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Archives pour octobre 2019



The fake (Saibi) – Yeong Sang-ho – 2013

24. The fake - Saibi - Yeon Sang-ho - 2013Enfer et damnation.

   5.0   Troisième film que je voie de Yeong Sang-ho, après Dernier train pour Busan et Psychokinesis mais il les précède puisqu’appartenant à la veine animée de sa première partie de carrière. C’est un film choral brutal se déroulant dans une atmosphère crépusculaire, peut-être un peu trop : Un film de scénario, dans lequel tout s’imbrique mais rien ne respire, d’abord parce qu’il est beaucoup trop bavard, ensuite parce qu’il n’est que grandiloquence. Si les décors sont soignés, les personnages sont plus grossièrement dessinés : Un aspect rudimentaire en adéquation avec la misère sociale dépeinte.

     Le dessin est intéressant, plein de contraste et de couleurs dans ses profondeurs (façon Studios Ghibli) mais plus cradingue et lugubre sur son charadesign. Régulièrement, les visages se confondent en déformations, par la colère, les cris, les larmes. L’animation permet suffisamment de distanciation pour tenir le choc. On doute qu’une version live de ce récit soit possible (à regarder) tant son extrême violence et son nihilisme jusqu’au-boutiste feraient pâlir les Park Chan-Wook et autres Na Hong-Jin pour ne citer que les plus hard-boiled / badass de tous.  

     Un village rural de Corée est sur le point de disparaitre sous les eaux en vue de la construction d’un barrage. Apocalypse de future zone inondée, que ses habitants tentent de surmonter en s’en remettant à dieu, via leurs offrandes envers une chapelle, qui promet, avec cet argent, de les réinsérer correctement. Un dieu, ignorent-ils, qui prend les traits du diable sinon plusieurs : Une sorte de mafieux opportuniste et ses nombreux sbires, accompagné par un pasteur au passé trouble. Un personnage va toutefois remettre cette apparente bonté en cause, un ex-taulard, alcoolique, père et mari violent, que personne ne veut croire.

     C’est un film sur la religion, sur son pouvoir d’aveuglement et sur son artificialité, puisque le salut du film si toutefois on peut lui en trouver réside dans la peau de cet antihéros anar, sauvage, détestable, bon à rien sinon à tout détruire, une figure du mal avec une attitude si franche et claire qu’il devient le seul élément de ce décor sinistre auquel on se raccroche. Cette noirceur pourrait être compensée par la présence de ce prêtre en plein doute. Mais cet autre point d’ancrage finit par nous échapper puisqu’il finit lui aussi par sombrer dans la démence. Enfin bref, ça ne rigole pas.

     Il y a une rage à la Breathless, que j’avais d’ailleurs détesté. Avec Train to Busan, il me semble qu’on voyait un visage de Yeong Sang-ho plus léger, séduisant, moins donneur de leçons. Son regard se marie mieux avec la série B. Ce n’est pas si étonnant de le voir s’essayer au blockbuster, à l’instar de Bong Joon-ho. Quand l’un fait Busan l’autre fait le Transperceneige. Et The Fake pourrait se voir, la subtilité en moins, comme le Memories of murder de Yeong Sang-ho : Une sorte de cri punk désespéré. C’est plus no future, désagréable, à l’œil et à l’oreille, jusqu’au-boutiste chez lui que chez son homologue, et quelque part, si ça me touche moins, c’est assez impressionnant.

La grande évasion (The great escape) – John Sturges – 1963

07. La grande évasion - The great escape - John Sturges - 1963La petite illusion.

   6.0   Je n’avais jamais vu ce classique hollywoodien, mais l’avais sous le coude depuis un moment. Me fallait sans doute un poil plus de motivation que de savoir qu’à sa barre se tenait le John Sturges des Sept mercenaires, film que j’aime pourtant beaucoup ; que de voir le vivier de stars qu’il charrie et qui m’évoque des bons souvenirs lorsque j’ai vu ces films étant jeune (La tour infernale, en tête) et des beaucoup moins bons lorsque j’ai vu ces films sur le tard, à l’image d’Un pont trop loin. En somme, je le craignais un peu. Voilà pourquoi je retardais ce visionnage. C’est évidemment Once upon a time in Hollywood qui avança cette rencontre. Tarantino « brought me here » comme on dit. La grande évasion est un chouette film de prison. D’ailleurs, si le suspense y est parfaitement distillé et le dénouement assez inattendu, j’aime surtout la partie prison, sa façon de suivre un personnage puis un autre, ses running gag (notamment celui qui voit Steve McQueen retrouver systématiquement le trou) et le pic de l’évasion, la suite m’ennuie davantage, sans doute car il y a trop de décalage, trop de cruauté là où la prison jouait la carte de la camaraderie. Mais le film a ceci d’hybride qu’il s’inspire de l’évasion réelle du Stalag Luft III, à Sagan, un camp de prisonniers géré par l’armée allemande durant la seconde guerre, tout en proposant un divertissement très populaire. Voilà pourquoi il retombe clairement dans le fait divers quand il semblait plus libre au préalable : Les acteurs s’amusent mais il ne faut pas oublier de rendre hommage aux morts de cette folle fuite collective. Ah si j’ai un gros problème avec la musique aussi : C’est niveau La septième compagnie, franchement, ça démolit chaque séquence, ça me sortait du film en permanence. Vraiment dommage. Voilà, J’ai vu La grande évasion. Ni déception, ni découverte majeure. Je pense qu’il vaut mieux se le garder comme madeleine, si on peut.

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