Neruda – Pablo Larraín – 2017

15873358_10154320359272106_97736878153572351_nFace off.

   5.0   J’avais complètement délaissé le prolifique cinéaste chilien tandis que j’avais pourtant trouvé passionnant son Santiago 73 post mortem. Il y mettait en scène le quotidien d’un employé de morgue, mutique et minable, qui s’occupe de la dépouille de Salvador Allende. Une façon pour Larrain de contourner les coutures du biopic classique tout en racontant, avec la liberté offerte par la focalisation sur un personnage lambda, une tranche de l’Histoire chilienne.

     Neruda s’inscrit dans une veine similaire tout en poussant plus loin la mécanique du personnage dans l’ombre. Point de biopic au sens strict ici non plus – Le titre semblait pourtant formel – mais un jeu de chat et de souris entre le poète communiste et un inspecteur à ses trousses. Une fuite dont a vraiment été contraint Neruda. Mais un face à face inventé de toute pièce, avec cette originalité de la voix off quasi permanente. Et pas celle de Pablo. Celle de Peluchonneau, le policier en question.

     Osé dans son dispositif, le film est aussi parsemée d’idées et parti pris de mise en scène assez lourdingues à l’image de ces nombreux tunnels de dialogues assommants (Un verbiage absent de Santiago 73) où le décor change d’un instant / d’une phrase à l’autre. Je ne sais pas ce que ça veut créer sinon accentuer le côté schizo du film et lui offrir une dimension opératique mais Larrain n’est pas Bellochio. Chez lui, le souffle est moins produit par l’émotion que par un désir factice de grandeur – On est parfois pas si loin de cette horreur qu’est le cinéma de Sorrentino.

     Et puis il faut accepter d’être dans la tête de ce connard de flic, idiot et monomaniaque, durant toute la durée du film, commentant même les scènes où seul Neruda s’y trouve. Et ce bien que le film semble peu à peu nous guider vers quelque chose de plus insolite qui ferait de ce personnage la projection qu’en a rêvé Neruda jusqu’à sa (non) chute. Une vraie réflexion sur la place du personnage secondaire, en somme, auquel on aurait pour une fois envie d’offrir Le vrai rôle d’envergure. L’émotion qui nous étreint lors de la dernière scène prouve que le film a réussi un peu de son pari, finalement.

     L’objet est sans doute trop conceptuel et bien trop hermétique dans sa première heure, mais dès qu’on glisse dans la Cordillère des Andes, le film s’envole. Il s’intéresse aux espaces. Aux bruits de ces espaces. Et à ces deux visages dans la neige, qui jamais ne se croisent. Pas entièrement convaincu mais c’est une curiosité.

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