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Archives pour juillet 2019

Profession : reporter (The passenger) – Michelangelo Antonioni – 1975

06. Profession reporter - The passenger - Michelangelo Antonioni - 1975La disparition.

   10.0   C’est un film sur la désillusion endémique. Qu’importe son identité, qu’il soit Locke ou Robertson, David, le personnage principal se retrouve coincé dans un monde qui à la fois se dérobe à lui et le rattrape, quel que soit les lieux qu’il traverse. La géographie elle-même est impalpable. Et la jeune femme dont il fait la rencontre symbolise cela à merveille. Il la croise d’abord à Londres lors de son discret retour où il découvre qu’on l’a déjà enterré. Puis il la retrouve à Barcelone dans le palais Güell, dessiné par Gaudi, qui forcément évoque, comme souvent dans le film, Vertigo d’Hitchcock, mais on pense aussi à La mort aux trousses, au Faux coupable, qu’importe, il y a la vertige de l’autre identité, l’enjeu de la culpabilité, la peur de la disparition. Cette fille sans nom est son ange de vie, mais aussi de mort. D’abord témoin passif, puis complice active, elle fuit, revient, repart puis réapparait à nouveau pour le voir mourir. Et c’est aussi cela Profession : reporter : la rencontre entre une femme sans nom et un homme qui porte celui d’un mort.

     Voici le résumé qu’en donnait Antonioni lui-même lors d’un entretien dans les années 80 : « C’est l’histoire d’un homme qui va en Afrique pour tourner un documentaire. Il se trouve devant l’opportunité de prendre la personnalité d’un autre et, pour des raisons qui lui ont provoqué une profonde frustration, il se jette dans cette aventure avec l’enthousiasme de celui qui croit aller à la rencontre d’une liberté inespérée. Mais… Le protagoniste sait que cet autre est un homme d’affaires, mais il ne sait pas de quel genre d’affaires il s’agit. Nous avons tous désiré, au moins une fois, changer d’identité. » Difficile de faire teaser plus séduisant et juste. S’il avait fallu séduire par une image, une seule, il fallait choisir la scène du téléphérique à Barcelone : David y déploie ses ailes, littéralement, prend son envol en tant qu’autre. Une scène qui fait écho à celle de la voiture, un peu plus tard, où, quand la jeune femme lui demande ce qu’il fuit, il lui répond de tourner le dos à la route, autrement dit de regarder derrière, de voir le paysage défiler en sens inverse, ou plus simplement d’accepter la surprise et de ne plus voir ce qui l’attend. La fuite du passé et de soi symbolisée dans un corps projeté en avant qui regarde en arrière. C’est un désir d’action d’abord exaltant, qui bientôt se révèle aussi dangereux que problématique : C’est l’histoire de l’aveugle qui recouvre la vue, mais ne la supporte pas, contée par Locke à l’inconnue providentielle, qui sera l’image la plus lucide par son désenchantement. Cette disparition agit comme contre-champ de celle de L’avventura, puisqu’il s’agit de nous convier à suivre celui qui disparait.

     David Locke, le passager (du titre américain), profite donc de la mort d’un presque inconnu, son voisin de chambre d’hôtel avec lequel il discuta jadis un soir – et dont il envia très probablement la vie, tout le contraire de la sienne – pour se saisir de son identité. L’instant où il se penche sur lui, pour vérifier si oui ou non il respire, instaure un effet miroir par leur troublante ressemblance physique et en ce sens fait office d’anticipation de sa propre mort, tout du moins Locke à cet instant précis ne bouge plus, comme tétanisé ou statufié, car il semble l’entrevoir – Il ira jusqu’à respecter le planning de cet hôte, parce qu’il y a l’excitation du contraire : Robertson est un homme d’action quand Locke rapporte des faits. C’est un rôle actif qui le séduit. Un désir de fiction, probablement. De contre-emploi. La mise en abyme est partout : « L’objectivité est l’un des thèmes du film » disait Antonioni. « Il y a deux documentaires dans le film, le documentaire de Locke sur l’Afrique et le mien sur lui ». Cela m’évoque L’empire de la perfection, de Julien Faraut, qui avait l’audace de faire une fiction sur un documentaire sur un joueur de tennis. Mais on peut aussi se dire que c’est d’Antonioni lui-même dont il s’agit, lui qui sort de tournage de son film documentaire, La chine.

     C’est en s’extirpant de l’Italie et en tournant dans des déserts qu’Antonioni, à mon sens, trouve ses meilleures inspirations, avec Blow Up (Désert moins évident, mais c’est un Londres déserté) et Zabriskie point, d’abord, puis Profession reporter, ensuite. Chaque fois c’est une réflexion sur le vide, créatif, consumériste ou identitaire, un pur état de schizophrénie latent qui gangrène tout. Ici c’est un exil improvisé, aussi peu maitrisé que l’étaient les voyages des deux étudiants dans la vallée de la mort ou l’enquête sur le crime dans le parc londonien, dans lequel un homme en devient un autre et se perd. La liberté promise par ce brutal changement d’identité devient sa prison. Mais dans leur choix d’exil, les personnages s’évaporent, dans le cinéma d’Antonioni. Thomas, dans Blow up est l’exemple le plus parlant. A moins qu’il ne s’agisse du couple de L’éclipse littéralement dissout dans le paysage et la suite de plans déserts à la toute fin. David Locke semble lui s’évaporer progressivement, au détour d’un plan, d’une page de son passé – la finesse du flashback ici, qui n’utilise aucune coupe franche ni rationnelle ce qui le place dans une continuité déconcertante – d’un rendez-vous manqué, d’une séquence dont il est l’élément central mais hors-champ, d’une rencontre balbutiante, jusqu’à s’évaporer au sein même du plan, dans un travelling qui le rejette.

     Si à mes yeux c’est le plus beau film d’Antonioni, c’est probablement parce qu’il est son plus romantique et le plus cruel. Locke se libère de ses chaines, son métier autant que son mariage, pour plonger dans un autre monde, un monde de libertés croit-il, qui va se refermer sur lui pour l’enchainer à nouveau, autrement, le dévorer jusqu’à le tuer. L’idée que Locke meurt hors-champ, sur un lit d’hôtel, le relie encore davantage à Robertson qu’on retrouvait mort, lui aussi sur le lit d’une chambre d’hôtel. Le dernier plan sera un plan de crépuscule. Ce plan invite à repenser la disposition spatiale de celui qui clôt L’avventura. Qu’il s’agisse d’un imposant mur de béton ou de la façade de l’hôtel de la Gloria, le côté droit du cadre contient la mort. A gauche, le mont Etna est remplacé par la rue. Bien qu’il soit trouble, obstrué par la brume ou par le choix de l’angle, le point de fuite est sans équivoque. Mais le choix du plan, ici, fixe après un panoramique déconcertant (le voiture que l’on croit suivre fait demi-tour et échappe donc au déplacement de l’objectif) offre un trouble aussi puissant et invisible que le traveling avant du plan précédent, retient le regard, nous invite à rester avec la mort, au chevet du personnage plutôt que de nous convier vers le soleil couchant. Il ne reste plus que la nuit après le départ de notre personnage qu’on aura toujours suivi de jour. C’est si simple, et pourtant. C’est un film qui continue de m’échapper énormément. Et ça me plait beaucoup. Ça ne me plait pas toujours cet état, parfois trop inconfortable, ce détachement troublant, mais chez Antonioni, et tout particulièrement dans ce film-ci, oui, complètement. J’aime cette troublante sensation de le redécouvrir à chaque fois.

La mafia fait la loi (Il giorno della civetta) – Damiano Damiani – 1969

vlcsnap-2019-07-24-12h05m43s236Du silence et des ombres.

   7.0   C’est dans le virage d’une route de campagne sicilienne, que le film s’ouvre. C’est quasi un décor et une situation de western. Un lieu fort, bercé par le champ des cigales. En bord de chaussée, une présence se cache entre les arbres et les champs de chicorée, un fusil de chasse à la main. Pas de cheval à l’horizon de cette route sinueuse, sinon un camion transportant des sacs de ciment. Deux coups de feu sont tirés, le véhicule s’arrête dans la montée puis recule, agonise en dansant, avant de s’emboutir dans le talus. On voit un homme en tomber, blessé, il réussit à courir jusqu’au pont faisant la liaison entre la route montante et celle descendante, puis appelle à l’aide avant d’être abattu de deux coups de feu supplémentaires. Aux alentours, rien ou presque : Y a-t-il des yeux dans la vieille ferme en pierres, érigée sur la colline rocailleuse qui surplombe ce virage de la mort ? Il y a dans cette ouverture tout, sur un mode silencieux, de ce que sera La mafia fait la loi : Une science du cadre, un superbe sens de l’espace, une violence tranchante, le tout accompagné d’une lumière et d’une empreinte musicale déjà moins brutale, plus hétéroclite.

     L’enquête de police se porte vite sur cette maison et donc vers l’interrogatoire de la femme qui l’habite, puisque son mari a disparu depuis cette nuit-là – Elle dira aux policiers qu’il est parti avant l’aube, de façon à ne pas porter sur lui les soupçons de meurtrier. La détermination et la lucidité du nouveau capitaine des carabiniers lui permettent de comprendre que l’homme assassiné, Colasberna, était gérant d’une entreprise de construction qui avait refusé de confier son chantier à une entreprise concurrente, protégée par la mafia, ce qui oriente ses recherches vers des zones mafieuses diriger par un ponte local, secondé par ses sbires, qui semblent régner sur la ville depuis la nuit du temps, comme en témoigne leur silence (par peur des représailles), mais aussi le respect et le dévouement – et l’indifférence face aux cadavres qu’il égrène, à l’image de celui laissé sur le bas-côté au début du film – que porte chacun des habitants pour Don Damiano, lors de chacune de ses apparitions. Un autre capitaine fermerait probablement les yeux sur ces affaires louches – Et c’était sans doute le cas avec le précédent – mais pas le capitaine Bellodi, incarné sobrement par un Franco Nero méconnaissable depuis qu’il est sorti du Django, de Sergio Corbucci.

     Il ne s’agit plus d’homme à abattre – ils sont pour ainsi dire déjà morts – mais de salir la réputation de la femme du témoin gênant. Puisque son mari est porté disparu, l’idée est de maquiller ce règlement de compte en crime passionnel, en lui mettant sur le dos le crime et la fuite, tout en faisant endosser à Colasberna, la victime, le rôle de l’amant exécuté. Claudia Cardinale au sommet de son art et de sa beauté, avant de jouer Angélica dans l’opéra génial de Sergio Léone, Il était une fois dans l’Ouest, incarne Rosa Nicolosi, femme dans un monde d’hommes, là aussi, ballotée entre les carabiniers et la mafia, son envie de s’en remettre à l’intégrité du capitaine qui semble le seul à pouvoir faire éclater la vérité sur la disparition de son mari, et sa soumission envers le parrain qui impose la loi du silence. L’autre gueule du film, puisqu’il en faut une belle pour affronter Franco Nero et manipuler Claudia Cardinale, ce sera Lee J. Cobb, qui incarne donc Don Damiano, et que l’on connait notamment pour avoir été l’un des jurés du premier chef d’œuvre de Sidney Lumet, Douze hommes en colère. Le casting est donc parfait. D’autant que Serge Reggiani s’y greffe en incarnant un petit indicateur sur la sellette. Et les seconds rôles, mafieux pour la plupart, ne sont pas en reste.

     Le titre du film italien n’a évidemment rien à voir avec celui choisi pour son exploitation française. Il giorno della civetta, autrement dit Le jour de la chouette convoque une atmosphère plus énigmatique, doublé d’une évocation avant l’heure aux gialli de la trilogie animale de Dario Argento. Ce titre italien est surtout celui du roman de Leonardo Sciascia dont il est l’adaptation. Il s’agit par ailleurs de la première incursion de Damiano Damiani dans le genre de la mafia Sicilienne, avant d’en reprendre notamment les codes plus tard dans Seule contre la mafia (1970) qui révéla Ornella Muti, mais encore avec Confession d’un commissaire de police au procureur de la République (1971), Perché si uccide un magistrato (1974) ainsi qu’avec la première saison de La priovra, mini-série des années 80. La réalisation de Damiani est hybride, très précise dans ce qu’elle documente du milieu mafieux, très douce dans sa façon de saisir la vie sur cette place du village, et du même coup relativement sobre dans ses mouvements de caméra. Mais parfois elle se déchaine, se nourri de fiction, d’extravagance, jusque dans les jeux des comédiens parfois exubérants, parfois recroquevillés, et use du gros plan sur des visages monstrueux pour saisir la dimension grotesque des sbires de Don Damiano ou bien s’enferme dans le commissariat pour assister aux nombreux interrogatoires – tout en petites manipulations et mensonges de protection – officiés par le capitaine.

     Il faut un peu de temps pour apprécier pleinement la grande idée qui parcourt le film visant à saisir l’affrontement passif, un face-à-face tout en jeux de dupes, entre le chef de la mafia locale et le nouveau capitaine : En effet, dans ce village de Sicile, les fenêtres du commissariat donnent sur la terrasse du parrain, sorte de petit balcon de la terreur. Et chacun s’observe à la jumelle. Il y a des fenêtres, des embrasures et des portes partout dans La mafia fait la loi. Et quand l’un rêve de détruire à la loyal cette organisation criminelle tentaculaire, l’autre le toise d’une étrange admiration. Et devant ce jeu de regards se dresse la place d’un village de la province de Palerme, sorte de petit théâtre antique qui vit sans jamais vraiment exister sinon dans le sillage de ces deux maîtres d’œuvre, qui préfèrent ce combat à la régulière aux petits coups-bas orchestrés par ceux qui gravitent autour d’eux. La séquence de l’attentat évité restera l’un des sommets du film d’autant qu’elle ouvre le credo entonné par le parrain, qui considère qu’il y a non pas des flics et des voyous, mais des hommes et des « cancaneurs », et que selon lui, le capitaine Bellodi fait partie de la première catégorie. Avec La mafia fait la loi, précurseur du « mafia movie », Damiani joue davantage le rôle de cinéaste militant en ce sens qu’il observe la mafia avec un œil de cinéma en tant qu’instrument social, dans la mesure où ce qui l’intéresse, outre cet affrontement, c’est le monde que cette mafia régie. Et si ses personnages sont écrasés par ce pouvoir, ils ne sont au contraire jamais rabaissés par la caméra du cinéaste, qui fait de Rosa l’incarnation de cette rébellion. C’est une femme de tête à l’image de sa grande maison, qui semble s’ériger seule contre le monde : Cette maison qui se cache mais qui voit tout.

     En laissant le meurtrier dans l’ombre, le film nous fait croire qu’il jouera au petit jeu des devinettes, du traditionnel whodunit, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’épier les hommes de main qui gravitent autour du parrain local. Dispositif qui se révèle rapidement être un leurre, une fausse piste pour qu’on ressente le poids du crime au travers de cette société repliée sur elle-même et toute entière gangrénée par le pouvoir de la Cosa nostra, la complexité de ce monde retranché derrière l’omerta. D’ailleurs, si le film s’ouvre sur une exécution sur une route isolée, il se ferme sur la découverte d’un cadavre sur le point d’être englouti sous la construction d’une route. Puis s’en va sur une note légère – La satisfaction des petits mafieux de voir que le nouveau capitaine semble bien moins gênant que le précédent se heurte aux regrets de Don Damiano de ne plus voir un homme de valeur se dresser contre lui – autant qu’elle est cruelle : On ne sait pas ce qu’il advient du Capitaine Bellodi, qui était l’ancien carrabinier de Parme et qui sera dorénavant, autre part, l’ancien carabinier de Palerme, « le petit prétentieux qui voulait savoir la vérité » et tenta en vain de renverser la mafia. Et on ne sait pas non plus ce qu’est devenu Socolosi. Les meurtriers et les cadavres emportent avec eux le secret des faits, et une simple lettre anonyme rapportera la frustration des uns et la satisfaction des autres. Le dernier regard de Claudia Cardinale est l’un des trucs les plus indomptables qui soit.

Chronique également disponible ici : http://homepopcorn.fr/test-blu-ray-la-mafia-fait-la-loi-realise-par-damiano-damiani/

Douleur et gloire (Dolor y gloria) – Pedro Almodóvar – 2019

10. Douleur et gloire - Dolor y gloria - Pedro Almodóvar - 2019Aux origines du désir.

   6.5   Si Julieta, son précédent film, m’avait attrapé très vite, il m’a fallu du temps pour entrer dans le dernier film de Pedro Almodovar et l’apprécier presque pleinement. Un temps considérable, puisque c’est le mitan qui m’a interpellé, puis cueilli. Tout s’est joué lorsque Alberto, l’acteur récite la lettre de Salvador, le cinéaste face au public. Ce qui se joue entre eux auparavant, la retrouvaille et la drogue, ne m’intéressait pas beaucoup. C’est une scène très bizarre, ce moment pivot, car à la fois je l’ai trouvée très laide, esthétiquement, mais ce qu’elle renferme et la passerelle qu’elle crée soudainement, m’a ému. Il me semble qu’à cet instant précis, le film ne m’a plus lâché. L’ennui poli éprouvé une heure durant – Je crois d’ailleurs m’être assoupi un moment donné, j’ai un jump cut pas très clair en tête – s’est transformé en émotion douce et continue. L’impression d’exhibitionnisme embarrassant et lourd en confession discrète et touchante. Sans doute parce que cette scène déclenche ce qui suit, la plus belle du film à mes yeux, une autre retrouvaille, celle entre Salvador et Federico. L’aspect romanesque me semblait d’abord artificiel, un peu prétexte à voir plus loin que la simple complainte d’un sexagénaire sur ses douleurs – la séquence animé, franchement pas terrible : ça manquait d’effusion pour moi, car si Pedro balance ses maux de façon si impudique j’aurais aimé que cette impudeur génère un flux émotionnel. Mais au basculement, ce romanesque devient le cœur du film. Les deux époques se répondent. Les glissements sont par ailleurs très fins, très réussis. Mais comme l’époque de Sabor (Donc la relation entre Salvador et Federico) demeure hors champ, c’est l’origine du désir qu’on va convoquer, c’est lui qui va se saisir de la place centrale, avec cette grotte/maison et ce garçon qui fait les travaux de maçonnerie chez Salvador, qui lui, en échange, lui offrait des cours d’écriture. A noter cette scène magnifique et fondamentale, quand Salvador petit est foudroyé par la beauté nue de l’éphèbe se lavant sous ses yeux. Almodovar reprend un peu de l’évanouissement qui saisissait le hadj, dans Un été à la goulette, de Férid Boughedir. C’est une scène-éclair quasi aussi forte que l’ellipse bouleversante sur laquelle se construisait Julieta. Ensuite, il y a le final en plusieurs couches, puissant. Il y a d’abord le dessin retrouvé. Puis le souvenir d’une retrouvaille avec la maman. Mais Pedro prépare l’une de ses plus belles dernières scènes, qui va donner un sens à toutes les images du passé qu’on vient de voir. Le souvenir entre dans le processus créatif. Le film semblait jusqu’ici un peu trop désespéré et recroquevillé si bien qu’on aurait pu l’intituler « Qu’en est-il de la déprime de Papy Pedro ? » mais au contraire, ce final marque moins d’appesantissement qu’un espoir de retrouver le désir de créer, moins d’enlisement dans les douleurs du passé que de réconciliation avec soi, afin d’ouvrir une nouvelle page. C’est très touchant.

Requiem – Alain Tanner – 1998

02. Requiem - Alain Tanner - 1998Paul en juillet.

   8.0   Paul, écrivain, débarque à Lisbonne et attend quelqu’un sur les quais du Tage. Il a rendez-vous à douze heures dit-il. Le marchand de journaux, auquel il achète La Bola, lui dira que peut-être il a mal compris, que son rendez-vous se tient à minuit et non à midi.

     Cette rencontre manquée marque le début d’une longue errance dans un Lisbonne fantomatique, « le dimanche le plus chaud de l’année » ou notre homme arpentera cette ville dans laquelle jadis il a vécu, et y fera tout un tas de rencontres : Un jeune drogué à qui il offrira un peu d’argent pour sa dose ; un taxi qui lui trouve un endroit où il pourra s’acheter une chemise propre ; Un vendeur de billets de loterie qui lui parle du Livre de l’intranquillité ; Une patronne de pension qui lui offre un toit pour se reposer ; Le gardien de l’Alentejo qui l’invite à faire une partie de billard et lui offre un vieux Porto s’il est capable de réussir un coup impossible.

     Un peu plus tôt il croise un vieil ami avec qui il discute de la recette du sarrabulho mais aussi de la femme qu’ils ont tous deux aimée et qui aurait mis fin à ce jour après s’être fait avorter. Car ce voyage guidé mène surtout Paul vers des fantômes. Revoir son meilleur ami, donc, mort d’un herpès. Tomber en 1931 et y croiser son père en marin, rattrapé plus tard par le cancer. Revoir aussi sa compagne qui s’est suicidé. Pour la revoir et se permettre de danser une dernière fois avec elle, il lui fallait faire un pari mental. Quoi de plus logique, dans cette journée suspendue entre le rêve et la réalité, que de miser sur une hallucination ? D’autant qu’à ce point de parcours, cette apparition, nous, spectateurs, la rêvons autant que lui.

     Mais croiser le passé invite aussi quelque chose de plus physique : On traverse des ruines, on arpente des vieilles ruelles, des palais anciens. Le passé, l’Histoire. A la toute fin, notre homme croise enfin celui qu’il venait voir. C’est le fantôme du poète Fernando Pessoa. Mais ça pourrait tout aussi bien être Antonio Tabucchi, passeur de l’œuvre de Pessoa et auteur de Requiem, dont le film de Tanner est l’adaptation libre.

     C’est un film sur la mort, mais c’est paradoxalement un film très doux. Un film de fantômes dans la lumière. Un film qui crie l’amour pour Lisbonne et Pessoa. C’est très beau.

The Matrix Reloaded – Lilly Wachowski & Lana Wachowski – 2003

13. The Matrix Reloaded - Lilly Wachowski & Lana Wachowski - 2003Calm like a bomb.

   7.5   Etrange de découvrir un film tel que Matrix Reloaded plus de quinze ans après sa sortie, pour le moins mouvementée. Un film dont on pourrait grossièrement dire qu’il est tant détesté par le fan inconditionnel du premier Matrix, mais tant aimé par l’admirateur des Wachowski. N’étant pas suffisamment passionné par l’un et souvent gêné par la folie des autres, j’ai sans doute pris ce deuxième volet de la saga exactement comme je devais le prendre car j’ai littéralement adoré. Il me faudra le revoir et j’en crève déjà d’envie, mais en gros, pour moi, Reloaded est à Matrix ce que L’empire contre-attaque est à Star Wars : A la sombre pluralité du film d’Irwin Kechner répond l’exubérance dantesque de Reloaded, qui joue cette fois moins avec les aphorismes qu’avec les fulgurances visuelles. C’est la scène de l’hélicoptère du premier multiplié par dix, Reloaded. J’ai souvent pensé à T2, qu’il cite par ailleurs ouvertement, Smith copiant le T1000, la séquence de l’autoroute celle des égouts fluviaux. Mais on pourrait aussi le rapprocher du deuxième volet de Mad Max, j’imagine. Il a sa place dans le beau panier des suites qui déboitent. Et puis j’ai constamment l’impression que le film fait tout le contraire de ce que faisait le précédent – et c’est sans doute ce qui a tant dérangé – puisqu’il ne flatte jamais, au contraire, il finit par détruire ce en quoi on croyait. Aussi bien du point de vue du fond que de la forme, le film est complètement fou, tout le temps, indiscernable. Qu’il s’agisse de faire une hallucinante scène d’action sur une autoroute ou de jouer d’une étrange rencontre / discussion avec Le mérovingien, campé délicieusement par Lambert Wilson, le film est toujours sur la brèche, foutraque, toujours à la limite de basculer, là où le premier volet était un voyage complexe mais précis. C’est simple j’ai retrouvé ce qui m’avait tant plu dans la première saison de Sense8 : Une sensation de vertige et d’équilibre mêlés. Et du coup j’ai fait ce que je n’arrête pas de dire que je vais faire depuis deux ans : Me lancer dans la saison 2 – Je l’ai dévorée en trois jours : c’est immense. Je suis mûr, je vais retenter Speed racer. Et après je reverrai Reloaded. Purée mais rien que le soundtrack de Don Davis, quelle tuerie. Je me passe en boucle la séquence sur Mona Lisa Overdrive, là.

The Matrix – Andy Wachowski & Larry Wachowski – 1999

02. Matrix - The Matrix - Andy Wachowski & Larry Wachowski - 1999Welcome to the obsolete world.

   6.0   C’est toujours aussi impressionnant, exclusif, avant-gardiste, démesuré, tout ce qu’on voudra. C’est probablement le plus stimulant bug cinématographique de l’histoire des blockbusters. Qu’importe, je me rends compte, une fois de plus, que je n’arrive pas à aimer cela. Enfin pas comme je le voudrais. J’ai pensé que ça me ferait aujourd’hui ce que m’avait fait la redécouverte de Blade Runner l’an dernier. En fait non. Je trouve qu’il y a un tas de promesses et de sidération dans la première heure puis que tout se disloque dans quelque chose de bien trop confus, nébuleux, paresseux, autosatisfait, où la mise en scène repose sur une tonne d’effets et de tics, sans doute exaltants il y a vingt ans, mais tellement surannés dorénavant. C’est trop froid pour laisser place à un semblant d’émotion. C’est un bel ovni, ça oui. Mais pour moi ça n’atteint jamais le dixième de la puissance émotionnelle d’un autre ovni, signé aussi des Wachowski, mais dans le monde des séries : Sense8.

     En fait le film est très décevant sitôt qu’on choisit la pilule. Il y a une vraie volonté d’abolir la frontière entre le personnage et le spectateur à cet instant-là. Sommes-nous prêts à voir le film autant que Néo est prêt à voir le monde réel ? Et c’est sans doute ce qu’il rate, car il y a une réelle curiosité à ce moment-là mais elle se délite très vite. En définitive, on se demande si on n’aurait pas mieux fait de choisir la pilule bleue, mieux fait de regarder un autre film. Mieux fait de suivre un autre lapin et de revoir Alice au pays des merveilles. Le voyage est moins tenu que les présages de son scénario, en somme.

     Ceci étant, j’aurais toujours de l’admiration et de l’attachement pour ce Matrix premier du nom car c’est le premier film qui m’a fait écumer tout un tas de forums, puisque je l’ai découvert tardivement et que j’avais raté les débats dans la cour du collège. Et dans mon souvenir c’était très prise de tête ce qu’on en disait, dans la cour du collège ou sur les forums. Mais c’est une complexité qui débouche sur du vide, blindé d’aphorismes pour se donner un genre, sur expliqué, sur souligné, sur démontré, alors que le film s’offre tellement mieux dans l’image. J’ai toujours l’impression qu’il est une sorte de film ultime pour ados. Mais pas l’ado sympa qui veut juste s’éclater devant Star Wars, ou Avengers, non plutôt le relou qui se croit plus malin que les autres. Enfin voilà, c’est une dystopie qui fait parler après coup, extrapoler, disserter. Vibrer pendant, beaucoup moins, déjà : Je m’y ennuie assez, en fait. Ou plutôt c’est un film que j’aime par intermittences. Beaucoup au début, puisque je m’identifie à Néo. Plus vraiment au centre car je ne suis plus qu’un spectateur lointain. Et par instants dans sa dernière demi heure : OUI à la séquence du sauvetage de Morpheus, BOF à celle de l’avènement de Néo.

     Pour autant, j’y repense souvent. J’espère qu’il traversera aussi bien le temps que les grands films de science-fiction car sur le papier il a l’étoffe des grands récits d’anticipation à la K. Dick. Je l’avais revu il y a sept ans, seulement sept ans finalement, et pourtant voilà un moment que j’éprouvais le besoin de le revoir. En revanche, jusqu’à maintenant je n’avais jamais ressenti le besoin de me coltiner les opus suivants – Fallait pas trop déconner non plus. Affaire à suivre, donc. Quoiqu’il en soit, si on enfile le costume adéquat, Matrix, premier volet impressionne encore.

Spider-Man, Far from home – Jon Watts – 2019

07. Spider-Man, Far from home - Jon Watts - 2019La toile des illusions.

   5.5   Homecoming avait offert un vent de fraicheur à cette saga, on y découvrait un parfait Peter Parker, sous les traits de Tom Holland, largement plus jeunes que les précédentes incarnations Tobey McGuire ou Andrew Garfield. On y découvrait un univers de lycée, c’était léger, plutôt cool, pas trop bourrin – deux séquences seulement lâchaient les chevaux, en bien (Le Washington Monument) ou en moins bien (le ferry). On ne retrouvera pas cette fraicheur ici, sans doute parce qu’Endgame est passé par là, mais pas seulement, tout est plus lourd, dans l’action, dans les blagues, mais aussi dans la (triple) partie romcom. Ce qui est plutôt touchant et réussi, c’est paradoxalement ce qui dessert le film en tant qu’opus Spiderman. C’est plutôt un nouvel Iron man, en fait. Un Iron man post scriptum, un Iron man sans Tony Stark. Il n’est plus là mais il est partout, dans le masque de tristesse arboré par Peter Parker, dans l’imposante présence d’Happy Hogan, dans le McGuffin que joue l’apparition des lunettes EDITH et forcément dans le méchant, qui vient pour s’en emparer. L’idée c’est aussi de trouver un héritier à Iron Man. Et cette partie-là est plutôt bien agencée, entre l’initiation de Peter et ses doutes, sa relation avec Mysterio. Ensuite, dès l’instant que les masques tombent, le film est plus évasif dans ce qu’il tente. Les divers affrontements – à Venise, Prague ou Londres – sont pas hyper bien chorégraphiés. Mais parmi ces déceptions il y a tout de même une scène ahurissante, un truc complètement dingue, vertigineux, osé – comme si d’un coup le MCU se fichait de plaire à tout le monde : Peter Parker est balloté dans les illusions du méchant, affronte d’autres Spiderman, voit Stark sortir de sa tombe, avant de percuter un train. Franchement, c’est sans doute aussi bordélique que les scènes multidimensionnelles dans Docteur Strange mais moi ça m’a surtout fait penser à la séquence du tunnel dans le Vice Versa, de Pixar, à l’intérieur duquel les personnages deviennent des aberrations cubistes. Vraiment, à cet instant-là, je me suis demandé ce qui traversait les méninges de mon fils, assis à côté de moi, mi éberlué mi interloqué. C’est pas grand-chose, ça dure pas longtemps d’ailleurs, mais dans un circuit aussi mainstream que le MCU, ça surprend. Bref, j’ai trouvé le film plutôt attachant dans l’ensemble, mais aussi un peu trop dans la facilité, comme en témoigne la relation entre Ned & Betty. Je regrette qu’on nous tease sur le multivers (Fury qui annonce à Parker que Mystério vient d’une autre Terre) pour ne rien en faire sinon offrir cette petite friandise finale qui cite la trilogie de Sam Raimi. Enfin j’imagine qu’on va y venir, qu’on a évoqué le multivers pour le développer plus tard, comme on avait évoqué la physique quantique dans Ant-man (qui clôturait la phase II) pour l’exploiter en phase III. On verra.

Jours de tonnerre (Days of thunder) – Tony Scott – 1990

12. Jours de tonnerre - Days of thunder - Tony Scott - 1990Lightning Tom Cruise.

   5.5   Au rayon des films de mon enfance, Jours de tonnerre tenait une place de choix. Sans doute ai-je eu une période voitures de courses, je vais pas cacher mon amour d’antan pour Destruction derby puis Gran Turismo. A moins que ce soit une période Nicole Kidman ? Je le connais tellement bien que je pouvais aisément devancer pas mal de répliques. Mais malgré cet attachement, c’est une revoyure en demi-teinte. Le film a plutôt mal vieilli, aussi bien dans le rythme que narrativement : Trop hystérique sur le grand ovale, trop mollasson dans ses parties dialoguées. On s’en remet à l’interprétation de ce casting quatre étoiles ainsi qu’au pouvoir visuel des courses, toujours très efficaces. Et quand bien même, en plus d’être un peu trop épileptiques, ces courses sont hyper mal narrées : à la fin on n’a toujours rien compris de comment se déroulent ces courses de stock-car, ce qu’on a ou pas le droit de faire et encore moins pigé l’univers NASCAR. Pour moi c’est le syndrome Tony Scott, très à l’aise visuellement – certains de ses films me restent parfois sur une image : L’avant du train dans Unstoppable, l’explosion du ferry dans Déjà vu – mais complétement bordélique sitôt qu’il faille raconter quelque chose. Ici l’histoire d’amour sort un peu de nulle part, l’amitié désespérée entre les deux rivaux accidentés manque de crédibilité. Reste cette histoire de rédemption à travers la mort d’un pilote mais elle est assez sous exploitée : On ne sait pas bien, in fine, si Robert Duvall joue au ronchon mélancolique à cause de ce drame encore palpable ou parce que la belle gueule du futur adepte de la scientologie ne lui revient pas. Plus sérieusement, cette idée scénaristique m’a beaucoup rappelé celle d’un autre film sorti seize années plus tard, aussi un film de voitures, à savoir le Cars, produit par Pixar. Le retour de Doc c’est un peu celui de Robert Duvall, ici. Et on peut aller plus loin : Cole Trickle c’est Flash McQueen. Sally c’est Nicole Kidman. Elwes et Rooker c’est Chick et The King, Daytona c’est la Piston cup. Il n’y a pas d’histoire de village mourant depuis l’apparition d’une autoroute, c’est peut-être ce qui manque à Days of thunder qui à force de suivre les circuits du championnat ne s’ancre véritablement nulle part. Les couchers de soleil, les sponsors verts sur fond noir et les filtres dégoulinants sont les même partout. Mais les acteurs font le job. Chose plus délicate à entrevoir chez Pixar. J’ai aussi pensé au Grand bleu – autre film de mon enfance – pour la rivalité suicidaire des deux gamins teubés, mais c’est déjà un peu plus tiré par les cheveux. Bref, j’ai quand même pris du plaisir à revoir ce film. A revoir certaines scènes que j’aimais beaucoup étant gamin, et les apprécier encore aujourd’hui, comme le défilé de courses ratés sous « Gimme some lovin », le contrôle de police – et sa scène miroir de la première rencontre Cruise/Kidman – et de manière générale toutes les scènes sur l’asphalte ou dans les carlingues, aussi brèves soient-elles.

Mirrors – Alexandre Aja – 2008

JU3D3362.CR2L’essaim de glaces.

   6.0   Avant d’aller voir Crawl (qui sort ce jour), le dernier Aja produit par Raimi, dans lequel on retrouvera Kaya Scodelario & Barry Pepper – Autant dire que je le sens super bien – j’ai voulu redonner sa chance à Mirrors, qui m’avait beaucoup déçu à l’époque (quand je vouais un semi-culte à Aja dont je venais de découvrir Haute tension & La colline a des yeux) ou du moins m’apparaissait comme un produit correct, bien fait, bien ficelé, mais qui hormis deux ou trois scènes (enfin une seule, en l’occurrence) ne laiss(er)a pas de souvenir. Un peu dans la lignée de 2e sous-sol de Franck Kalhfoun (mais scénario d’Aja) sorti la même année.

     J’ai bien fait, c’est nettement mieux que dans mon souvenir – à moins que ce soit parce que mes attentes d’Aja sont plus modérées dorénavant ? J’ai trouvé ça vraiment bien fichu : Aja se donne du mal à mettre en scène les miroirs, à en mettre partout sans que ce soit indigeste. Par ailleurs c’est le film qui peut réconcilier avec les jump scare. Il y en a partout mais ils sont vraiment puissants. Au rang desquels trône celui de la sœur dans la salle de bain, évidemment, en deux temps : Devant le miroir lorsque le reflet s’affranchit (glaçant) puis lors de l’atroce mise à mort dans le bain. Mais les autres, pour la plupart, notamment lors de la première ronde dans le Mayflower, filent tout autant la chair de poule. Difficile d’être serein pour aller se pieuter, après ça.

     Globalement j’aime beaucoup la générosité d’Aja, et principalement dans ses finishs, toujours soignés, celui de Mirrors ne dérogeant bien entendu pas à la règle. Pourtant il me semble que le film perd un peu de sa force dans son bouquet final, qu’il ne trouve pas son équilibre, qu’il nous fait regretter ses ruptures de rythme : Le film est meilleur, en effet, sitôt qu’il dissémine ses pics de tension et ses visions terrifiantes. C’est finalement la brièveté qui lui sied le mieux, mais une brièveté de l’inattendu : On pourrait associer la scène de la salle de bain, ici, à celle de la caravane dans La colline a des yeux. Difficile de les oublier.

Captain America, Le soldat de l’hiver (Captain America, The winter soldier) – Joe & Anthony Russo – 2014

34. Captain America, Le soldat de l'hiver - Captain America, The winter soldier - Joe & Anthony Russo - 2014Bucky, bras d’acier.

   6.5   Je ne m’attendais pas à ce gigantesque clin d’œil à GoldenEye. Les frères Russo doivent avoir un profond attachement pour ce dix-septième épisode de James Bond, c’est pas possible autrement – Et ça me va puisque c’est celui avec lequel j’ai grandi, autant dire que c’est un peu mon préféré (avec L’espion qui m’aimait) voilà pourquoi la référence me semble évidente. Déjà, il s’agit d’une retrouvaille entre de vieux amis, aussi anciens collègues de travail, qui vont devoir s’affronter, puisque l’un d’eux est passé du côté obscur on va dire. C’était Alec (Sean Bean, qui meurt, comme d’habitude) qui affrontait James (Pierce Brosnan, que j’ai toujours trouvé parfait pour ce rôle, mais passons, ce n’est pas le sujet) c’est ici Steve qui recroise Bucky. Tous deux – James & Steve – ont en commun qu’ils pensaient leur ami mort. Mais surtout, là où le film rejoue clairement une séquence, en écho au final du film de Martin Campbell : L’action se déroule sur les passerelles d’un bâtiment (La tour du Triskel abritant le SHIELD / L’antenne radio télescopique de la base de Janus) qui s’effondre. L’espace d’un instant j’ai pensé qu’ils iraient jusqu’au bout, que Bucky, sur le point de tomber, dirait « Pour l’Amérique, Steve ? » et que Rogers lui répondrait « Non, pour moi » mais ils ne sont pas allés jusque-là, heureusement. Ils ont fait mieux, la fin de la scène est très belle et scelle le retour du vrai Bucky. C’est un épisode qui par ailleurs, soigne bien ses scènes d’action. On sent qu’il a tout plein de modèles, de Heat à Mission impossible, de GoldenEye à The dark night. Qu’elles se déroulent à l’horizontal – la poursuite centrale est vraiment puissante – ou à la verticale – Revoir la scène magistrale de l’ascenseur en sortant d’Endgame, ça fait son petit effet il faut bien le reconnaître – on en sort chaque fois un peu lessivé et admiratif. Et on comprend, avec ce film, pourquoi les Russo ont réalisé tant d’épisodes ensuite : Il y a quelques chose de très grandiose mais aussi de très ramassé dans leur façon d’aborder le récit, la scène. On sent que tout est parfaitement à sa place, c’est vraiment impressionnant. Je suis certain qu’ils pourraient faire un excellent James Bond. Comment je retombe sur mes pattes, là, c’est beau.

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