The hole – Joe Dante – 2012

03. The hole - Joe Dante - 2012The fears under the stairs.

   6.0   Dante c’est un peu comme Carpenter, il y a peu d’espoir de les retrouver aujourd’hui au dixième de leur meilleur niveau. Si je les compare c’est bien entendu par ce qu’ils sont de la même génération, que j’ai grandi avec leurs films, qu’ils ont offert leurs meilleurs au même moment (Entre 1978 et 1987, en gros) avec de beaux sursauts dans la décennie suivante avant d’entrer dans un triste désert artistique.

     Au moment où l’un pondait le très dispensable The ward, l’autre faisait The hole, ce petit film d’abord à mi-chemin entre l’épouvante, le récit d’aventure de petits banlieusards et le teen-movie – Il les rate un peu tous les trois, je crois – avant de basculer dans quelque chose à la fois de plus direct (Une trappe qui renferme un monstre qui s’incarne différemment suivant les peurs de chacun) et de plus abstrait, tant le film vire au cauchemar polymorphe et labyrinthique.

     Si Dante ne parvient guère à nous attacher à ce trio de personnages – Aussi parce que soyons honnêtes, leurs interprètes ne sont pas très bons – il canalise notre fascination sur leurs peurs : Une fillette, un père, un clown. Pas d’élément traumatique concernant le clown, puisque le jeune Lucas en est seulement terrifié, basiquement, comme on pourrait l’être par les araignées ou les fantômes, en revanche Dante s’amuse autant avec cette apparition qu’il le faisait par le passé avec ses Gremlins. La dimension cartoonesque effleure ci et là. Bref, on le retrouve un peu.

     Chez les deux autres, c’est une peur bien plus enfouie, bien plus écrite. La fillette (et ses déambulations syncopées) n’est autre que le fantôme de la meilleure amie de Julie, disparue dans des circonstances opaques (suicide ?) : La séquence miroir sur les montagnes russes est la première belle idée visuelle du film : Dante capte une ambiance à la fois de fête foraine nocturne mais aussi de climat post-apocalyptique, avec ici les vestiges d’une grande roue et là les planches en bois du grand huit qui semblent s’effriter sous les pieds.

     Quant à Dane, le plus âgé, il est hanté par les violences de son père. Tous trois affronteront leurs monstres, mais lui, sa plongée cauchemardesque se déroule dans une réplique de sa maison d’enfance. C’est la deuxième grande idée visuelle, aux relents expressionnistes du Lang du Secret derrière la porte dans des brumes quasi surréalistes : Sol, plafond, cloisons sont déformés et les meubles sont gigantesques, comme si Dane retrouvait son plus jeune âge, courrait se cacher sous la table de salon, derrière le canapé puis dans le dressing.

     Le film prend beaucoup trop de temps pour atteindre cela – L’image est beaucoup trop lisse avant le basculement volontiers fantastique – mais au moins il l’atteint. Ajoutez à cela des éclats référentiels qui rappelle qu’on est bien chez Dante, de façon plutôt rigolote quand un personnage lit La Divine comédie, merveilleuse quand le sifflement d’un père convoque La nuit du chasseur ou Le labyrinthe de Pan, voire de façon fourre-tout puisqu’on pense tour à tour à The ring, aux livres Chair de poule voire à Poltergeist. Et comme c’est une habitude, on a droit à un cameo de Dick Miller, ici en livreur de pizza. Ça reste tout à fait mineur dans la filmographie de Joe Dante mais carrément charmant.

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