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Archives pour novembre 2016



Ida – Paweł Pawlikowski – 2014

28Paradis : Foi.

   4.0   Non pas que je trouve le film mauvais ou raté puisqu’il y a un pouvoir visuel, des qualités esthétiques indéniables (Merci le noir et blanc) et un rythme singulier dans la progression du récit mais ça dessert complétement le propos à mon sens, soit le récit d’une jeune nonne juive à la recherche de l’histoire de ses parents assassinés pendant la guerre, afin de leur offrir une sépulture dans un cimetière juif. En faire une esthétique toute belle, toute lisse me gêne constamment. Il y a un peu du Fils de Saul et du dernier Egoyan là-dedans sans la distance mise en scénique du premier ni l’infâme résolution du second. Mais ce côté archi (dé)cadré (corps sur découpés en permanence, se logeant dans chaque bord de cadre d’une séquence à l’autre) poseur et illustratif en font un objet un peu trop mécanique et désincarné. Reste le récit parallèle sur l’apprentissage d’Ida dans le monde libre et athée, au contact de sa tante ancienne activiste dorénavant paumée, et d’un jeune musicien qui tente d’échapper à son service militaire, qui se révèle assez beau mais tout de même programmatique – Disons qu’on voit le scénario de la reconstruction / renaissance / prise d’indépendance face aux plaisirs charnels se dessiner trop vite.

Pattaya – Franck Gastambide – 2016

14882368_10154105645027106_1258854751385977931_oWesh wesh, qu’est-ce qui se passe ?

   4.5   On ne pourra pas dire que les types se reposent sur leurs lauriers. Nos Kaïra débarquent en Thaïlande au moyen d’un scénario aussi débile qu’absurde : Embarquer le nain bouc émissaire de leur cité pour le faire combattre contre d’autres nains dans un temple bouddhiste radical hyper en vogue. Délire en mode No Limit qui convoque autant le Fatal, de Michael Youn que les comédies déjantées de Rawson Marshall Thurber, Dodgeball ou Tropic thunder. Il faut donc que ça fuse dans tous les sens, aussi bien dans les vannes que dans la forme, être trash au possible, jouer de l’équilibre entre gags visuels, pipi caca (dont une quasi traditionnelle séquence chiasse) ou animalier (L’orang-outan Nathalie qui kiffe la chicha pomme) ou ultra référencé (Le glissement Kickboxer) et gags de parole tant le film s’amuse jusqu’à épuisement de ratés de syntaxe et de son omniprésence verlan qui pourrait presque occasionner une version originale sous-titrée. Bref, le film est sans concession, ne s’adresse strictement à personne (et ce jusqu’au bout, zéro table rase, aucune morale) sinon à ceux qui aiment se noyer dans cette merde grasse au mauvais goût entièrement assumé. Reste que moi, perso, ça ne me fait pas vraiment rire (Trop excessif je pense, je ferais le même reproche à ses modèles suscités) ou au mieux je vais sourire devant quelques répliques bien senties du style de celle des filles voilées ou de celle de Ramzy sur le pénis de sa femme (« Toutes les filles ont une particularité, toi elle est relou et bien moi elle a une petite teub ») mais ça m’épuise assez vite. Mais sinon j’aime bien Gastambide. Je l’avais trouvé super drôle dans Toute première fois notamment, cette espèce de rottweiler croisé caniche ou Vin Diesel croisé Michel Blanc. Le fait de jouer constamment avec cette double image dans Pattaya me le rend d’autant plus sympathique. Quant à Gad Elmaleh, qui m’insupporte de plus en plus à chacune de ses apparitions je l’ai trouvé parfait ici. En tout cas, c’est drôle de voir ça dans la foulée de Babysitting tant il y a de micros éléments qui se recoupent : la soirée défonce à mi-parcours, le penchant exhibitionniste (Teub, fion, nichons, balloches, tout y passe), le cast animal (paresseux ici, singe là), la femme forte dans le contre-champ (L’une porte la valise de son mec parce que c’est lourd, l’autre lui met une droite quand il lui taxe une « tefri ») ou encore la course-poursuite (Nains ou indiens). Ce qui prouve qu’aussi déjantés soient ces deux films, chacun dans leur style d’humour, leur construction et les mécanismes utilisés sont sans doute trop dans l’air du temps, trop sans risques pour s’imposer vraiment en renouveau comique. Mais bon, ça fait tout de même plaisir de voir que l’on peut faire des trucs comme ça chez nous.

Babysitting 2 – Nicolas Benamou & Philippe Lacheau – 2015

14890396_10154105644847106_696159881860114844_oMémésitting.

   5.5   On prend les mêmes et on recommence, à la différence que la fête foraine de St-Germain en Laye est remplacée par la forêt du Brésil. L’idée avait de quoi faire frémir, quand bien même on avait apprécié les premières aventures de ce found foutage singeant sans vergogne quelques récentes comédies américaines. Les vingt premières minutes confirment ces craintes : La plage est l’occasion d’exhiber davantage de string et poitrines et un groupe de comique assis peinard sur le butin de leur petite réussite. Un peu comme la troupe du Splendid avait en son temps cartonné les planches du café-théâtre avant de faire ses gammes en cinéma en se délocalisant dans un club med de Côte d’Ivoire puis dans la station de ski de Val d’Isère. Quand ça marche, pourquoi s’embêter ?

     Loin de moi l’idée de voir en Babysitting 2 Les bronzés font du ski de la bande à Fifi, néanmoins, ô surprise, une fois la machine lancée et l’on retrouve la rythmique déjantée qui investissait le premier opus. L’originalité en moins certes (Il s’agit une nouvelle fois d’une caméra retrouvée qui va permettre de reconstituer une aventure hors-champ) mais avec cette volonté, encore plus généreuse cette fois, de faire des lieux un terrain de jeu géant, hystérique et hallucinogène, entre grottes, tribus indiennes et saut en parachute. L’humour est sensiblement identique (C’est donc très, très con) mais le délire plus trash encore, moins calqué sur le côté festif (et sa pléiade de figurants) parasité par la reconstruction familiale (Ce qui échouait dans le premier qui voulait à la fois être le film trash sans limite et un pur divertissement familial) que sur un flot de mésaventures sans aucune mesure. Avec cette liberté bienvenue de faire une suite sans se soucier du matériau de base : Si les personnages reviennent ça semble être une toute autre histoire ou presque – Les bronzés c’était un peu pareil, quand on y réfléchit et le fait que Clavier remplace ici Jugnot dans le même rôle n’est à mon avis pas un clin d’œil anodin. Pire, l’enfant convoqué par le titre a disparu, c’est comme s’il n’existait plus. C’est une mémé qui le remplace, véritable trouvaille WTF (qui rappelle un peu celle du dessin animé Les Croods) et métronome du film dans la mesure où c’est elle qui lui insuffle son excentricité inaltérable. Comme l’enfant dans le premier, c’est elle qui apparait, disparait, réapparait et garantit le flot de vannes et situations abracadabrantes.

     Ce n’est pas toujours très subtil, rarement fin (Mais on pourrait en dire autant de l’humour ZAZ, qu’on approche ci et là par les multiples références) c’est souvent en roue libre dans son défilé de pastilles et ça veut encore trop mêler found foutage et présent de ceux qui regardent le found foutage (De façon à ce que le spectateur cale ses émotions sur les leurs) mais bordel qu’est-ce que j’ai pu me marrer une fois de plus ! Et puis j’aime bien cette bande, je sais pas, je trouve qu’elle fonctionne bien ensemble, que tous sont complémentaires les uns des autres. Je sens que le prochain volet se déroulera à la montagne.

Spartacus & Cassandra – Ioanis Nuguet – 2015

14907158_10154105644672106_4161423729063661794_nLes innocents.

   5.0   Spartacus et Cassandra sont deux adolescents roms émigrés, vivant dans la rue, avec leur mère déficiente et leur père alcoolique, tous deux sans emplois. Ils sont pris en charge par Camille, jeune trapéziste d’un cirque itinérant, curieux personnage, opaque, sorte de fée bleue trouvant son Pinocchio en ces deux gamins, frère et sœur, ou plus simplement fée sortie d’un conte de Perrault, marraine providentielle. Un documentaire aux relents de conte poétique, façon Hansel & Gretel chez Malick. Cette cohabitation des formes, à la fois naturaliste et esthétisante, crée un déséquilibre étrange, faussement pris sur le vif car in fine très écrit, très illustratif, mais offre aussi au film de beaux moments singuliers. Et puis on en sort avec le souvenir de ces deux visages, deux regards, doux et meurtris, tristes et lumineux et c’est le plus important.

Trance – Danny Boyle – 2013

14859720_10154105644667106_7622582402628408827_oRépulsion.

   4.0   Les films de Boyle sont souvent indigestes. Et paradoxalement ils parviennent constamment à me happer dans leur monde, aussi épileptique et lourd soit-il. Trance constitue presque un méta film sur la méthode Boyle tant son sujet est aussi celui de sa façon de faire : L’hypnose comme remède. Nul besoin ici de plage paradisiaque, faille rocheuse dans le désert, plateau télévisé ou Londres dévasté, la mémoire est l’unique terrain de jeu. Celle d’un commissaire-priseur qui va organiser le vol du tableau de Goya, Le vol des sorcières, mais qui suite à un choc, est incapable de se souvenir comment il a subtilisé la toile pour le compte d’un caïd plus gros que lui. Le film se perd peu à peu dans les méandres d’un gigantesque faux-semblant, puzzle confus avec ses rebondissements en rafale, véritable port-nawak laid et clipesque, dans la lignée esthétique de Slumdog millionnaire et 127 heures. Pourtant, l’idée de base suffit comme souvent à ne pas me faire détester cette nouvelle bouillabaisse psychédélique dont Boyle a le secret, qui fait ici un peu office d’Inception du cancre. Et on y voit un full frontal de Rosario Dawson ce qui n’est pas négligeable.

Vicky – Denis Imbert – 2016

14581474_10154092515187106_4924067925477326906_nMoi aussi j’existe !

   2.0   J’imagine une discussion entre le producteur et Victoria Bedos à la recherche d’un réalisateur pour mettre en image son scénario :

« Je voudrais raconter l’histoire d’une fille qui vit dans l’ombre de sa famille bankable, une inconnue de 30 ans qu’on connaît comme la fille et sœur de et qui voudrait renverser les choses.
-Ah donc tu voudrais parler de toi ?
-Ah merde c’est si flagrant que ça ?
-Et tu voudrais l’appeler Victoria, comme les films de Sébastien Schippel et Justine Triet, j’imagine ?
-Bah du coup non, on a qu’à partir sur Vicky, c’est mon surnom.
-T’as de la suite dans les idées c’est bien. Et tu veux quoi, un drame, une comédie ?
-Je veux tout. Surtout une rom com à l’américaine, qui respire le sexe et Elvis Presley. Et je veux Benjamin Biolay et Chantal Lauby.
-Ok mais pour Guy et Nico, t’auras François Berléand et Jonathan Cohen.
-Bon.
-Bah ouai. Et qui dans le rôle titre ?
-Bah.
-Bah quoi ?
-(Rougit)
-Ah ouai carrément.
-Et je veux qu’elle devienne une chanteuse connue à la fin.
-Dans ce cas je t’offre Denis Imbert. »

Retour chez ma mère – Eric Lavaine – 2016

32Pauvres riches.

   0.5   Une bonne grosse daube dont seul Eric Lavaine a le secret, quelque part entre son horrible Barbecue et Le prénom d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte – Dire qu’ils se sont mis à deux pour faire ce machin. Un énième immondice UMP-like pour riches qui ont peur d’être pauvres, mais ne le seront jamais, avec un final Tout est bien qui finit bien à te faire vomir tes cinquante derniers repas. Niveau mise en scène c’est le néant : Dehors c’est Plus belle la vie, dedans c’est Scènes de ménage. Surtout le film est d’une platitude hallucinante, pauvre en tout, osant même se reposer sur un gag, un seul en espérant que ça suffira : Le plat picard / Surgelés Picard. Véridique. Tout le reste tient du règlement de compte familial dans la tradition (plutôt la caricature) du genre. Et puis bon, Lamy, Seignier, Balasko quoi : Belle indigestion de calamars, même au barbecue.

Angry birds, le film (The Angry Birds Movie) – Clay Kaytis & Fergal Reilly – 2016

30     0.5   Je n’ai vu que des morceaux, ce qui est largement suffisant pour dire que j’exècre à peu près tout ce qui fait Angry birds, autant son hystérie permanente, son humour passe-partout, ses personnages sans aucun relief que son esthétisme indigent. Le film-application parfait. L’horreur quoi.

Dogs – Bogdan Mirică – 2016

14706984_10154067081097106_4379613770597842236_oCinéma désert.

   2.5   Pas loin d’avoir trouvé ça totalement nul. Cinéma roumain dans ce qu’il a de plus caricatural et poseur, surtout quand il imite les ricains. Chaque plan semble durer inutilement. Ou si l’on nuance, soit il s’étire pour se regarder (mouvements de caméra très lents sur un arbre immense à la tombée de la nuit) soit il tente de créer un espace d’humour absurde et gore (le plan fixe interminable sur le flic observant chaque angle du pied mutilé dans l’assiette de son diner terminé) qui tombe dans l’obscénité. Ce dernier plan a tout pour être génial et lancer le film (l’ambiance autant que son rythme) mais il marque au contraire notre rupture/rejet avec lui, qui passe de rigoureusement mystérieux à atrocement poseur et sûr de lui. C’est une scène (comme d’autres qui suivront) que l’on pourrait croiser dans le cinéma des Coen mais le film ne pense pas à l’univers qu’il crée (aussi apathiques que peuvent être certaines séquences de Fargo, elles s’ouvrent chaque fois sur une dimension extraordinaire, jubilatoire et sidérante) tant il réfléchit avant tout à sa capacité centripète à faire durer sans rien partager. Dans son absolue nécessité de tout formaliser, de la minutie de ses cadrages aux trouées faussement lumineuses, mais sans développer d’intrigue solide autour de ce radicalisme de pacotille, Dogs laisse surtout un sentiment de mépris consternant. Envers son spectateur d’une part, en ne lui offrant rien de plus que ce qu’il promet durant ses magnifiques autant qu’elles sont énigmatiques premières minutes introductives, durant lesquelles un lent travelling se fraie un chemin dans les herbes hautes avant d’accoucher sur un immense marécage duquel s’extraie des eaux une chaussure avec un pied mutilé dedans. Et envers le genre d’autre part, qu’il semble lorgner pour finalement le toiser, le ridiculisant de sa mise en scène sans concessions, hyper formaliste, clinique à l’excès, vaine dans ses étirements (la séquences barbecue, imbuvable) révélant à mes yeux un projet aussi ennuyant que foncièrement malhonnête.

Fear the walking dead – Saison 2 – AMC – 2016

14882113_10154101660952106_4494070751788505923_oÀ la dérive.

   5.0   Après une première saison qui ne m’aura pas marqué par son originalité, mon sentiment est globalement enthousiaste puisque je suis arrivé à bout de ces quinze nouveaux épisodes sans trop souffrir ni m’ennuyer. Passer de six à quinze épisodes c’est toujours un peu dangereux. Beaucoup sont ceux qui avaient à l’époque craché sur The Walking Dead là-dessus ; je devais être l’un des seuls à trouver la deuxième saison meilleure que l’inégale première, l’impression qu’elle avait trouvé son rythme loin de son prologue clinquant un peu trop calqué sur les livres et le film de Danny Boyle.

     Ce n’est pas le cas ici, chaque épisode voulant redéfinir une ambiance, débusquer son propre univers ; La construction aussi, la série se cherche, ne choisit véritablement jamais où elle veut aller. Avec ses flash-back notamment (qui lui permettent de se différencier de la série mère qui en est quasi entièrement dépourvu) tous plus inutiles et lourdingues les uns que les autres. Et avec sur le papier une belle idée de jouer sur le terrain de la famille décomposée qui se reforme (Fin de saison 1, non sans cruauté) avant de se disloquer à nouveau (L’après Abigail). Ça pourrait être beau et passionnant si ce n’était pas traité à ce point par-dessus la jambe et surtout si les personnages étaient beaux et passionnants.

     Sur ce point, Nick (Frank Dillane, étonnante fusion entre Xavier Dolan et Skeet Ulrich) est de loin le personnage le plus intéressant. Alicia, sa frangine, il y a du potentiel. Autant les personnages que leurs protagonistes, j’entends. Mais le reste… Madison je peux pas, c’est physique (yeux plissés, pincements de lèvres, regard neutre) comme la mère de Carl dans The Walking Dead (Et la série avait pourtant réussi l’exploit de rendre sa mort émouvante). Ils peuvent tenter ce qu’ils veulent avec elle (La séquence aveu du suicide de son père à Alicia, par exemple) ça ne le fera jamais. Je n’y crois jamais à cette Sarah Connor du pauvre, sortie de nulle part. Travis pourquoi pas, son personnage me plait. Mais son évolution à la Rick c’est du réchauffé. Et son fils, Chris, c’est une catastrophe. L’acteur est mauvais, le personnage écrit n’importe comment. Ridicule. 

     Reste l’univers californien puis mexicain (Qui change d’Atlanta) et toute cette histoire de frontières qui ne cesse d’irriguer chaque parcelle du récit (le bateau, l’île Catrina, L’hacienda, l’hôtel…) donc de rejouer ad aeternam la question de l’immigration qui en fait le moteur redoutable et la grande idée de la série. Ce pourquoi je continue de la regarder. Malheureusement je trouve que ça prend très peu de risques, que ça reste dans les clous et quand ça tente de s’en extraire (Travis vengeur/massacreur, le centric sur Nick) c’est assez maladroit dans son dispositif (Montage parallèle tout pourri, invraisemblances grotesques). Bref, ça se regarde aussi vite que ça s’oublie.

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