La jeune fille de l’eau (Lady in the water) – M. Night Shyamalan – 2006

06. La jeune fille de l'eau - Lady in the water - M. Night Shyamalan - 2006L’effet aquatique.

   5.5   Etant donné que c’est l’un des films préférés de ma femme, je persévère, j’essaie de comprendre, j’espère y être embarqué autant que ça puisse être le cas de son côté. Lors de sa sortie, il y a plus de dix ans, je n’avais pas encore réévalué le cinéma de Shyamalan. J’avais trouvé le film osé, dans sa façon de jouer plein pot la carte du conte, mais à vrai dire il avait complètement glissé sur moi. En le revoyant quelques années plus tard, il m’avait séduit par sa poésie naïve et une certaine magie (fonctionnelle, probablement) qui m’avait échappé la première fois.

     Dans ma période « replongée dans le cinéma de Shy » (J’ai revu Incassable, je vais revoir Signes et surtout découvrir Split et rattraper Le dernier maître de l’air) je tenais à réessayer La jeune fille de l’eau. Sans doute parce qu’il est celui de ses films dont je garde en souvenir les plus belles images : Notamment la géométrie de cet immeuble résidentiel (Le film ne s’en extraie jamais) qui encercle une étrange piscine renfermant un passage vers un abri, ainsi que ces immenses loups recouverts d’herbe, ainsi que la pureté un peu malaisante dégagée par Brice Dallas Howard.

     Mais je suis un peu déçu. Car hormis sa quête première (Faire que la nymphe égarée rejoigne son monde bleu avec l’aide de personnes qui doivent chacun trouver leur rôle) je trouve le film un peu prisonnier de son aspect œuvre-rébus, balourd ou simpliste dans son écriture et les interactions entre ses personnages. Je trouve aussi qu’il gère mal ses mystères et sa dimension fantastique. Il manque du hors-champ, même s’il est vrai qu’il est souvent beau dans certaines de ses compositions de plans et qu’il a cette idée de faire que le monde soit réduit à cet immeuble résidentiel.

     Je n’y vois surtout que des personnages de conte pour enfants, avec cet aspect ludique de rôle changeant (J’ai souvent l’impression de jouer loups garous et aux villageois, en gros) mais il me manque un petit plus émotionnel, que Shy va tout de même débusquer avec son héros, campé par Paul Giamatti, qui s’est attribué le rôle de gardien (Après tout c’est le concierge de l’immeuble) avant qu’il se révèle guérisseur : Personnage bouleversant, puisqu’ancien médecin ayant perdu sa femme et son fils. Sans lui, ça fait un peu court, d’autant qu’il faut être solide pour accepter le personnage critique de cinéma dessiné maladroitement (antipathique, menteur, débile) ou un gosse qui interprète les codes sur ses boites de céréales.

     Mais ça fait pourtant partie du délire Shy d’accepter cela. Et l’enfant, une fois de plus, est le vecteur central, le moteur qui mène à la résolution. Qu’on apprenne que La jeune fille de l’eau est « l’adaptation cinématographique » d’un conte imaginé par Shy himself pour ses propres enfants ne fait que renforcer cette impression que l’auteur ne cesse d’utiliser, assez humblement à mon avis, le cinéma pour faire parler l’enfant qui est en lui. Rien qu’un conte pour que les (grands) enfants/candides continuent de croire et de rêver. Noble cause, en somme. Qui me fait sans doute aimer le film davantage rétrospectivement mais qu’importe.

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