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Archives pour novembre 2018



Climax – Gaspar Noé – 2018

17. Climax - Gaspar Noé - 2018Sangria di luna.

   3.5   Très déçu par cette nouvelle salve Noé qu’on a survendue depuis son passage cannois à renfort de « huis clos ébouriffant », « danse cauchemardesque » ou « bombe expérimentale » bref un nombre incommensurable de notules dont la presse aime se gargariser, alors qu’on ne l’ovationne pas du tout pour ce qu’il est : Un catalogue du style Gaspar Noé, condensant tous ses précédents films et toutes ses influences, frontalement balancées en introduction à coup de bouquins ou VHS que saupoudrées gaiement d’un bout à l’autre du film.

     Des entretiens (des danseurs que nous allons côtoyer par la suite) introductifs sont offerts sur une vieille télé à tube cathodique, encerclée par Suspiria, Schizophénia, Un chien andalou, Salo ou La maman et la putain, sur la droite ; La métamorphose, L’inconscient, De profundis ou Suicide mode d’emploi, sur la gauche. Joli programme (que l’on sait si l’on connait un minimum Noé, il suffit de se plonger dans le commentaire audio d’Irréversible) dont Climax va s’essayer d’être la mixture avec l’aide d’une bonne sangria empoisonnée. Sans blague.

     Plans séquences aux longueurs impossibles, cartons bêtement illustratifs, avalanches de couleurs antagonistes (au premier plan enneigé et sanglant répond ce sol rouille et ces corridors verdâtres), plans circulaires et plans de plongée à gogo, un peu de caméra épaule tournoyante, une grossesse, un gamin, un inceste, des gays, de la baston, de la coke, de la sangria ainsi que de l’électro bien grasse, de Daft Punk à Aphex Twin, en passant par Dopplereffekt et Moroder, généralement bouffée par les basses.

     Bref, c’est un désagréable mélange entre la séquence de la soirée dans Irréversible, l’ouverture subjective d’Enter the void et sans doute pas mal de Love – aucune idée je l’ai pas encore regardé, j’avais juste envie d’être de mauvaise foi, tout en sachant que j’ai raison. Un best of. Qui va même refaire le coup du générique de fin au début. Et pousser le vice à balancer le générique de début en plein milieu. Pendant que Gaspar fait joujou, moi je suis consterné. Heureusement qu’il me reste ces chorégraphies incroyables.

La classe de neige – Claude Miller – 1998

06. La classe de neige - Claude Miller - 1998Childhood psycho.

   4.5   Le livre d’Emmanuel Carrère m’a plutôt marqué quand j’en ai fait la découverte il y a une dizaine d’années. Néanmoins, mon envie de me frotter à son adaptation s’est vite évaporée dès l’instant que j’ai su que Claude Miller était aux commandes et qu’on m’ait confirmé qu’elle était sans intérêt. Un peu comme pour le American psycho, de Bret Easton Ellis, pas certain de vouloir essayer, d’autant que ce sont des bouquins quasi inadaptables. En tombant sur La classe de neige, de Claude Miller, à la médiathèque, j’ai pensé que c’était le moment. D’autant que le bouquin est loin dans ma mémoire, dorénavant. Il y a de belles idées, parfois de doux moments, notamment lorsque le récit réunit Nicolas et Patrick, l’animateur (incarné par l’excellent Yves Verhoeven, j’aime beaucoup cet acteur) et bien entendu des choses très dures, tout dès l’instant que Nicolas se retrouve aux côtés de son père, complètement psychotique, qui n’hésite pas à lui transmettre toutes ses angoisses, en lui racontant des histoires d’enlèvement et de trafic d’organes. Quand le film s’ouvre sur une réunion parents-professeurs avant le départ en classe de neige et que les parents de Nicolas évoquent d’emblée leurs peurs avec l’accident de car de Beaune, on retrouve l’ambiance du roman. Dommage que Miller en rajoute dans la déconstruction. A trop vouloir casser la linéarité, insérer du flashback et des cauchemars, bouiller sans cesse la frontière entre le rêve et la réalité, le film est beaucoup trop lourd et donc moins impressionnant qu’indigeste. Bref, c’est un beau récit sur l’enfance face à la violence du monde des adultes, mais je pense qu’Emmanuel Carrère l’a mieux écrit que Claude Miller l’a filmé.

Phantasm – Don Coscarelli – 1979

02. Phantasm - Don Coscarelli - 1979Le garçon qui en savait trop.

   4.5   J’aurais adoré passer outre la dimension kitchissime du film accentuée par un imposant manque de moyens, vraiment, car je vois toutes les bonnes volontés, je vois que ce qui intéresse Don Oscarelli (qui n’est connu que pour cette série de films, apparemment : Il en a réalisé quatre, que valent les volets suivants ?) c’est de faire un film d’ambiance, pas si éloigné de Bava, De Palma ou Carpenter (Le thème musical, surutilisé, le convoque par ailleurs beaucoup trop) travaillant moins son récit (tout aussi déstructuré que le montage) que les possibilités formelles. En résulte un film très bizarre en effet, raté, cheap mais touchant – Et quand on sait que l’auteur s’est isolé en forêt pour l’écrire, on comprend d’autant plus son caractère onirique : avec notamment toutes ces déambulations du jeune personnage central, qui enquête sur cet étrange croque-mort qui porte seul des cercueils autant qu’il tente de suivre son grand frère qui le fuit sans cesse. Mais bon, on reste au stade de la curiosité malade, pour moi. Pas facile de découvrir ça aujourd’hui.

Mute – Duncan Jones – 2018

03. Mute - Duncan Jones - 2018Source molle.

   2.5   Vu il y a un mois et je ne m’en souviens déjà presque plus. Je garde seulement les présences de Paul Rudd & Justin Theroux, qui sont géniaux dedans. Pour le reste ça m’a fait l’effet de Southland tales. Encore que. Au moins dans le film de Richard Kelly y avait une vraie folie, qui pouvait être soit contagieuse soit indigeste. Là y a rien. Ou un sous Blade Runner du pauvre. Bref on a définitivement perdu Duncan Jones, qui nous aura tout de même offert Source code et Moon.

Larguées – Eloïse Lang – 2018

24. Larguées - Eloïse Lang - 2018Sea therapy. 

   6.0   Voir Larguées dans la foulée de MILF (Les deux films sont par ailleurs sorti sur nos écrans le printemps dernier) permet de constater l’impressionnant fossé qui se creuse irrémédiablement dans le paysage de la comédie française : Tous deux tentent d’y joindre gravité et légèreté, chez Axelle Lafont parce qu’il s’agit de passer des vacances entre copines tout en se séparant d’une maison de famille, chez Eloïse Lang parce que deux sœurs partent avec leur maman tout en espérant recoller les morceaux après qu’elle ait été lourdée par son mari / leur père.  Le tout évidemment dans une ambiance estivale, chez Axelle Lafont sur la côte d’Azur, chez Eloïse Lang sur l’île de la Réunion. Et pourtant, l’un fait presque descendant des Petits mouchoirs (encore qu’il y avait de beaux personnages secondaires dans le Canet, du moins il y avait une tentative d’en créer de beaux ; on va dire qu’ils se rejoignent dans leur hystérie, leur coolitude beauf) quand l’autre pourrait être une version « mère et filles » de Lost in translation. Déjà, un club med sur l’île de la Réunion : ça n’occasionne certes pas de problème de langue, mais le sentiment que ces lieux de vacances paradisiaques sont des endroits ingrats où de jeunes mariés pimpants – running gag magnifique du couple effectuant ad nauseam des séances photos en robe et costume – croisent des maris endeuillés, des femmes abandonnées, bref des solitudes inexorables. Le film est un peu raté dans ses trente dernières minutes, puisque se focalisant sur des éléments de scénario un peu dérisoires tandis qu’il a beaucoup mieux à offrir, mais globalement c’est un beau film, hyper drôle (pas ri comme ça depuis Problemos), assez touchant et habité par de beaux personnages, centraux comme secondaires. C’est donc une comédie douce-amère réjouissante. C’est marrant car Eloise Lang avait coréalisé Connasse avec Noémie Saglio. C’était à chier. Et chacun de leurs côtés elles font des trucs chouettes.

Le retour du héros – Laurent Tirard – 2018

14. Le retour du héros - Laurent Tirard - 2018Un duo à la hauteur.

   5.0   On n’ira pas jusqu’à dire que Laurent Tirard trouve l’énergie et la classe des comédies romantiques de Hawks et Wilder, mais il y a de l’idée, les influences sont claires, pas toujours retranscrites subtilement, mais c’est toujours plus intéressant de revoir le Tirard de Molière, et non celui, paresseux, qui s’était royalement gaufré dans les deux films consacrés au Petit Nicolas ou plus récemment dans le ringard Un homme à la hauteur. La révélation du film c’est le constat que Jean Dujardin et Mélanie Laurent forment un savoureux duo. Je l’ai dit.

De vrais mensonges – Pierre Salvadori – 2010

19. De vrais mensonges - Pierre Salvadori - 2010Au pied de la lettre.

   3.5   En attendant la sortie d’En liberté ! le dernier Salvadori, avec entre autre Adèle Haenel & Pio Marmaï (Je suis super méga confiant) j’ai voulu rattraper celui-là dont on ne m’avait à juste titre pas dit grand bien : En effet, c’est vraiment pas terrible. Le vaudeville ridicule et vieillot autour duquel se développe le récit (une affaire de lettre anonyme pas si anonyme) n’a déjà pas grand intérêt, mais l’avalanche de malentendus et quiproquos qu’il déclenche non plus. Surtout, les personnages secondaires (surtout les femmes du salon de coiffure) sont nuls, tous écrits à la truelle.

Fast & Furious 8 (The fate of the furious) – F. Gary Gray – 2017

11. Fast & Furious 8 - The fate of the furious - F. Gary Gray - 2017Invincibles.

   3.5   Après avoir réalisé le volet de la honte (Tokyo drift) puis le volet de l’ennui (le 4) Justin Lin avait relancé la saga au moyen d’un savant dosage entre l’action et la vanne. Equilibre dont est dépourvu ce huitième volet, à moins que ce soit moi, l’humeur, la fatigue, tout ça. Faut déjà dire que la bouille musicale – un mix dégueulasse de Zouk et d’RnB – qui l’accompagne est une catastrophe. Dieu sait que dans cette saga on entend davantage le jukebox fun radio que les crissements de pneus, mais là on touche le fond, vraiment. Avec The fate of the furious, on est en terrain Expendables. Le film mise tout là-dessus. Les trois précédents opus en jouaient les prémisses avec les arrivées simultanées de Dwayne Johnson puis Jason Statham. Le casting badass se poursuit avec l’embauche de Charlize Theron (rien d’étonnant puisqu’elle jouait déjà dans Braquage à l’italienne du même F. Gary Gray il y a quinze ans) en mode barbie refaite, bien dégueulasse, mais aussi Kurt Russell gominé à mort, Helen Miren qui fait penser à Adjani dans Le monde est à toi. Ajoutez une actrice et un acteur de Game of thrones : Nathalie Emmanuel (Missandei) et Kristofer Hivju (Tormund). Enfin bref c’est le carnaval. A Cuba, New York puis en Russie. Un épisode faisait voler des bagnoles. Ici elles finissent sur la glace à combattre un sous-marin carjacké, nous valant la magnifique réplique Scheiderienne détournée par The Rock « Il nous faudrait un plus gros véhicule ». On rit malheureusement pas souvent, mais celle-ci est plutôt arrivée au bon moment. Bref, c’est pas John Wick. Qui mine de rien aura enterré toute cette (bas de) gamme de blockbusters burnés. Un peu comme Logan a évincé d’un coup de griffe tous les films de super héros.

You’re the worst – Saison 4 – FXX – 2017

12. You're the worst - Saison 4 - FXX - 2017Suis-moi je te fuis, fuis-moi j’arrête de te suivre.

   4.5   Série qui tourne définitivement en rond. Je suis las d’attendre quelque chose qui ne vient pas, un vrai pas de côté, une redistribution des cartes, un peu d’émotion – S’il se passe un petit quelque chose c’est au détour des trente dernières secondes d’un épisode, généralement, à l’image de ce beau split screen vers le milieu de la saison. Lors des saisons précédentes, si le couple Gretchen/Jimmy agaçait on s’en remettait à Lindsay ou à Edgar et à ces personnages secondaires qui apportaient une touche encore plus décalée à l’ensemble, qu’ils s’agissent de Paul (l’ex de Lindsay), de Becca (la sœur de Lindsay), de Vernon (le mari de Becca), de Sam. Leurs apparitions ne suffisent plus durant cette saison qui ménage plein de surprises et prépare les retrouvailles – puisque Jimmy a laissé Gretchen alors qu’il effectuait sa demande de fiançailles. On les retrouve donc trois mois après ce moment : Lui s’est pris un congé en camping dans le désert californien, tandis qu’elle s’est réfugié sur le canapé de Lindsay. C’est bien le personnage de Gretchen qui nous permet de tenir la saison entière, sa relation avec Boone et la fille de Boone, ses mensonges à son groupe de musicien, jusque dans un épisode très beau, qui la voit tenter de renouer avec son passé, dans sa campagne d’enfance, avec notamment une amie (ravi de revoir Zosia Mamet aka Shoshanna, dans Girls) qui finira par lui avouer qu’elles ne l’ont jamais été. C’est du You’re the worst : Les personnages n’ont jamais été aussi pathétiques et conscients qu’ils sont coincés dans leur bulle solitaire. Ok. Cool. Mais encore eut-il fallu trouver un crescendo, un équilibre dans la progression, au lieu de cela chaque épisode arrive en écho au précédent, quand il n’en est pas la copie conforme. L’impasse. Il reste une cinquième saison à venir, annoncée comme étant la dernière, mais je ne suis pas certain d’être de l’aventure. J’ai eu ma dose, là.

Romance – Catherine Breillat – 1999

05. Romance - Catherine Breillat - 1999

Le livre du désir.

   4.0   Au-delà de ses lourdeurs, Romance, comme les autres films de Breillat, distille une atmosphère singulière et ne ressemble à rien de ce qu’on connait. Il y a déjà un désir de filmer le sexe et de le mettre à l’intérieur d’une chronique de personnage, de filmer une émancipation, de filmer un désir d’aimer, d’être aimé, un désir de baiser. Dommage qu’il faille en passer par cette voix off omniprésente et logorrhéique, dommage que Breillat veuille à ce point jouer sur une provocation d’adolescente pour garnir le tableau. Ce n’est d’ailleurs pas tant la présence de Rocco Siffedi qui dérange, au contraire, les séquences avec lui sont assez jolies, d’autre part il ne semble pas uniquement là pour montrer son gros gourdin. C’est plutôt tous ces moments inutiles qui gênent, notamment quand on découvre que la jeune femme est institutrice et qu’on la voit faire cours à sa classe, alors que jusqu’ici on n’avait aucun repère social, disons. Je ne comprends pas bien la motivation de montrer ça, d’autant que le film ne se revendique jamais du naturalisme, sauf là et parfois ailleurs, pour dire quoi ? Qu’une instit peut avoir une émancipation sexuelle ? Merci du tuyau, Catherine. Alors dès que le film vire à l’ambiance sado-maso avec l’arrivée dans le récit de François Berléand, je trouve ça définitivement du côté de la pose, de la petite provoc de bas étage, bref de la branlette, sans mauvais jeu de mot. Reste un film à l’ambition étonnante, en marge (la réconciliation du cinéma et du sexe, peut-être ?) mais noyé sous un flux théorique franchement embarrassant.

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silencio


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