressant. Et en face, il y a Trintignant, truand insaisissable, sans scrupules. Un méchant comme on n’en fait plus. Beaucoup aimé ce polar classieux, bien tenu, bien fichu.

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silencio


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