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Archives pour 26 novembre, 2019

L’argent des autres – Christian de Chalonge – 1978

09. L'argent des autres - Christian de Chalonge - 1978Parfum de scandale.

   7.0   Quelques minutes durant, j’ai bien cru que j’allais détester ça : L’emphase des postures figées, la rigidité du cadre, cette musique dissonante, cette texture clinique monochrome. J’ai pensé qu’on me faisait une mauvaise blague (Dans la lignée du THX1138, de Lucas) avec cette histoire de Prix Louis Delluc et de Césars – Il récolta les plus prestigieux : Film et réalisation. Mais assez vite, la réalisation de Christian de Challonge s’aère, mélange habilement les formes, brise crânement la construction, change le rythme – Un moment donné, il insère même un film d’animation pédagogique. Après avoir observé son licenciement froid et brutal d’une grande banque, le film accompagne Trintignant chez lui. On y découvre Deneuve, qui bien que peu présente à l’écran, tiendra ici un rôle fondamental, de déclencheur et d’accompagnant à la résistance, en somme. Sur le papier, traiter d’un scandale financier avec Deneuve, Trintignant, Berto (clairement, c’est Arlette Laguiller), Serrault et Brasseur, j’y crois moyen et pourtant ils sont tous absolument crédibles.

     Évidemment, en s’appuyant sur le scandale de la Garantie foncière (1971) comme L’outsider s’appuyait sur celui de la Société Générale, L’argent des autres se parent des atouts de son utilité. Mais le fait que justement il parvienne à créer une autre histoire (qui ressemble à la vraie) avec l’ambition de mener une enquête à multiples personnages (comme autant d’entités hiérarchiques ornant une société bancaire) tout en jonglant avec l’intimité d’une victime bouc-émissaire qui ne se laisse pas faire, ainsi qu’avec une chronologie étonnante, lui fait prendre le risque de la singularité et celui du trip ouvertement kafkaïen. On trouve dans la forme autant une ressemblance avec la partie Bruno Cremer de l’ouverture de Sorcerer, qu’une plongée inextricable à la Monsieur Klein. Ça pourrait foirer mais ça tient (en partie parce que l’écriture est brillante, de bout en bout) d’autant que le film est meilleur à mesure qu’il se déploie, qu’il se dévoile.

La nurse (The guardian) – William Friedkin – 1990

17. La nurse - The guardian - William Friedkin - 1990L’arbre aux gros sabots.

   4.5   Autant on imagine sans mal la promotion du film jouer sur un éventuel rapprochement avec L’exorciste – Après tout, Friedkin y retrouve son inspiration surnaturelle et horrifique, le druidisme y supplantant l’exorcisme – autant il est plus difficile de croire que l’auteur de Sorcerer soit réellement passionné par ce nouveau projet dans lequel il se lance alors qu’il est au creux de la vague, tant tout dedans semble traité par-dessus la jambe, bâclé du point de vue de la dynamique du récit, télévisuel dans l’image.

     Néanmoins, La nurse garde un certain cachet de Série B plutôt savoureux dans la mesure où l’on retrouve des visions chères à Friedkin, des choses plus rugueuses que dans n’importe quel autre produit du genre, d’autant qu’il sait faire grimper la tension, faire éclater ses effets gores et utiliser les acteurs adéquats : Jenny Seagrove, qui incarne Camilla, la nounou bizarre, est à la fois très douce et flippante, charmante et diabolique. Avec ce gros 7 sur l’échelle de Barbara Steele, elle apporte pile ce qu’il faut à ce personnage.

     Ceci étant, par son histoire, le film souffre beaucoup de la comparaison avec La main sur le berceau, de Curtis Hanson, qui sortira deux ans plus tard et qui fera, contrairement au film de Friedkin, un petit carton, prouvant que le fantastique n’allait plus vraiment régner durant les années 90 : Il fallait désormais laisser la place à des réalisations plus classiques et à un réalisme domestique plus sulfureux, apporté entre autre par l’éminent Basic Instinct.

     Un élément fort restera, malgré tout : Cet arbre maléfique, qui aussi cheap soit-il dès l’instant qu’il est en mouvement, dégage une vraie singularité esthétique, avec ses visages d’enfants gravés dans son écorce. Par ailleurs, lors d’une scène en forêt, par sa colorimétrie étrange, le malaise qu’elle crée, le film fait revivre le spectre de La dernière maison sur la gauche. Ça n’ira jamais aussi loin, malheureusement et en l’état, La nurse évoque plutôt La ferme de la terreur, pour rester chez Wes Craven. Pas un nanar mais pas loin.


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