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Archives pour novembre 2018



Spider-Man 3 – Sam Raimi – 2007

20. Spider-Man 3 - Sam Raimi - 2007En rouge ou noir.

   4.5   On retiendra de cet opus les impressionnants effets spéciaux, notamment durant la séquence dans la ruelle entre Parker & Harry, mais aussi toutes celles qui touchent à l’homme des sables, sa transformation dans le silo et le combat avec Spider-Man. En revanche, niveau scénario, c’est une catastrophe. L’histoire du tueur de son oncle, par exemple, ça tombe comme un cheveu sur la soupe mais surtout ça semble exister uniquement pour faire éclore un méchant qui ne sera pas seulement l’évadé qui veut revoir sa fille ; avant qu’on nous dise finalement qu’en fait non, il a pas fait exprès de le tuer, c’est quand même un peu à cause du blondinet qui prenait la fuite – Rappelle-toi vers le milieu du premier épisode. Tout en faisant pareil avec Spider-Man et Bouffon vert jr, en mode « Finalement j’ai pas vraiment tué ton père » histoire que l’autre vienne le sauver de la mouise en temps voulu. Bref, l’écriture est infâme comme il faut et ça c’est deux trucs parmi d’autres – Je ne parle même pas du journaliste qui marche sur les plates-bandes de Parker et qui deviendra Venom, un Spider-Man en costume noir. Habile. Histoire de faire trois méchants, mais qui soient par entièrement méchants, tu me suis. Et puis c’est tout bête mais dans cet opus, Parker est insupportable de coolitude ridicule, d’égocentrisme et de stupéfaction exagérée avec ses yeux exorbités à la Elijah Wood et ses grimaces à la Mark Hamill. Il m’a trop gonflé à se la péter façon Hayden Christensen qui fait joujou avec le côté obscur. Bon, c’est quand même moins nul que dans mes souvenirs. Le calvaire que ça avait été en salle, ça. Mais depuis j’ai mis de l’eau dans mon vin. Ou j’ai vu bien pire dans le genre (Avengers, Les gardiens de la galaxie, Man of steel, Watchmen, Deadpool…) ce qui est sans doute plus probable.

Spider-Man 2 – Sam Raimi – 2004

12. Spider-Man 2 - Sam Raimi - 2004Toile ou pas toile ?

   6.0   Dans le film de super-héros, de manière générale, qu’y a-t-il de plus beau qu’un personnage se découvrant ses supers pouvoirs ? Peut-être de voir ce même personnage tenter de préserver le secret de ses pouvoirs, donc de sa nouvelle identité, par amour, par humilité, par embarras et/ou pour ne pas tout gâcher. Tout cet épisode investit ce champ à priori éculé de la comédie romantique voire de remariage (Si l’on considère que le baiser inversé du premier volet fait office de mariage) et de l’amour impossible. Si le méchant perd en épaisseur psychologique ce qu’il gagne en monstruosité tentaculaire (le bouffon vert schizo et son costume de power ranger est évincé au profit d’un savant fou habillé d’un exosquelette échappé d’une fusion entre Alien et The thing) c’est bien tout ce qui tourne autour des doutes et hésitations (Suis-je ou non un héros ou un escroc ? Ces pouvoirs sont un don ou un poids ?) de Peter Parker, plus loser que jamais, qui nous intéresse. Qu’il se balance de building en building, qu’il combatte son nouvel ennemi, qu’il se confronte à la cruauté de la vie (Il faut rappeler qu’il a perdu son oncle) ainsi qu’à ses déboires sentimentaux (ça commence à gentiment gonfler Mary Jane, ce comportement) Parker est un personnage passionnant, un héros bien plus ambigu que la moyenne des supers héros. Bon et en terme d’action, de rebondissements, d’effets spéciaux, c’est un opus parfait dans son genre, suffit de voir ou revoir cette belle scène de métro aérien.

Spider-Man – Sam Raimi – 2002

07. Spider-Man - Sam Raimi - 2002The Big Apple’s web.

   5.5   Ce qui m’a frappé en découvrant – En fait je pensais le connaître mais c’est seulement le troisième volet que j’avais vu lors de sa sortie en 2007 – ce premier volet des aventures de Spider-Man par Sam Raimi c’est combien on se rend justement compte de la présence d’un Raimi derrière la caméra. Ce n’est certes pas un cinéaste indispensable mais on sent devant ce film qu’il a fait ses gammes dans le cinéma horrifique – La trilogie Evid dead, évidemment. Toute la dimension schizophrène qui touche à l’évolution du bouffon vert (campé par un Willem Dafoe à qui le rôle convient bien) mise sur des inserts et des visions cauchemardesques, assez flippants pour un enfant, j’entends. Même chose avec la transformation de Parker en araignée grâce à de beaux détails organiques : saillances des muscles, apparitions de griffes denticulées microscopiques sur sa peau, jet de toiles qui ressemblent par ailleurs à des giclées de sperme. En ce sens c’est un beau film sur l’adolescence, la naissance du désir et une belle ode aux losers, bouc-émissaire des caïds de campus, un peu comme Arnie dans Christine – Tous deux sortent de leur statut de loser soit grâce à une voiture maléfique soit grâce à des supers pouvoirs. Mais quand on voit Parker galérer avec ses toiles on pense surtout à Jim, dans American Pie, qui tâche deux fois de suite son pantalon quand la belle Nadia se trouve dans sa chambre – ça va jusqu’à une certaine ressemblance entre Jason Biggs et Tobey Maguire je trouve, enfin ce n’est que mon avis. Toute « appropriation » de l’auteur s’arrête malheureusement là. La plupart du temps, quand bien même le produit est un excellent divertissement, difficile de penser qu’il serait différent avec un autre yes man aux manettes. Mais voilà, les scènes d’affrontements entre Spider-Man et le Bouffon vert sont bien emballées, la scène du baiser est plus réussi que dans n’importe quel autre blockbuster. Et puis il y a Kirsten Dunst.

Quatre hommes et une prière (Four Men and a Prayer) – John Ford – 1938

09. Quatre hommes et une prière - Four Men and a Prayer - John Ford - 1938Les frères Leigh.

   5.0   Un tout petit Ford, à mon humble avis, surtout très déceptif alors qu’il est très prometteur dans son sujet (le trafic d’armes) et son introduction : La réunion dans la maison familiale de quatre frères, au parcours très différent, éparpillés à Oxford, Londres ou Washington, convoqués par leur père, colonel déchu de ses honneurs. Avant qu’il ne leur présente les preuves de son innocence, il est abattu et les preuves lui sont volées. Point de départ d’une enquête se déroulant aux quatre coins du monde, film à la fois d’espionnage et d’aventure qui va pourtant vite manquer de vivacité, d’intérêt, de passion, la faute à un trop-plein de dialogues et de situations prévisibles et à un esprit beaucoup trop anglais pour exalter Ford, l’irlandais, beaucoup trop sage ici – malgré une petite bagarre et une touche d’humour dans un bar. On retient malgré tout quelques belles scènes, comme celle, terrible, en pleine Révolution sud-américaine, de l’exécution des rebelles par l’armée, sur un gigantesque escalier, citant ouvertement Le Cuirassé Potemkine, de Sergei Eisenstein.

Un taxi pour Tobrouk – Denys de La Patellière – 1961

08. Un taxi pour Tobrouk - Denys de La Patellière - 1961Convoi de soldats.

   5.5   Autant l’écriture d’Audiard sonnait juste dans le très beau Rue des prairies, du même Denys de la Patellière, réalisé deux ans avant Un taxi pour Tobrouk, autant ici ça passe encore mais on est souvent à deux doigts que ça casse. De ce récit à quatre personnages on obtient surtout quatre bavards, chacun dans son style, certes, mais occasionnant un trop-plein dans le verbe. C’est pas mal, malgré tout, parce que les personnages ont de l’étoffe et les acteurs les incarnent avec une certaine retenue, au point qu’on ne voit pas Lino Ventura, Charles Aznavour et les autres, mais bien cinq protagonistes, quatre français, un allemand, paumés dans le désert de Lybie. Si la fin est plutôt émouvante, c’est qu’on s’est attaché à ce petit commando de rescapés, qu’on aura voulu les voir tous survivre, ensemble, après les avoir vu progressivement oublier leurs adversités. Il aurait fallu à De la Patellière une croyance totale dans sa réalisation digne de celle de Clouzot quand il écume les routes escarpés dans Le salaire de la peur ou Verneuil quand il s’aventure dans le désert marocain dans Cent mille dollars au soleil, afin de clairsemer davantage la partie dialoguée. Mais c’est pas mal.

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