• Accueil
  • > Archives pour juillet 2018

Archives pour juillet 2018



Class 1984 (Class of 1984) – Mark L. Lester – 1982

17. Class 1984 - Class of 1984 - Mark L. Lester - 1982« Come and get it, teacher teacher! »

   4.0   Déception. J’aimais bien quand j’étais gamin, je l’ai beaucoup regardé, au moins autant que Piranhas (Je cite ce film-là car je compte le revoir aussi dans ces prochains jours) mais je me demande bien si le fait qu’il fasse partie de ces « films que j’étais trop jeune pour les voir » ne faisait pas office de cache misère ? Si la réputation d’un film sulfureux, très violent, accompagné d’une interdiction aux moins de 18 ans, ne jouait pas trop en sa faveur ? Franchement j’ai trouvé ça décevant à tout point de vue. J’avais le souvenir d’un truc punk et glauque mais en fait c’est jamais assez punk, jamais assez glauque. C’est hyper sage en définitive : Il ne suffit pas de balancer quelques gros mots, de montrer des graffitis ou d’avancer dans une violence crescendo pour obligatoirement être subversif. C’est pas Warriors, The firm ou Orange mécanique – Auxquels on pense parfois, mais ça dessert vraiment le film de Mark Lester pour le coup.

     Mon plus grand étonnement fut de constater combien chaque séquence est minuscule, mal mise en scène, traitée par-dessus la jambe (à l’image de la bagarre entre gangs dans un terrain vague, du concert punk ou du pétage de plomb nocturne du professeur de biologie) de voir aussi que chaque transition brise les rares beaux élans. Même la musique signée Lalo Schifrin m’a semblé plus poussive que dans mon souvenir – L’ouverture sous I am the future, d’Alice Cooper reste très efficace, en revanche, d’autant que l’image qui l’accompagne est plus documentaire que tout le reste du film à cet instant-là, on se croirait presque plongé dans un film anglais de Karel Reisz – Jusqu’aux costumes cheap des bandes rivales, il y a quelque chose de très particulier.

     Le film a tout pour raconter un monde d’enfants abandonnés par les adultes, se réfugiant alors dans le trafic de drogue et la violence mais on le sent davantage attiré par les affres de la série B. Et tant mieux en un sens. Dommage de ne pas entièrement s’y fondre, quoi. La seule séquence où l’on voit Stegman hors du circuit scolaire (Mais on voudrait voir aussi les autres, pourquoi seulement lui ?) ça pourrait être intéressant, mais c’est juste pour nous montrer une mère aimante mais aveuglée, et un garçon obnubilés par les films violents. Quelle audace. Le problème réside aussi dans son interprétation, plutôt la surinterprétation, aussi bien du côté des profs (Le mec qui joue Andy Norris est quand même un tout petit peu transparent) que des élèves, qui en font des caisses, chacun dans leur registre – Ceci dit ça fonctionne toujours très bien pour le gros caïd, Peter Stegman, qui dégage vraiment quelque chose d’étrange et d’inédit, tant il est à la fois dangereux et pathétique.

     Après il faut surtout dire que le film m’a vaiment semblé embarrassant d’un point de vue moral. D’autant qu’il s’ouvre sur un carton sans équivoque rappelant que les écoles sont de plus en plus dangereuses (en gros) surtout le lycée Lincoln (celui du film) enfin pour le moment (Le film se place dans un futur très proche, comme s’il cherchait à s’ériger en mise en garde) et se fermera sur un carton encore plus parlant, soulageant son spectateur en innocentant le gentil prof qui vient de se faire auto-défense façon boucher. C’est très, très  gênant. Dans mon souvenir, le film glissant moins vers le Vigilante que dans le Rape & Revenge classique. Cette partie-là marche beaucoup mieux, ceci dit. Il y a un rythme plus étrange, une moiteur singulière et une violence crue lors des mises à morts finales qui en font un bel objet de série B vengeresse. Dommage que ce soit juste pour nous dire qu’il faut exterminer soi-même la vermine des lycées difficiles, aussi brillante soit-elle parfois.

Steamboat Round the Bend – John Ford – 1935

ExtraitCadet d’eaux mississippiennes.

   5.0   Je crois bien que c’est le tout premier Ford que je voie de sa toute première période parlante. Là où elle serait prolifique chez un autre auteur, 1935 est une année comme les autres pour lui, puisqu’il y réalise trois films. Dont Steamboat round the bend. C’est pas mal. A la fois proche d’un burlesque keatonien (Difficile de ne pas penser à Steamboat Bill Jr dans sa mécanique comique) tout en étant déjà ancré dans un dispositif fordien, humain, juste, puisqu’il s’agit vite de faire une course de bateaux à aube pour délivrer un homme (qui a tué un homme en portant secours à celle qu’il aime, puis confessé son crime) de la corde. C’est très engagé mais relativement anecdotique de par sa construction brouillonne, soit trop ralentie (au début) soit trop effrénée (à la fin).

Beaumarchais, l’insolent – Édouard Molinaro – 1996

19. Beaumarchais, l'insolent - Édouard Molinaro - 1996Molinaro, l’assommant.

   4.0   C’est sans doute très bien sitôt qu’on parvient à y entrer, d’autant que la mise en scène, sans être fulgurante, est plutôt soignée, énergique. Les décors aussi, les costumes, les dialogues tout est minutieux, bien travaillé. Ajoutez un casting hallucinant : Qui excepté Molinaro, était capable de réunir dans un même film, Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Michel Piccoli, Jean Yanne, Michel Aumont, Jean-François Balmer, Jean-Claude Brialy, Patrick Bouchitey, Alain Chabat, Isabelle Carré, José Garcia, Martin Lamotte, Florence Thomassin, Michel Serrault, Axelle Lafont, Guy Marchand et j’en oublie ? Sans pour autant que chacun tente d’imposer sa partition habituelle sur les autres. Très fort. Et puis le film a la décence d’être court (1h40 à peine) pour un truc historique avec des stars de partout. Oui mais voilà, je m’y suis ennuyé comme un rat mort. Ça ne s’explique pas. C’est moi ou ce n’était pas le moment, tout simplement.

Jupiter, le destin de l’univers (Jupiter ascending) – Lilly & Lana Wachowski – 2015

18. Jupiter, le destin de l'univers - Jupiter ascending - Lilly & Lana Wachowski - 2015Sensation Zero.

   2.0   Si j’ai beaucoup de sympathie pour les Wachowski parce que Matrix (Le premier, pas vu les suites) et surtout parce que Sense8, je crains fort que ces deux univers que j’apprécie ne relèvent de l’exception. Après Bound, Speed racer, Cloud Atlas, nouvelle bouillie indigeste et grotesque que ce Jupiter ascending. Le postulat intrigue d’abord puis le film se vautre dans une esthétique abominable, un sens de la narration proche du foutage de gueule, sans compter que ça va beaucoup trop vite pour qu’on ait le temps d’apprécier (et comprendre) quoique ce soit. Même Mila Kunis m’a semblé moins jolie que d’habitude, c’est dire. J’ai lutté pour aller jusqu’au bout.

Et au milieu coule une rivière (A river runs through it) – Robert Redford – 1993

Brad PittLa rivière tranquille.

   4.5   Véritable lit de rivière que cette adaptation, sans doute chère à Redford mais qu’il peine à déployer, n’évitant pas le piège du scénario filmé. Un académisme bon teint (Les plans de pêche à la mouche ou le défilé de paysages du Montana, sont très beaux, ça ne fait aucun doute) appuyé par ce combo voix off / image sépia pour raconter le passé des personnages lors d’ellipses stratégiques, on est bien dans ce cinéma hollywoodien des années 90, joliment et agréablement linéaire/sirupeux, visant la fresque familiale, presbytérienne en l’occurrence, dans la lignée des Légendes d’automne d’Edward Swick. Ça faisait partie de ces films qui passent tout le temps à la télé et ce depuis que je suis gamin, mais que pourtant je n’avais jamais vu. C’est finalement un peu trop comme je l’avais imaginé toutes ces années : C’est bien joli, ça se regarde sans déplaisir, mais ça manque clairement de passion.

Grand froid – Gérard Pautonnier – 2017

07. Grand froid - Gérard Pautonnier - 2017Porte bien son titre.

   2.0   Dans le viseur, ce sont les univers de Blier, Kaurismaki ou les frères Coen qui sont convoités. Dans le viseur, seulement. Rien ne prend. Pas une séquence à sauver. Ou bien ça tient à une grimace (Bacri), une maladresse (Arthur Dupont) par-ci par-là, mais c’est trop rare. C’est en définitive plus gênant qu’agaçant, donc plus proche d’un frisson d’ennui que d’un frisson de la honte, tant tout est raté, aussi bien dans le rythme, l’écriture, que dans la mise en scène.

Série noire – Alain Corneau – 1979

01. Série noire - Alain Corneau - 1979Dérive de Franck Poupart.

   6.0   Une éternité que je n’avais revu Série noire. Il m’en restait rien sinon la prestation halluciné de Patrick Dewaere, forcément. Le film est fort, sans doute l’un des meilleurs de Corneau, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il est trop dépendant de son acteur principal. Il en fait beaucoup, alors certes il le fait bien, mais il en fait beaucoup et bouffe littéralement le film au point qu’à côté de lui les autres ne sont que des personnages concepts : Marie Trintignant apathique, Bernard Blier opportuniste véreux, Myriam Boyer nunuche. On ne voit que Dewaere. D’ailleurs il est de chaque plan, puisque tout se vit à travers lui, sa folie, dès la première scène géniale dans ce terrain vague où il semble rejouer toutes les interprétations, tous les genres, d’Humphrey Bogart à John Wayne, du gangster au cow-boy. Devant Série noire, j’ai beaucoup pensé à deux autres films, probablement meilleurs, avec lesquels il constituerait une sorte de triptyque symbolique sur la folie d’un seul homme au sein d’une société qui ne l’est pas moins, à savoir Taxi driver et Schizophrénia. Tous trois sont par ailleurs sorti à quatre années d’intervalle, en l’espace de huit ans, donc. Un film américain, un film français, un film autrichien, si éloignés à tout point de vue, et pourtant si proches dans leur volonté de raconter de l’intérieur, le destin violent de trois psychopathes chacun cloitré dans sa propre folie.

Barbarella – Roger Vadim – 1968

08. Barbarella - Roger Vadim - 1968Et dieu créa… la weed.

   4.5   Je sais pas ce que fumait Vadim en 68 mais ça devait être de la bonne. Difficile de ne pas trouver ça ridicule mais le kitch est pleinement assumé, les décors, les couleurs, les costumes, tous les curseurs sont poussés au max du grand n’importe quoi et c’est sans doute ce qui fait le charme de ce film de SF pas comme les autres, qui rappelle davantage Parking, de Jacques Demy que Danger, Diabolik de Bava, malheureusement. Il y a tout de même de belles trouvailles, comme le labyrinthe de la cité des rêves de Sogo, le spationef en moumoute de Chewbacca, la chambre aux fantasmes, les costumes de Jane Fonda, Jane Fonda. Finalement c’est presque moins nul que Et dieu créa…la femme. Au moins on se marre. Un temps, certes.

Ultra pulpe – Bertrand Mandico – 2018

10. Ultra pulpe - Bertrand Mandico - 2018« J’ai dix ans »

   6.5   Si la surprise est moindre puisque Les garçons sauvages sont passés avant, je retrouve dans Ultra pulpe l’univers que j’avais découvert, cette démesure orgiaque, cette volonté de creuser l’artificialité de façon décomplexée, ce besoin de manipuler les matières, cette envie de Mandico de partager ses visions, démons, fantasmes et frustrations. Plusieurs histoires s’entremêlent, se relayent, toutes des cris de femmes ne souhaitant pas vieillir, cernées par les monstres, les parents, les maris, les hommes. Avec au centre ce récit de femme cinéaste, amoureuse transi de sa muse, mais créatrice paumée. Joy face à Apocalypse. Deux mots qui résument tellement bien le cinéma de Bertrand Mandico. Il semble nous dire qu’il n’y a pas de joie sans apocalypse, de lumière sans orages, de films en couleur sans couleur. C’est aussi un grand terrain de souvenirs, tant il regorge de ses expériences, entre hommage au cinéma bis, à la science-fiction, ainsi qu’aux virées familiales dans les stations balnéaires (Le film est tourné à Trégastel et si j’y suis allé en classe verte quand j’étais môme, je n’ai évidemment rien reconnu, tant Mandico s’accapare les lieux, fait des extérieurs un immense studio à lui, une île, comme c’était déjà le cas de l’ile de la Réunion, dans Les garçons sauvages) et son admiration absolue pour les actrices. L’inspiration, dit-il, serait à chercher principalement du côté de Métal Hurlant et Richard Corben, mais j’aurais tendance à dire qu’il est un beau trait d’union hors du temps, entre la poésie de Cocteau, le giallo d’Argento et les expérimentations de Bava, entre Le sang d’un poète (monde création), Suspiria (monde féminin) et La planète des vampires (monde gothique). L’univers est plus clôt sur lui-même qu’il ne fonctionnait en partage dans Les garçons sauvages, ainsi ce lourd maelstrom de pulsions et de références a bien du mal à émouvoir autant qu’il est difficile à déchiffrer, sans compter que ses nombreux personnages sont davantage des icônes que des véhicules à sentiments, donc ce qui nous terrassait dans la mue de Jean-Louis, Tanguy, Sloan, Romuald et Hubert nous tient plus à distance avec les actrices de ce film-ci. D’un point de vue graphique et musical (encore une belle partition de Pierre Desprats) ça reste une tuerie, en revanche.

12

Catégories

Archives

juillet 2018
L Ma Me J V S D
« juin   août »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Auteur:

silencio


shaolin13 |
Silyvor Movie |
PHILIPPE PINSON - ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Playboy Communiste
| STREAMINGRATOX
| lemysteredelamaisonblanche