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Archives pour 13 mai, 2019

No dormirás – Gustavo Hernandez – 2018

13. No dormirás - Gustavo Hernandez - 2018Uruguayan neurasthenic story.

   2.5   Déjà, le titre est présomptueux, pire il est mensonger : Non, ça ne m’empêchera pas de dormir. No dormirás ne parvient jamais à distiller quoi que ce soit d’angoissant, on sent pourtant qu’il le souhaite, le revendique par son utilisation outrancière du jump scare, mais ça ne fonctionne jamais. D’une part car tout est beaucoup trop académique, déjà vu ailleurs et en mieux. D’autre part car ses personnages et le récit n’ont pas de relief, et que malheureusement il mise beaucoup là-dessus, notamment dans un dernier tiers « post traumatique » où on nous demande, musique lénifiante à l’appui, de chialer avec les personnages. C’est gênant.

     Bianca entre dans une troupe de théâtre menée par Alma, metteuse en scène qui expérimente une nouvelle forme de jeu, privant ses acteurs de sommeil afin d’aller puiser au fond d’eux-mêmes, aux confins de la folie – On raconte que passé la cent-huitième heure d’insomnie, le sujet se retrouve coincé dans les limbes – en quête de cet état où ils ne savent plus faire la différence entre leur personnage et eux-mêmes, réalité et hallucination. C’est un Inception horrifique qui aurait pu être attachant s’il n’était pas aussi certains de sa petite mécanique d’effets usés.

     Sous ses airs de Projet Blair Witch en temps réel – Et en un unique plan-séquence – La casa muda, précédent film de l’auteur, était déjà plus digne d’intérêt, raté mais audacieux dans son désir de fondre l’horreur dans la prouesse. Déjà, pourtant, on n’avait peur de rien. On retrouve un imposant plan-séquence dans No dormirás, lorsque l’héroïne fait connaissance avec les autres membres de la troupe, la première fois où l’on voit vraiment la maison. Puis plus rien. Que des scènes sans imagination, sans écho, des plans sans envergure, une lumière beaucoup trop bleue  (C’était déjà le cas dans son précédent film) et un défilé de petites apparitions dans l’ombre tellement prévisibles qu’elles frôlent souvent le ridicule.

     Et il y a plus agaçant encore. Quelque chose qui rebondit sur son choix de titre : No dormirás a cette fâcheuse tendance à vouloir que tout se confonde, réel et cauchemar, il est donc impossible de ne pas imaginer que le film se prenne pour Alma et soit donc en quête de cette perfection, impossible de penser qu’il ne se gargarise pas de la prétendue audace de son délire. C’est un film qui a le melon et c’est évidemment ce qui s’avère être le plus embarrassant là-dedans, tant il est tout le contraire et repose constamment sur un petit académisme bon teint franchement désagréable. 


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