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Archives pour 30 octobre, 2016

Instinct de survie (The Shallows) – Jaume Collet-Serra – 2016

14650137_10154034637012106_6784048200283311018_nClose water.

   4.5   Collet-Serra est l’un des meilleurs faiseurs d’Hollywood, qu’il officie dans l’horreur ou dans l’action, comme en témoigne sa chouette trilogie Liam Neeson. Même si bon, j’espérais vite un retour du Collet-Serra des débuts, celui de La maison de cire, de Esther. Avec cette histoire de surfeuse seule face à un requin sur une île déserte du Mexique, le retour s’annonçait idéal.

     Au début, Blake Lively exhibe ses formes sur la plage (Collet-Serra nous offre tous les angles, même celui plus discret et lointain d’une vue sur sa raie des fesses naissante), elle whatsappise sur son Smartphone avec une amie (On nous inflige leur discussion dans le coin droit de l’écran) puis met de la wax sur sa planche Rip Curl, avant de rencontrer deux surfeurs autochtones munis d’une GoPro. Pub géante qui se transforme bientôt en mauvais clip où les entrées en vagues sont filmées n’importe comment, les grimaces et sourires au ralenti. Horrible. Frozen, auquel on pense un peu, réussissait nettement mieux son entrée en matière. Mais bon, soyons patients, les coraux brillent, les goélands raillent et Blake Lively a un beau cul maillot de bain.

     Lorsque l’affrontement arrive enfin, la réalisation est un poil plus sobre et passe-partout, c’est mieux. Une bonne idée : Après avoir grimpé sur une baleine mourante, la jeune femme est piégée sur un rocher, visible parce que c’est la marée basse, mais qui n’attend qu’à être recouvert par les eaux. Cette donnée de sablier qui s’écoule amplifie son stress et le notre, préparant du même coup le terrain pour le survival en eaux peu profondes à venir.

     Comme Blake Lively s’est fait chourée un bout de cuisse, mais pas grave puisqu’elle est infirmière donc un, maîtrise les garrots et les points de suture de fortune (elle prend même le temps de remettre l’aile du goéland blessé qui l’accompagne) deux se parle en permanence à elle-même ce qui permet de combler les silences et nous expliquer ce qu’elle fait – Malin, le petit Jaume ; C’est sûr, on n’est pas dans le plus radical All is lost – la bataille avec le grand requin blanc s’annonce déséquilibrée, à 180 mètres de la plage et 35 mètres d’une bouée de balisage.

     Mais voilà, le squale l’a un peu sous-estimé notre Blake Lively car il se trouve qu’elle est ici sur les traces de sa naissance (Elle ne va pas crever où elle est née voyons) après avoir perdu sa mère, terrassée par un cancer, qui semble chaque fois lui rappeler que le plus important c’est de combattre. C’est alors que le corail qui lui avait déchiré le pied devient son allié, que le banc de méduses qui lui brûlent les bras lui permet de se sauver in extremis, que la bouée renferme en ses improbables fonds (la plongée finale ferait pâlir Jaques Mayol) une ancre salvatrice.

     Bref, c’est à peu près n’importe quoi en permanence, d’une part car on ne comprend vraiment aucune situation étant donné que les lieux sont filmés par-dessus la jambe, d’autre part car le requin en question semble ne pas avoir bouffé depuis vingt ans. Mais ça se regarde agréablement, c’est plutôt oppressant, les images de synthèse sont parcimonieusement utilisée et ça rempli son cahier des charges de série B estivale ascendant nanar du dimanche soir. Mais bon, Collet-Serra, on le sent, n’en a vraiment plus rien à battre.

Victoria – Justine Triet – 2016

14590164_10154034637002106_5621732345950378996_oFemme au bord de la crise de nerfs.

   5.0   J’étais le premier à défendre bec et ongles La bataille de Solferino. Et en le revoyant lors de son passage télé sur Arte il m’avait semblé aussi fort qu’en salle, donc mon avis n’a pas changé le concernant, c’est à mes yeux l’un des grands (petits) films surprises de ces dernières années. Un premier film qui plus est. Audacieux, maladroit, courageux, volontaire, violent, gracieux, moderne. On en sort sur les rotules sans trop savoir pourquoi. Victoria, le deuxième film de Justine Triet, faisait donc en toute logique partie de mes grandes attentes de l’année.

     Et je suis assez déçu. Notamment parce que j’aime davantage Virginie Efira dans le film que le film lui-même, qui m’a semblé foutraque et mal fichu, malgré sa vitalité évidente, autant dans ses choix de mise en scène polissés que dans son cachet comédie romantique ni vraiment transcendant, ni vraiment original – On retrouve même l’appartement champ de bataille avec les gosses au milieu, déjà croisé dans le film précédent mais en moins percutant, plus aseptisé. Il y a des choses qui me plaisent mais elles sont trop éparses et trop à mettre au crédit de l’interprétation ; Des moments qui me font rire mais peu de situations marquantes ; Des embryons de délires séduisants (Le procès avec entrée en scène d’un singe et d’un dalmatien) qui ne tiennent pas sur la durée. Et puis le côté auscultation d’une working girl / héroïne des temps modernes m’agace un peu. Mais les acteurs sont excellents, c’est vrai.

     Je tenais à parler d’Arthur Harari, celui qui joue le dresseur de chimpanzé. J’ai lu cet été dans un numéro spécial de So Film un article interview sur la nouvelle vague de cinéastes du polar à la française, allant d’Anger à Leclercq, en passant par Cavayé et Schoendoerffer. A boire et à manger, en somme. Et dans ce petit groupe, il y avait Arthur Harari, le seul qui ne me disait rien. Il venait de sortir Diamant noir. En l’espace d’une dizaine de pages et quelques mots, il semblait de très loin être le plus intéressant de la troupe.

     Où je veux en venir ? En fait, au-delà de la pertinence de ses interventions, les quelques clichés disséminés dans l’article dans lesquels il apparaît me rappelaient un visage. J’ai longtemps cru que c’était à Travis Bickle qu’il me faisait penser, tant c’est un sosie évident du jeune De Niro de Taxi driver. Or, depuis Victoria, je sais que j’avais auparavant croisé ce visage ailleurs, c’était dans La bataille de Solferino, il y jouait l’ami avocat de Vincent Macaigne. C’est bizarre la mémoire photographique. Hier, pendant le film, j’étais persuadé de l’avoir vu ailleurs que dans les deux films de Triet. Le générique final m’a offert toutes les clés. Harari, je me souvenais de ce nom. Quoiqu’il en soit, j’aime bien ce gars, ce qu’il dit, comment il joue. Et puis c’est un sosie de premier choix. Je suis persuadé que je vais adorer Diamant noir.


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