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Archives pour juillet 2016



L’enterrement du soleil (Taiyo no hakaba) – Nagisa Oshima – 1960

14. L'enterrement du soleil - Taiyo no hakaba - Nagisa Oshima - 1960Affreux, sales et méchants.

   4.0   Troisième volet de la trilogie de la jeunesse, après Une ville d’amour et d’espoir et Contes cruels de la jeunesse, tous trois sortis sur un intervalle d’un an (Oshima a seulement 27 ans), L’enterrement du soleil respire davantage comme le deuxième, véritable conte cruel, et parcelle de déshérence et de déchéance, entre la chronique de bidonville et le mélo, quoiqu’il soit probablement le moins romantique des trois, au sens large du terme. Oshima à cette époque filme le Japon du pourrissement. On se souvient de ces plages de troncs d’arbres dans Contes cruels, il s’agit ici de filmer des quartiers abandonnés, ses terrains vagues, ses voies ferrés, toujours dans une volonté de raconter le paysage industriel. Comme le précédent, tout est bien trop appuyé, trop sinistre ; je suis plus sensible à la pudeur du premier opus, ce qui ne n’empêchait guère Oshima d’y apposer sa cruauté de marque.

Tirez la langue, mademoiselle – Axelle Ropert – 2013

27.-tirez-la-langue-mademoiselle-axelle-ropert-2013-900x600   4.0   J’aime assez Ropert critique, je trouve qu’elle a toujours des choses passionnantes à dire. Ropert cinéaste m’ennuie, en revanche. La famille Wolberg, déjà et cette fois Tirez la langue mademoiselle sont deux films qualité un peu trop approuvée, qui semblent ouvrir des brèches mais disparaissent dans l’oubli aussitôt terminé. L’interprétation est excellente, rien à dire – Mais Laurent Stocker j’y arrive pas, il m’insupporte sans trop que je sache pourquoi. Les dialogues aussi. Paris, aussi. Mais le film est anormalement lent, trop cadré, trop bien découpé, trop fonctionnel. Ça se regarde beaucoup faire, quoi. Et donc, comme pour le précédent, il ne m’en reste déjà plus rien.

Le masque du démon (La Maschera del demonio) – Mario Bava – 1961

09. Le masque du démon - La Maschera del demonio - Mario Bava - 1961Le retour de la sorcière.

   7.0   Je ne connais pas bien Bava, j’avais seulement vu Les trois visages de la peur qui ne m’a pas laissé un souvenir fort. Le masque du démon est un super film, gothique à souhait, avec une ambiance des plus envoutantes, des idées formelles en permanence et un noir et blanc d’une rigueur éclatante – Le magnétisme de Barbara Steele, qui joue à la fois le rôle du vampire que de la princesse, y est aussi pour beaucoup. Quant à la séquence pré-générique des amants suppliciés, elle est une merveille de beauté et de violence mêlées. Le film cumule d’ailleurs les jeux de reflets, nuances et contrastes qu’il est impossible d’imaginer ce qu’il aurait été en couleurs (Qui était le propre des productions italiennes de l’époque) au-delà de sa virulence graphique.

Qui c’est les plus forts ? – Charlotte de Turckheim – 2015

08.-qui-cest-les-plus-forts-charlotte-de-turckheim-2015-900x600

Evidemment, c’est les Verts !

   3.0   Bon, c’est nul hein, tous les dialogues sont trop écrits, et souvent façon Scènes de ménages / Tout ce qui brille, la mise en scène est inexistante (au contraire du film Discount qui était nettement plus inspiré, pour rester dans le même genre de récit) et les acteurs en font des tonnes, mais pourtant, ce n’est jamais désagréable, parfois même un peu attachant. Et puis il y a une scène dans le Chaudron, pas trop mal fichue. C’est mignon, donc.

The Danish girl – Tom Hooper – 2016

19. The Danish girl - Tom Hooper - 2016Transparent.

   5.5   Toujours un peu de mal avec ces films qui racontent une révolution (Ici le premier changement de sexe, dans les années 30) mais qui dans leur mise en scène restent coincés dans l’ancien, l’académique, où la forme dénote donc avec le fond. En somme, on est très proche de l’autre film oscarisé de Hooper, Le discours d’un roi, qui là aussi n’avait de neuf que son récit. Mais paradoxalement, c’est probablement cette élégance un peu aristocrate, très anglaise, qui permet au film d’atteindre des moments d’émotion troublants, au moins dans la relation de couple. Rarement vu à ce point un personnage féminin aussi beau, compréhensif, bienveillant, dont tous les actes s’exécutent dans le respect de la liberté de son homme. C’est finalement de cette femme que le film réussit une délicate mise à nu, au propre comme au figuré d’ailleurs puisqu’on la voit souvent à poil. Et comme c’est Alicia Vikander, tout va bien. L’autre curiosité qu’offre le film c’est cet acteur qui incarne Einar Wegener, future Lili Elbe, avec son androgynie si singulière, qui rappelle un peu Freddie Highmore, celui qui incarne Norman Bates dans la série Bates Motel. Si le personnage fascine déjà en lui-même, par son abnégation et sa volonté de se séparer de son sexe comme d’une maladie de naissance (Rappelons que l’opération qu’il va choisir n’a encore jamais été testé) c’est surtout cet acteur qui parvient à offrir ce trouble, à faire croire qu’il pourrait être une femme, à nous faire nous demander si c’est un homme déguisé en femme ou une femme déguisée en homme, suivant qu’il soit ou non maquillé. Et tout cela sans le côté performance qui peut parfois irriguer ce type de biopic. Bref, j’ai vraiment pensé me faire chier comme un rat mort (le tout début est très emprunté) mais ça m’a plu petit à petit, le film trouve son unité, une certaine sobriété aussi, même si dans sa dernière partie il réemprunte les contours du mélo académique avec musique bien ronflante à l’appui.

Court (En instance) – Court – Chaitanya Tamhane – 2016

13346908_10153718648212106_6458609690599298851_n     6.0   Beau film de procès, qui réussit aussi l’exploit d’être un super film choral. La majorité du film se déroule au tribunal et le reste nous entraine dans le quotidien des différents protagonistes de la procédure. Ce qui me marque surtout c’est la gestion de l’ellipse, le film l’utilisant à foison, puisqu’il raconte systématiquement les jours d’audiences, sur un procès qui se déroule sur plus d’un an. M’étonnerait qu’il m’en reste grand-chose mais je suis content d’être allé le voir en salle.

Drôles d’oiseaux (Zambezia) – Wayne Thornley – 2013

04.-droles-doiseaux-zambezia-wayne-thornley-2013-900x600   2.0   Nul. Quelque part entre L’âge de glace (esthétiquement) et Le roi Lion (thématiquement). Certes, c’est le premier film sorti d’un nouveau studio Sud-Africain, Triggerfish Animation. Tout est donc fait pour rivaliser avec les gros studios : On attire l’œil, on produit du rythme, on pratique l’humour low-cost. Mais les personnages sont vraiment sans reliefs, les thématiques archi rebattues. Mon fiston a d’ailleurs rendu les armes au bout de 40 minutes. Aucun intérêt.

Alceste à bicyclette – Philippe Le Guay – 2013

17.-alceste-a-bicyclette-philippe-le-guay-2013-900x599Meilleurs ennemis.

   4.0   Soyons honnêtes, c’est un film de vieux, avec zéro mise en scène et des acteurs cabotins. Bref ça sent le vieux. Pourtant, toute la première partie est assez intéressante (Si l’on supporte les deux larrons) puisqu’il ne s’agit que de retrouvailles entre deux amis, où l’un, acteur déchu est devenu ermite breton quand l’autre est resté une star de télévision. Et ils vont parler du Misanthrope, la pièce de Molière, que le second souhaite mettre en scène et pour ce faire vous l’aurez compris, a tenu à faire appel à son ami (dont il connaît l’amour de l’œuvre) pour jouer Philinte quand lui s’octroie le rôle d’Alceste. Et tout le différend se joue là-dessus, la compétition qui grandit entre eux, le décalage déjà présent qui prend une amplitude de plus en plus considérable. Le film aurait mérité de n’être que ça : retrouvailles, discussions et répétitions. Mais Le Guay ne s’en tient pas et d’une part veut trop faire une sorte de mise en abyme de la pièce et d’autre part meuble comme le cinéma français nous en a trop habitué, avec une histoire d’amour traitée par-dessus la jambe, inutile et grossière (elle n’existe finalement que pour accentuer le conflit entre les deux hommes) et l’apparition  plus loin, d’une jeune actrice porno de la campagne, un bon gros wtf bien de chez nous, pour faire jeune et cool. Le film accumule alors ce type de joujou scénaristique sans intérêt à l’image du running gag ridicule des vélos tombant dans le bas-côté. La fin a beau être étrangement très maussade ça n’enlève rien au fait que c’est du cinéma de vieux, maquillé mais vieux.

Contes cruels de la jeunesse (Seishun zankoku monogatari) – Nagisa Oshima – 1960

05.-contes-cruels-de-la-jeunesse-seishun-zankoku-monogatari-nagisa-oshima-1960-900x624L’amour sordide.

   4.0   J’ai un problème avec Oshima, je crois. Enfin bon c’est pas grave, simplement ici je retrouve tout ce qui me rebute dans un film comme L’empire de la passion, avec cette multitude de personnages décharnés, mais de façon trop marquée, que la mise en scène ne parvient jamais à faire exister autrement que par le dérèglement qu’ils opèrent avec le Japon dans lequel ils sont ancrés. Mise en scène trop fascinée par la violence (L’amour vache vraiment too much entre les deux amoureux) et sa froide ambiguïté. Le dispositif est beaucoup trop théorique pour nous faire croire en la relation folle de ces jeunes paumés.

Le Hobbit, un voyage inattendu (The Hobbit, An Unexpected Journey) – Peter Jackson – 2012

13533101_10153755095727106_7756083025467143796_nEn route vers la montagne solitaire.

   4.5   Passé les dix minutes introductives vraiment embarrassantes et l’interminable mise en place du voyage à venir, le film trouve son tempo à condition de ne pas trop lui en demander. J’aime bien la scène avec les trois trolls, même si toute la démarche y est résumée, avec cet humour bas de plafond, ces combats illisibles, ce suspense déjà-vu (vraiment du copier-coller de la première trilogie) et cet héroïsme pour gamin, archi prévisible. Plus loin j’aime beaucoup la séquence avec les géants de pierre, je ne m’y attendais pas, même si là encore le rebondissement en point d’orgue avec Bilbon pas loin de tomber dans le vide sent la naphtaline et le remplissage. Séduit aussi par le montage parallèle entre le combat Nains/Gobelins d’un côté et l’affrontement entre Bilbon et Gollum dans la grotte de l’autre, même si ce dernier s’improvise davantage Père Fouras qu’autre chose. Je pourrais continuer longtemps. Tout ça pour dire que ce n’est pas désagréable mais c’est vraiment calibré bébé. Après, l’imagerie se situe vraiment dans la continuité de ce que Jackson avait déjà offert dix ans plus tôt : Les hérissons ressemblent à ceux de la pub Spontex, les aigles géants échappés d’un spectacle du Puy du Fou égaré dans Avatar. Il faut aussi se farcir de gros lapins de traineaux, un nain héros qui semble idéalement remplacer Viggo Mortensen, une pyrotechnie finale bien lourdingue. Et reste cette musique omniprésente, insupportable, qui n’a pas changé d’un iota depuis La communauté de l’anneau. Mais je reconnais que je m’attendais à pire. Car mine de rien, je n’ai pas vu le temps passer.

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