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Archives pour 22 avril, 2019

Cartel – Ridley Scott – 2013

01. Cartel - Ridley Scott - 2013Tout ce qui brille.

   4.0   C’est raté. La faute en particulier à un manque d’intérêt total pour ses personnages, mais aussi à de gros problèmes de rythme : Certes les scènes sont longues, ça change du tout-venant, mais elles ne débouchent sur rien, ne créent pas d’ambiguïté, n’offrent jamais la contrepartie de leur durée, de cette attente, ce flottement, cet étirement. N’est pas Tarantino qui veut. Avec Cormac McCarthy au scénario – son premier pour le cinéma, puisque jusqu’ici ce sont ses livres qu’on adaptait – on espérait moins de bavardages mais des saillies d’une grande noirceur et la place pour de beaux détails visuels et une inscription dans l’espace – ce qui déjà fonctionnait nettement moins dans La route, le film de John Hillcoat que dans La route, ce bijou de livre. Mais le film est assez pauvre là-dessus aussi. Il fait briller les bijoux et se contente de planter sa kyrielle de stars (Penelope Cruz, Jarvier Bardem, Cameron Diaz, Michael Fassbender, Brad Pitt) dans le plan, c’est tout. Et il compense son économie romanesque en tunnels de parlotte. Les Coen s’en sortaient autrement mieux avec le Cormac McCarthy de No country for old men. Quant au milieu des cartels, il n’existe uniquement qu’en entité abstraite où chacun se succède, libère la place pour le suivant, belle idée sur le papier, mais à l’écran ça n’offre que de la succession, jamais de l’incarnation. On sent que Scott admire Breaking bad – Jusqu’à aller chercher Dean Norris aka Hank, le temps d’une scène inutile – mais jamais ça n’a le dixième de la force de la série de Gould & Gilligan, mise en scène comprise. Et c’est dans l’action aussi brève soit-elle chaque fois que le film réveille un peu, puisqu’il ne lésine pas dans ses mises à mort : On décapite, on strangule, on jette aux ordures. C’est bref mais les images en question restent – à l’image du bolito, ce curieux fil de fer qui se resserre jusqu’à la mort un peu comme l’engrenage qui s’abat sur chacun des personnages condamnés du film. D’autant qu’il dérange aussi dans ses trouées plus sensuelles, avec une introduction sous la couette plutôt très jolie et un peu plus loin une scène de lap dance sur un pare-brise franchement osée jusqu’à l’embarras au point que ça m’a rappelé le très bon Killer Joe, de Friedkin. Pour qu’aussitôt, malheureusement, le film replonge dans ses travers verbeux et abscons. Alors oui le casting est beau, mais comme un beau bijou bien cher, on n’en voit pas trop l’intérêt.

Pique-nique à Hanging Rock (Picnic at Hanging Rock) – Peter Weir – 1977

15. Pique-nique à Hanging Rock - ‎Picnic at Hanging Rock - Peter Weir - 1977« A dream within a dream »

   7.5   La première demi-heure est un émerveillement, le film ne touche pas terre. Il est mystérieux, impalpable, jusque dans sa mise en scène, ses (dé)constructions, ses plans qui surprennent sans cesse, jusque dans chaque parole de ses personnages. Jusque dans ce rocher abstrait, divin, absorbant, démente apparition antédiluvienne. Jusque dans cette incroyable flûte de pan qui accompagne cette plongée fantastique et sensuelle, tend vers l’étrange et le rêve éveillé. Ensuite le récit se fige mais fascine pourtant toujours, se fait plus lancinant que lévitant on va dire, demande à observer l’impact de ces disparitions sur ce pensionnat affecté, sur ceux qui restent, sont simplement troublés ou complètement anéantis. C’est Walkabout qui croise The Leftovers. Et c’est très beau. Superbe découverte.


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