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Archives pour 3 avril, 2020

Nous (Menk) – Artavazd Pelechian – 1969

25. Nous - Menk - Artavazd Pelechian - 1969Cosmos.

   7.0   Dans une démarche frénétique plus canalisée, Nous témoigne une nouvelle fois de l’originalité folle d’un auteur en marge, véritable magicien du montage, véritable orchestration musicale, même lorsque la musique n’est pas, comme ici. C’est un film très sonore en effet, dénué de paroles – Ce que n’aura cessé de faire Pelechian, à travers son œuvre pour le moins ramassée – mais sa musicalité s’en remet cette fois aux bribes du réel, à la manière d’une musique concrète. Il suffit que l’on passe du plan d’une montagne à celui d’une explosion pour comprendre son ambivalence, son attirance pour la beauté et la cruauté. Que l’on voit le visage grave d’un enfant remplacé par une cérémonie funéraire pour apprivoiser tout son caractère humaniste et mortifère. Un peu comme lorsque cet homme, sur sa mobylette, semble disparaître dans le nuage de gaz d’échappement produit par le camion qui le précède dans un embouteillage. Le Nous du titre, c’est bien entendu le peuple arménien, mais c’est aussi l’histoire du XXe siècle, c’est toute l’humanité, condensés dans un regard, une explosion, une disparition, une répétition, une étreinte et des larmes, de tristesse (d’un visage enfantin) et de joie (de retrouvailles). Ce montage incroyable permet au film d’être touché par la grâce tant il semble idéalement accordé aux variables qui animent l’humanité toute entière. C’est puissant.

Au début (Skisb) – Artavazd Pelechian – 1967

24. Au début - Skisb - Artavazd Pelechian - 1967Je pense donc je suis.

   6.0   Pour le cinquantième anniversaire de la Révolution d’Octobre, Pelechian réalise cet essai fulgurant, dix minutes expérimentales, au rythme d’un montage effréné fait d’images d’archives, extraits de fictions préexistantes et prises de vues réelles, bref de sources infinies, assemblées ici dans un catalogue endiablé, quasi subliminal. La musique et les divers effets sonores remplacent les commentaires. Aucune voix en effet, aucune donnée offerte pour servir de repère ni délimiter le contexte. Ça semble inspiré de Vertov (L’homme à la caméra) et avoir inspiré Reggio (Koyaanisquatsi). Il y a ce même désir de vitesse, d’image perturbée et de gravité générale. Rien d’étonnant à ce que le film se ferme sur le visage d’un enfant, ce même visage qui ouvrira Nous, deux ans plus tard.


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silencio


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