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Archives pour 3 février, 2018

Ce qui nous lie – Cédric Klapisch – 2017

17. Ce qui nous lie - Cédric Klapisch - 2017Ce qui me saoule.

   3.5   De Klapisch je reste tout particulièrement attaché au Péril jeune et à sa « trilogie Erasmus ». Le reste je m’en fiche sinon pire. Paris c’était affreux. Ma part du gâteau tentait lui la rom’com contrariée entre un trader et sa femme de ménage. Gros film de droite sur lequel planait Karin Viard récitant à la perfection sa partition habituelle et le gros Lellouche aussi insipide que d’habitude. J’en garde le souvenir d’un gros film sarkozyste bien ancré dans son temps.

     L’idée de faire un film sur trois jeunes vignerons, frères et sœurs, bien emmerdés pour assumer les droits de succession du vignoble après le décès de leur père, est aussi logique que paradoxale tant c’est dans la continuité de la droitisation de son cinéma et un peu anachronique dans son sujet : C’est quasi chiraquien, en fait. Bref, tout laissait penser que Klapisch avait enfin assumé ses orientations politiques.

     Et le film est parfois attachant parce que ses trois acteurs le sont. On sent d’ailleurs que Klapisch prend ces trois-là (Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil) pour faire du pied à la presse de gauche. Il brode aussi quelques messages de tolérances et construit des embryons d’histoire d’amour entre les vignerons et les vendangeurs pour donner le sentiment que tous sont sur la même longueur d’onde.

     Mais pour ne pas faire trop bisounours il insère des petits conflits c’est-à-dire qu’il disloque sa mécanique « Point de fête sans le vin » pour se donner bonne conscience – La scène des premières vendanges en est le plus fidèle exemple : Les jeunes sont relous à faire les cons avec le raisin, oui. Mais les patrons sont chiants aussi à ne plus vouloir se marrer, oui. Mais les jeunes sont quand même relous et interchangeables dans leur médiocrité alors que les trois patrons sont tristes et ont chacun leurs problèmes familiaux donc il faut leur pardonner. Oui c’est un peu gênant.

     En guise de frissons de la honte, Klapisch a l’idée de faire une apparition du côté des vendangeurs. Pour faire comme Hitchcock, sans doute, mais surtout pour rappeler qu’il est toujours du côté des jeunes, des pauvres. Il a une autre idée embarrassante ce sont toutes les séquences où Pio Marmai dialogue avec son moi enfant. Là c’est chaud. Et il a une autre idée fabuleuse c’est le titre. Comme on voyage beaucoup dans le passé des personnages j’imagine qu’il voulait voyager dans le sien aussi, tout en jouant moins sur le mouvement que sur l’idée de lien. Ce qui me meut (le titre de son premier court, devenu depuis le nom de sa société de production) devient donc Ce qui nous lie. Astucieux, hein ?

Leatherface – Julien Maury & Alexandre Bustillo – 2017

13. Leatherface - Julien Maury & Alexandre Bustillo - 2017Qui es-tu, face de cuir ?

   3.0   Evidemment qu’il ne faut pas se lancer là-dedans en ayant en tête le chef d’œuvre malsain, sale et délirant de Tobe Hooper. C’est peine perdue. Je n’ai malheureusement pas réussi à y faire abstraction de mon côté, sans doute car j’ai la chance (?) de n’avoir vu aucune des suites (Il y en a parait-il six, oui six, partagées en suite, remake, préquel) de ce film inoubliable et tordu. Et pourtant c’est loin d’être mauvais. L’idée de raconter « la naissance » de Leatherface me plaisait, déjà. De montrer comment le gamin le moins cinglé (de la famille de cinglés) va devenir une icône de terreur pure. Ça démarre pas mal, d’ailleurs, c’est brutal, nerveux juste ce qu’il faut. Après, niveau mise en scène ça manque clairement de personnalité, on retrouve la patte du duo de semi tâcherons déjà à l’œuvre dans A l’intérieur et Aux yeux des vivants. Mais ce qui m’a le plus agacé c’est la partie de cache-cache avec le spectateur : On n’est jamais vraiment certain de qui sera Leatherface. Bref, encore un truc de petit malin. Qui se voudrait sale mais qui s’avère plus gore que sale. Je sauve toutefois les séquences « en forêt » qui apportent une poésie macabre plutôt originale ainsi que le rôle de Texas Ranger taré/revanchard incarné par un Stephen Dorff en grande forme.


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