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Archives pour 3 octobre, 2019

The hell – Yeon Sang-ho – 2006

26. The hell - Yeon Sang-ho - 2006Fuis, mortel, fuis.

   4.5   Moyen métrage en deux parties, avec une première, fonctionnelle, qui alimente le final de la seconde. Ici, un ange vient prévenir nos personnages, un homme d’abord, une femme ensuite, qu’ils sont sur le point de mourir. Lui est censé rejoindre le troisième échelon de l’enfer dans lequel il devra perpétuellement endurer une douleur dix fois supérieures à la douleur la plus forte endurée durant son vivant. Elle, de son côté, va rejoindre le paradis. Mais tous deux ont la possibilité de fuir cet ange de la mort avec le risque de gravir un échelon s’ils sont pris. C’est un film de petit malin, très cruel, qui m’a beaucoup rappelé Cours, Lola, cours. Cette cruauté est telle que ça en devient un peu trop complaisant, alors que le film n’est jamais si réussi que lorsqu’il prend le temps de s’intéresser à la mélancolie de cette femme qui sait qu’elle va mourir, et qui tente de soigner son départ en renouant de précieux liens et leur faire ses adieux, jusqu’à un twist final qu’on peut trouver impressionnant ou dégueulasse, suivant l’humeur. Quant à la voix off, quasi permanente, elle peut poser problème.

Love is protein – Yeon Sang-ho – 2008

25. Love is protein - Yeon Sang-ho - 2008Ça ne vaut pas un pet de poulet.

   3.0   Fable cynico-vegan dans laquelle un homme cochon livre exceptionnellement du poulet frit à des employés de bureau à la place de l’homme poulet qui ne peut supporter de livrer son propre enfant et le savoir se faire dévorer. Entre flash-back père fils et errance dans une Corée sans âme, le film est aussi sinistre (et prévisible puisqu’il avait déjà expérimenté le rot un peu plus tôt) que ce vulgaire pet sur lequel il s’achève, dans lequel le fantôme du poulet s’envole en pleurant. Les plans sur l’indifférence de la vieille femme, les yeux exorbités ainsi que le visage tuméfié de larmes du poulet sont autant d’illustrations d’un film qui pèse quinze tonnes, aussi court soit-il – Vingt-trois minutes. J’ai un peu l’impression que c’est le leitmotiv du cinéma de Yeong Sang-ho, qu’il soit long ou court, que ce soit du live ou de l’animation, du film indépendant ou du blockbuster : Faut que ça pèse. Quand il est guidé par le mouvement, l’action ou le film de genre (celui de zombie lui va très bien) oui, pourquoi pas, autrement c’est assez pénible.

The fake (Saibi) – Yeong Sang-ho – 2013

24. The fake - Saibi - Yeon Sang-ho - 2013Enfer et damnation.

   5.0   Troisième film que je voie de Yeong Sang-ho, après Dernier train pour Busan et Psychokinesis mais il les précède puisqu’appartenant à la veine animée de sa première partie de carrière. C’est un film choral brutal se déroulant dans une atmosphère crépusculaire, peut-être un peu trop : Un film de scénario, dans lequel tout s’imbrique mais rien ne respire, d’abord parce qu’il est beaucoup trop bavard, ensuite parce qu’il n’est que grandiloquence. Si les décors sont soignés, les personnages sont plus grossièrement dessinés : Un aspect rudimentaire en adéquation avec la misère sociale dépeinte.

     Le dessin est intéressant, plein de contraste et de couleurs dans ses profondeurs (façon Studios Ghibli) mais plus cradingue et lugubre sur son charadesign. Régulièrement, les visages se confondent en déformations, par la colère, les cris, les larmes. L’animation permet suffisamment de distanciation pour tenir le choc. On doute qu’une version live de ce récit soit possible (à regarder) tant son extrême violence et son nihilisme jusqu’au-boutiste feraient pâlir les Park Chan-Wook et autres Na Hong-Jin pour ne citer que les plus hard-boiled / badass de tous.  

     Un village rural de Corée est sur le point de disparaitre sous les eaux en vue de la construction d’un barrage. Apocalypse de future zone inondée, que ses habitants tentent de surmonter en s’en remettant à dieu, via leurs offrandes envers une chapelle, qui promet, avec cet argent, de les réinsérer correctement. Un dieu, ignorent-ils, qui prend les traits du diable sinon plusieurs : Une sorte de mafieux opportuniste et ses nombreux sbires, accompagné par un pasteur au passé trouble. Un personnage va toutefois remettre cette apparente bonté en cause, un ex-taulard, alcoolique, père et mari violent, que personne ne veut croire.

     C’est un film sur la religion, sur son pouvoir d’aveuglement et sur son artificialité, puisque le salut du film si toutefois on peut lui en trouver réside dans la peau de cet antihéros anar, sauvage, détestable, bon à rien sinon à tout détruire, une figure du mal avec une attitude si franche et claire qu’il devient le seul élément de ce décor sinistre auquel on se raccroche. Cette noirceur pourrait être compensée par la présence de ce prêtre en plein doute. Mais cet autre point d’ancrage finit par nous échapper puisqu’il finit lui aussi par sombrer dans la démence. Enfin bref, ça ne rigole pas.

     Il y a une rage à la Breathless, que j’avais d’ailleurs détesté. Avec Train to Busan, il me semble qu’on voyait un visage de Yeong Sang-ho plus léger, séduisant, moins donneur de leçons. Son regard se marie mieux avec la série B. Ce n’est pas si étonnant de le voir s’essayer au blockbuster, à l’instar de Bong Joon-ho. Quand l’un fait Busan l’autre fait le Transperceneige. Et The Fake pourrait se voir, la subtilité en moins, comme le Memories of murder de Yeong Sang-ho : Une sorte de cri punk désespéré. C’est plus no future, désagréable, à l’œil et à l’oreille, jusqu’au-boutiste chez lui que chez son homologue, et quelque part, si ça me touche moins, c’est assez impressionnant.


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