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Archives pour 12 avril, 2019

Triple frontière (Triple frontier) – J.C. Chandor – 2019

21. Triple frontière - Triple frontier - J.C. Chandor - 2019Le trésor de la Tres Fronteras.

   6.0   Si on le prend comme un film de Chandor c’est un peu raté et c’est donc son moins bon film. En revanche si on le prend comme le film à la production hyper chaotique (Né de Bigelow, puis passé de mains en mains, d’acteurs en acteurs, refusé de partout puis récupéré par Netflix, tout ça en l’espace de dix ans) et bien c’est vraiment pas mal. Disons que chaque partie est bien fichue mais un peu décevante. Surtout si l’on pense à Sorcerer en parallèle dont il est difficile de se défaire.

     Les trente premières minutes soit toute la présentation des cinq personnages, ces anciens frères d’armes, est assez laborieuse. Pas de grande fulgurance, et même si la partie Oscar Isaac est impressionnante et rappelle l’ouverture de Sicario, on peine à s’intéresser à l’un d’entre eux. C’est pas Sorcerer, quoi. Qui parvenait lui à rendre les siens charismatiques en quelques coups de crayon, quelques séquences fortes, brèves ou étirées. Si le film se réveille quand il entre dans la jungle colombienne, il faut attendre la scène du cambriolage, impressionnante, pour enfin retrouver du Bigelow et surtout – car c’est pour ça qu’on est là : Ce gars ayant réussi trois films et crescendo qui plus est – du J.C.Chandor, l’auteur de Margin Call, de All is lost, de A most violent year. Cette villa est chouette. Et même si l’idée du cartel planquant son butin ainsi semble passée de mode, le fric dans chaque centimètre de cloison ça claque !

     Il ne faut d’ailleurs pas voir Triple frontière comme un film réaliste sur les cartels – quand bien même il use d’une mécanique ultra réaliste à l’image de l’assaut initial – c’est un peu comme La mule, Clint Eastwood et J.C.Chandor sont davantage intéressés par leurs personnages et le voyage qui le(s) fera exister. Mais à la différence de l’un qui trouve de la mélancolie par le prisme de la légèreté et d’un humour irrésistible, l’autre préfère débusquer cette mélancolie dans l’âpreté et le désenchantement. En résulte probablement un film trop sérieux, on voudrait parfois qu’il s’inspire de Prédator, on lui demande pas non plus d’être récréatif façon Ocean’s eleven, mais simplement qu’il lâche un peu de lest. C’est dans l’action qui va révéler sa force : La scène du cambriolage, bien entendu, est très réussie, mais aussi celle de l’hélicoptère ou celle de l’attaque dans la montagne rocheuse.

     Dommage que le film ait la fâcheuse tendance à « retomber » après de jolies percées. Je pense que les intentions sont meilleures que le résultat, néanmoins y a un truc qui me plait, sans doute dans l’aspect forêt / neige / roche du survival de la seconde partie. Puis c’est à nouveau décevant à la toute fin. Mais bon je fais la fine bouche, c’est pas mal, surtout c’est un peu tout l’inverse de ce que laisse présager les affiches qui inondent les couloirs du métro, il y a une mélancolie et un désenchantement (que le film ne tient pas entièrement) qui fait par instants super plaisir.

Les étendues imaginaires (A Land Imagined) – Yeo Siew Hua – 2019

19. Les étendues imaginaires - A Land Imagined - Yeo Siew Hua - 2019Sous le sable, les insomnies.

   5.0   L’action du film nous plonge en plein Singapour, le jour dans un chantier d’aménagement du littoral aux crochets de travailleurs migrants, la nuit dans un cybercafé où ces derniers se rendent pour passer le temps quand ils ne parviennent pas à trouver le sommeil dans leurs logements précaires. Il y avait déjà beaucoup à filmer de ce monde-là, avant de faire bifurquer trop vite le film vers le film noir, en déplaçant le regard vers un policier enquêtant sur la disparition de l’un de ces ouvriers. L’idée est double puisqu’il s’agit en miroir de cet ouvrier, de perdre l’enquêteur dans les méandres d’une ville-monstre, qui se construit sur le sable qu’elle importe, avec les mains d’étrangers qui ne l’habiteront jamais, mais aussi de perdre le spectateur entre le film social et le film noir, le jour et la nuit, le réel et le virtuel, le rêve et le cauchemar. C’est une ambiance particulière, Singapour et Yeo Siew Hua parvient à capter quelque chose, une étrangeté solitaire, un dédale dans ces mers de sable, même s’il est un peu trop souvent conscient de sa petite virtuosité : Les étendues imaginaires n’offre rien de plus que cette sensation de perdition, finalement assez confortable, puisque ça reste trop étriqué et creux, à trop vouloir naviguer sur une dissonance formatée. Ceci étant c’est un premier film (Enfin le second, puisque l’auteur a semble-t-il réalisé un film expérimental avant) intéressant et plutôt prometteur.


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