Stranger things – Saison 2 – Netflix – 2017

28. Stranger things - Saison 2 - Netflix - 2017Hell’s gate.

   7.0   L’efficace crescendo de la première saison s’est un peu évaporé cette fois au profit d’une construction plus chaotique, qui génère pas forcément judicieusement ses climax et se perd dans le développement de ses nouveaux – pourtant beaux – personnages : Max, Bob et Kali aka 8. Il me semble que cette saison réussit moins sa « transformation » en équipe(s). Max, la mystérieuse skatteuse rousse, est la superbe idée du show pour remplacer Eleven (aussi parce qu’elle est tout son contraire : Eleven est le miroir de Mike quand Max sera celui de Dustin & Lucas) mais l’écriture de sa situation familiale aurait mérité autre chose, surtout son frangin, personnage ridicule, vulgaire et sans intérêt qui sert autant de faire-valoir à la fuite de Max que de défouloir gratuit. L’autre personnage sacrifié qui ouvre pourtant le show c’est Kali, « la jumelle de détention » d’Eleven, qu’on va faire revenir le temps d’un épisode parenthèse et mal fichu (Caution retour d’Eleven en icone punk, au secours…) mais j’imagine que les créateurs en garde sous le pied à son sujet pour les saisons à venir. Et si Winona Rider est toujours insupportable, mais moins puisqu’elle chouine moins, le personnage incarné par Sean Astin est plutôt intéressant dans la mesure où il n’est pas là uniquement en simple hommage aux Goonies où il y campait « le chef de bande » Mickey. Il a un vrai rôle à jouer ici, celui du père de substitution doublé de guide puisqu’il est le seul à ne jamais douter, le seul (adulte) à vraiment croire. C’est d’ailleurs lui qui déchiffre les dessins de Will et découvre en les assemblant qu’ils forment les plans de la ville de Hawkins qui sont en fait les galeries souterraines de l’Upside down.

     On retrouve alors le sel de la saison de lancement dans sa façon de relier les gosses contre le Mal. Idée forcément piquée aux Goonies qui déjà avaient été inspiré par ET : Petits et grands font équipe même si à priori ils se détestent, se toisent, se méfient les uns des autres – L’un des plus beaux moments de la saison, l’un des plus doux aussi, voit Dustin (le petit geek) et Steve (le grand freak, pour faire court) se rapprocher et se confier l’un et l’autre le long d’une voie ferrée. Thématique qui m’est cher et qui relève probablement d’un fantasme inachevé de l’enfance, tant ces instants, aussi anodins fussent-ils dans leur finalité (Il nous s’agissait pas de combattre des monstres, protéger un extraterrestre ou chercher un trésor mais simplement de faire une partie de football) ont imprimé une trace durable dans mon esprit, parce qu’on y détruisait les traditionnelles frontières de l’âge et parce qu’on est tous amené, à un moment de notre vie, à être « le petit d’un grand » puis « le grand d’un petit ». Si j’aime le deuxième volet de Jaws c’est essentiellement pour cette réunion d’enfants, petits et grands, frères et sœurs, ensemble à l’improviste dans une course de catamarans qui se transforme en cache-cache avec un requin – Dingue de constater combien ce film (qui date de 1978) annonce la décennie à venir dans le fond, quand le film original de Spielberg l’annonçait lui dans la forme. On pourrait trouver des tonnes d’exemples en replongeant dans les années 80, j’en citerais bien une dernière, l’un de mes gros coups de cœur de ces dernières années : La série Freaks & Geeks où il y avait aussi beaucoup de cela, ce beau sentiment de réunion (jusque dans son titre), notamment dans son issue qui brisait les frontières de la plus belle façon qui soit.

     La série continue de se confondre en références mais de façon beaucoup plus équilibrée et parcimonieuse. L’action se situe donc un an après les évènements relatés en saison 1, en octobre 1984. Quand Halloween sonne (épisode 2, je crois) notre petite bande est déguisée en ghosbusters – quoi de plus normal puisque le film d’Ivan Reitman est sorti en salle en Juin 1984. Dustin et Lucas ont davantage à jouer cette fois, l’un dans cet embryon d’histoire d’amour hyper touchante avec la petite nouvelle, l’autre dans son attachement à un petit batracien tout mignon trouvé dans sa poubelle, qui se transformera bientôt en monstrueux « demodog », appellation à laquelle Dustin tient beaucoup et qui occasionne de nombreux running-gag dont on sait dorénavant Stranger things coutumier. A noter que j’ai toujours un vrai problème avec l’écriture de certains dialogues. Et avec certains partis pris franchement inutiles notamment ces ouvertures d’épisodes ou ces cliffhanger qui existent uniquement pour appâter le chaland et maintenir l’attention / la tension. Globalement tout m’a semblé plus calculé dans son ensemble, la série ayant gagné en ambivalence ce qu’elle a perdu en spontanéité, mais j’imagine que c’est le sort de tout show qui explose de la sorte, de façon aussi inattendue et qui doit dores et déjà penser aux suites qu’elle promet et à sa capacité d’évolution. Au passage, la saison 2 n’était pas diffusée que Stranger things était déjà renouvelée pour une troisième saison.

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