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Archives pour 26 avril, 2018

Money – Gela Babluani – 2017

18. Money - Gela Babluani - 2017La pulsion des plus faibles.

   6.5   On croit d’abord qu’on aura affaire à un petit polar français classique, comme on en a déjà vu des caisses, très social et très cruel. On est au Havre et les deux mondes vont entrer en collision : Marre des petits boulots sur les docks et leurs quartiers délabrés où l’on enlève même plus les bagnoles cramées, trois amis sont sur un coup à priori sûr, une mallette de fric à récupérer chez un politicien qui de son côté tente d’échapper à une sombre affaire de mœurs. Le fait de voir les deux situations en parallèle nous offre d’abord une omniscience un peu embarrassante : On sait que les gamins vont pénétrer dans un monde plus dangereux qu’ils ne le croient. On en sait trop, en fait. Bref, pour eux, c’est un coup qui doit bien se passer, y a pas de raisons et ils ont déjà sans doute fait pire qu’un simple cambriolage. Et ça va d’abord presque trop bien se passer. Sans trop en dévoiler la tournure, la séquence pivot avec corde et escabeau, est le premier éclair absurde et génial du film et ce sera pas le dernier. Jusque dans son final, complètement fou, aussi noir que drôle. C’est La raison du plus faible qui rencontre Fargo. Les acteurs sont tous excellents, sans exception, autant chez les gros (De Lencquesaing, Rabourdin et même Magimel dans un rôle wtf de tueur à gage aussi doux qu’imperturbable) que chez les petits (Rottiers toujours parfait, accompagnés de deux inconnus dont le frangin du réalisateur, épatant, vrai héros cassé du film) et Money est surtout traversé d’éclats qu’on ne va pas oublier. A l’image de la scène du train. Bref, c’est vachement bien.

Deux hommes dans la ville – José Giovanni – 1973

19. Deux hommes dans la ville - José Giovanni - 1973La mort indirecte.

   7.0   J’avais en fin de compte très peu de souvenirs de ce film « réquisitoire » signé José Giovanni. La fin m’avait marqué, forcément, notamment le regard déboussolé de Delon, cherchant celui de Gabin, en allant vers la potence. C’est surtout Michel Bouquet qui me terrifiait. J’ai mis du temps à le voir autrement que dans ce rôle-là, flic zélé imperturbable, persuadé qu’il n’y a pas de rédemption possible pour celui qu’il avait jadis enfermé. Un bon gros fdp comme n’en fait plus. C’est lui, le vrai méchant du film. « A force de chercher un coupable, on le fabrique » le mettait en garde Gabin, qui campe ici un rôle magnifique (l’un de ses tous derniers) d’une bienveillance absolue, puisqu’il est éducateur / accompagnateur de prisonniers, il les remet en selle et prend leur défense lors des réunions de remises de peine. Qu’il soit le narrateur du film n’étonne guère tant il semble incarner la vision engagée et humaniste du cinéaste. Alors certes le film est surtout à charge contre le système pénitencier et la peine de mort, mais, et ça mon vague souvenir l’avait englouti, il est aussi un brillant mélodrame, aussi triste qu’agaçant, sur un type malchanceux qui paie son larcin de jeunesse au carré et en plusieurs cruelles étapes. Delon y est absolument parfait et bouleversant.


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