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Archives pour décembre 2016



At land – Maya Deren – 1944

32Toute une vie.

   7.0   Maya Deren trouve un nouvel espace d’expérimentation, une plage mentale puisque son personnage (elle-même) est d’abord là, étendu sur le sable, comme ayant été rejeté par les vagues, accouché par l’océan. Et c’est toute une vie qui est racontée dans son odyssée où d’une scène à l’autre, le plan donc l’espace dans lequel elle évolue, change constamment : En grimpant un arbre décharné, son corps débarque sur une table de convives ; Rampant sur la longue nappe (comme un enfant le ferait sous la table) elle entre dans une forêt de feuillage avant de devoir s’extirper d’une abrupte falaise, de s’en aller à travers des dunes, de retrouver une plage déserte. On y croise deux fois un jeu d’échec, comme si déjà, dix ans avant Bergman, la mort accordait un peu de répit au personnage. Deren trouve des idées dans chaque plan : Le plan des dunes, stoppé puis repris, mais donnant l’impression de continuité pour faire rétrécir le personnage ; Les élégantes transitions (en guise de faux raccords) entre les changements de lieux ; Et ce moment glaçant, vers la fin, où le personnage court à travers le passé, se croisant à divers moments de sa vie, dans chacune des situations que l’on vient de voir. Film-rêve, somnambulique avec ces répétitions des mouvements, succession incohérente de plans (Qui rappelle d’ailleurs beaucoup le Sherlock Jr. de Keaton que je viens de voir, c’est étrange) de façon à accentuer le trouble de personnalité constant. Très beau. Doux et tragique à la fois.

The Witch’s Cradle – Maya Deren – 1943

29Chaos in strings.

   4.0   Deuxième film de Maya Deren, The witch’s cradle reprend l’imaginaire de Meshes of the afternoon et choisit Marcel Duchamp comme “modèle” autant à l’image, puisqu’il joue dedans que dans son esthétique tant il semble adapter son One mile of string, en esquissant un étrange portrait d’individus terrifiés, au prise avec des cordelettes vivantes, dont les prises de vues répétées évoquent une gigantesque toile d’araignée. Je ne vois pas trop où le film veut en venir mais il y a des éléments forts qui interpellent comme ce cœur ouvert qui soudain s’arrête de battre ou cet étrange ballet de cubes en papier dansants ainsi que ces nombreux symboles dont la récurrence d’un curieux pentagramme. 12 minutes trois fois plus foutraques et inachevées que le film précédent, faites de juxtapositions bizarres de figures géométriques abstraites en tout genre. Pour amateurs.

Meshes of the afternoon – Maya Deren & Alexander Hammid – 1943

28Chaos reigns.

   6.0   Film expérimental dans la lignée d’Un chien andalou et Le sang d’un poète. 14 minutes muettes, tout en boucle, apparitions/disparitions mystérieuses et délires compulsifs qui appellent autant le Répulsion de Polanski que l’univers lynchien. Les correspondances sont telles qu’il est impossible que Lynch n’ait pas vu ce film ovni, au moins pour ces objets/récurrences que sont la clé, la fleur, le téléphone, la mort. Cette approche romanesque, malgré l’abstraction dominante, évoque aussi beaucoup le Epstein de La glace à trois faces, je trouve.

American ultra – Nima Nourizadeh – 2015

30Projet Pop-corn.

   5.5   Après avoir réussi un gros coup avec Projet X, Nima Nourizadeh récidive dans la surenchère crétine et reprend le couple d’Adventureland, Kristen Stewart & Jesse Eisenberg (Que l’on a aussi retrouvé cette année dans le dernier Woody Allen) et les propulse dans un film multi-genres surfant autant sur le registre de la rom com que la stoner comedy, le récit d’espionnage façon Jason Bourne que le teen movie psyché à la Kick-ass. Si l’ensemble est forcément inégal, il se dégage de cet objet hybride – où les loosers invétérés se révèlent soldats intraitables – un délire aussi anecdotique que jouissif, film cancre/décomplexé par excellence qui manie multiples rebondissements, séquences pyrotechniques, punchlines à gogo et rôles secondaires extravagants (dont un tueur au fou-rire impossible, un dealer over-the-top) avec un sens de l’équilibre aussi réjouissant que divertissant.

Arnaques, crimes et botanique (Lock, Stock and Two Smoking Barrels) – Guy Ritchie – 1998

29Pulp étron.

   2.0   Avec le calvaire enduré par la découverte de Snatch il y a plus de dix ans je m’étais juré de ne plus jamais voir un film de Guy Ritchie. J’aurais tenu un paquet d’années mais comme souvent la tentation est forte, surtout quand un film traine une telle aura culte derrière lui. Et puis les sensibilités évoluent donc sait-on jamais. Il y a des moments délicieux surtout quand le film ne lésine pas dans le carnage (la dernière demi-heure est généreuse de ce point de vue) mais dans l’ensemble je trouve ce néo polar londonien, esthétique sépia cradingue et montage publicitaire, aussi pourri et douloureux que le maigre souvenir gradé de Snatch. N’est pas Tarantino ou Scorsese qui veut. Et indice qui ne trompe pas : On confond tous les personnages, qui sont tous interchangeables, dans leur bêtise caricaturale. Bref, Ritchie et moi rdv dans dix ans pour un troisième chapitre éventuel, en attendant ça ne va pas être difficile d’oublier ce truc.

Au nom de ma fille – Vincent Garenq – 2016

14990975_10154124915237106_6351320079609930684_oL’affaire et le vide.

   3.0   Après Outreau et Clairstream, Garenq s’attaque à l’affaire Dieter Krombach. Ce qu’il réussissait dans les précédents échoue lamentablement ici : Déjà, le film dure 1h23, montre en main. Pour condenser 30 ans d’affaire c’est un peu mince. Il multiplie les lieux et les dates pour lesquels il extraie un événement important et ça prend chaque fois cinq minutes, dans le meilleur des cas. On a autant de mal à saisir les tenants et aboutissants de cette intrigue entre l’Allemagne et la France, l’Autriche et la Suisse, que de s’intéresser au cas par cas aux personnages puisqu’ils ne sont que des pantins au service d’un récit, réduit à une colonne de brève. Et puis Auteuil je peux pas, impossible. Même L’adversaire, le meilleur film de Nicole Garcia, j’ai du mal parce qu’il est là. Là vous ajoutez Marie-Josée Croze qui joue comme une cafetière et le tour est joué. Même dans sa mise en scène le film est d’une platitude ahurissante, jusque dans sa pseudo reconstruction, les vieillissements des personnages, tout semble bâclé de A à Z. Bizarre car les deux précédents, je le répète, étaient vraiment passionnants de ce point de vue-là.

Allemagne année zéro (Germania anno zero) – Roberto Rossellini – 1949

32     8.0   C’est immense. Mais purée ce que c’est dur. Le fait de tout voir du point de vue du gosse est la grande idée du film, autant dans sa « première partie familiale » que dans la dernière, mutique, errante. Je m’attendais pas à un truc pareil et pourtant je sais ce que ce film représente dans l’histoire du cinéma dit néoréaliste. Il me faudra le revoir.

Le Dîner de cons – Francis Veber – 1998

30     6.0   Certes ça me fait moins rire qu’à l’époque de sa sortie mais je trouve que ça fonctionne toujours, les acteurs sont concernés, et la partie centrale (de Huster à Prévost, en gros) est vraiment imparable. Chouette pièce. Et puis on ne va pas s’amuser à les citer mais c’est une mine à répliques cultes.

La maison démontable (One week) – Buster Keaton & Edward F. Cline – 1920

32Lego movie.

   7.0   Première observation : On faisait déjà des traductions merdiques pour les titres de film en 1920. Bon cela dit, c’est vrai, le film se déroule en majorité autour de cette maison démontable, puisque Keaton campe (Malec, encore et toujours à cette période-là) un personnage just married qui se fait livrer sa maison via moult colis et on va suivre les fondations, une semaine durant, perturbées par le désordre des pièces puis une tempête, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle est bâtie sur une voie ferrée. C’est évidemment très drôle, très rythmé avec des gags de situation en permanence surtout grâce à cette maison chewing gum, qui m’a pas mal fait penser au cinéma de Charley Bowers, autre as de la bricole et de la déformation du décor, du temps du muet.

Dumbo – Ben Sharpsteen & Norman Ferguson – 1947

28Voir voler un éléphant.

   4.5   Lacune réparée. Bon, c’est mignon, mais pas hyper stimulant, du haut de ses 61 minutes. On sent que ça a vraiment été calibré pour les enfants, ne serait-ce que dans l’animation, loin d’être aussi inspirée que Blanche Neige & Pinocchio, pour rester dans l’époque. Après le film, je suis tombé sur une scène coupée, L’histoire de la souris, dans laquelle Timothée explique à Dumbo le comment du pourquoi les éléphants ont peur des souris, remontant à l’ère « pré-hystérique » où en gros les souris étaient gigantesques et torturaient les éléphants minuscules, ce que les héritiers à longues oreilles se souviennent puisqu’« un éléphant n’oublie jamais rien ». On ne voit que les planches et le monologue qui l’accompagne mais j’ai trouvé l’idée géniale, d’autant que le film manque à mes yeux de ce genre de séquences extérieures au récit. Walt Disney l’a dit-on refusé car elle brisait selon lui l’homogénéité et la linéarité de l’intrigue Vilain Petit Canard.  D’où cet objet un peu trop fade et enfantin, qui se libère toutefois un peu pendant la scène hallucinogène finale, durant laquelle mon fils, qui connait ce dessin-animé par cœur m’a dit, au moment donc où Dumbo est déchiré après avoir bu dans la bassine d’eau alcoolisée : « Tu vas voir papa, c’est bientôt qu’il va voler ». ‘Tain, le spoiler quoi.

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