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Archives pour 20 juin, 2019

El bar – Álex de la Iglesia – 2017

18. El bar - Álex de la Iglesia - 2017Balada furiosa.

   4.0   Sorti chez nous uniquement sur Netflix, magnifiquement traduit « Pris au piège » (rires) le dernier film d’Alex de la Iglesia joue la carte du huis clos : En plein centre-ville de Madrid, quelques personnes – qui ont plus ou moins l’habitude de s’y croiser, sans vraiment se connaître – sont coincées dans un café après que l’un d’eux se soit fait abattre, en sortant, par un tireur embusqué. Puis c’est le tour d’un autre, qui voulut lui porter secours. Entre temps le quartier s’est entièrement vidé. Il ne reste que le corps de ces deux types, gisant sur le trottoir, le crane transpercé. Jusqu’à ce qu’ils se volatilisent mystérieusement. A l’intérieur le climat s’alourdit, surtout lorsqu’un type sort des toilettes façon zombie, les yeux exorbités et s’effondre dans sa graisse. C’est Un air de famille qui rencontre Phone game, avec la dimension carnavalesque d’un Street trash. En gros.

     Durant le premier quart d’heure, l’idée de tout arrêter et de regarder autre chose traverse forcément l’esprit. Qu’il s’agisse du plan séquence d’ouverture dans la rue ou du découpage au hachoir dès que nos personnages sont dans le café, l’atmosphère est la même : Une hystérie collective, des personnages et de la réalisation, tout est grossier, tape à l’œil, insupportable. On est bien chez Alex de la Iglesia – en terrain connu, en terrain douloureux pour moi. Tout irrite, aussi bien la couleur, les plans, que les personnages eux-mêmes, dessinés sur un seul trait et sans aucune nuance : Le hipster, le clochard, le serveur, la bimbo, le businessman, tous exactement comme on les imaginerait dans un catalogue de stéréotypes.

     Il faut attendre que le groupe se coupe en deux, que ceux qui ont l’arme et qui n’ont pas touché le mort décident de mettre les autres en quarantaine dans la cave du bar pour qu’il offre un semblant d’intérêt, en choisissant de laisser le haut hors-champ, et que le récit se découvre un peu, au moyen d’un incendie et d’une évacuation d’égout, puis détruise à nouveau le groupe survivant avec la problématique des quatre antidote pour cinq. L’idée du groupe dans le groupe, de la quarantaine à l’intérieur de la quarantaine, c’est formidable. Mais tout reste à faire. Dommage que ça vire au délire grandguignolesque et assourdissant. Il y a une vraie fascination pour les tunnels de merde – On y plonge volontiers au point qu’il n’y a bientôt plus d’attribut social – mais on aimerait que de la Iglesia crée moins d’hystérie que du vertige et écrive un peu mieux sa kyrielle de personnages.

     L’idée qui pouvait divertir et dépasser le cadre de la pure série B à tendance survival horrifique, c’est la thématique du mensonge des médias, à laquelle nos personnages assistent en direct puisqu’ils ont accès aux images de la télévision, qui restent évasives, jusqu’à évoquer un incendie pour masquer le vrai problème. Le cœur du film se jouait peut-être là, mais la charge est trop lourde, trop bâclée. On aurait adoré que ce soit Un après-midi de chien qui croiserait, je sais pas moi, Le jour des morts-vivants. Le film y plonge dans l’horreur, ce trou qui égratigne les corps lors de leur passage vers les canaux de merde c’est notre porte d’entrée en enfer. On aimerait qu’il y ait un peu d’émotion, aussi. Je me souviens avoir souffert dans Balada triste, plus qu’ici encore, mais le film distribuait quelques éclats émotionnels assez forts. Là ça n’arrive jamais.


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