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Archives pour 30 janvier, 2020

Jeux interdits – René Clément – 1952

13. Jeux interdits - René Clément - 1952Les enfants et la guerre.

   8.5   Encore un grand classique public & critique que je n’avais jamais vu. Je m’attendais, dans les grandes lignes, à ce que le film soit une chronique paysanne en temps de guerre et à hauteur d’enfants, avec la bouille d’ange de Brigitte Fossey & la guitare de Narciso Yepes. En revanche j’ai été surpris par son extrême cruauté : Le fait qu’il fasse le trajet d’une petite fille de cinq ans qui voit mourir ses parents et son chien sous une pluie de mitraillettes sur un pont lors du convoi pendant l’exode de 1940 (les cinq premières du film)  jusqu’à ce qu’elle soit retirée à sa famille adoptive et placée dans un orphelinat (Les cinq dernières). Points A & B d’une tristesse sans nom.

     Entre ces deux bornes terribles, on suit son quotidien dans une famille paysanne où elle a échoué lors de son errance. Elle y rencontrera Michel, un petit garçon de son âge ou presque : Il fera un parfait grand frère, l’aidant comme il peut à traverser ses angoisses et tourments. Mais ici aussi la mort est omniprésente. Dans ses cauchemars, dans ses souvenirs. Les animaux qu’elles souhaitent enterrer, comme elle va apprendre à faire une sépulture à son chien, à lui dresser une croix. Mais aussi au chevet de cet homme (le grand frère de Michel) qui se meurt à petit feu, après avoir reçu un vilain coup de sabot.

     Evidemment le film abuse de sa ritournelle et des voix fluettes et yeux embués des gamins. Qu’importe ça m’a terrassé : J’ai l’impression qu’ils sont un peu mes enfants, Paulette & Michel. Impossible de ne pas chialer ma race quand Paulette croit reconnaître sa maman puis Michel dans la foule à la fin. A te déchirer le cœur. Bref, j’ai adoré. Le monde paysan décrit avec beaucoup de dureté, les rôles tous finement nuancés, les dialogues bien écrits mais aussi car la direction d’acteurs est parfaite, les enfants en priorité. Un beau film sur le monde de l’enfance confronté aux affres de la guerre et de la mort.

La chaîne (The defiant ones) – Stanley Kramer – 1959

10. La chaîne - The defiant ones - Stanley Kramer - 1959Chat noir, chat blanc.

   8.0   Deux prisonniers s’évadent du fourgon cellulaire accidenté, qui était chargé de les emmener dans leur nouveau lieu de détention : un noir et un blanc, retenus par une chaîne. Les deux hommes se détestent mais vont devoir surmonter leurs différences et s’entraider s’ils veulent échapper au shérif du comté qui tente de les rattraper.

     On pense d’abord que le film va exploiter son malicieux pitch jusqu’à l’os. Au contraire, il va l’évacuer, le laisser en filigrane afin de développer davantage, notamment la chasse à l’homme avec le groupe de police et de chiens à leur recherche – façon Rambo, il y a là aussi des flics pourris et d’autres nettement plus mesurés : Superbe portrait d’un shérif droit, qui parvient difficilement à contenir la bêtise de ses troupes.

     Mais c’est lors de ses deux imposantes escales que le film s’avère le plus inspiré. D’abord dans ce village qui s’apprête à les pendre, où ils seront sauvés par un homme, un seul, capable de comprendre leur détresse et de leur donner un coup de main dans leur évasion. Puis dans cette maison isolée où ils rencontreront une mère abandonnée, accueillante avant qu’elle ne révèle ses manigances intéressées.

     Dans le village – au sein duquel ils avaient envisagés de voler quelques denrées – ligotés à la poutre d’une cabane, Sidney Poitiers & Tony Curtis nous évoquent soudain Samuel L.Jackson & Bruce Willis dans Une journée en enfer. Le plan qui les cadre dos à dos est similaire, les vannes raciales sont les sensiblement les mêmes. Je suis tenté de penser que McTiernan a vu La chaine, de Stanley Kramer.

     Un autre qui a pu s’en inspirer, mais en lui ôtant sa problématique centrale un noir / un blanc c’est Patrice Leconte, qui avec Les spécialistes racontait les mésaventures enchainés de deux forçats – incarnés par Gérard Lanvin & Bernard Giraudeau – évadés d’un convoi accidenté. Dans ce film aussi, une fois détachés, ils n’allaient plus se quitter. J’ai grandi avec ces deux films. Et si aujourd’hui j’en aime un infiniment plus que l’autre, je ne pouvais pas ne pas les évoquer ici tant j’ai passé l’intégralité du Kramer à penser à eux.

     Quoiqu’il en soit j’ai adoré La chaine, de Stanley Kramer. Plus encore que le très beau Devine qui vient diner, qu’il réalisera dix années plus tard. Sans doute car je préfère l’univers en mouvement de l’un (forêt, village perdu, glaisière, marécages, voie ferrée) au huis clos familial de l’autre. Quand bien même les deux films aient une base similaire. Et puis La chaine est un buddy movie parfait, quasi séminal : Les deux héros partagent une chaine et se détestent. Et lorsque celle-ci se brise, l’amitié les gagne.


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