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Archives pour 27 novembre, 2019

La vie scolaire – Grand Corps Malade & Mehdi Idir – 2019

13. La vie scolaire - Grand Corps Malade & Mehdi Idir - 2019Entre les esprits rebelles.

   6.0   Si le décor est différent, on retrouve le même geste, la même respiration, la même patte que pour Patients, le précédent (et premier) film de Grand Corps Malade et Medhi Idir. C’est une suite de saynètes, remplies de punchlines forcées, qui marie la légèreté à la gravité, varie humour et sérieux avec une certaine aisance. Certains personnages, comme Badr sont esquissés sur un trait de personnalité, une manie, une mimique, une manière de s’exprimer mais ça fait partie du deal, de cette lecture qui tient autant du stand-up dans sa façon de vouloir faire rire le spectateur de façon très insistante que de la bande dessinée humoristique avec une situation une planche, qu’on peut aussi trouver dans un film comme Les sous doués ou Les beaux gosses. C’est infiniment mieux écrit que le premier, beaucoup moins audacieux que le second, certes, mais on ressent un amour dévoué pour chacun de ces personnages, ces acteurs, les petits comme les grands. C’est aussi le pari et le risque du film de vouloir s’intéresser aux deux mondes jusqu’à les confondre. Un moment donné, une séquence suit une fête entre les enseignants et une autre entre les élèves dans un montage alterné où l’on découvre qu’ils font finalement la même chose. C’est mignon. C’est une scène clipesque comme il y en aura beaucoup dans le film (et comme il y en avait beaucoup dans Patients) soit une sorte de plan(s) séquence(s) avec tout plein de fondus enchainés (dans un verre, des lunettes, une porte etc…) sans aucun autre intérêt sinon celui de servir un rythme de clip et donc s’accommoder au morceau présent à ce moment-là : Shelly Amn, de Red Rat. Malgré tout et comme ça pouvait déjà être le cas dans son film précédent, ces séquences servent moins d’emballage musical (assez imposant ceci étant : Shurik’n, Doc Gyneco, Stevie Wonder, Ben Mazué) ni à étaler un savoir-faire technique qu’à embellir chacun des acteurs, des personnages, ici en particulier Liam Pierron & Zita Hanrot, Yanis & Samia, élève & CPE, qui se reflètent et se complètent malgré tout, et qui partagent le secret, très cruel et beau, de se croiser au parloir d’une même prison. Après, dans sa dimension sociale je trouve le film un peu juste. On sent que les mecs ont adorés leurs années collège, qu’ils veulent en faire un film avec leur point de vue de l’époque, leurs petites anecdotes en rafale, tout en le remettant aux données du jour, mais si La vie scolaire essaie de montrer, seulement par l’intermédiaire du professeur d’histoire incarné par Antoine Reinartz, un abandon mu en colère contre les élèves, il ne sonne pas très réaliste dans sa démarche réconciliatrice anachronique. Il n’y a rien, dans La vie scolaire, qui montre une préoccupation sociétale, une perplexité face au système, à contrario du film de Michel Leclerc, La lutte des classes. Du moins, il me semble. Ça reste un film très plaisant à regarder, quoiqu’il en soit.

JF partagerait appartement (Single White Female) – Barbet Schroeder – 1992

15. JF partagerait appartement - Single White Female - Barbet Schroeder - 1992Le poids de la gémellité évaporée. 

   6.0   Il faisait partie de cette vague de thrillers hollywoodiens vaguement érotiques sortis durant les années 90 que j’affectionnais tant quand j’étais adolescent, au même titre que d’autres se passionnaient pour La trilogie du samedi, j’imagine. Il était surtout l’un de ceux que je préférais, avec La main sur le berceau ou Color of night. Autant je sais que le premier, signé Curtis Hanson, est resté absolument génial, autant le second, j’ai bien des doutes. En tout cas, j’étais curieux de revoir JF et moins pour le plaisir de la retrouvaille que pour voir un film de Barbet Schroeder – donnée qui à l’époque m’échappait. De Schroeder et de cette même période il faudra que je revoie L’enjeu (avec Michael Keaton et premier DVD qu’on avait eu à la maison, si mes souvenirs sont bons) et Le poids du déshonneur (avec Meryl Streep, Liam Neeson & Edward Furlong), deux films que j’aimais bien aussi. Si cette période n’est sans doute pas la plus intéressante de sa carrière, il me semble qu’il fut un bon artisan du genre en ce temps-là.

     Dans ce genre, justement, le film fonctionne toujours bien, distillant trauma et tension crescendo avec une certaine dextérité, captant l’atmosphère imposante et lugubre de cet appartement post-haussmannien d’un ancien hôtel de l’Upper West Side avec un sens de l’espace percutant. Mais la réussite tient en grande partie grâce à son duo d’actrices au physique volontairement ressemblant : Bridget Fonda & Jennifer Jason Leigh sont si extra que le casting masculin qui gravite autour d’elles semble complètement amorphe. La mise en place est plutôt efficace à défaut d’être réellement brillante : Après une rupture douloureuse, Allie, conceptrice de mode, engage Hedy comme colocataire mais si cette dernière est d’abord agréable et attentive, elle va peu à peu devenir jalouse et envahissante, au point de s’approprier son identité, intercepter son courrier, s’acheter les mêmes vêtements puis copier sa coiffure, rousse et carrée. Ce n’est que le début d’un cauchemar vampirique qui aboutira dans une folie destructrice et meurtrière.

     Ce qui pose problème c’est probablement le nombre de rebondissements, d’artifices scénaristiques, de virages grossiers. Le film ne lésine pas à ouvrir des tiroirs, tient d’abord bien l’équilibre puis le perd dans sa dernière demi-heure où il gagne en efficacité cruelle ce qu’il perd en crédibilité sulfureuse. C’est dommage, cette tension domestique aurait méritée plus de rigueur, de force de frappe : On sent qu’il a Vertigo en modèle mais il ne prend jamais le temps de creuser un sillon aussi vénéneux qu’Hitchcock : La scène où Allie suit Hedy dans la nuit, jusque dans ce club où elle découvre que sa coloc se fait passer pour elle, est aussi géniale et malaisante sur le papier que foirée et expédiée à l’écran. Malgré tout et si l’on passe outre les grossières invraisemblances (l’utilisation aléatoire du son propagé par les conduits d’aération, notamment) avec JF partagerait appartement, Schroeder montre qu’il maitrise son petit suspense, trouve quelques éclats notamment dans l’utilisation de cet immeuble monstrueux, ses entrailles, naviguant avec aisance dans les couloirs, son ascenseur, sa cave. Bref, ça se regarde encore très bien.


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