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Archives pour décembre 2016



Red Eye – Wes Craven – 2005

31Thriller, mode d’emploi.

   6.0   Après s’être embourbé financièrement dans son projet Cursed, Wes Craven choisira, pour remplir un peu les caisses, de faire son petit thriller tout public, ce qu’il n’avait finalement jamais fait, lui qui aura surtout sévit dans le registre horrifique. Ce qui fascine dans Red Eye c’est de voir combien la « grande histoire » n’intéresse pas Craven. Le générique s’ouvre pourtant sur un transport mystérieux de caisse à poissons mais il faudra attendre le dernier quart du film pour comprendre son utilité. Entre temps l’auteur colle aux basques de son héroïne (Rachel McAdams) dans l’aéroport puis dans l’avion, sur le point de rejoindre son père à Atlanta, après les funérailles de sa grand-mère et sa rencontre avec un inconnu à priori sympathique qui sera son voisin de siège. Et tout le film joue sur une manipulation de ce dernier visant à obtenir une action de sa proie (Elle doit appeler l’hôtel de luxe pour lequel elle est hôtesse d’accueil, pour faire changer de chambre une personnalité importante) aussi minuscule dans l’organisation de l’attentat, qu’elle est primordiale. Mais pareil, on ne saisit pas trop les tenants et aboutissants tout de suite. La rencontre entre Lisa et Jack prenant tous les atours d’un embryon de rom com, leurre parfait, tout en sourires, doux regards et blagounettes flatteuses pour faire monter la sauce. L’action de grande ampleur (L’assassinat du secrétaire d’Etat à la défense) restera hors champ puisqu’il s’agira uniquement de suivre l’un des terroristes d’une organisation qui sera, elle, hors champ aussi. Avec sa belle gueule de premier, Cillian Murphy (Qui venait de jouer chez Boyle et jouera ensuite chez Loach) campe bien le personnage. Pas de bol, il est tombé sur une Rachel qui ne plaisante pas pour contrarier ses plans : Message dans un livre ou sur le miroir des chiottes ici, avant de lui enfoncer un stylo dans la trachée et de se défendre plus loin avec une batte. Et c’est donc elle toute seule comme une grande et pourtant loin, qui va sauver la cible politique. James Bond n’a qu’à bien se tenir. Du haut de ses 1h21 générique compris, Red Eye se regarde sans déplaisir, on ne voit pas le temps passer. La tension crescendo tant convoitée fonctionne, s’essouffle un peu dans son mécanique dernier tiers, construit pour nous emmener vers une banale résolution. On retiendra surtout la longue séquence dans l’avion. Craven qui n’a jamais été aussi à l’aise pour créer ses pics de suspense que dans les espaces clos et resserrés (Les chambres dans Les griffes de la nuit, la maison du Sous sol de la peur, la voiture dans Scream 2) s’en donne à cœur joie dans cet avion et même souvent au sein de cette rangée de sièges. Chouette film du dimanche soir.

Keeper – Guillaume Senez – 2016

30L’enfant.

   7.5   Un cinéaste est né. Premier long métrage de Guillaume Senez, Keeper réussit tout ce qu’il entreprend et en rejeton post dardenien affirme un cinéma sec, retranché dans ses plus simples intentions, libérant des espaces d’émotions hors norme. Ados comme adultes y sont tous excellents, sans exception.

     Mélanie et Maxime ont 15 ans, ils sont fou amoureux l’un de l’autre et vont devoir faire face à une grossesse accidentelle. Le film n’élude aucune problématique. D’une séquence à l’autre, il sera autant question de garder l’enfant et rêver de subvenir à ses besoins puisqu’ils s’aiment et que c’est quelque chose qu’ils ont fait ensemble (Pour reprendre les mots de Maxime), que d’avorter illico. Toute l’adolescence résumée dans ce paradoxe terrible : premiers émois insouciants confrontés à une décision d’adultes, considérable.

     Les parents sont d’abord en dehors de leur bulle, ce qui permet au choix d’être simple puisqu’instinctif. Avant qu’ils n’entrent dans la danse pour martyriser leur bonheur, éclater cette bulle. Le film procède judicieusement par ellipses et surtout ne fait pas des grands de simples monstres antipathiques ; C’est toute la réussite de ce premier film d’une maturité folle que d’actionner leur vécu sans jamais le marteler. La mère de Mélanie semble avoir traversé une aventure similaire pour sa fille, au même âge. Les parents de Maxime, eux, sont près de lui mais divorcés, occasionnant un désaccord constant et un manque dans le dialogue, ce qui ne les empêche pas d’aborder cette grossesse avec nettement plus de nuances.

     Le film est si bien écrit qu’on s’identifie à chacun d’eux. Surtout il n’appuie rien et pourtant, on devine tout, par de simples gestes, des regards, des non-dits. Quand Maxime envoie bouler ses rêves de footballeur pro (en claquant la porte du test qu’il était en train de passer) c’est son père qui vient le chercher, ne le juge pas, mais observe les lieux comme si lui aussi avait en son temps vécu cet échec. C’est très beau.

     Et le film est dur, vraiment dur, jusqu’au bout. Et s’il progresse par à-coups (Hauts et bas) on sait que cette love story d’ados est vouée à disparaître puisque confrontée à des choix irréparables. La fin est terrassante.

La tour Montparnasse infernale – Charles Nemes – 2001

29Piège à cons de cristal.

   6.5   J’avais le souvenir d’un truc hystérique et bordélique, de saynètes sans queue ni tête, de références matraquées sans aucun équilibre, de méchants réduits à être des pantins débiles, contaminant un humour de bébé (la touche Eric & Ramzy) que si t’es pas dans le mood « Pizza 4 chaussures » mieux vaut aller s’occuper de ton surplus de vaisselle. Depuis, j’ai vu des supers trucs avec le duo. Steak évidemment (Dont le mérite revient essentiellement à Quentin Dupieux) mais aussi la série Platane dont, je n’en démords pas, la saison 2 reste un must see. Seuls two aussi c’était cool même si à la revoyure c’est quand même pas terrible. Et puis j’ai vu le deuxième volet de La Tour cette année, qui m’a plu, mais moins pour le duo que pour Philippe Katerine, qui tient le film à lui seul.

     C’est un peu anachronique de revoir La Tour aujourd’hui, de le redécouvrir même dirais-je tant je ne me souvenais de rien. Et puis Eric & Ramzy en étaient à leur premier fait d’arme au cinéma. Et première bonne nouvelle, j’ai beaucoup ri, parfois même franchement. On va dire que ça ne s’explique pas, l’humour, l’humeur, le moment, tout ça. Deuxième bonne nouvelle, tout ce que je lui reprochais s’est envolé. En fait, la réalisation est sage. Enfin pour ce que le film vise, disons que c’est nettement plus propre que les Taxi par exemple. Les séquences sont bien étirées, souvent dans l’absurde certes, mais c’est ce qui leur permet de tenir, puisque c’est dans l’étirement que ce duo trouve ses meilleures inspirations. Je pense aux plus casse-gueule comme celle des chevaliers « Sacré poursuite » ou du chinois « Vous avez pas dit : Le chinois il vous dit » qui ne fonctionnent que parce qu’elles durent. Et puis mine de rien, le groupe de méchants existe, ils sont moins nunuches que dans mon souvenir (Et moins nunuches que dans Taxi) ils ont juste pas de bol (Ou plutôt, ce sont les deux cons qui en ont, du bol) mais ceux de Die Hard avaient pas mal la poisse aussi. Et puis Marina Fois est souvent géniale. Machin aussi.

     Surtout je trouve que c’est une comédie complètement à part, une comédie « dans son monde » comment peuvent l’être justement Eric & Ramzy. Une comédie qui ne cherche pas plus loin que ses potentiels gags de situations, renforcés par les gags de langage qui font leur marque « Vaut mieux être un tout petit breton qu’un grand tu l’auras ». Jamais populiste ni vraiment commerciale dans ses enchainements. Et puis finalement et contrairement à sa suite, c’est pour Eric & Ramzy qu’elle m’a séduit. Double bonne surprise, donc.

Diamant noir – Arthur Harari – 2016

30Le cercle familial.

   6.5  D’une à priori banale histoire de vengeance familiale dans le milieu des diamantaires, Arthur Harari, dont c’est le premier long métrage, parvient à trouver une vraie identité, à la fois brute et mélodramatique, qui lorgne autant vers la sécheresse melvilienne que sur un dépouillement bressonnien. Diamant noir semble évoluer constamment, aller là où ne l’attend pas, étirer une scène qu’on aurait imaginer brève et vice-versa – sa fin étant l’exemple le plus édifiant – un peu à l’image de sa séquence d’ouverture qu’on croirait tout droit sortie d’un giallo à la sauce Argento : couleurs 70’s, un œil, un diamant, le disque d’une meule, une giclée de sang, une main broyée et un accompagnement sonore aux effluves morriconniennes. Voilà une vraie entrée en matière, radicale et même pas gratuite puisqu’elle reviendra souvent en résonance. J’ai mis beaucoup de temps à reconnaître Niels Schreiber, qu’on avait croisé chez Dolan (L’éphèbe nonchalant dans Les amours imaginaires) ou dans Les rencontres d’après minuit. Il est très bien dans Diamant noir. Et je suis tombé amoureux de Raphaële Godin, que je n’avais jamais vu (Elle a semble t-il joué pas mal chez Brisseau) et qui dégage un truc que je n’avais pas ressenti depuis Katerina Golubeva, en gros. Diamant noir est un beau film ample et limpide, à la mise en scène très chiadée réussissant malgré sa froideur globale et sa dynamique archi down tempo à trouver sa voie (du Gray moins démonstratif) aux relents de tragédie skakespearienne.

Un village français – Saison 7A – France 3 – 2016

40Après la guerre.

   7.0   « Je suis sûre que l’amour peut survivre à la mort » Ce sont les mots de Suzanne en réponse à son amour allemand qui affirme qu’on ne peut aimer éternellement puisqu’à la fin tout le monde meurt. Cette phrase de Suzanne dans un souvenir comme il en sera légion durant cette moitié de dernière saison, est non seulement accompagné de l’un des plus beaux plans de toute la série, un vertigineux fondu qui fait disparaître le corps de Kurt, mais elle symbolise à elle seule toute la dimension dramatique de ceux qui ont fait l’histoire de Villeneuve entre 39 et 45, de Daniel Larcher à Marchetti, de Hortense à Raymond Schwartz, sans parler de ceux qui l’ont payé de leur vie et reviennent dans de discrets flashbacks, parfois bouleversants : Marie Germain, Claude du maquis, Marcel Larcher, Anna Crémieux.

     J’ai cru le temps d’un épisode que la série allait faire ce que Truffaut avait (mal) fait dans L’amour en fuite, une compilation nostalgique de reprises de séquences vues les six saisons précédentes. Heureusement non. Car si les souvenirs occupent une place centrale ils sont inédits. Souvent donc, un personnage ère dans le présent dans un lieu qui le replonge dans le passé. Ça pourrait être raté mais c’est très beau, gracieux. De l’action il n’y en aura plus dans cet épilogue sinon par l’entreprise de Gustave, imitant le chemin de son père. L’heure est aux procès, commémorations, plongées dans la folie, remords et confessions. Il y a des drôles de destin et il y a les destins tragiques, ceux qui entendent des voix à en percer les murs, ceux qui sont tombé dans l’oubli, ceux qui hésitent à rester, ceux qui préfèrent s’en aller au poison.

     La nuance sur chaque personnage, toujours dans Un village français, série qui se refuse à mettre les personnages dans des cases, à n’être qu’un énième prolongement de livre d’histoire. Elle est en passe de se fermer avec les honneurs. Mais surpris d’apprendre qu’on aura droit à une deuxième moitié de saison tant le sixième épisode se ferme comme on ferme tous les arcs narratifs d’une série.

Le monde de Dory (Finding Dory) – Andrew Stanton – 2016

17Se souvenir des belles choses.

   6.5   Treize ans après Le monde de Némo, on pouvait craindre que les aventures de Dory ne fassent que suivre le même schéma que celles du poisson clown atrophié ; ça sentait largement la suite/déclinaison poussive surfant sur l’une des plus belles réussites Pixar, cette affaire.

     Pourtant, s’il reste en deçà, la générosité qui l’habite vient très vite contourner ces craintes. Et ce parce que Dory, c’est Dory, déjà, ce personnage magnifique, qui, comme elle ne cesse de le répéter, est atteinte de trouble de la mémoire immédiate – Dire qu’elle occasionnait les instants les plus drôles du film original relève de l’euphémisme, tant c’était Le personnage secondaire rêvé.

     Il lui manquait toutefois un background à notre petite Dory, ce que ce nouveau cru va creuser. Le poisson-chirurgien bleu est en quête de ses origines, part en croisade pour retrouver ses parents, qu’elle semble avoir perdu dans une mystérieuse histoire de courant ardent, et dont elle se souvient brièvement au détour de flashs occasionnés par un terrible événement : Comme Némo en son temps, voilà Dory prise au piège d’un filet de pêche.

     Entre temps elle aura fait ses gammes en matière d’aventure et de survie, (le premier film, donc) et elle aura rencontré les deux poissons clowns qui auront réveillé ses troubles et forgé son célèbre mantra « Nage droit devant toi » dont on apprendra et elle avec, qu’il provient de ses parents. Cette nouvelle folle aventure se déroule donc un an après celle de Marin et Némo (ce qu’un long prologue explique scrupuleusement) et c’est dans un immense institut de biologie marine qu’elle va prendre place. Au détour de brefs souvenirs, Dory découvrira que son enfance ne s’est pas déroulée dans les fonds marins mais dans le bassin du grand large, un aquarium géant.

     S’ensuit une multitude de rencontres incongrues (On pense beaucoup à Alice au pays des merveilles avec cette évolution en lieux tiroirs dans un monde insolite et sa succession de personnages excentriques) lui réveillant chaque fois la mémoire : le dialogue enfantin à travers les tuyau avec Destinée, le requin baleine myope et surtout (La plus belle idée du film) ces fameux coquillages distillés par ses parents comme les cailloux blancs du Petit Poucet, afin qu’elle puisse retrouver son chemin à défaut de s’en souvenir. L’instant de leurs retrouvailles m’a fait chialer, tu t’en doutes.

     Après le film s’embourbe un peu dans le grand n’importe quoi, avec un poulpe (Hank, génial) qui conduit un camion et des loutres qui bloquent la circulation mais dans l’ensemble c’est un beau spectacle pour enfants, rythmé et revigorant. Surtout ravi de voir qu’ils n’ont pas simplement repris les personnages du premier film pour les transposer dans le nouveau, mais qu’ils ont recrée toute une panoplie tout aussi truculente.

NB : C’était la première fois que je voyais avec mon fils un film qu’il avait déjà vu, avec l’école le mois de sa sortie. C’était très bizarre.

NB2 : J’ai vu le film en VF. Et en VF, le béluga, c’est Kev Adams. Youhou.

La tortue rouge – Michael Dudok de Wit – 2016

30Cast away.

   6.0   Le film impressionne par son minimalisme, esthétique et scénaristique, mais aussi parce qu’il se refuse entièrement aux dialogues. C’est un réalisme muet, de la gestuelle, du regard. Pas un mot certes, mais beaucoup de cris et de rires, le film ne jouant pas la carte de l’exercice de style hermétique. C’est pourtant le trait qui fascine et l’étrange alchimie de son hybridation puisque si le film est une idée des Studios Ghibli et en particulier d’Isao Takahata (le réalisateur du conte de la princesse Kaguya, auquel on pense beaucoup ici) il sera fait en France, par un réalisateur néerlandais, repéré pour ses beaux courts métrages. Et c’est très beau, rien à dire. Ça pourrait suffire, ça suffit parfois. Mais il manque une vraie tension dramatique, il manque aussi un attachement aux personnages. On sent que l’auteur est plus intéressé par l’aspect universel et le côté « robinsonnade puis vie entière d’un naufragé sur une île déserte, qui deviendra son chez lui » que par l’épaisseur de son personnage, de ses personnages. On est clairement dans un récit métaphorique de la vie, de la naissance à la mort, en passant par les épreuves, les joies, les peines et l’éternel recommencement. La nature est donc à l’honneur : l’océan, la plage, les rochers, la forêt de bambous ; les crabes, les tortues, les oiseaux, les chenilles. La chaleur du soleil, les profondeurs bleues, un raz-de-marée. Le jour, la nuit. C’est sidérant de beauté. Mais ça manque un peu d’émotion à mon goût.

Dans le noir (Lights out) – David F. Sandberg – 2016

15253470_10154193119752106_8977442583118718109_nApparition.

   5.5   Pile le truc qui faut pour torturer la lopette que je suis. Si le film est loin d’être exempt de défauts il aura au moins réussi cela. Et pourtant j’étais dans mon canap, toutes lumières allumées. La tagline française nous avait prévenu : « Vous n’éteindrez plus jamais la lumière ! » et celle outre-atlantique aussi : « You were right to be affraid in the dark » tant c’est à une peur très enfantine, donc quasi universelle à laquelle le film (adapté du court du même nom, qui fit le buzz sur la toile il y a deux ans) s’amuse constamment à faire écho. La mécanique d’ensemble est de facture classique, avec son introduction obligée, son crescendo attendu, ses jump scares à outrance et ses petites invraisemblances de situation pour rester dans les clous et ne pas tomber dans un trip jusqu’au-boutiste. Habituellement, le rôle du petit ami m’aurait bien fait marrer tant il ne sert que de faire-valoir et tant ses réactions sont disproportionnées de zen attitude, mais comme j’étais vraiment pas serein ça n’a même pas réussi à me détendre. Bref, je ne sais pas si j’ai aimé en définitive, mais le simple fait d’avoir lutté pour m’endormir dans la foulée peut faire grimper la note. Après c’est pas It follows non plus.

Conjuring 2, Le Cas Enfield (The Conjuring 2) – James Wan – 2016

15317876_10154193119812106_5559132863382211555_nLondon boring.

   2.0   Interminable. Pourtant j’aimais bien le premier donc j’abordais celui-ci (réalisé aussi par James Wan) sans méfiance aucune. Sauf que rien ne fonctionne. Il n’y a pas d’ossature et on sent qu’il fallait en mettre le plus possible sans se soucier des personnages, de leurs interactions ni même d’une histoire solide. C’est donc un défilé de jump scares et effets spéciaux sans queue ni tête. Bref toute l’homogénéité et la brillante construction du premier Conjuring a disparu. Et c’est d’un  sérieux de pape terrifiant. Qui voudrait te faire trembler dans chaque plan mais ne récolte que froncements de sourcils, au mieux. Alors t’as quelques séquences correctes, je dis pas, comme la longue première nuit chez les Hodgson, celle de la cave inondée ou celle des croix qui se retournent pour former une étrange tribu de bites mais aussitôt on replonge dans un fatras imbuvable. Et quand le film se pose un peu et écoute ses personnages (Les Warren chez les Hodgson) il est déjà trop tard. Je suis allé au bout par principe, mais franchement au bout d’une heure j’en avais déjà plus rien à foutre. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai dormi comme un loir après. Aucun intérêt je te dis.

Queen of earth – Alex Ross Perry – 2015

15129467_10154160705122106_8720570595301116296_oSouviens-toi l’été dernier.

   6.0   C’est typiquement le genre de truc capable de me mettre en miettes. Sur le papier. Catherine rejoint sa meilleure amie Virginia, dans sa maison de campagne afin de se remettre sur pied : Elle vient à la fois de perdre son père et de se faire larguer. Giga loose. Sauf que cette douleur va en ouvrir une autre, cette douceur convoitée ne va récupérer que de l’hostilité. Petit à petit (Très difficile d’entrer dans le film au début) on comprend que leurs rapports ne sont pas si sains, que l’amitié qui les unit a déjà traversé des épreuves. On comprend alors que l’année passée, c’était Catherine qui était joyeuse, quand Virginia caressait les tréfonds de la déprime. Les deux années vont se mélanger créant un malaise crescendo puisque l’on ne comprend pas d’emblée ni quand les deux temporalités disjointes se chevauchent ; Enfin on s’en doute uniquement grâce aux visages des deux actrices – L’apparente linéarité avec les chapitres des jours comme dans un Rohmer se dissout finalement dans une temporalité labyrinthique. Et si Virginia s’était murée dans le silence un an auparavant (Quand son amie ramenait des potes, qu’elle se vantait de réussir professionnellement) Catherine (Plus narcissique) ne va pas accepter d’être recluse derrière et va basculer dans la folie : Menaces, paranoïa, démangeaisons, hallucinations. En film post Polanskien (On pense pas mal à Répulsion, Le locataire) Queen of earth trouve son rythme, il faut du temps certes mais il s’en dégage une vraie cruauté, une ambiance lourde, avec des moments perturbants comme ces errements dans les regards, des émotions enfouies qui n’osent pas surgir puis soudain explosent, le tout renforcé par le scary-beautiful score de Keegan DeWitt, fait de bruits de carillons et lointains sons de cloche. Le film pêche un peu quand il se veut post bergmanien, aussi paradoxal que cela puisse être tant Elisabeth Moss (Top of the lake) & Katherine Waterston (Shasta dans Inherent Vice) donnent beaucoup d’elles-mêmes. La référence Persona prend sans doute trop de place surtout lors de ce double monologue sous forme de confessions croisées  qui a tout pour être bouleversant mais provoque un ennui poli. Ce plan qui vient saisir un visage puis l’autre, plein cadre, est magnifiquement chorégraphié mais il manque quelque chose. La mise en scène est souvent inspirée pourtant, visant parfois le Cassavetes d’Une femme sous influence, lorgnant aussi sur le Lars Von Trier de Melancholia. Mais le film irrite au moins dans son abondance picturale et l’illustrative langueur pré-automnale qui s’en dégage (Dommage que la maison de ne soit pas mieux filmée) mais aussi quand il s’extraie quelquefois de sa bulle Catherine / Virginia, car les rôles masculins ne sont pas très bien écrits. Quoiqu’il en soit j’ai fini par me trouver une place dedans. Ça ne m’a pas chaviré comme ça aurait dû / j’aurais voulu mais je suis plutôt enthousiaste de mon premier rdv avec Alex Ross Perry.

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