Escape game (Escape room) – Adam Robitel – 2019

09. Escape game - Escape room - Adam Robitel - 2019Et par ici la sortie.

   3.0   Quasi aucun intérêt dans cet énième thriller horrifique dans l’air du temps, qui intègre le truc méga à la mode des Escape game, et va donc tranquillement cartonner tout en ne coutant rien. On retient tout de même quelques petites choses qui nous évitent l’ennui total. Comme les personnages traversent des « mondes » et doivent résoudre des énigmes pour accéder au suivant et ne pas mourir – Ici les décors explosent, s’effondrent ou asphyxient – il faut donc, pour l’auteur, travailler le(s) décor(s), à défaut de brosser des personnages qui ne soient pas plus abrutis les uns que les autres, comme dans la majorité de ces produits de ce genre, la saga Saw étant l’un des plus fidèles exemples.

     Mais les décors ne sont pas très intéressants, malheureusement. Froid, chaud, crade, renversé, hallucinogène. Ce n’est pas très inventif comme programme. Pourtant l’un d’eux va éveiller un peu plus notre attention. Il s’agit du décor renversé, qui d’emblée, moi, m’a renvoyé à L’aventure du Poséidon. La table de billard rappelle celles du grand salon. Les effondrements rappellent les explosions ponctuelles du film de Ronald Neame. Et surtout, la mort du personnage, en sacrifice, accroché à un fil de téléphone rouge n’est pas sans évoquer celle traumatisante du révérend Scott. Je me suis senti séduit dans mes faiblesses, là. Mais cette scène est par ailleurs l’occasion d’un supplément de vertige pas négligeable. En 4dx j’imagine qu’on doit pas trop faire le malin.

     Malheureusement, en misant sur un background traumatique global bien lourdingue et en oubliant la côte romanesque de ces pièces aux histoires à tiroirs, le film n’offre pas grand-chose. Hormis la première salle (et encore), celle du billard et celle de l’hallu (beaucoup trop vite torchée), rien à se mettre sous la dent. C’est dommage car la première méritait une attention aux objets, à leur fonctionnement, à nous faire jouer un vrai escape game, à faire du spectateur un personnage à part entière afin d’apprécier plus facilement la suite. La salle renversée méritait un bien meilleur quadrillage de l’espace – mais on ne va pas faire la fine bouche, c’est la séquence la plus intéressante du film. Reste celle de l’hallucination, la tentative  est belle, son exécution beaucoup moins. On devrait flipper, suffoquer, on est juste exténué par le régime d’images et le désagréable volume sonore.

     Inutile de de parler du côté « On joue à qui sera le prochain à mourir » oui on est là par moments. Et inutile aussi d’évoquer le twist de fin : C’est absolument navrant, catastrophique, d’une bêtise crasse, pur foutage de gueule. Le film s’échine à reprendre la trame de Saw – avec une image toutefois moins putassière – mais il rate complètement ce qui faisait la semi-force de Saw. C’est con. Au final, on pense aussi parfois à Destination finale – Et y aura probablement autant de suites et déclinaisons tant le film est rentable (neuf millions de budget, 155 millions de recettes), d’ailleurs il n’était pas sorti qu’on annonçait déjà un 2 – mais la foisonnance, le gore et l’humour en moins. Et puis disons que s’il est tentant de le faire avec Destination finale, on ne fera jamais une soirée « Escape game » pour se marrer entre potes. A la place on ira faire un Escape game.

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