Archives pour mars 2018



Les bourreaux meurent aussi (Hangmen Also Die!) – Fritz Lang – 1943

24. Les bourreaux meurent aussi - Hangmen Also Die! - Fritz Lang - 1943Le criminel évincé.

   4.5   Punaise, c’était laborieux. Bon, je suis pas très Lang de manière générale, ceci explique sans doute cela. Quand bien même, Les bourreaux meurent aussi me semble beaucoup moins intéressant qu’un M le maudit ou un House by the river, qui brillent, eux, par leur ambivalence – Si je les rapproche c’est dans leur façon de traiter l’ambiguïté du crime. Reste qu’on est en 43, c’est la guerre et Lang est moins dans une inspiration de mise en scène que dans la propagande antinazie. Son film est donc une ode à la solidarité collective et résistance tchécoslovaque avant tout. Difficile de critiquer l’idée, ce bien que cinématographiquement ce soit peu intéressant ou très maladroit. Car si le film est visuellement fort (Les jeux d’ombres et de lumières chers à Lang, on peut même y trouver un côté Secret derrière la porte avant l’heure, au détour de quelques plans) il est surtout écrasé par sa mécanique scénaristique, souvent lourde, pour ne pas dire grossière. Avec pareil sujet en fond, c’est un peu gênant de le voir jouer sur de tels éclats esthétiques. Et puis cet air complètement ahuri que trimballe l’actrice pendant tout le film, c’est pas possible.

Le bonhomme de neige (The Snowman) – Tomas Alfredson – 2017

The SnowmanUne soupe en hiver.

   4.0   Après Joe Wright voici un autre cinéaste à mon avis bien surestimé. Morse, son film de vampires, était prétentieux, La taupe, son film d’espionnage, imbuvable. Mais ces films furent archi encensés. The Snowman n’a peut-être pas enterré Tomas Alfredson mais on n’en est pas loin tant il fit un four critique et public auquel il ne devait pas s’attendre à en juger le projet (l’adaptation d’un roman norvégien très connu) et l’imposant casting international. Enfin dès l’instant que le film fut « refait » pendant le montage pour cause d’un manque d’images tournées en Norvège (Et franchement ça se voit, c’est chaud) j’imagine qu’il a senti que ça sentait le roussi. Le film n’est pas aussi honteux qu’on le dit mais il est clairement mal fichu, inachevé. On ne comprend rien de sa construction narrative. Ses climax sont bidons. Les dialogues sont à revoir. On dirait l’un de ces films de serial killer des années 90, nanar sans personnalité comme on en pondait à la pelle à Hollywood.

Hadewijch – Bruno Dumont – 2009

08. Hadewijch - Bruno Dumont - 2009Acte de foi.

     10.0   Le film m’était apparu déjà puissant il y a près de dix ans, incroyablement moderne mais n’ayant pas une vue globale sur l’œuvre de Bruno Dumont, je n’en soupçonnais pas la grandeur ni son pouvoir de fascination. J’ai pensé à ce film chaque jour ou presque tout au long de ces huit années. Le revoir fut l’une de mes plus grandes émotions devant un écran depuis longtemps, comme si je retrouvais un ami d’enfance perdu de vue, avec qui nous avions beaucoup partagé mais qu’on avait laissé tomber dans l’oubli. Comme si ce film avait toujours fait partie de moi sans que je ne m’en rende compte – Le fait d’avoir fait sa connaissance en même temps que je me forgeais une cinéphilie n’y est pas étranger. Je l’avais gardé en moi, quelque part, il n’attendait plus qu’à ressurgir. Si je considère aujourd’hui qu’Hadewijch est le plus beau film de Bruno Dumont (et l’un de mes films préférés) ça m’avait un peu (j’avais déjà beaucoup aimé) échappé il y a huit ans, mais c’est un film immense, puissant en permanence et d’une beauté hallucinante. J’ai fini en miettes. Ça m’avait beaucoup plu il y a huit ans, ça m’a cette fois terrassé.

     C’est une véritable révélation. Et je suis ravi puisque c’est le sujet du film. C’est sans doute le plus agnostique des films de Bruno Dumont. Celui où il questionne la foi, dans ce qu’elle a de plus instinctive et primaire. Céline ne parvient pas à trouver la foi dans le couvent. Et si c’était devant ce jeune groupe de musique punk ou cette troupe d’église qu’elle allait la trouver ? En fait, elle ne parvient pas à concevoir que son seul souhait serait de faire l’amour au Christ. Au détour d’un plan, au début, elle semble dévoré par le monde, incarné dans un immense chantier, des grues, un monte-charge. Le réel le plus brute s’immisce dans la mystique. Le film est en légère surexposition en permanence, guetté parfois par de brutaux halos lumineux, ça pourrait être trop appuyé, c’est au contraire d’une discrétion absolue, d’une élégance divine, comme pour entrer en adéquation avec Céline, qui cherche un signe, une lumière nouvelle. On pourrait voir dans cette initiation un certain systématisme théorique, un manque d’incarnation. En fin de compte, ce traitement détaché est important, il permet une identification en deux temps, assez originale.

     Hadewijch c’est la quête du visible dans l’invisible. De cette foi (quelles que soient les religions, les croyances) qui a pour dessein l’abnégation en une divinité suprême, qui guide les évènements, impose les choix. Céline (à la ville) est très chrétienne. Elle sort du couvent dont elle a été plus ou moins renvoyée, pour ce qu’elle s’infligeait (l’abstinence, notamment) ne ressentant pas tout l’amour de dieu qu’elle espérait recevoir. On sent comme une rupture avec les précédents films de Dumont, qui montraient des êtres paumés qui grandissaient passivement via les événements qui leurs étaient imposés. Céline est motrice, recherche un état bien précis. Elle s’abandonne à dieu, complètement – sublime séquence où on la voit s’agenouiller sous la pluie, en haut d’une colline, devant une grille renfermant une statue du christ – mais recherche cette communion parfaite, qu’elle ne ressent pas, tout simplement parce qu’elle n’est pour le moment pas en mesure de comprendre ce qu’elle ressent. De comprendre qu’elle a besoin non pas d’une âme invisible mais d’un corps bien réel.

     Ce corps matérialisé c’est peut-être en Yassine que Céline le trouvera. Ou bien n’intervient-il pas trop tôt dans son cheminement accéléré vers la nature humaine ? Yassine apprendra à la connaître, il l’emmènera à un concert mondain (où il tentera d’abuser gentiment d’elle, il s’en excusera), ils feront une escapade avec une moto qu’il a volée, ils iront boire un verre au café du coin, mais surtout il lui présentera son grand frère. Cette rencontre sera charnière dans l’évolution religieuse de Céline, dans l’aboutissement de son amour pour dieu. Jusqu’ici elle disait être amoureuse du christ, avec beaucoup de gêne, de timidité, comme si une partie d’elle ne se faisait pas confiance. Nassir va sinon lui éclairer l’esprit, apporter une réflexion qui va l’amener à douter, d’elle-même, de ses sentiments qu’elle croyait inébranlables, de la volonté de dieu même. Un homme qui lui dit que dieu est invisible, qu’il est partout, qu’il n’est pas fait de chair, elle ne le supporte pas. « Bah non il est pas là ! Il est pas là, Yassine » s’acharne-t-elle, un moment donné, incapable d’offrir l’existence à l’invisible. Cet invisible qu’elle ne supporte plus.

     Le dieu de Nassir le convoque aux actes terroristes, lui demande de répondre à la violence par la violence. C’est cette nouveauté qui interpelle, perturbe, fascine Céline. Elle qui était la « caricature » de la passivité, se rend compte en côtoyant le monde qu’elle pourrait s’en remettre à dieu activement. Dumont ne cautionne pas cela, il montre simplement ce qui se joue dans la tête de cette jeune femme qui on le rappelle est en plein doute existentiel. Mais il y a aussi et surtout ce besoin du visible constamment, cette envie évidente de chair, d’un corps, qu’elle croit rechercher en dieu, en le christ, alors qu’il se trouve devant elle, continuellement, et bien visible. Mais cela il faudra une scène finale absolument incroyable, la plus belle de tout ce qu’a pu faire Dumont je pense : Au moment où elle avait choisi de se donner la mort, quelqu’un l’en sauve in-extremis. Dieu ? Alors dans un corps bien humain, celui d’un ouvrier qui participait à la réfection du couvent, que Dumont montrait de temps à autres depuis le début (son travail, son entrée en prison, sa sortie). Maintenant, Hadewijch, disons plutôt Céline, peut croire. Et peut s’offrir amoureusement, et physiquement. A un corps d’homme.

     La force de la mise en scène est comme souvent chez ce cinéaste intimement liée au récit. Cette grandeur qui saisit des corps perdus dans une nature proéminente. Ces cadrages très serrés sur les visages de ces mêmes corps pour saisir leurs émotions profondes. Magnifique séquence de trouble entre Céline et Yassine – Mais il y en a quelques unes – dans la cuisine de ce dernier. Elle lui prend les mains, ressent un désir très fort pour son ami. Et lui embarrassé (car respectueux de ces choix de virginité) de lui demander ce qu’elle est en train de faire, de lui dire qu’elle un peu bizarre. Le problème ici est qu’aucun des deux ne sait concrètement ce qui lui prend. Pour une fois c’est pulsionnel ce qui se passe en elle, mais elle ne sait pas ce que c’est. Dumont sait se faire radical dans le plan et la symbolique du plan. Les relations entre Céline et ses parents sont définies en deux/trois séquences, c’est suffisant. Ce cheminement elliptique qui voit Céline participer à un acte terroriste est montré rapidement. Car Dumont préfère s’attarder sur le statisme de son personnage, sur ce qu’elle ressent plus que sur ce qu’elle vit. Sur cette marche finale par exemple, non loin de l’endroit où elle a grandit, qui n’est autre que la mort d’Hadewijch pour la naissance de Céline.

     Hadewijch, surtout, est le film le plus doux de Bruno Dumont. Certes, s’y joue violence et austérité, mais sur un mode lumineux. Lui fallait-il quitter sa lande natale (Hadewijch est tourné en Belgique, à Paris, à Beyrouth) et le vent de ses dunes (Le monastère se trouve comme écrasé dans un fond de plaine, encerclé par la forêt) pour y débusquer les agencements plus directs, les ellipses plus franches ? Dumont va donc filmer Paris. Et ainsi ouvrir son cinéma vers des cimes qu’on ne lui soupçonnait pas : La finesse de ce récit d’initiation trouve écho dans la douceur de la mise en scène. Tout ce qui se joue entre Céline et Yassine sont les plus belles scènes que Dumont ait jamais tournées. On trouvait déjà ça dans La vie de Jésus mais sous des contours nettement plus écrasants.

     Julie Sokolowski est extraordinaire. On sait combien Dumont sait dénicher des perles rares, à peine promises au cinéma. Mais là, contrairement à Flandres ou plus tôt, à La vie de Jésus, le film repose entièrement sur elle, son visage, sa voix, ses contradictions, sa complexité, sa manière d’habiter le film, de déambuler dans le plan, de faire vibrer chaque strate du récit. Une illuminée qui illumine tout le film. Dumont avait pourtant rencontré Julie Sokolowski dans un bar à la sortie de Flandres. Non croyante, le rôle ne l’intéressait pas. Et pourtant, elle campe Céline avec une intensité qu’il eut été impossible de dénicher ailleurs. Disons plutôt que ça aurait modifié toute la face du film. Si la jeune actrice n’est pas branchée religion, Dumont lui offre de s’inspirer de sa propre déception amoureuse. Et c’est tout le sujet du film : L’amour de jeunesse retracée à l’aune de la quête spirituelle.

Lulu femme nue – Solveig Anspach – 2014

10. Lulu femme nue - Solveig Anspach - 2014L’effet océanique.

    5.5   Anecdotique mais attachant portrait d’une mère de famille qui fuit son foyer, après un nouvel échec lors d’un entretien d’embauche, et s’engouffre dans une escapade qui lui fait retrouver un peu de sa jeunesse, désirer à nouveau, faire des rencontres. Anecdotique mais attachant, oui, soit ce que je pourrais dire des trois films de Solveig Anspach que j’ai vu à ce jour. On voudrait qu’il soit un petit peu plus que ça mais on est trop dans le feel good movie, avec tout plein de losers magnifiques. Trois potes désoeuvrés ici, une mémé tout en remords, l’arrivée d’une soeur agacée car envieuse, d’une fille paumée et donc tout aussi envieuse du périple de sa mère. Chacun a ses défauts. Chacun est attachant. Y a vraiment le cahier des charges qui est rempli. Avec des musiques illustratives tout ça. Et pourtant le film capte quelque chose du lieu. Son climat hors saison. Et ce que dégage ce genre de « station balnéaire » d’à la fois vivifiant et angoissant sitôt qu’on ne s’y trouve pas en été. Lulu femme nue est surtout marqué par deux entités fortes, qu’il est difficile de combattre, aussi bien par ces menus seconds rôles que par ce retour angevin : Karin Viard et St Gilles Croix de Vie. Et il a la bonne idée d’emmener Lulu jusqu’au bout de sa renaissance et non de la faire revenir dans le morne quotidien qu’elle avait brutalement quitté.

Le miracle des loups – André Hunebelle – 1961

09. Le miracle des loups - André Hunebelle - 1961Joute-moi dessus.

   3.0   Vu vraiment par curiosité étant donné je ne connaissais même pas le nom de ce réalisateur ni l’existence de film. L’aspect médiéval vu par le prisme des années 70 m’attirait, probablement. Et sans surprise, c’est plutôt mauvais. Mais ça peut faire le job pour une soirée nanar, par exemple. Simple concours de qui a la plus grosse entre Charles le Téméraire et Robert de Neuville, campés par Roger Hanin et Jean Marais, qui en font des caisses. La réalisation est sans relief, à l’image de ces séquences systématiquement introduites par un plan d’ensemble sur un château. Et les bagarres rappellent celles dont on se moque joyeusement dans OSS 117. Reste de jolis costumes. Et de beaux décors naturels notamment une séquence enneigée.

Dernier Atout – Jacques Becker – 1942

07. Dernier atout - Jacques Becker - 1942Dernier à tout.

   2.5   Pour avoir pondu cette merveille qu’est Le trou, Jacques Becker fait partie de ces cinéastes dont je voudrais absolument tout voir, même ses films jugés plus dispensables. C’est Tavernier qui a aiguisé ma curiosité dans son film Voyage à travers le cinéma français, puisqu’il évoque Dernier atout comme ayant été un déclencheur de sa cinéphilie. Tout en lui admettant aujourd’hui les faiblesses. J’ai trouvé ça plein d’humilité d’en parler ainsi, avec cette nuance, cette nostalgie, cette lucidité. En effet, il fallait sans doute le voir comme il l’a vu lui. Car difficile de faire plus chiant. Le film venait à peine de finir que j’avais déjà tout oublié.

Riens du tout – Cédric Klapisch – 1992

06. Riens du tout - Cédric Klapisch - 1992Galeries mourantes.

   5.5   Pas mal ce premier long métrage de Klapisch. J’aime bien l’idée que tout se déroule dans un immense centre commercial sur le point de mourir. Il y a tout plein de personnages qui auraient mérité mieux que ces micro-saynètes mais c’est dans le haut du panier Klapisch. Bien que j’aurais tendance à lui préférer Le Péril jeune. Mais j’ai l’ai vu plusieurs fois et à un autre moment de ma vie donc difficile pour moi de les comparer / relier.

Cérémonie des Cesar 2018

jeanne-balibar-recu-9357-diaporama     On a très vite compris que, comme convenu, 120bpm (cool) et Au revoir là-haut (pas cool) allaient plus ou moins tout rafler. Du coup évitons de parler des récompenses (L’ombre au tableau c’est le Cesar de la meilleure réalisation, autrement je suis plutôt satisfait, d’autant que le très beau Petit paysan est l’autre grand gagnant de cette soirée) mais parlons plutôt de la cérémonie.

Ce que je retiens :

-          Manu Payet qui s’en est globalement bien tiré dans le rôle ingrat de maitre de cérémonie. On a moins tiré vers le One man show que d’habitude. Il a trouvé son équilibre, les bonnes vannes, le bon tempo. Et il était de mieux en mieux au fil de la soirée. Avec quelques pépites comme son Smalltown boy prostré devant Campillo. Ok il était tendu au début mais à cet instant je l’ai trouvé très à l’aise et drôle sans pour autant se mettre sur le devant de la scène.

-          Marina Foïs en brune.

-          Le sketch de Blanche Gardin : « Dorénavant,  les producteurs n’ont plus le droit de violer les actrices, mais nous, est-ce qu’on a encore le droit de coucher pour avoir des rôles ? Parce que si on n’a plus le droit, alors il faudra apprendre des textes, faudra passer des castings et on n’a pas le temps » Actuel, osé, subversif. Parfait. Le tout en arborant un badge Louis CK sur la poitrine aux côtés du ruban blanc contre les violences sexistes.

-          Le super skecth parodiant Le bureau des légendes. Avec Parasol, Fou du Ionf et Frangipane.

-          « La saucisse » en deux temps. Très inspiré. Alors que c’était pourtant méga casse-gueule sur le papier.

-          La robe de Penelope Cruz, l’émotion de Penelope Cruz, le discours de Penelope Cruz. La présence de Penelope Cruz, en fait.

-          Les spasmes d’Arnaud Rebotini : hyper émouvant. Toujours été très impressionné par ce mec, physiquement je veux dire. Et là cette fragilité, magnifique. Le tout en prononçant un super beau discours. Fort.

-          Le discours d’Hubert Charuel. Lui, c’est un bon gars, ça se sent.

-          Ravi pour Faute d’amour, on a évité The square.

-          Sara Giraudeau, cœur avec les mains.

-          « Silence = mort » de Robin Campillo.

-          Le discours de Balibar, au-dessus de la mêlée, passionné, cosmique, d’une élégance absolue.

 

Ce qu’il faut oublier :

-          L’ouverture calamiteuse des Cesar vivants.

-          Le discours remettant de Juliette Binoche, sa robe, ses cheveux mouillés.

-          La robe de Noomi Rapace.

-          Dany Boon et Line Renaud. Cesar du Frisson de la honte de la soirée.

-          La robe de Marion Cotillard.

-          La petite musique anti discours trop longs.

-          La robe de Golshifteh Farahani.

-          Laurence Arné et François-Xavier Demaison pour une intervention so 90’s.

-          Sophie Marceau et Pierre Richard pour une intervention so 80’s.

-          L’hommage aux disparus en trois temps. Fausse bonne idée.

     Une belle cérémonie, en fin de compte. Inégale mais qui a su rebondir quand il fallait rebondir, par une intervention ou une récompense inspirées. Dans le haut du panier, ce cru.

Un mot sur le palmarès des Oscar 2018.

oscar     Je n’ai pas regardé la cérémonie, because La Vie, mais aussi parce que cette année y avait pas La La Land. J’étais pas en mode groupie. Et puis franchement je voyais mal le sublime Phantom Thread remporter quoi que ce soit alors que pour une fois, Daniel Day Lewis et Paul Thomas Anderson méritent toutes les éloges possibles – Je reviendrai sur le film prochainement. Je me suis donc réveillé ce matin en accueillant la liste des vainqueurs.

     Ma première impression, outre le goût de vomi dans la bouche à la lecture du meilleur acteur, c’est de féliciter  Jean-Pierre Jeunet, qui réussit l’exploit inédit de remporter le Cesar et l’Oscar du meilleur réalisateur le même week-end, pour Au revoir là-haut et The shape of water. Très, très fort.

     Plus sérieusement, quel palmarès catastrophique hier soir. Le palmarès redouté, celui qui pèse quinze tonnes ! Sam Rockwell et Frances McDormand très lourds dans le non moins lourdingue Three Bilboards. Gary Oldman ridicule dans Les heures sombres. Et Allison Janney qui, autant que Margot Robbie, semble (pas vu le film, mais la bande annonce fait peur) hurler qu’elle veut un Oscar dans Moi, Tonya. Affreux…

     Pourtant je n’ai rien contre le film de Guillermo del Toro. Comme je n’avais rien contre Moonlight l’an passé. Mais je ne trouve pas qu’il brille par sa réalisation, assez lourde quand même. Y avait pourtant moyen de récompenser un cinéaste plus subtil – Un PTA au sommet de son art, par exemple. Et pareil en France, Hubert Charuel pour ne citer que lui.

     Non, The shape of water c’est pas mal. Le film a une vraie identité et une poésie naïve pas inintéressante. La blague sur Jeunet c’était facile mais voilà, je trouve que ce sont deux films qui se ressemblent, dans le filmage, drone ou à travers des bocaux, des embrasures, sans parler des filtres jaunes et verts ni de leur utilisation musicale.

     Deux satisfactions tout de même : Le doublé pour Coco, mais c’était archi prévisible. Et la récompense pour le scénario malin de Get Out alors qu’on le promettait au scénario grandiloquent, invraisemblable et ridicule de Three Bilboards.

     Concernant les récompenses techniques, ça se trompe rarement. Les impressionnants Dunkerque (Nolan) et Blade Runner 2049 (Villeneuve) raflent comme convenu/espéré la mise.

     J’essaie de revenir sur la cérémonie des Cesar dans le prochain billet…

La forme de l’eau (The Shape of Water) – Guillermo del Toro – 2018

43. La forme de l'eau - The Shape of Water - Guillermo del Toro - 2018L’étrange créature de la cuve verte.

   5.5   Je crois bien que c’est la première fois que je suis séduit par un film de Guillermo del Toro. Il y a encore plein de trucs qui me gênent mais l’ensemble m’a plu. Une affaire de lieux sans doute : Je trouve chacun d’eux hyper travaillés, beaux, marquants. La pièce de la cuve, les couloirs de l’établissement, la salle de bain, le canal, cet appartement au-dessus d’un cinéma. Ainsi que la grande place offerte à la télévision. Tout fait (un peu trop) ode gentillette au cinéma des années 50/60, mais j’ai été emporté. Sally Hawkins est magnifique – pourtant j’ai du mal avec elle d’habitude. Le méchant est un vrai méchant, super flippant, irrécupérable – même si Michael Shannon rappelle trop Sergi Lopez dans Le labyrinthe de Pan. Après y a aussi des trucs qui devraient être géniaux et qui sont un peu foirés comme la scène d’amour, la fin ou le moment magique (mais hyper attendu) que je tairais. Tout y est pour que ce soit sublime, bouleversant sur le papier et c’est anecdotique, pour ne pas dire complètement raté, on passe à la scène suivante sans problème. Sans parler d’une écriture sabots dans la caractérisation des personnages et d’une utilisation des codes horrifiques, de façon un peu trop ostentatoire à mon goût, pour contrebalancer l’aspect enfantin du film. En fait c’est tout aussi mal branlé que d’habitude avec cet auteur, mais il y a un décorum et une émotion qui me chatouillent un peu pour une fois. C’est La belle et la bête revisitée. On pense aussi à L’Atalante, de Vigo. Ainsi qu’à Jeunet, avec son esthétique verdâtre écrasante et son héroïne candide (et muette !). Mais en mieux. Bref, ça vaut quand même le déplacement. 

1234

Catégories

Archives

mars 2018
L Ma Me J V S D
« fév   avr »
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche