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Archives pour décembre 2017



Une Vie – Stéphane Brizé – 2016

03. Une Vie - Stéphane Brizé - 2016Le trop plein de creux.

   3.5   Je n’ai pas lu Maupassant depuis l’école, tant mieux, ça évite ici de se lancer dans de vains comparatifs. Après avoir filmé Lindon en vigile de supermarché, Stéphane Brizé entreprend d’adapter le premier roman de Guy de Maupassant, soit la vie de Jeanne, fille d’aristocrates, jonchée d’épreuves, de petits bonheurs et de grands drames. Ça devrait être bouleversant mais à moins de créer de l’abstraction et du poétique – comme Malick avait su si bien le traduire dans The tree of life, par exemple – ce genre de grand récit et sa linéarité bien répétitive, au minimalisme trop corseté, s’avère aussi peu passionnant et touchant que Eternité, de Tran Anh Hung, la lourdeur et la grandiloquence (de la musique, des couleurs, des dialogues) en moins puisque Brizé choisit justement de ne s’intéresser qu’aux creux, les avants et après virages forts. J’ai un peu l’impression que Brizé se complait dans son hiératisme parce que « ce cinéma de la soustraction » marche, quelque soit le film, quelque soit le genre. Moi ça me gonfle. Mais sinon y a Judith Chemla, et je l’aime d’amour.

La belle et la meute (Aala Kaf Ifrit) – Kaouther Ben Hania – 2017

la-belle-et-la-meute-kaouther-ben-hania-misogynie-a-part__500828_La nuit de la proie.

   7.0   Débarquant à poings nommés sur les écrans après les récents scandales outre atlantique que l’on sait, La belle et la meute, de la tunisienne Khaouter Ben Hania, est un film éprouvant, se déroulant le temps d’une nuit, entre une fête universitaire, les rues désertes d’un Tunis fantomatique, une clinique et un commissariat de police. Virtuosité qui rappelle un peu le Victoria, de Sébastien Schipper dans la mesure où neuf plans séquences, seulement, accompagneront ces neuf chapitres, qui forment moins un déroulé précis qu’une succession d’ellipses, parfois tonitruantes, permettant autant de souffler que de créer neuf espaces de temps bien différents. C’est à la fois une idée magnifique, quasi anti naturaliste, puisque d’un chapitre à l’autre, chaque fois quelque chose a changé, une information manque ou un comportement a évolué. Le revers de la médaille, mais qui participe à en faire une véritable épreuve pour les nerfs, une plongée sans concessions et parfois insoutenable, le film est trop appuyé, trop en surrégime pour que l’on accepte l’espace géographique dans lequel il nous convie. Dans Victoria, il y avait souvent des creux, des longueurs, et cela permettait de comprendre pleinement chaque mouvement, chaque déplacement, de saisir l’épuisement des personnages. Ici, le trop plein nous sort quelquefois du film. Malgré tout c’est puissant, un peu trop à charge à mon goût – Très peu de personnages masculins sont récupérables ou si oui, ils sont très maladroits, certains auraient mérité plus de neutralité – mais complètement dans ce qu’il dénonce. Une version cinématographique – Formellement t’as des trouées ahurissantes, ne serait-ce que dans le premier chapitre, très doux et très dansant – de hashtag balance ton porc (de flic) continuellement porté par son actrice principale.

Arsenal (Арсенал) – Alexandre Dovjenko – 1929

29. Arsenal - Арсенал - Alexandre Dovjenko - 1929L’usine de tout.

   6.0   Troisième volet de la trilogie ukrainienne de Dovjenko, Arsenal raconte la révolte des ouvriers d’une usine de Kiev pendant la guerre civile russe. Le film s’ouvre pourtant sur des images de guerre sidérantes. L’une d’elles, surtout, frappe par sa puissance d’abstraction malgré l’expressionnisme qui s’en dégage : Un soldat nous regarde, hilare, asphyxié par le gaz, la fatigue, la folie. Ensuite, le film plonge en plein cœur de la lutte communiste, il est parfois rêche mais ne perd jamais de sa lucidité. Ce qui frappe c’est de voir comment l’auteur relie les hommes et la terre : Point de naturalisme forcené, mais une volonté de filmer les mouvements, des corps et des éléments. Le sens de la composition des plans impressionne autant qu’il désarme : L’apparent didactisme se confronte à quelque chose de plus expérimental ici, de beaucoup plus lyrique là. Pas facile à apprivoiser mais fort.

Flandres – Bruno Dumont – 2006

20. Flandres - Bruno Dumont - 2006Un cinéma au bord de la crise de nerfs.

   7.5   J’ai découvert le cinéma de Bruno Dumont avec Flandres, il y a dix ans. Un choc à l’époque. Il s’est ensuite effrité dans ma mémoire en découvrant ce qu’il avait fait plus tôt, notamment La vie de Jésus, L’humanité qui restent à mon sens plus fous, plus sidérants. J’envisage de revoir tout le Dumont d’avant P’tit Quinquin, on verra si ceux-ci ont mieux traversé le temps et les visionnages que Flandres qui m’a cette fois semblé nettement plus boursouflé dans ses intentions, moins pertinent aussi sans doute parce qu’à sa manière il tente une incursion dans le film de guerre et que c’est clairement pas les moments les plus réussis du film.

     Le choix du genre n’est pourtant qu’un prétexte pour Dumont qui filme à nouveau sa terre natale, à savoir Bailleul et le quotidien de ce fermier un brin autiste sur le point de partir au front sans trop savoir pourquoi. On croit d’abord que le film sera construit comme Voyage au bout de l’enfer : Avant, pendant et après la guerre pour le dire grossièrement. Avec la distinction bienvenue qu’ici, d’une part aucun ornement (comme le mariage chez Cimino) ne vient combler les prémisses du départ, d’autre part Dumont choisit le montage alterné pour suivre Demester sous les bombes et Barbe restée seule à Bailleul.

     Demester, comme deux autres de ses amis – qui n’en sont pas vraiment, même s’ils passent du temps avec les mêmes filles, dans le même bar – s’apprête à partir. On ne dira jamais où ils vont. A épurer à ce point la narration Dumont nous éloigne de ses personnages, oublie de créer de vrais visages qu’on voudra suivre mitraillettes en mains, qu’on aura peur de voir mourir. Parti pris louable pour ne pas tomber dans l’unilatéralité et montrer que l’horreur se situe des deux côtés, certes, mais Cimino réussissait aussi cela sans pour autant construire de héros.

     Aux extrémités pas de doute, c’est du pur Dumont, mais j’ai l’impression qu’il avait autrement mieux traité cela (La solitude, l’espace) dans ses longs métrages précédents. Au centre c’est la guerre et Dumont se laisse parfois gagner par la saynète conceptuelle, illustrative comme des passages de cruautés obligés : Baston, embuscade, viol, torture. Ça ne fonctionne pas vraiment, pour la simple et bonne raison que c’est chaque fois trop court. Et c’est finalement tous ces retours sur Barbe, enceinte à Bailleul, qui s’avèrent les plus beaux, les plus surprenants aussi, avec cette histoire de nerfs qui lâchent.

     Il serait par ailleurs intéressant de revenir sur le tournage du film, notamment sa partie tunisienne, cela permettrait de lever le voile sur son étrange (et pas toujours pertinente) construction – On apprend que Dumont a coupé énormément au montage, insatisfait qu’il était de la plupart des séquences guerrières – et de comprendre certaines disparitions : Un personnage sort clairement du film, on imagine qu’il est mort sous les bombes ou dans une exécution hors champ, après tout, venant de Dumont rien de bien surprenant. En fait l’acteur s’est tiré, en plein tournage, c’est aussi simple que cela. Dumont raconte qu’il adore ce genre d’évènement imprévu où il faut rafistoler comme on peut.

     J’aime toujours le film, pour sa sécheresse, l’immensité du paysage des Flandres, le fait qu’il soit dépourvu de musique (quand Dumont s’en passait encore) et surtout parce qu’il m’aura permis fut un temps d’entrer dans l’univers d’un cinéaste atypique, courageux, mais c’est loin d’être la confirmation de la claque reçue à l’époque. Et puis j’ai vu la fin alternative. Je ne comprends pas pourquoi Dumont s’en est débarrassé, c’est tellement puissant, violent, avec le point d’orgue parfait de la métaphore de la barbarie amoureuse qui irrigue tout le film, Adelaïde Leroux qui explose littéralement de nerfs à t’en donner la chair de poule. Dommage. Cool qu’on ait la possibilité de la voir, néanmoins.

John Wick 2 – Chad Stahelski – 2017

24. John Wick 2 - Chad Stahelski - 2017Killer John.

   6.5   On ne change rien à l’atmosphère du premier volet à ceci près qu’on ira encore plus loin dans le massacre, la chorégraphie des combats et la profusion de gunfights. A un degré d’abstraction fou. En fait, John Wick 2 s’ouvre quasi là où se ferme le premier volet, en nous balançant une bonne dose de bastons bien grasses sans qu’on ne comprenne quoi que ce soit de là où l’on se trouve, géographiquement et narrativement. Comme si le film se laissait le temps de chercher quoi inventer pour ne pas reproduire un schéma similaire au premier film, et que sa seule façon de nous faire patienter c’était de nous abreuver de ce qu’il fait de mieux : des os qui craquent, des corps projetés, de la tôle qui se froisse, des coups de feu, des coups tout court.

     L’ouverture peut être vue comme un brouillon, beau mais sale – Dans un garage, la nuit, avec des personnages sans relief, boss « Stormare qui en fait des tonnes » compris – de l’incroyable séquence centrale – Dans les catacombes de Rome (Les mecs sont vraiment allé tourner là-bas) éclairées de projecteurs colorés pour une soirée concert dantesque, avec des adversaires puissants, charismatiques et des combats circulaires (Rarement vu aussi peu de plans sur des scènes de bastons / flingues) ahurissants. On n’a même pas besoin d’en redemander puisqu’on est copieusement servi comme jamais un film de cet acabit avait été en mesure de l’offrir.

     La suite est un peu dévorée par le souvenir de cette séquence romaine, néanmoins le film arbore deux visages passionnants : la dimension méta, déjà, puisqu’il va jusqu’à faire se rencontrer Keanu Reeves et Lawrence Fishburne, il n’en faut pas plus pour ne pas penser illico à un parallèle Neo/Morpheus et c’est en effet dans ce moule que John Wick s’affirme : Une mythologie qui lui est propre avec des codes, une esthétique, une construction bien identifiée à la manière de Matrix (avec un soupçon de Ghost dog) il y a presque vingt ans.

     L’autre visage dépend de cette affirmation hautement présomptueuse : John Wick c’est notre réel dans lequel on aurait injecté un sérum qui n’en ferait plus qu’un univers du crime. C’est une copie criminelle de notre monde, dans lequel chacun serait un tueur caché, sentinelle portant le masque de l’anonymat (clochard, flic, fonctionnaire…) avant d’être enclenché. Sublime séquence où le caïd fait une indécente mise à prix sur la tête de Wick, comme on le faisait dans les westerns, et où tous les téléphones portables se mettent en branle.

     Surtout, je le répète, cette suite est habitée de quelques séquences savamment chorégraphiées, on a parlé de Rome, on pourrait tout aussi bien évoquer le musée ou le métro (dans une séquence qui évoque aussi un peu Collateral) où chaque scène d’action, en plus d’être étirée sur la durée, l’emporte par sa limpidité d’exécution.

Mr Robot – Saison 1 – USA Network – 2015

24. Mr Robot - Saison 1 - USA Network - 2015Fight network.

     4.5   Il n’est pas dans le projet mais il y a du Fincher là-dedans, véritable figure tutélaire. Beaucoup de The Social Network. Beaucoup de Fight Club aussi, clairement revendiqué puisque le Where is my mind en instru piano au moment le plus puissant de la saison (L’épisode 9 est globalement sidérant) à savoir l’instant où la schizophrénie est assumée puis évincée pour accepter de prendre part à la révolution « I don’t know… I wanted to save the world » avec le cinglé d’à côté qui pourrait être échappé d’un bouquin de Bret Easton Ellis, résonne forcément avec le morceau des Pixies qui fermait le film de Fincher. Ça c’est très fort. La disparition du père ça  te file vraiment la chair de poule, comme ça pouvait être le cas de Tyler Durden à l’époque. Ajoute à cela un pilot à la fois riche et confus qui se termine en clin d’œil somptueux au Troisième homme, de Carol Reed, avec la rencontre Malek / Slater dans une grande roue. Il y avait TOUT pour que ça poutrasse sévère. Pourtant, ce cyber thriller impressionne surtout par l’ennui qu’il procure, sa prétention, son opacité et son antipathie globale. Oui, ça fait beaucoup. Que de bavardages, d’effets vains, de couleurs grisâtres, de faux climax suspendus, de jargon imbuvable. Et puis la mise en scène : plans sur des écrans jusqu’à saturation, plans en légère contre-plongée de façon quasi systématique pour souligner l’immensité du monde urbain, plans volontiers asymétriques dans la symétrie, personnages souvent isolés dans un coin du cadre. C’est froid, c’est long. Mais Rami « Big eyes » Malek y est parfait, vraiment flippant. 

Detour – Christopher Smith – 2017

21. Detour - Christopher Smith - 2017Piégés.

   4.0   Vu Detour uniquement parce qu’il est réalisé par Christopher Smith, auteur de l’excellent Creep, le thriller horrifique dans les souterrains du métro londonien. Reste que Creep c’est 2005 et depuis, Smith a tenté d’autres incursions : La comédie horrifique avec Severance, l’horreur à la temporalité tarabiscotée avec Triangle, la fantasy horrifique avec Black Death. Vu aucun de ces trois films, malheureusement. Et Detour m’en donne qu’à moitié l’envie. Disons que l’objet, en tant que polar, est plutôt soigné, il y a des personnages intéressants, et plastiquement le film est plutôt réussi, la mise en scène énergique sans être épileptique. Mais ça reste un film de petit malin. Ou plutôt, c’est un film de petit prestidigitateur trop sûr de son coup. Comme tout tour, la magie agit en deux temps : Le truc qu’on ne capte pas et le faux que l’on va prendre pour du vrai – Séquence pivot sous split-screen, assez lourde – avant le basculement et la révélation surprise – Twist bien amené, mais j’avoue ne pas être très sensible à ce genre de prouesse, au cinéma tout du moins. Le problème c’est que j’ai l’impression que le film existe surtout pour cette prouesse de prestidigitateur. Au-delà il reste un polar bien troussé mais un peu lisse (violent mais pas trop, sensuel mais pas trop et plus vraiment horrifique, en fin de compte) et sans grande originalité, pire on a parfois l’impression qu’il ressuscite le genre de façon anachronique. Très dispensable, donc.

Mes trésors – Pascal Bourdiaux – 2017

22. Mes trésors - Pascal Bourdiaux - 2017Carole & Caroline.

   4.0   Pascal Bourdiaux qui était déjà responsable de Fiston, le truc avec Kev Adams et Frank Dusbosc, déterre Jean Reno pour en faire un voleur hors pair dans Mes trésors. Quelle drôle d’idée. Le scénar m’a un peu fait penser à celui d’un gros nanar (que j’adorais étant gosse) sorti durant les années 90 : Fire, Ice and Dynamite. Avec Roger Moore, qui jouait un entrepreneur surendetté qui feint d’être mort en espérant que l’événement sportif organisé en sa mémoire (Le Mégathon ! Véridique) soit gagné par ses gosses, qui ne le connaissent pas. Trois enfants (mais des adultes) très différents et qui sont apparemment loin d’être disposés à remporter quelconque épreuve sportive. Je n’en dis pas plus, tente de le voir franchement, dans un moment de désœuvrement, ça vaut son pesant – Il me semble toutefois que le film était généreux et soigné dans ses séquences sportives.

     Bref, Mes trésors, c’est l’histoire d’un vieux braqueur (Jean Reno, donc) laissé pour mort par son binôme (Demolon, toujours parfait) qui va reprendre du service surtout pour se venger, au moyen d’un coup impossible, astucieusement élaboré – Il est connu pour ça, il prévoit tout, pense à tout, seule l’impondérable trahison échappe à sa maitrise. Il lui faut donc trouver les codes permettant d’ouvrir la boite contenant le Stradivarius (L’objet du casse qui a fait de lui un mort) que son ex-binôme s’apprête à refourguer à une milliardaire. Problème, il lui faut une grande connaissance informatique (pour craquer le code) et de beaux yeux pour séduire Demolon, ce qui semble encore plus compromis. Dans son faux testament, il fait donc appel à ses deux filles, qui ne savaient pas qu’elles étaient sœurs, pour les convier dans son chalet paumé sur les hauteurs de Courchevel, unique bien qu’elles pensent hériter. Deux sœurs qui sont informaticienne et pickpocket de luxe. Tu vois l’idée.

     Bon, je ne reviens pas davantage sur l’histoire, c’est déjà bien suffisant. Je tenais juste à dire que le film est quand même moins mauvais que ce à quoi je m’attendais. D’une part car il ne faiblit jamais en rythme, d’autre part car son duo de frangines (incarnées par Reem Khrici qui jouait Carlotta dans OSS à Rio et Camille Chamoux, vu dans Les Gazelles) est délicieusement (non)assorti et offre une fraîcheur au film et de jolies séquences, pas toujours très fines, mais parfois rigolotes. Sans parler des deux/trois apparitions savoureuses de Bruno Sanches aka Liliane, de Catherine & Liliane. Le reste est cousu de fil blanc mais jamais désagréable. Finalement, comme pour Fiston, c’est nul mais ça se mate bien.

22.11.63 (11.22.63) – Saison 1 – Hulu – 2016

21. 22.11.63 - 11.22.63 - Saison 1 - Hulu - 2016A cause d’un assassinat.

   5.0   Ces temps-ci j’ai très envie de me replonger dans JFK, le chef d’œuvre d’Oliver Stone, sans doute depuis Jackie, le très beau film de Pablo Larrain. Moment adéquat, ai-je pensé, pour me lancer dans l’adaptation du bouquin de Stephen King (Livre que je n’ai pas lu mais que je garde de côté, pour mes prochaines vacances) que j’avais volontairement laissé de côté, la crainte de me frotter à une énième médiocre adaptation de King – Inutile de rappeler combien Under the dome était un puits de conneries – et celle, plus négligeable, de voir James Franco dans un rôle qui à priori ne lui sied pas. La série produite en partie par J.J.Abrams révèle de belles qualités plastiques. On n’est pas happé par les années 60 mais l’univers est soigneusement retranscrit, ça manque juste un peu de patine. Les premiers épisodes rendent curieux puisqu’il y a la découverte du monde (Le personnage traverse un portail temporel qui l’envoie le 21 octobre 1960) et ce qu’on va y modeler (Après tout, pourquoi ne pas empêcher l’assassinat de Kennedy, qui aura lieu trois ans plus tard – C’est en tout cas la mission que le vieux gérant du restaurant a confié à Jake). On y rencontre de beaux personnages entièrement fictifs : Sadie (La lumineuse Sarah Gadon) ou Bill (Le side-kick fondamental, joué par le jeune George Mackay, le seul que Jake est contraint de mettre dans la confidence, ce qui ouvre parfois sur un joli duo) et le personnage charnière de l’affaire : Lee Harvey Oswald, campé par un magistral Daniel Webber. Et puis petit à petit on ne peut s’empêcher d’y voir qu’un show très fonctionnel, un peu comme l’était Bates Motel. Ça fonctionne, ce n’est pas désagréable, mais on sent partout que ça pourrait être infiniment meilleur. Et puis il y a un gros problème dans la fluidité de la narration et dans la gestion de la temporalité. La série ne s’intéresse jamais à ce qui fait l’époque autrement qu’en enfonçant des portes ouvertes. Alors une ellipse grossière nous épargnera 1961, comme si c’était une année vide, une année qui ne fasse pas avancer l’intrigue, une année qui ne compte pas. Il me manque sans doute cette année (et plus encore) pour comprendre le personnage de Jake Epping. En l’état, je ne vibre jamais avec lui, j’ai donc plus qu’à me rattacher à l’intrigue principale, puisque d’intrigues secondaires il n’y en a pas sinon bâclées. Maladroit donc, mais passable.

Life’s A Bitch (Nas, 1994)

deca44fb8344d17dc683a285c1ad8e1a.800x800x1« that’s why we get high »

     Ma période Nas remonte à mon adolescence. Pas sûr que c’était une « période » d’ailleurs, je me souviens d’avoir écouté en boucle The Message et Affirmative action les deux morceaux plus mélodieux que les autres, qui devaient squatter une cassette, entre Prodigy et Daft Punk (Pour pas dire Shaggy et MC Solaar, désolé) à une époque où je ne jurais que par Skyrock et les singles. En fait j’ai découvert l’album Illmatic bien plus tard. Un jour de septembre 2009 je vois Fish Tank au cinéma. Dans l’une des dernières scènes du film retentit Life’s a bitch, de Nas, morceau sur lequel mère et filles se mettent à danser, alors qu’elles viennent de se pourrir la tronche une heure et demie durant. Aujourd’hui encore (Je suis toujours aussi fan de ce film) je ne peux m’empêcher d’éclater devant cette séquence. Bref, dès lors, j’ai recroisé Nas, acheté Illmatic, album absolument parfait. Nettement meilleur qu’It was written, sur lequel se trouvent pourtant les chansons que j’aimais, ado. Et Life’s a bitch, s’il est sans doute loin d’être le morceau le plus fulgurant (Suffit d’évoquer N.Y. State of mind) aura toujours ma préférence. Parce que Fish Tank, forcément, mais pas seulement : J’aime son rythme jazzy, le couplet de Nas qui répond à celui d’AZ, et j’aime surtout l’arrivée tardive et discrète du cornet à pistons, joué par Olu Dara, le père de Nas. Je ne m’en lasse pas de l’épure de ce morceau.

En écoute ici :

https://www.youtube.com/watch?v=HEwSfbE9IXc

La séquence de Fish Tank dont je parle :

https://www.youtube.com/watch?v=s5BBd-4E_rQ

 

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