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Archives pour 16 novembre, 2019

Terminator Genisys – Alan Taylor – 2015

12. Terminator Genisys - Alan Taylor - 2015Pops’obsolète.

   2.5   J’ai les yeux qui saignent. Trop c’est trop. Si Mostow jouait assez malicieusement avec la comédie tout en optant in extremis pour un surprenant jugement dernier, McG faisait le parti de situer l’action après l’apocalypse nucléaire. On pense ce qu’on veut de ces deux films, au moins ils choisissaient un angle d’approche original. Taylor sort l’artillerie lourde, lui, puisqu’il va à la fois piétiner leurs plates-bandes, en jouant la carte de l’humour et de la bourrinade, tout en optant pour le reboot mais un reboot qui veut montrer qu’il connait les opus de Cameron sur le bout des doigts. En y réfléchissant, cette franchise se gaufre chaque fois dans la table rase des suites des films de Cameron. A ce petit jeu, Alan Taylor gagne par KO. Terminator Genisys est un film épouvantable. Laid, abscons, insupportable. Enfin c’est un film amusant quinze minutes puis très vite ça devient une sorte de pot-pourri nauséabond où toutes les fleurs séchées sont les bienvenues pourvu qu’elles se superposent couches sur couches façon millefeuille. Epouvantable, vraiment.

     Outre de faire comme si les deux précédentes suites n’avaient pas existé, l’idée de Genisys est de multiplier les temporalités, de nous plonger dans une chronologie modifiée par une ligne temporelle alternative, occasionnant moult ressorts spatio-temporels. C’est une idée héritée de Retour vers le futur 2, j’imagine. Très bien, faisons comme ça. Le problème c’est que c’est déjà une idée problématique chez Zemeckis, selon moi. Mais comme c’est un cinéaste talentueux, que c’est la suite de son  propre film, ça ne casse pas entièrement : C’est grotesque mais ludique. Taylor n’étant pas Zemeckis, loin s’en faut, il ne reste plus que le grotesque. Sitôt détachées de la caution fan-service, les répliques sont nulles. Quant au charabia visant à régulièrement expliquer les soubresauts scénaristiques pour ne pas nous perdre, c’est très embarrassant. Il enchaine alors tout plein de clins d’œil à sa petite cinéphilie : Hellboy, Le monde perdu, L’épreuve de force et j’en passe. Et le fait avec de tels sabots. Ceci étant, que pouvait-on attendre de la part du réalisateur de Thor, Le monde des ténèbres, franchement ?

     Genisys commence par tout reproduire, afin de donner des petits coups d’épaule amicaux aux afficionados. Taylor semble nous chuchoter « T’as vu comment je connais bien Terminator. Lumière, répliques, plans, j’ai pensé à tout » mais ils les vident de leur sens, de leur pouvoir de fascination au point qu’il ne reste plus que de la gêne. Un peu à l’image de notre bon vieux Schwarzy, que Sarah surnomme « Pops », qui n’arrête pas de répéter qu’il est « old but not obsolete » on peine à prendre cette lourde plaisanterie au sérieux. Sur l’affiche on pouvait pourtant lire un petit mot élogieux de Cameron. Vous allez adorer Terminator Genisys disait-il. Le film étant ce qu’il est et Cameron étant qui il est, on attendait qu’il revienne sur sa déclaration et reconnaisse qu’il avait lâché cette ânerie pour ne pas froisser son pote Schwarzy. Et ce fut le cas. L’honneur est sauf. Car franchement, il n’y a aucune raison valable, autre que l’amitié, l’argent ou la folie, à écarteler les films maladroits de Mostow & McG et pas l’étron de Taylor. Aucune.

     Par ailleurs, on a beaucoup craché sur Nick Stahl & Christian Bale (Les Connor de T3 & T4) mais je pense que le vrai problème de casting se trouve ici. En particulier Kyle Reese : Jai Courtney (déjà nul en fils McClane dans le nullissime Die Hard 5 : Le mec salit vraiment tout) n’est pas Michael Biehn. Il n’est même pas l’endive qui voudrait ressembler à Michael Biehn. Quant à John Connor, l’idée Jason Clarke pour un type passant du côté obscur (Virage tardif dans le film mais la bande-annonce nous avait honteusement prévenu) est plutôt intéressante sur le papier (Ce mec a une vraie gueule bien burinée) le problème c’est qu’il dégage trop de côté obscur pour qu’on s’attache d’abord à lui en tant que leader charismatique de la résistance. Sa transformation ne surprend pas, en somme. Mais en méchant, il fait le job, là oui. Quant à Emilia Clarke, elle fait ce qu’elle peut pour se sentir concernée, mais elle n’est pas Linda Hamilton. Bref, oublions vite cette sortie de route, que dis-je, cette catastrophe industrielle.


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