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Archives pour 24 février, 2017

Rectify – Saison 4 – Sundance Channel – 2016

17Sage épiphanie.

   7.5   Rectify s’en va là-dessus. Il faut saluer l’extrême pudeur du projet, qui de ses questionnements à sa mise en scène aura redéfinit une certaine idée de l’élégance sérielle. Jusque dans sa façon de s’en aller, simplement, subtilement. Promesse de quatre saisons tenues, ni plus ni moins, sans jamais forcer quoique ce soit, ne serait-ce que dans le nombre d’épisodes différent selon les saisons. Pas de rebondissements improbables dans cette ultime saison qui viennent casser l’unité down tempo des saisons précédentes. Pas de grandes révélations, pas de twist ni de bouleversements qui sortent du chapeau. Mais une multitude de rapports délicats, profonds parfois complexes car inconciliables, que la série aura toujours traités à la bonne distance, avec la bonne durée. Rectify n’a d’ailleurs jamais pris autant son temps. Les personnages n’ont rarement été aussi beaux et bouleversants, défaits et porteurs d’espoir. Pourtant quelque chose s’est un peu brisé de mon côté, il me manque cette fois l’étincelle qui viendrait me cueillir (Ce que la saison 3 avait débusqué un peu miraculeusement) mais ça reste d’un niveau très élevé, évidemment. Pas de grief d’ailleurs, hormis la musique qui m’a semblé trop omniprésente et franchement, souvent inutiles. Mais Rectify n’hésite pas à faire durer les séquences à l’image, dans le dernier épisode, de la confession psy de Daniel qui s’étire sur plusieurs minutes, ou de cette discussion de cellule (Magnifique dernier flashback) qui vire au rêve éveillé ; Ou simplement ces discussions de famille souvent en duo qui prennent le temps de diffuser de la douceur dans le malaise et vice-versa. Rectify est rempli d’idées minuscules qui deviennent gigantesques : Si le garage avait disparu en saison 3 il revient ici, pour vraiment disparaitre. Aussi, Thawney et Teddy se séparent enfin, pour se retrouver, autrement. Chacun renoue avec l’autre, sans la promesse d’une reconstruction identique, qui aurait simplement effacé la douleur, mais celle d’avancer, de renaitre – Ce n’est pas un hasard si Amantha cite Lazare. Il y a en filigrane la reprise de l’affaire, cette intrigue périphérique, marquée par l’espoir final sans pour autant qu’on nous donne les clés de sa réouverture, car c’est une autre histoire. Et Rectify n’aura cessé de dire cela : C’est l’histoire de Daniel Holden et de ceux qui gravitent autour de lui, ce n’est pas l’histoire de ceux qui lui ont volé dix-neuf ans de sa vie. Les dernières minutes sont sublimissimes, aussi bien le diner de famille post déménagement, le coup de téléphone qui s’ensuit (Rectify aurait pu faire une banale scène de retrouvaille totale mais non, malgré la sérénité retrouvée, il y a une distance imperceptible encore) que le rêve lumineux, où l’élégie se transforme en miracle, où Daniel retrouve Chloé – dans un lieu qui rappelle certaines de ses errances de la première saison – et l’enfant qu’il s’en va tenir dans ses bras, scellant sa renaissance, son extraction du cauchemar. La relation entre Daniel et Chloé restera à mes yeux la plus belle chose que cette ultime saison aura créé. En fait, si, c’est quand même une belle, très belle saison. Et c’est une série indispensable.

Du sang sur la Tamise (The Long Good Friday) – John MacKenzie – 1983

45. Du sang sur la Tamise - The Long Good Friday - John MacKenzie - 1983Ugly London.

   6.0   Polar oublié, tourné dans l’Angleterre de la fin des années 70, The Long Good Friday qu’on a rebaptisé chez nous Racket puis Le vendredi rouge puis Du sang sur la tamise (C’est dire combien le film fit un four) est un honnête produit du genre, lorgnant dans sa forme autant du côté de Siegel (Notamment A bout portant, Charley Varrick) que de De Palma (Scarface) et annonçant un peu avant lui (Le film sort en 1979 à Londres) une certaine ambiance/plasticité de la décennie à venir, dont le genre trouvera son apogée grâce à Friedkin et To live and die in LA.

     Bob Hoskins joue ici un parrain local, qui a la mainmise sur toutes les institutions de Londres et entreprend des discussions avec les américains pour transformer les docks en immense territoire de jeu et Londres en capitale européenne. Rien que ça. C’est sans compter sur une mystérieuse alliance criminelle, qui en parallèle et contre lui, multiplie, le même jour, les attentats à la bombe (Sur sa Rolls, dans son casino, son restaurant) et les meurtres de certains de ses hommes de main.

     Si la mise en scène se laisse parfois aller à des facilités un peu grossières, aussi bien dans certains plans suggestifs que dans le jeu caricatural de certains acteurs, le film brille essentiellement par son récit, livrant trous et tiroirs scénaristiques avec une aisance narrative hallucinante, calée sur le personnage campé par Bob Hoskins qui comprend bientôt qu’il ne s’agit pas d’une simple guerre des gangs mais qu’il doit faire face à une menace plus dangereuse, fanatique et invulnérable, causée par un fâcheux démêlé à Belfast qui aura existé hors-champ, avant le film, quand il était en voyage aux Etats-Unis.

     Du sang sur la tamise remonte brillamment jusqu’aux faits et plonge ses personnages dans un tragique dont ils ne se relèveront pas. Si la fin est brillante – Mais je garde une grosse réserve sur Hoskins, qui me parait un poil trop extravagant dans l’ensemble – c’est surtout son ouverture qui marque : Successions de saynètes, de lieux, de personnages, de valise pleine de frics, de crime, en silence ou en cri, sans apparents liens entre eux, qui rappellent forcément l’ouverture de Sorcerer, le chef d’œuvre de William Friedkin.

     John MacKenzie filme superbement les docks désaffectés de Londres et Hélène Mirren campe bien son personnage de femme d’affaires plus réfléchie que son homme. Elle m’a beaucoup rappelé Jessica Chastain, dans A most violent year, dans sa façon de le jouer. Mais tout le film m’a un peu fait penser à celui de J.C.Chandor, en fait, même s’il s’avère moins puissant et parfois bancal dans certains partis pris – Musicaux notamment. A noter une brève et première apparition de Pierce Brosnan, en membre de l’IRA, aussi beau que flippant, sorte de James Bond avant l’heure, versant puceau.


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