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Archives pour 25 février, 2019

Cérémonie des Oscar 2019

Guillermo%20del%20Toro%20and%20Alfonso%20Cuaron%20at%202019%20Oscars_jpg_35891190_ver1_0_1280_720     Sans que ce soit si préoccupant, cette cérémonie avait d’avance le goût d’un déroulement plus amusant/flippant que d’habitude. Il y avait cette annonce comme quoi elle serait dépourvue de présentateur. Il y avait cette polémique (caduque depuis que certains ont poussé la gueulante) de remettre des prix techniques pendant les pubs pour aller plus vite. Et bien entendu la possibilité de sacrer une plateforme de streaming. Disons que ça allait un peu plus loin qu’un simple, touchant, humain petit problème d’échange d’enveloppes – cf mon résumé 2017.

     Plus terne que la cérémonie des César : celle des Oscar. Jolie prouesse. Certes l’absence de maître de cérémonie (Une première) n’a pas joué en sa faveur, mais c’est surtout dans sa « politesse » que cette 91e cérémonie s’est engluée, dans un ennui poli autant que dans son agréable célébration de la diversité. Une ode à la réconciliation que semble parfaitement représenter celui qui gagna la plus haute récompense, à savoir Green book, de Peter Farelly, coiffant les grands espoirs et les grandes peurs que suscitait une victoire de Roma, le film Netflix, mais aussi Bohemian Rhapsody et sa production chaotique ou le film de super-héros Black panther. Dans chacun de ces cas, la polémique aurait pu gonfler. Polémique qui échappe à Green book, film antiségrégationniste, film parfait (semble-t-il, car je ne l’ai pas encore vu) dans l’Amérique (anti) Trump.

     Mieux qu’une victoire de Green book, l’académie aura fait gagner, ailleurs, ces trois autres films qui sur le papier se tiraient la bourre. Black panther s’offre trois statuettes, pour ses décors, sa musique et ses costumes. Bohemian Rhapsody en remporte quatre, assez curieusement je dois dire, puisque si celui pour Rami Malek me semble le seul valable quid des trois autres ? Le son, le mixage sonore à la rigueur, mais le montage, le MONTAGE, sérieusement ? J’en revenais déjà pas que le film soit nommé dans cette catégorie, alors qu’il la remporte, franchement. Franchement c’est du niveau d’un film de Jean-Marie Poiré le montage de Bohemian Rhapsody. Enfin c’est pas grave, fallait bien qu’on se marre un peu. Heureusement, Alfonso Cuaron a reçu quelques lauriers. Alors oui on récompense un film Netflix (Qui aura aussi glané l’Oscar du court-métrage, d’ailleurs) mais je suis tout de même ravi pour le cinéaste mexicain, qui remporte donc le meilleur film étranger, la meilleure réalisation et la meilleure photographie. Les plus belles récompenses pour un réalisateur, en somme.  

     Pour le reste, cérémonie incroyablement terne je le disais, en terme « d’animations des remettants ». A ce petit jeu l’académie aura bien fait de démarrer fort en lançant d’entrée Maya Rudolph, Tina Fey et Amy Poehler (Toutes les trois pour animer la prochaine cérémonie, qui est pour ? MOI) puis Melissa McCarthy et Brian Tyree Henry, car ensuite plus grand-chose de vraiment original ni drôle. Il faudra attendre une jolie interprétation de Shallow, par Lady Gaga et Bradley Cooper, filmée comme dans le film, des coulisses, de la scène, dans un très beau plan-séquence. Comme Convenu Shallow sera sacrée un peu plus tard meilleure chanson. Moins convenu le meilleur film d’animation qui échoit au dernier Spiderman, coiffant l’hégémonie Disney/Pixar qui squatte les victoires depuis bien longtemps – Et pourtant j’aurais adoré que ce soit pour Les indestructibles 2, enfin pour Brad Bird, surtout. Sympa aussi la récompense pour Spike Lee (meilleure adapatation) lui qui n’avait jamais eu les honneurs d’être oscarisé pour que ce soit si ce n’est « d’honneur » il y a quelques années.

     Alors ok, ces derniers temps on a beaucoup craché sur Roma, moins sur le film que sur ce comment il a été distribué chez nous, puisqu’il nous imposait l’écran télé sans nous convier à ce pourquoi il est éminemment fait : La salle. Alors ça me fait chier que ça tombe sur Roma, et par extension sur Cuaron (Ceci dit, je lui en veux un peu, il l’a bien voulu) mais c’est évidemment la suite logique depuis le scandale de Cannes, le lion d’or, les BAFTA. Alors on échappe in-extremis à la récompense la plus convoitée (Et pourtant vu la concurrence je voyais pas trop comment ça pouvait lui échapper) mais symboliquement ce qui s’est passé dit beaucoup de choses. C’est gerbant. Et c’est à l’image de l’industrie en ce moment, puisque la Fox se fait présentement rachetée par Disney. Bientôt, on aura plus d’autre choix (dans un circuit de gros sous) que Disney ou Netflix, j’en ai bien peur, et le second est apparemment moins chiant que le premier puisqu’il laisse davantage de libertés aux auteurs. Et moi, concernant Roma, c’est pas de le voir couronné (ou non) d’Oscar qui me préoccupe, mais bien entendu le fait de ne pas avoir pu faire sa rencontre sur un grand écran.

Cérémonie des César 2019

maxpeopleworldtwo096621-4103759     Alors, alors, cette quarante-quatrième cérémonie… La quatorzième que je regardais en intégralité…

     Les cinq premières minutes étaient déjà très gênantes. Kad Merad arrivait en Freddie Mercury avec un texte un peu approximatif, un costume un peu ridicule. Ça sentait le gros bide. J’étais très gêné. Autant que Villalonga et Commandeur faisant La La Land, pour comparer.

     Ensuite l’élégante Audrey Fleurot a remis le premier César à Kenza Fortas, magnifique dans Shéhérazade. J’aurais adoré que ce soit pour Ophélie Bau, mais je ne me faisais pas d’illusion. Qu’importe, plus j’y pense (J’essaierai d’en écrire quelques mots bientôt) plus je trouve le film de Jean-Bernard Marlin absolument formidable et que ses jeunes acteurs y sont pour beaucoup.

     Puis Laurence Arné a fait une « blague » avec des robes bleues. Sans doute pour se mettre au niveau de celles du bien nommé maître de cérémonie. C’était réussi, je savais plus où me mettre. Puis il y a eu le sketch de Commandeur. Pas fin, mais dix fois mieux, osé que tout ce qu’on a eu jusqu’ici. Dommage que dans la foulée, il ne sacre pas le monstrueux son de Jusqu’à la garde.

     Ensuite Kad Merad a dit « Maintenant j’accueille quelqu’un dont je me dit toujours que je l’aime bien, qu’il  a une bonne gueule : Raphael Personnaz ! » Moi quand je vois Personnaz, je me dis pas « je l’aime bien, il a une bonne gueule » loin de là. Personnaz, le Casey Affleck du pauvre. Personne naze. Désolé.

     Au rayon de mes incompréhensions live : Pourquoi il est là, Gastambide ? Taxi 5 n’est même pas le plus gros succès au box-office cette année, alors quoi ? On verra plus tard qu’il remet un César. Ok. Je dis ça en toute mauvaise foi ceci dit, puisque je l’ai trouvé très bien cette année dans La surface de réparation.

     Et attention, premier franc sourire de la soirée grâce à Laurent Laffite, qui débarque « botoxé » avec un texte pas à la hauteur certes, mais purée ce que ça fait du bien de voir un truc un peu méchant, un peu subversif. D’autant qu’il vient pour remettre le César du meilleur premier film. Et c’est pour Shéhérazade, qui fait donc le plein : Trois nominations, trois César. Top ! Elle est pas si mal cette soirée.

     On retombe malheureusement vite dans les travers de la déception puisque vient l’heure de remettre le César de la meilleure adaptation. Qui était forcément pour La douleur. FORCEMENT. L’espace d’un instant j’ai eu l’espoir qu’on lui réservait davantage. J’apprendrais rapidement qu’on a complètement oublié la présence de ce très beau film. Pffff.

     Et pauvre Redford qui souffrait, pendant ce temps.

     Ravi de voir Michel Ocelot repartir avec une récompense pour sa réussite la plus éclatante à mes yeux. Un film aussi beau que virtuose, politique et pédagogique. Et surtout jamais passéiste.

     Arrive alors le moment de gênance de la soirée, le César du public. Celui qui fait mal. Qui te fait douter de ta foi en l’humanité. Un top 5 éloquent marqué par deux lueurs d’espoir : Astérix et surtout Le grand Bain. Le reste n’est que désolation, je préfère ne pas en parler / ne pas les citer.

     Je retiens ensuite un bel hommage de notre Thom Yorke fançais aka Eddy de Pretto à Charles Aznavour. Avant que la remise de la récompense du meilleur documentaire obscurcisse un peu le tableau, déjà fragile : C’était Braguino, là-dessus. Ou les Indes galantes. Cogitore, quoi. Pas ce truc ni fait ni à faire, là.

     C’est alors qu’arrive le meilleur moment de la soirée. Le César du meilleur second rôle masculin pour… Philippe Katerine. Elégant, simple, down tempo, super touchant. « C’est n’importe quoi » qu’il dit. Avant de nous faire rire avec « J’envoie aussi ce César, je sais pas pouquoi je dis j’envoie, c’est violent, mais enfin » avant de saluer Thierry, le personnage qu’il joue dans le film, car on a tous quelque chose en nous de Thierry. Superbe. J’en ai presque pleuré.

     Je remarque que j’oublie un peu beaucoup Kad Merad dans tout ça. Disons que depuis l’ouverture, ses gags ratés (station-essence, Poutine) se sont enchainés, ses vannes pas drôles aussi, alors je n’ai rien contre lui, mais franchement s’il était pas là c’était pareil. Je continue de penser que Commandeur et Payet avaient fait du meilleur boulot. Avaient tenté davantage de trucs, déjà et jusqu’au bout. L’animation cette année est restée en berne tout du long.

     Bonne nouvelle pour Guy ensuite, qui récolte ses premières (et seules) récompenses coup sur coup pour la musique (méritée) et pour son interprétation masculine, archi méritée, tant Lutz est génial, ce même si je rêvais secrètement que ce soit pour Duris et espérait aussi un peu que ce soit pour Ménochet. On peut pas tout avoir.

     J’ai longtemps espéré qu’Emmanuel Finkiel s’offrirait in-extrémis le César de la meilleure réalisation pour La douleur. Mais comme convenu ou presque c’est pour Audiard, qui semble presque gêné de recevoir un énième prix. La bonne nouvelle, puisque aux Césars un film ne peut pas avoir les deux, c’est que Jusqu’à la garde – qui avait aussi laissé échapper celui du meilleur premier film – s’impose logiquement là-dessus. Avant cela, il y aura Léa Drucker. La belle, élégante Léa Drucker. Avec un texte lui aussi très fort.

     Au final, Jusqu’à la garde est Le gagnant. Mais Shéhérazade le grand gagnant. Je suis donc très content, sur l’ensemble de ce palmarès. Les frustrations c’est surtout en amont qu’elles se situent, Kechiche forever.


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