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Archives pour 28 avril, 2018

Revenge – Coralie Fargeat – 2018

03. Revenge - Coralie Fargeat - 2018Arroseur arrosé nu.

   6.0   La presse a tendance à ranger Revenge dans le même panier gore que Grave, dans ce qu’on pourrait réduire à « Récents films d’horreur français, réalisés par de jeunes françaises ». En fait, les deux films sont très différents voire opposés dans leur conception. Grave est un film d’école qui casse brillamment les codes des films d’école. Revenge est un rape & revenge dans la tradition du genre, donc une pure série B aux éclats Z inspirée du slasher américain mais fait dans un moule français, plus minimal, tournée dans un désert marocain. Un truc bien badass (avec quelques saillies de mauvais goût vraiment délectables) et ouvertement féministe pour ne pas dire pile à l’heure en ces temps de # metoo et autres # balancetonporc. A ce titre, on constatera que si l’on voit beaucoup le joli cul de la demoiselle (Matilda Lutz, très mignonne et plutôt très investie, on se souviendra d’elle) on le voit pas plus que le joli cul du garçon (Kevin Janssens, croisé dans Les Ardennes) qui crèvera même littéralement à poil. C’est pas grand-chose mais ça fait toute la différence.

     Après il faut aussi dire que le film ne s’embarrasse pas de la vraisemblance. Ça m’a d’abord un peu troublé mais étant donné la brutalité de la scène pivot, j’ai fini par accepter le deal. C’est donc l’histoire d’une jeune bimbo violée qui se venge en guerrière, comme revenue d’entre les morts, rappelant aussi bien la transformation de Jenny dans Eden Lake que celle de Sarah dans The Descent. Tout n’est certes pas réussi, mais ce qui n’est pas réussi participe à ancrer le film dans le Z : Le jeu pour le moins approximatif des acteurs (enfin notamment les deux potes) ; des dialogues franchement pas bons ; des instants franchement en roue libre niveau choix mise en scénique, à l’image de son quadruple réveil dans la caverne ; des macros inutiles sur des pommes, des gouttes de sang et des fourmis ; une construction pas toujours judicieuse – On voit trop chacun d’eux, on préfèrerait ne voir qu’elle, et le jeu sur les hors-champ n’est pas des plus subtils. Mais au-delà de ça c’est un plaisir régressif et pop relativement enthousiasmant, déjà parce que le désert y tient une place importante, très graphique et parce que le gore y est restitué dans toute sa générosité et de façon crescendo. Difficile de faire plus beau bain de sang que celui offert lors de l’extraordinaire affrontement circulaire final dans la villa.

Ki Lo Sa ? – Robert Guédiguian – 1985

21. Ki Lo Sa - Robert Guédiguian - 1985Retrouvailles fantômes.

   7.0   Dix ans plus tôt, une bande d’amis jouant dans le parc d’une immense propriété qui engageait en tant que cuisinière et jardinier les parents de l’un d’eux, s’étaient promis de se retrouver dix ans plus tard sur le même lieu. On ne saura pas combien ils étaient à conclure ce pacte de retrouvailles mais ils ne seront que quatre à l’avoir respecté : Dada, le fils en question, qui habite toujours dans la maison, mais désormais seul, reçoit Pierrot, Marie et Gitan, l’occasion de retrouvailles mélancoliques, désabusées.

     On a vite fait de voir dans ce quadruple portrait d’adulescents dans l’impasse, « inadaptés » pour reprendre les mots de Gitan, toutes les angoisses de Guédiguian lui-même, en pleine crise existentielle et doute créatif. Illusions politiques déchues, panne d’inspiration, crainte de l’évanouissement dans un monde qui dévore les oubliés. Le film, projet minuscule, écrit en quinze jours et tourné en autant de temps, reflète l’étape charnière d’un auteur dans son moment de remise en question.

     Quand l’ambitieux Rouge midi répondait au frêle Dernier été, en étant son exact opposé sur bon nombre de points, Ki Lo Sa ? fait table rase, pour tenter de rebondir. Très beau film une fois de plus, dans un écrin solaire et solitaire qui pourrait évoquer l’ambiance de La collectionneuse, à la différence qu’ici les mots s’évanouissent complètement. Et dans sa dimension impalpable et onirique, appuyée par la présence d’enfants rodant autour de la villa, sans qu’on sache vraiment s’ils appartiennent au présent ou si notre petit groupe en fait partie dans une autre temporalité.

     C’est un film de retrouvailles endolories, parsemé d’instants somptueux où le présent mortifère chevauche l’enfance joyeuse, dans un regard, une confession, un silence. Daroussin, Ascaride, Meylan et Banderet y sont magnifiques. Bon et comme maintenant j’associe la scène de voiture sous Bob Dylan à La Villa, sorti l’an passé, ça m’a beaucoup ému de la revoir là, en plein milieu. C’est d’autant plus beau d’imaginer que cette séquence de La Villa, pur film de retrouvailles, puisse raconter le souvenir d’un moment de retrouvailles.


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