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Archives pour 24 décembre, 2016

Le monde de Dory (Finding Dory) – Andrew Stanton – 2016

17Se souvenir des belles choses.

   6.5   Treize ans après Le monde de Némo, on pouvait craindre que les aventures de Dory ne fassent que suivre le même schéma que celles du poisson clown atrophié ; ça sentait largement la suite/déclinaison poussive surfant sur l’une des plus belles réussites Pixar, cette affaire.

     Pourtant, s’il reste en deçà, la générosité qui l’habite vient très vite contourner ces craintes. Et ce parce que Dory, c’est Dory, déjà, ce personnage magnifique, qui, comme elle ne cesse de le répéter, est atteinte de trouble de la mémoire immédiate – Dire qu’elle occasionnait les instants les plus drôles du film original relève de l’euphémisme, tant c’était Le personnage secondaire rêvé.

     Il lui manquait toutefois un background à notre petite Dory, ce que ce nouveau cru va creuser. Le poisson-chirurgien bleu est en quête de ses origines, part en croisade pour retrouver ses parents, qu’elle semble avoir perdu dans une mystérieuse histoire de courant ardent, et dont elle se souvient brièvement au détour de flashs occasionnés par un terrible événement : Comme Némo en son temps, voilà Dory prise au piège d’un filet de pêche.

     Entre temps elle aura fait ses gammes en matière d’aventure et de survie, (le premier film, donc) et elle aura rencontré les deux poissons clowns qui auront réveillé ses troubles et forgé son célèbre mantra « Nage droit devant toi » dont on apprendra et elle avec, qu’il provient de ses parents. Cette nouvelle folle aventure se déroule donc un an après celle de Marin et Némo (ce qu’un long prologue explique scrupuleusement) et c’est dans un immense institut de biologie marine qu’elle va prendre place. Au détour de brefs souvenirs, Dory découvrira que son enfance ne s’est pas déroulée dans les fonds marins mais dans le bassin du grand large, un aquarium géant.

     S’ensuit une multitude de rencontres incongrues (On pense beaucoup à Alice au pays des merveilles avec cette évolution en lieux tiroirs dans un monde insolite et sa succession de personnages excentriques) lui réveillant chaque fois la mémoire : le dialogue enfantin à travers les tuyau avec Destinée, le requin baleine myope et surtout (La plus belle idée du film) ces fameux coquillages distillés par ses parents comme les cailloux blancs du Petit Poucet, afin qu’elle puisse retrouver son chemin à défaut de s’en souvenir. L’instant de leurs retrouvailles m’a fait chialer, tu t’en doutes.

     Après le film s’embourbe un peu dans le grand n’importe quoi, avec un poulpe (Hank, génial) qui conduit un camion et des loutres qui bloquent la circulation mais dans l’ensemble c’est un beau spectacle pour enfants, rythmé et revigorant. Surtout ravi de voir qu’ils n’ont pas simplement repris les personnages du premier film pour les transposer dans le nouveau, mais qu’ils ont recrée toute une panoplie tout aussi truculente.

NB : C’était la première fois que je voyais avec mon fils un film qu’il avait déjà vu, avec l’école le mois de sa sortie. C’était très bizarre.

NB2 : J’ai vu le film en VF. Et en VF, le béluga, c’est Kev Adams. Youhou.

La tortue rouge – Michael Dudok de Wit – 2016

30Cast away.

   6.0   Le film impressionne par son minimalisme, esthétique et scénaristique, mais aussi parce qu’il se refuse entièrement aux dialogues. C’est un réalisme muet, de la gestuelle, du regard. Pas un mot certes, mais beaucoup de cris et de rires, le film ne jouant pas la carte de l’exercice de style hermétique. C’est pourtant le trait qui fascine et l’étrange alchimie de son hybridation puisque si le film est une idée des Studios Ghibli et en particulier d’Isao Takahata (le réalisateur du conte de la princesse Kaguya, auquel on pense beaucoup ici) il sera fait en France, par un réalisateur néerlandais, repéré pour ses beaux courts métrages. Et c’est très beau, rien à dire. Ça pourrait suffire, ça suffit parfois. Mais il manque une vraie tension dramatique, il manque aussi un attachement aux personnages. On sent que l’auteur est plus intéressé par l’aspect universel et le côté « robinsonnade puis vie entière d’un naufragé sur une île déserte, qui deviendra son chez lui » que par l’épaisseur de son personnage, de ses personnages. On est clairement dans un récit métaphorique de la vie, de la naissance à la mort, en passant par les épreuves, les joies, les peines et l’éternel recommencement. La nature est donc à l’honneur : l’océan, la plage, les rochers, la forêt de bambous ; les crabes, les tortues, les oiseaux, les chenilles. La chaleur du soleil, les profondeurs bleues, un raz-de-marée. Le jour, la nuit. C’est sidérant de beauté. Mais ça manque un peu d’émotion à mon goût.


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