Marie-Octobre – Julien Duvivier – 1959

15940579_10154309333632106_9187536580437468997_nMais qui a tué Castille ?

   5.0   Dix membres d’un ancien réseau de résistance se réunissent pour un dîner quinze ans après que la Gestapo ait tué leur commandant, à la veille de la Libération. Mais en fait, il s’agit surtout de savoir qui du groupe a bien pu les balancer. Le film de Duvivier se déroule intégralement dans une demeure, celle de Marie-Octobre, ancienne résistante, jouée par Danièle Darrieux. Unité de lieu qui rejoint l’unité de temps puisque les retrouvailles semblent se dérouler sur une heure et demi, le temps de la durée du film. Pour réussir un tel dispositif, le rendre vivant, fascinant, mystérieux, il faut j’imagine que la mise en scène surpasse le scénario, que le jeu de la maison fasse oublier celui, plus stéréotypé, des acteurs. J’ai un super exemple là : L’ange exterminateur. Chez Bunuel il ne suffit pas d’un récit béton qui dissémine (un peu trop) savamment et orchestralement ses tiroirs, ni de la présence écrasante de Ventura, Reggiani, Blier et consorts (Ah ça, le casting est au poil) mais il y a des trouées, des folies, des fulgurances de mise en scène, du fantasque bref de l’inattendu et non l’éternel question façon whodunit qu’on se pose à chaque scène : Bordel, mais qui c’est le traître ? Au jeu des dix petits nègres, Duvivier s’amuse beaucoup et de fait compte énormément sur sa pléiade de stars. Tout le monde va traverser la case suspect. Et c’est d’ailleurs dans son dernier quart, lorsque le masque du coupable est tombé, que le film s’avère plus intéressant, sur ce qu’il raconte des illusions déchues, des remords insoutenables, des trahisons par amour, des mensonges qui rongent, de la solitude inexorable de celui à qui l’on demande de mettre fin à ses jours au nom de ceux qui ont péri, en déportation ou exécutions après la chute du réseau. Il y a une cruauté sur ce que ça raconte de la France d’après guerre (Chacun ayant refait sa vie et du même coup, s’est plus ou moins embourgeoisé) qui me semble bien plus pertinent que ce pauvre jeu de chaises musicales bien trop fabriqué qui occupe les trois quarts du film. Bref, c’est pas Douze hommes en colère, quoi.

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