Le fantôme de Cat Dancing (The man who loved Cat Dancing) – Richard C. Sarafian – 1973

14184401_10153934225132106_1705574867230153612_nCat reappearing.

   8.5   On a souvent entendu dire que Sarafian était l’homme d’un seul film, Point limite zéro. Après avoir découvert, il y a quelques mois, Le convoi sauvage puis maintenant Le fantôme de Cat Dancing, il est évident que c’est faux. Effectivement, ce sont des films qui tranchent moins en tant que précurseur du Nouvel Hollywood, puisqu’ils appartiennent plutôt à ce genre mourant qu’est le western. Mais cet aspect « Dernier chant du cygne » qui hante le récit, avec ce casse pour la rédemption, offre au film une singularité forte qui n’est pas sans rappeler ce qu’en fera Cimino quelques années plus tard, dans Heaven’s gate. Film testament, agonisant, réchappé des limbes.

     Dans Le fantôme de Cat Dancing, les cow-boys hors-la-loi sont plus fragiles. Il faut un interminable combat à mains nues à Jay Grobart pour se débarrasser de Dawes, venu récupérer son butin. Une microseconde pour que les trois-quarts du convoi soient torpillés par une embuscade indienne. Quant à Billy, il mourra des suites de ses blessures : Un mauvais coup mal placé, durant une bagarre, qui rappelle un autre coup de pied fatal, cruel, dans Thunderbolt & Lightfoot, de Cimino, encore lui, sorti la même année.

     Comme dans Le convoi sauvage le film glisse lentement vers un affrontement final qui n’aura pas lieu. Pas dans la tradition du genre, du moins. L’explication de cette rupture du schéma conventionnel est simple : La fuite et la poursuite ne constituent pas le point essentiel du récit, puisque celui-ci est construit autour de thématiques périphériques qui se chevauchent à merveille, avec cette histoire d’amour en miroir (physique et mystique), la quête filiative et la culpabilité mystérieuse. Grand et grave personnage que ce Jay Grobart, chef de gang du convoi, qui ressemble finalement beaucoup à Bass (Le convoi sauvage) et Kowalski (Vanishing Point) dans sa rupture d’avec le monde. Burt Reynolds y est parfait, opaque, taiseux, avec ce romantisme sous-jacent qui fait parfois, inopinément, soulever un sourire ou offrir une brève palabre poétique.

     Pourtant, le film fait aussi et surtout le portrait d’un autre personnage, une femme, Catherine Crocker (Sarah Miles, magnifique) qui vient apporter ce contrepoint au personnage de Grobart, puisqu’elle se situe complètement dans la fuite, de son mari, de sa vie bourgeoise. C’est d’ailleurs sur elle, cavalière distinguée, que le film s’ouvre, alors qu’elle chevauche des étendues désertiques, sous son ombrelle, afin de rejoindre le train. Train qui sera le terrain de chasse (aux pièces d’or) de Grobart. Ce qui est très beau c’est de voir comment elle occupe l’espace à mesure qu’elle s’ancre dans le groupe, d’abord sous la contrainte (L’empêcher de s’enfuir et de parler) puis dans son attachement précoce à son ravisseur ; Avant d’être prisonnière de l’invisible : Une femme, dont tout le monde parle, morte mystérieusement, portant un nom similaire au sien. Du coup, par rivalité, Catherine se transforme en Cat, remplace ses manières victoriennes par une sensualité squaw et se heurte, comme les deux mondes, L’homme blanc face à l’indien, à l’impossibilité de cohabiter avec celui dont le cœur meurtri est déjà pris. Cat Dancing n’est d’aucun plan mais dans son évocation, quasi de tous. Ce qui achève de faire de cette merveille, romantique et désespérée, un pur film de fantôme.

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