Archives pour mars 2018



Lady bird – Greta Gerwig – 2018

41. Lady bird - Greta Gerwig - 2018Mistress Sacramento.

   5.0   Hormis deux/trois scènes (mère/fille surtout, comme dans le photogramme) j’ai trouvé ça vraiment anecdotique. Un peu comme du Baumbach. Celui de Mistress America, pas de The squid and the whale, malheureusement. Niveau interprétation y a rien à dire en revanche, tout le monde est au top en effet, Saoirse Ronan en tête. Mais le reste je trouve ça un tout petit peu léger et pas vraiment stimulant.

Les heures sombres (Darkest Hour) – Joe Wright – 2018

31. Les heures sombres - Darkest Hour - Joe Wright - 2018Longest hour.

   2.0   D’ores et déjà le film naphtaline de l’année. Encore plus chiant que La taupe d’Alfredson. Et exagérément jaunâtre avec ce sempiternel halo dans la pénombre qu’on n’avait pas vu aussi marqué depuis le Lincoln de Spielberg. Et puis complètement en désaccord formel avec ce qu’il raconte, tant il est académique au possible (champ / contrechamp en rafale, musique illustrative omniprésente, séquences jamais trop étirées mais qui se ressemblent toutes) tandis que Churchill, lui, durant l’Opération Dynamo fut tout sauf académique. Verneuil et récemment Nolan avaient offert leurs versions, sur le sable. Wright prend l’option de leur hors-champ soit tout ce qui s’est joué souterrainement, politiquement autour de Dunkerque. Super sur le papier, mais faut se rendre à l’évidence, Les heures sombres est aussi mauvais et ridicule que le gros Gary Oldman grimé comme c’est pas permis et au jeu pesant quinze tonnes calibré pour les Oscar.

L’Homme qu’on aimait trop – André Téchiné – 2014

02. L'Homme qu'on aimait trop - André Téchiné - 2014La fille du casino.

   3.5   Comme pour La fille du RER, Téchiné adapte un fait divers, cette fois-ci pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de l’affaire Le Roux, cette histoire d’héritière du Palais de la Méditerranée disparue dans le plus grand mystère. Mystère toujours d’actualité puisque son corps n’a jamais été retrouvé. Gestion hasardeuse, désaccord entre actionnaires, mafia des casions, avocat véreux, Téchiné plonge là-dedans à pieds joints. Il s’inspire dans le même temps d’Une Femme face à la mafia, le livre de Renée Le Roux (la mère de la défunte). Au casting : Adèle Haenel, Guillaume Canet, Catherine Deneuve, Judith Chemla. Encourageant. Sauf qu’il faut pas cinq minutes pour trouver ça chiant, ampoulé, surjoué (Va vraiment falloir dire à Adèle Haenel que les yeux exorbités pour jouer la tristesse, le désir, la peur, la joie, c’est plus possible) et puis ces mouvements de caméra façon faux reportage j’en peux plus. Cette veine-là de Téchiné me les brise prodigieusement. Là il rate à peu près tout. Sans même évoquer ce ridicule procès final, je suis pas loin d’avoir trouvé ça nul. Je sauve quelques trucs, un peu surprenants : la danse africaine, la photo de la jeune danseuse qui traverse tout le film et prend soudain vie à la fin, le repas en chanson dans la famille italienne. Mais ces brefs instants sont englués dans une mécanique dramatique sans âme, à l’image du personnage incarné par Canet.

Mes Souhaits CESAR 2018

battements-par-minute-act-upCérémonie des CESAR 2018 ce soir.
Mes souhaits pour les récompenses :
 
César du meilleur espoir féminin :
Pas vu Les Gardiennes ni Le Brio.
Leatitia Dosch n’est plus un espoir pour moi, elle aurait déjà dû être nommée pour son rôle dans La bataille de Solferino en 2013. Quant à Eye Haïdara, elle est très bien dans Le sens de la fête, mais un poil trop sur un seul registre.
Sans hésitation pour moi : Garrance Marillier, dans GRAVE (Et puis c’est la plus jeune)
 
César des meilleurs costumes :
Pas vu Les Gardiennes ni La promesse de l’aube.
Je ne vois pas trop ce que 120 bpm vient faire dans cette catégorie.
J’imagine que ce sera la première d’une longue série de statuettes pour Au-revoir, là haut.
Par défaut je choisi : Pascaline Chavanne, pour BARBARA (car ça doit être relou d’habiller Balibabar).
 
César du meilleur son :
Julien Sicart, Valérie de Loof et Jean-Pierre Laforce, pour 120 BATTEMENTS PAR MINUTE
 
César du meilleur espoir masculin :
Pas vu Marvin ou la belle éducation (mais Finnegan Oldfield n’est de toute façon plus un espoir à mes yeux).
Benjamin Lavernhe et Pablo Pauly sont tous deux très bien, chacun dans leur registre, de petit connard bourgeois ou de gentil vanneur.
Mais sans hésitation pour moi : ex-aequo Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois, dans 120 BATTEMENTS PAR MINUTE
 
César des meilleurs décors :
Pas vu La promesse de l’aube.
Ce sera très probablement Au-revoir là-haut.
Mais je souhaite que ce soit Christian Marti, pour LE REDOUTABLE
 
César du meilleur documentaire :
Pas vu A voix haute, ni Visages, villages.
Je serais ravi pour Depardon si 12 jours l’emporte mais je n’y crois pas.
Ce sera sans doute le très beau I am not your negro.
Mais je rêve tellement que ce soit CARRE 35, d’Eric Caravaca.
 
César de la meilleure musique :
Pas vu Visages, villages, mais bon, Mathieu Chedid, quoi.
Je vois bien Arnaud Rebotini pour 120 bpm là-dessus.
Mais je lui préfère Jim Williams, pour GRAVE
 
César du meilleur premier film :
L’incompréhension totale que la daube de Nicolas Bedos soit éligible au détriment du sublimissime Ava. Tant pis. Restent quatre beaux films à côté, malgré tout. J’imagine que celui des quatre que j’aime le moins va gagner, à savoir Jeune femme.
Ma préférence à GRAVE, de Julia Ducournau
 
César du meilleur montage :
Dorian Rigal-Ansous, pour LE SENS DE LA FÊTE
 
César du meilleur film d’animation :
Entre dessin animé de zombies super moche et un Sahara un peu trop à l’américaine, j’opte pour le produit du terroir : LE GRAND MECHANT RENARD, de Benjamin Renner & Patrick Imbert. Mais globalement, petite sélection, contrairement à l’an passé où l’on pouvait choisir entre La tortue rouge et Ma vie de Courgette.
 
César de la meilleure photographie :
Pas vu Les Gardiennes.
Ça sent le Cesar jaune pour Au revoir là-haut.
Pour moi c’est Guillaume Schiffman, pour LE REDOUTABLE
 
César du meilleur second rôle :
Antoine Reinartz, dans 120 BATTEMENTS PAR MINUTE
 
César de la meilleure adaptation :
Pas vu Les Gardiennes, ni La promesse de l’aube.
Ce sera forcément Au-revoir là-haut.
Je choisi PATIENTS, de Grand Corps Malade
 
César du meilleur second rôle féminin :
Ça va jouer des coudes entre Adèle Haenel et Mélanie Thierry. Et franchement, je ne comprends pas trop pourquoi. Elles sont meilleures ailleurs.
Les trois autres me vont. Mais parce que Sara Giraudeau est encore plus génial dans Le bureau des légendes et Laure Calamy plus adaptée au cinéma de Guillaume Brac,
Je prends Anaïs Demoustier, pour LA VILLA, déjà parce qu’elle n’a jamais été aussi lumineuse que devant la caméra de Robert Guédiguian et ensuite, parce qu’il faut bien récompenser le plus beau film français de 2017.
 
César du meilleur film étranger :
Pas vu Le Caire confidentiel, ni L’échange des princesses.
J’ose espérer qu’on ne fera pas deux fois la même bourde avec la bouse The square.
Sans surprise, j’opte pour LA LA LAND, de Damien Chazelle.
 
César du meilleur scénario :
Parce que ce film est la preuve qu’on peut faire de la mise en scène tout en proposant un beau scénario, Claude Le Pape & Hubert Charuel, pour PETIT PAYSAN
 
César de la meilleure actrice :
Pas vu Numéro une, ni Jalouse, ni La promesse de l’aube (mais comme Devos, Viard et Gainsbourg c’est pas trop ma came, je prends le pari qu’elles ne changeraient pas mon choix).
Tous les voyants clignotent pour Balibar. Avec Binoche en challenger. Pour deux films que je n’aime pas du tout.
Je suis sûr de perdre mais pour moi c’est sans hésitation Marina Foïs, dans L’ATELIER
 
César du meilleur réalisateur :
Hubert Charuel, pour PETIT PAYSAN (cf ce que je dis dans la case scénario)
 
César du meilleur acteur :
Pas vu Le Brio. (Mais bon, Auteuil, comment dire, sans être impoli ?)
A boire et à manger dans les nommés : Du minimal (Swann Arlaud), de l’extravagant (Albert Dupontel), du job (trop) bien fait (Reda Kateb), du WTF (Louis Garrel) et du Mais-qu’est-c-qu’il-fou-là (Guillaume Canet).
J’ai un gros faible pour Jean-Pierre Bacri, dans LE SENS DE LA FÊTE. Le rôle de sa vie.
 
César du meilleur film :
Pas vu Le Brio.
Si ça ne tenait qu’à moi, ça se jouerait entre La Villa, Ava, L’Atelier, Carré 35 et Grave. 
Allez, je serais aussi très content pour 120 BATTEMENTS PAR MINUTE, de Robin Campillo.
 
Bonne soirée à tous.

Zombillénium – Arthur de Pins & Alexis Ducord – 2017

44. Zombillénium - Arthur de Pins & Alexis Ducord - 2017Wake of the dead.

   3.0   Je ne connais pas la bande-dessinée que le film reprend, mais je ne suis pas friand du dessin, déjà. Ça pose problème. Cette histoire de lutte des classes dans un parc d’attraction gérés par de vrais morts et dont les employés sont aussi des morts (Vampires, loups garous, zombies) me plaisait pourtant bien, sur le papier. Mais le résultat est bancal, soit trop frénétique et saturé visuellement, soit trop mollasson et pas super inventif dans ses perspectives graphiques. Du coup je me suis beaucoup ennuyé. Et j’ai levé les sourcils quant à l’intrusion d’idées un poil farfelues comme la reprise, par deux fois, de la musique de Requiem for a dream (Tu sais le truc qu’on entend plus que dans les bandes annonces) et une reprise des Corons, de Pierre Bachelet. A l’image de la petite sorcière (fille de Lucifer lui-même) arborant un polo à l’effigie de NIN, je trouve que le film force un peu trop son aspect rock et qu’il est donc moins rock que de mauvais goût. Il aurait mérité d’aller davantage dans l’absurde, peut-être. Quand le papa du récit (hyper programmatique) se transforme en Hellboy, j’ai vraiment décroché.

Sahara – Pierre Coré – 2017

40. Sahara - Pierre Coré - 2017L’âge de sable.

   5.0   Le plus gros défaut de Sahara c’est qu’il est une version française – autant donc dire fauchée – d’un film Pixar – Le monde de Némo, surtout – couplé à une production Dreamworks – Comment ne pas penser à Madagascar ? Ce n’est jamais aussi beau que le premier et jamais aussi pantouflard que le second, et c’est sans doute ce qui le rend aussi attachant que dispensable. Il lui manque une vraie identité. Le doublage des deux serpents et du scorpion, qui font plus ou moins équipe ensemble est assuré par Omar Sy, Franck Gastambide et Vincent Lacoste. Une jolie complémentarité naît entre ces trois personnages au point qu’on rêve presque de les voir côte à côte dans un film live. Hormis deux/trois trucs un peu élliminatoires qui en font un film sponsor TF1, comme les jumelles serpents Alexandrie/Alexandra ou Marie-Claude Pietragalla dans son presque propre rôle de Danse avec les serpents j’ai globalement trouvé ça vraiment chouette. D’autant que de bonnes trouvailles émaillent un récit volontiers programmatique entre oasis, dunes et canyon : la double apparition d’un poisson de sables bien barré, la grotte de vers luisants sadiques et l’intermède psychédélique du charmeur de serpents.

Le grand méchant Renard et autres contes – Benjamin Renner & Patrick Imbert – 2017

39. Le grand méchant Renard et autres contes - Benjamin Renner & Patrick Imbert - 2017Un bébé poussin pour Noel.

   5.5   On retrouve sensiblement le même ton et le même trait que pour Ernest et Célestine. Contrairement à ce dernier, Benjamin Renner adapte ici ses propres planches. L’autre grand changement c’est l’aspect « contes » puisque ce sont trois petites histoires, plutôt indépendantes, qui sont contées ici. Le grand méchant Renard, l’épisode central, dans lequel un renard vole des œufs dans une ferme car il rêve de faire régner la terreur comme le loup, mais finit par s’attacher aux poussins comme s’ils étaient ses enfants, est accompagné par deux autres : Une histoire de bébé abandonné par une cigogne blessée, mais in fine plus dépressive que blessée, que nos héros (Un cochon, un lapin, un canard) vont tenter d’accompagner, non sans péripéties, à son domicile ; Et une affaire de vrai/faux père noël, entre la ferme et la fourrière, dans un épisode final beaucoup plus dispensable. La belle idée du film, qui fait qu’il tient bien sur le registre du long métrage, contrairement au film Ernest et Célestine en Hiver, sorti aussi l’an dernier et constitué de quatre épisodes vraiment indépendants, c’est le choix de transitions durant lesquelles le renard se retrouve sur une scène de théâtre face au public, s’adressant à nous, donc, afin de présenter les différentes pièces que ses amis et lui vont interpréter. Ce n’est pas grand-chose mais ça permet de créer une mise en abyme toute simple, pour les enfants.

Au revoir là-haut – Albert Dupontel – 2017

42. Au revoir là-haut - Albert Dupontel - 2017Le grossier masque de la vengeance.

   4.0   Par curiosité (un brin maso, j’admets) il faudrait que je jette un œil aux premières réalisations d’Albert Dupontel, Bernie et Le créateur. J’y crois pas trop, mais sait-on jamais. Au revoir là-haut est le troisième film que je voie de lui, après Enfermés dehors (souvenir d’un cauchemar de séance cinéma) et 9 mois ferme et c’est de très loin celui que je préfère. Il y a un certain souffle, des instants plus doux, de belles accélérations. Mais globalement,  je n’aime pas. Ça reste du Dany Boon de luxe. Je vois l’ambition, un peu, l’argent, beaucoup, mais je vois surtout trop de trucs rédhibitoires dans l’esthétique et l’opportunisme d’adapter un récent prix Goncourt. Pas lu, mais j’entrevois ce qui peut séduire un cinéaste dans ce récit. En revanche, je ne vois pas trop en quoi le récit mérite une réalisation aussi sur-stylisée et tape à l’œil. S’il y a bien une chose qui soit digne d’intérêt dans ce capharnaüm c’est son récit et cette histoire de gueule cassée par la guerre, qui, comme revenu d’entre les morts, se venge, masquée, d’un père imposant et d’un lieutenant maléfique, aidé par un camarade de tranchées simplet – Joué par Dupontel, pas dur à deviner. Ça et tout le décorum du Paris d’après-guerre, des dessins, des trafics de cercueils, des faux monuments aux morts. Je lirais bien le bouquin, en fait. Car tout est ici mis au service d’une reconstitution qui frise l’indigestion, avec ses couleurs jaunâtres, ses plans impossibles (On en traverse des cloisons, des trous dans des toitures, des fenêtres cassées, via des plans grue à tire larigot) et l’outrance de mini-saynètes qui sont comme des cases d’une Bd au dessin grossier, où tout est sous cocaïne comme souvent avec Dupontel. Ce mec c’est Gilliam plus Dupeyron multiplié par Jeunet. Faut être solide. Pas un plan qui ne soit pas lourdingue. Pas un plan qui ne crie pas « Donnez-moi un Cesar ! ». Comme c’était le cas devant Un long dimanche de fiançailles, de Jeunet, j’y trouve néanmoins des choses qui me séduisent (L’époque et les masques, notamment et le personnage du père, campé par un Niels Arestrup étonnamment doux, imposant mais doux) mais je me lasse très vite. La fin devrait être bouleversante mais elle est ridicule. Sans parler du tout petit dernier twist à emporter. Concernant Nahuel Perez Biscayart (puisqu’on ne voit pas trop comment la statuette du meilleur espoir peut lui échapper cette année : C’est Son Année) il est évidemment très bien dans Au revoir là-haut mais infiniment plus intéressant dans 120bpm. Là je le vois moins. Plutôt je vois Dupontel à travers lui. Comme pour Lafitte, qu’habituellement j’aime bien.

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