Le 15h17 pour Paris – Clint Eastwood – 2018

Alek Skarlatos, Anthony Sadler, Spencer StoneUne vie moins ordinaire.

   4.0   Si on est clairement dans la veine mineure du cinéma Eastwoodien, ce film qui avait pour être maladroit, ridicule, casse-gueule avant l’heure, n’est finalement pas dénué d’intérêt. Au regard de l’obsession qui nourrit l’auteur depuis trois films, à savoir son goût pour les biopic un peu confidentiels, sur des « héros » ordinaires modernes, le premier constat c’est de voir que ce film a sa place dans la roue de Sully ou American sniper avec lesquels il pourrait former le troisième volet d’un triptyque. Son problème c’est qu’il s’avère presque anecdotique dans son élan fictionnel global : Tout juste Clint offrira un aperçu de son talent dans « la scène que tout le monde attend » impressionnante et hyper sèche, donc forcément brève. Le reste n’est vraiment pas inspiré voire carrément embarrassant : prêchi-prêcha sur la destinée, les flash-forward en pagaille, tout plein de scènes avec des mecs débiles assis à l’arrière d’un bateau ou à la table d’un bar. Et paradoxalement, Clint est allé plus loin, cette fois. Point d’acteur certifié pour jouer le(s) héros puisqu’il choisit de faire jouer les trois personnages par les trois vrais protagonistes de cette histoire d’attentat déjoué, survenue il y a seulement trois ans, pour rappel. La mise en abyme est telle que la fin, qui mélange images d’archives et images tournées, fera cohabiter les vrais mères avec les actrices ayant jouées les personnages des mères. Puis d’intégrer le discours et remise de médailles de François Hollande avec des raccords dos de Patrick Braoudé – Petit frisson de la honte, il faut bien l’avouer. Ce qui par-dessus tout intéresse Eastwood là-dedans, c’est de montrer qu’on peut devenir un héros tout en étant de sympathiques losers un brin décérébrés : L’un d’eux ne fait rien de ses journées, un autre s’ennuie grave en Afghanistan quand le troisième essuie les échecs dans sa progression militaire. On est loin du portrait héroïque standard, loin du visage parfait de l’américain qui va sauver le monde. L’autre problème découle de ce constat : On se fiche complètement de ces mecs, ils n’ont aucun intérêt. Et ce n’est pas en agrémentant leur background dans un long flashback bien lourd sur leur enfance commune, que le film sera plus intéressant. Dingue de voir Clint aussi peu inspiré dans la mise en scène et la construction de son film. Pour le reste, difficile de lui en vouloir : Il pouvait pas savoir que ces mecs étaient ultra teubés. Et mauvais acteurs.

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