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Archives pour 25 septembre, 2018

L’air de Paris – Marcel Carné – 1954

07. L'air de Paris - Marcel Carné - 1954Les boxeurs du paradis.

   7.0   Le voilà enfin, le film de Carné que j’aime ! Après cinq tentatives plus médiocres les unes que les autres, c’était à désespérer. Et c’est celui que j’attendais le moins, celui dont on n’entend jamais parler, qui me parle, justement. Avec L’air de Paris, Carné s’est entièrement débarrassé de Prévert et ça se sent : les dialogues sont moins affutés, plus nuancés, moins vieillots : On colle davantage au Paris populaire qu’il raconte. Gabin campe Victor, vieux boxeur raté, gérant d’une salle d’entrainement dans laquelle il espère voir éclore, un jour, un vrai champion. Sa femme, Blanche (incarnée par Arletty) est plus sceptique et moqueuse quant à la réussite du projet de son homme, mais elle l’accompagne au quotidien, s’occupe de l’accueil et de la comptabilité. Lorsque l’un de ses prometteurs poulains est terrassé par un accident, il fait la connaissance d’André, ami du garçon défunt et cheminot solitaire et désabusé, révélant un vieil amour pour la boxe. Si l’un n’a jamais eu de fils et l’autre ne semble jamais avoir eu de père, il y a dans le déploiement de récit qu’en fait Carné quelque chose de beaucoup plus subtil qu’une traditionnelle histoire de père et fils spirituel. Car d’un côté il y a Victor et ses rêves, ses illusions. De l’autre il y a André, pragmatique, cloitré dans la désillusion, la crainte de ne parvenir à rien, incapable de croire qu’il puisse être aidé (par ce boxeur déchu qui en voit en ce gamin son propre miroir et son rêve d’adolescence) et aimé – puisqu’il fera bientôt la rencontre de Corinne, une femme du monde, qui le dispersera dans ses désirs. C’est parfois pas loin d’être bouleversant cette affaire, d’autant que Carné ne brosse pas uniquement cette relation (façon Million dollar baby) mais s’intéresse aussi beaucoup aux deux histoires de couple pour en dresser un double portrait aussi tendre que mélancolique, autant qu’il crée quatre individualités (l’ouvrier, le manager, la femme du manager, la bourgeoise) aussi rêveuses, passionnées qu’elles sont tristes et paumées. Il aurait fallu à Carné la confiance en cet univers qu’avait eu Robert Wise, avec le sublime Nous avons gagné ce soir, cinq ans avant lui, car si l’on coupe toutes les scènes ratées se faisant descriptives du grand monde, L’air de Paris est un vrai beau film.

Irresponsable – Saison 2 – OCS – 2018

IRRESPONSABLE S2Histoire de Marie et Julien et les autres.

   8.0   C’est parfait. De bout en bout. C’est dans la continuité de la première saison mais différent, ça se réinvente sans cesse, c’est plein d’idées, de (nouveaux) personnages géniaux et puis c’est pertinent que ça parle aussi bien des amours d’une grand-mère que d’un ado face à la sexualité. Et puis c’est pas loin d’être bouleversant dès qu’il s’agit d’observer Marie et Julien. Quelle fin magnifique, d’ailleurs.

     L’écriture est plus belle, plus subtile, plus mesurée encore que lors de la saison de lancement, offrant aussi bien de magnifiques comiques de situation que des échanges complexes. Il y a un déploiement brillant et perpétuel en ce sens que chaque épisode devient un chapitre, que chaque saison s’accapare un espace, une dynamique. Si la maison brule à la fin c’est aussi pour faire table rase et rebondir dans un autre structure narrative et dimensionnelle.

    A noter que l’interprétation générale est magistrale, qui plus est avec les nouveaux qu’on adore très vite : Amel Charif, qui joue Sam, la nouvelle petite amie de Julien. Ainsi que Sam Karmann qu’on est ravi de revoir dans un vrai rôle de composition de psy peut-être plus torturé que ses patients. Sans parler de ces acteurs qui font une apparition le temps d’un épisode comme le banquier de Julien ou l’amie psy de Jean-Pierre.

     Sam, sans être l’opposé de Marie, offre à Julien cette liberté qu’il recherche constamment, tout en lui offrant d’accepter qu’il est toujours amoureux de Marie. C’est très beau. De fait, tout gravite autour de Julien. Julien le Tanguy de Chaville comme on a pu maintes fois le lire dans les critiques presse. Mais les personnages apparemment plus secondaires (Marie, Jacques, Sylvie) ont aussi droit à leur épisode.

     La grande réussite de cette saison c’est probablement d’avoir rendu aussi touchante et passionnante l’histoire entre Sylvie (la maman de Julien) et Jean-Pierre, son psy, la fameux, dont on entendait tellement parler en première saison. Ainsi que celle entre Emma et Jacques. Deux couples aux problèmes bien de leur génération, mais tellement travaillés, tellement riches qu’ils sont loin de servir de faire valoir à notre comédie de remariage (attendue) entre Marie et Julien.

     C’est simple, ça a l’envergure des meilleurs Apatow, à mes yeux. J’étais très déçu cette année de ne pas avoir pu voir la saison 3 de Love. Au moins j’aurais eu Irresponsable. Quelque part, ils ont un truc en commun. Je ne sais pas vraiment quoi, j’imagine que ça tient essentiellement à ce qu’ils produisent sur moi. C’est typiquement le genre, le format de série devant lequel je n’arrive pas à me freiner : Il faut que tout y passe d’une traite.


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