Archives pour avril 2020



Rendez-vous – André Téchiné – 1985

06. Rendez-vous - André Téchiné - 1985Ma provinciale fantôme.

   4.0   Téchiné et moi, énième rendez-vous manqué. Tout y est ampoulé, excessif, jusqu’aux interprétations (absolument toutes, Trintignant compris, c’est dire) qui m’ont semblé complètement à côté de la plaque, hyper affectées tandis que le récit méritait à mon humble avis, une fièvre plus canalisée, plus équilibrée.

     En définitive, je ne parviens jamais à m’attacher à ce parcours, celui de cette jeune provinciale (incarnée par Binoche) qui monte à Paris afin de devenir actrice de théâtre et faire son éducation sentimentale et artistique. Encore moins aux rencontres variées qui ornent son chemin, à savoir les deux garçons qui la logent, l’amoureux timide et le ténébreux suicidaire. Wadeck Stanczak et Lambert Wilson m’ont chacun paru trop détraqués dans leur style respectif ; et les mécanismes d’écriture trop programmatiques : L’un sera évidemment l’amant, l’autre sera le rejeté, ça clignote dès qu’on les voit apparaître.

     Si l’ensemble ne fonctionne donc pas sur moi, il y a des choses ci et là que je trouve très belles malgré tout, originales, risquées dans la façon qu’a le film de manier ce romanesque écorché, hystérique, notamment l’aspect théâtral quasi opératique dans le jeu mais aussi dans les apparitions de la seconde partie, où les vivants côtoient les morts. Il y a aussi cette troublante scène de sexe. Des trouées qui impressionnent, à défaut d’émouvoir.

     Mais j’y croyais davantage, pourtant, car Assayas est coscénariste et que sur le papier cette alliance intrigue. Mais dans un canevas aussi similaire qu’avancé, Sils Maria, trente ans plus tard ce sera autre chose de nettement plus fort. Au final je reste tellement à distance de Rendez-vous, que je ne sais plus si le film est mal écrit ou mal narré. Bref, une fois encore, c’est un non. J’ai vraiment un problème avec Téchiné.

Le voyou – Claude Lelouch – 1970

41. Le voyou - Claude Lelouch - 1970Itinéraire d’un gangster soigné.

   6.5   Un excellent Lelouch. Une sorte de Pulp fiction à la française, avec vingt-cinq années d’avance. L’intensité n’est pas du même calibre, certes, l’humour et la virtuosité non plus, mais il y a cette volonté de jouer avec le montage, de perturber la linéarité de la narration. Ainsi le film inverse la chronologie afin vers la moitié de procéder, via un flash-back invisible, à une plongée cinq ans auparavant. Une histoire de kidnapping organisé un peu raté, qui file jusqu’à l’emprisonnement de Simon, dit Le suisse.

     Mais Le voyou s’ouvre sur son évasion de prison, puis son retrait chez une inconnue qui n’est autre que la jeune femme qu’il embrassa au cinéma dans lequel il se réfugia, pour ne pas se faire repérer. Un cinéma qui projetait une comédie musicale fictive nommée « Le voyou ». Séance préférée à celle de L’aveu, de Gavras, comme si Lelouch choisissait à la fois la fiction et le fantasme. C’est très beau. Et ce d’autant plus que ça enveloppe complètement le film. Mais c’est aussi de ses brèves retrouvailles avec son amie d’antan et leur enfant qu’il n’a pas vu naître, dont il s’agit.  Ainsi que la récupération d’une mystérieuse mallette noire (tiens, tiens…) puis de ses retrouvailles avec son complice qui ravivera cette aventure.

     Si Le voyou, de Lelouch fonctionne si bien c’est en grande partie via la présence de ses immenses comédiens avec au sommet, bien sûr, Jean-Louis Trintignant (Simon, le ravisseur, cynique et séducteur) & Charles Denner (Gallois, le chef d’orchestre déguisé en victime) absolument extraordinaires. Tous deux merveilleusement secondés par deux actrices (au parcours très différent) sensuelles et mystérieuses, que sont Danièle Delorme & Christine Cochet, chacune dans leur style (grave ou léger) et leur partie de récit / temporalité.

Charlie et la chocolaterie (Charlie and the chocolate factory) – Tim Burton – 2005

40. Charlie et la chocolaterie - Charlie and the chocolate factory - Tim Burton - 2005Ugly in brown.

   2.5   Après avoir vu et aimé Dumbo, le dernier Burton en date, je me suis senti poussé des ailes. Désolé. Je me suis surtout demandé si ce n’était pas le moment idéal pour revoir ce machin que j’avais trouvé complètement nul il y a quinze ans. Et purée ce que c’est mauvais. Pire que dans mes souvenirs. Alors au début ça peut aller : Le décor penché de cette petite maison est plutôt réussi. Les vieux qui y logent forment une jolie bande de révoltés octogénaires. Mais dès qu’on entre dans la fabrique, tout est catastrophique. Plastiquement c’est laid. Johnny Depp est insupportable. Chacun des flashbacks qui concernent Willy Wonka, son personnage, sont indigestes. Quant aux chansons moralisatrices des oompa-loompas, programmées à chaque disparition d’un enfant, c’est probablement le truc le plus consternant que Burton ait jamais crée. Alors on s’en remet au jeu des devinettes : Lequel restera en finale contre Charlie ? C’est dire le niveau de l’entreprise. Et pour parfaire le mauvais goût, voilà que le film cite avec une lourdeur infâme, 2001 l’odyssée de l’espace. Bref, c’est très mauvais. Et puis cet humour de bébé omniprésent, ce cynisme de pacotille. On est loin de la subversion des premiers Burton.

Volcano – Mick Jackson – 1997

36. Volcano - Mick Jackson - 1997Je m’en lave les mains.

   3.0   Contrairement à l’agréable revoyure du Pic de Dante, ce fut un petit calvaire de se coltiner à nouveau Volcano, de Mick Jackson. Pas de déception néanmoins, puisque je n’étais pas attaché à celui-ci, je le trouvais déjà pas terrible à sa sortie. Mais une impression de gâchis permanent tant le film est raté de partout, aussi bien dans sa mise en place (Peut-on faire pire introduction de film catastrophe que celle-ci ?) que dans son écriture de personnages ou dans son glissement vers l’éruption volcanique. C’est simple, rien ne fonctionne. Tout est frénétique à te coller la migraine et la gerbe. Et on y reprend toutes les tares du genre puissance dix : Plusieurs épisodes avec des enfants, larmes à l’appui ; des chiens, toujours des chiens ; Un petit sacrifice ici, des héroïsmes incohérents là ; L’antihéros qui crève salement, le héros qui survit à tout. Le tout saupoudré d’une pincée de lutte contre le racisme avec en point d’orgue, lors du climat post apocalyptique, un gamin qui dira que sous les cendres on se ressemble tous, accompagné par les violons d’un Silvestri aussi subtil et peu inspiré que le reste.

     Volcano c’est aussi un budget lave conséquent, usé jusqu’à la moelle : Geyser, rivière, effusion. Lave dans les rues, les lacs, les souterrains du métro. C’est du n’importe quoi. Et Tommy Lee Jones, quasi partout, qui gesticule et grimace comme c’est pas permis, il joue beaucoup moins bien que la lave, lui. Et le sommet de l’inutilité c’est évidemment toutes ces scènes, ultra brèves à chaque fois, dans la salle de contrôle. Si ce n’est pour y voir le toujours excellent Don Cheadle, elles servent à quoi, concrètement, sur le plan narratif ? Y avait peut-être un truc de plus original à faire en tirant le film vers le pamphlet contre les médias ? Peut-être car on sent que ça le fascine un peu, Mick Jackson, mais même ça c’est traité par-dessus la jambe. De toute façon, sur le papier, ce volcan imaginaire qui sort sous Los Angeles ça ne sentait pas bon. Ceci étant ça fait un beau nanar de luxe : La scène où Anne Heche et TLJ sont suspendus au-dessus de la lave en fusion, accrochés à une échelle de camion de pompiers, vaut son pesant de lave.

Le pic de Dante (Dante’s peak) – Roger Donaldson – 1997

35. Le pic de Dante - Dante's peak - Roger Donaldson - 1997La montagne fâchée.

   5.0   Gageons qu’à l’époque, la présence de Sarah Connor & James Bond au casting d’un film catastrophe ça devait impressionner. Et m’impressionner par la même occasion, tant je vouais un culte à Terminator 2 (que je considère toujours comme un chef d’œuvre absolu) et Goldeneye (qui est resté l’un de mes préférés de la franchise).

     Je l’ai beaucoup vu, ce film. Pas sûr que je le trouvais bon, en fait, mais j’aimais trop les films Catastrophe pour m’en passer. Et c’est assez fidèle au flou souvenir que j’en gardais : Une première partie plutôt bien ficelée, charpentée, attachante, aménageant un beau crescendo, jusqu’au nuage pyroclastique ; et une seconde plus grandiloquente et épuisante.

     Le pic de Dante est par ailleurs assez proche de Twister, dans sa structure et sa volonté de rester en priorité aux côtés de sa bande de spécialistes chevronnés. A la différence qu’ici, la comédie de remariage s’effectue sur le terrain de la famille recomposée : Linda Hamilton (maire de la petite ville de Dante’s peak) et Brosnan (Volcanologue engagé pour mesurer l’activité sismique du secteur) sont tous deux seuls, bloqués par leur passé respectif, une histoire d’amour déchue, trop imposante, qui a laissé des traces.

     Le film réussit donc assez bien cette partie-là : Leur rencontre et la montée imperceptible de la tension. Avec ce petit côté Jaws pas très utile visant à élever le héros contre tous (Très rapidement il propose de faire évacuer la ville) et notamment ceux qui parlent économie et politique. La résonance avec notre actualité en plein Covid-19 interpelle, mais l’idée n’est que trop partiellement traitée pour déboucher sur quelque chose de complexe, concret, engagé.

     Et c’est lorsque le volcan s’embrase, par étapes, que le film se vautre un peu, puis beaucoup, noyé dans le ridicule de situations beaucoup trop invraisemblables : La traversée en 4×4 sur une lave noire encore vive, en barque sur un lac d’acide ou en voiture sur une route écrasée par des avalanches de pierres. Il faut être solide pour encaisser tout ça. Point culminant atteint lors de l’éruption explosive du volcan.

     Autre chose : Le film ne peut s’empêcher de forcer sur les stéréotypes du genre, en l’abreuvant d’enfants, d’un chien, du sacrifice d’une vieille dame et bien entendu de la punition de l’antagoniste, ici le volcanologue prudent, trop récalcitrant. Tout est vraiment trop programmatique.

     Mais l’ensemble reste généreux, plutôt bien rythmé, les effets spéciaux relativement corrects, ne sont pas sur utilisés : C’est sans doute ce qui différencie Dante’s peak d’un San Andreas, en fait, le film n’est pas noyé dans une surenchère numérique, c’est déjà ça. Et puis surtout je le voyais quand j’étais gamin, donc je serai toujours plus indulgent à son égard.

Tempête à Washington (Advise & consent) – Otto Preminger – 1962

31. Tempête à Washington - Advise & consent - Otto Preminger - 1962L’étau au Sénat.

   7.0   C’est un film de procédure politique absolument passionnant, impressionnant, dense, d’une précision quasi documentaire, qui révèle à mesure toute sa tragique absurdité. Preminger nous plonge dans les coulisses du pouvoir, manipule son dispositif à merveille, dispose ses pions, les héroïse et/ou les condamne. Entre obsession de la guerre froide et chasse aux sorcières, l’envergure est colossale puisqu’il s’agit d’hommes d’état dont la carrière est prise dans un engrenage dangereux, provoqué par les soupçons et les polémiques, faux témoignages et troubles plus ou moins inavouables de leurs passés respectifs. Le film surprend par sa construction. On croit d’abord qu’on restera proche de Leffingwell (Henry Fonda) l’homme en question que le président souhaite nommer secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Puis c’est aux crochets de l’opposition que le film glisse, en compagnie d’un sénateur cynique et maccarthyste, incarné par Charles Laughton, qui souhaite le faire tomber pour antécédents communistes. Avant que le film prenne à nouveau une autre direction, en s’attachant à un sénateur menaçant, mais plus menacé encore, lorsqu’on s’apprête à rendre public ses tendances homosexuelles. Le film est froid, fort, implacable.

La ritournelle – Marc Fitoussi – 2014

34. La ritournelle - Marc Fitoussi - 2014Une femme disparaît (ou presque).

   6.0   Brigitte (Hupert) et Xavier (Daroussin) sont éleveurs de bovins depuis toujours. Ils vivent dans un patelin normand tandis que leur grand garçon s’est envolé pour Paris afin de suivre son rêve de devenir acrobate. Ce différend de filiation est à la fois générique dans La ritournelle (Le personnage du fils n’existe pas beaucoup) mais il plane sur le récit tout entier et notamment sur le conflit contenu existant entre Hupert & Daroussin.

     Contrariée par une plaque d’eczéma inquiétante qu’elle procrastine de montrer à un médecin, Brigitte rêve soudain d’un rab de jeunesse tardive et le temps d’une escapade parisienne, se laisse séduire par un étudiant raté (irrésistible Pio Marmaï, comme d’habitude) puis par un voisin de chambre d’hôtel (classe danoise incarnée par Michael Niqvist), avant de revenir in extremis vers sa vie paysanne, son homme, un peu comme lui l’avait semble t-il aussi fait jadis.

     Il faut du temps au film pour capter cette émotion entre ces deux-là, émotion qui jaillira en deux temps (mais aussi via le fils et l’amant éphémère) dans l’attendu programme de la comédie de remariage, mais bien jaillir, c’est l’essentiel. Car auparavant, le film suit Brigitte dans ses rencontres et évaporations successives. S’il n’est pas toujours très juste, notamment dans certains de ses dialogues et situations mécaniques, il se rachète régulièrement. Et comme il est assez émouvant, le rachat est double. Donc sans trouver ça inoubliable, son charme, élégant et modeste, m’a séduit.

USS Alabama (Crimson Tide) – Tony Scott – 1995

30. USS Alabama - Crimson Tide - Tony Scott - 1995Torpilles dans le Pacifique.

   4.0   Quand bien même le pitch nous y convie (Une affaire de dissuasion nucléaire et de message indéchiffrable, entre sous-marin lanceurs d’engins) il s’agit en définitive moins d’un film de sous-marin ni même d’un film de guerre – Ne pas le comparer à Das boot, ne pas le comparer à Das boot – que d’un essai musclé, parfaitement hollywoodien, sur la cohabitation politique et l’ego trip de stars. C’est sa force et sa faiblesse. L’affrontement post guerre froide (le récit se déroule de nos jours, en 1995 donc) se joue moins entre russes et américains qu’à l’intérieur même de ce submersible, entre le commandant et son second, l’un plutôt démocrate, l’autre ouvertement républicain, ayant chacun leur propre vision de la guerre, pour faire vite. Mais l’affrontement se joue aussi dans la volonté pour Gene Hackman & Denzel Washington de s’octroyer le premier rôle – Ils cabotinent tous les deux, chacun dans leur registre. Donc d’un point de vue théorique, le film est assez savoureux. C’est le reste qui pèche sévèrement, ce qui est plutôt surprenant de la part de Scott, qui a souvent montré qu’il savait faire le boulot sur ce point : Si Jours de tonnerre tient un peu la route, c’est en grande partie pour ses courses. Ici rien ne fonctionne. Tout est beauf et terne ; les dialogues autant que l’action, ces grandes phrases insipides et cette bouillie musicale illustrative signée Hans Zimmer, qu’il recyclera toute entière dans Rock. On sent que Scott fait tout juste le job pour servir la soupe à Bruckheimer mais c’est vraiment paresseux.

K19, Le piège des profondeurs (K-19, The Widowmaker) – Kathryn Bigelow – 2002

29. K19, Le piège des profondeurs - K-19, The Widowmaker - Kathryn Bigelow - 2002La guigne en profondeur.

   5.5   Clairement un Bigelow bas de gamme, mais loin d’être mauvais, contrairement aux vagues souvenirs que j’en gardais. Le film est beaucoup trop long, mal équilibré, surchargé de musique, c’est vrai, mais il se suit aisément, il y a un certain savoir-faire. K19 c’est aussi un film de sujet. Sans doute que ça l’écrase. Qu’importe, c’est tout à l’honneur de la réalisatrice de Point Break de s’en être emparé.

     S’il n’est pas toujours très bien représenté, on pouvait compter sur Bigelow pour tirer quelque chose du film de sous-marin. Avec K19 on est sans doute trop dans l’américanisation du genre, il y sera malheureusement plus que tout question d’honneur, de sacrifice, de héros, d’entente complémentaire. Avec une particularité de taille, tout de même : Cette histoire se déroule du côté des russes, dans un équipage à la solde de Khrouchtchev, qui a l’objectif de répondre aux forces américaines par dissuasion nucléaire.

     On est en 1961, le submersible en exercice transporte donc des ogives mais son voyage se trouve bientôt contrarié par une avarie au cœur de son réacteur. Cette partie réparation du monstre et combat contre la radioactivité est ce que le film réussit de plus intéressant, il y a une vraie tension doublée d’une attention à l’architecture confinée du lieu, ses couloirs, ses écoutilles. On en oublie le sujet même. De nombreux marines se succèdent, afin de poser un circuit de dérivation et des soudures en zone gravement exposées aux radiations.

     Dommage qu’il faille accompagné tout cela d’un affrontement admiratif entre Harrison Ford et Liam Neeson, capitaine et commandant, un poil trop sur le devant de la scène. La fin échoue d’ailleurs dans ce lourd dispositif et n’en finit plus de finir. Les plus sceptiques trouveront que les américains ont trop le bon rôle, les russes celui que l’on moque (bataille d’égos, erreurs en pagaille, équipage incompétent) mais ce serait oublié que le film parvient à faire exister ce groupe, à les rendre humains, fragiles, faillibles, quelque soit leurs grades.

     Que l’intégralité des personnages, russes donc, parlent uniquement l’anglais, est un autre problème. Disons que ça gêne au début puis qu’on s’y fait – comme on s’y faisait progressivement récemment devant la série Chernobyl. Mais on peut trouver le contexte doublement difficile à avaler, entre la langue et le concours de bites entre Gui-Gon & Indiana Jones : Difficile d’attendre de Bigelow qu’elle fasse autre chose que du Bigelow, c’est musclé, testostéroné, on le sait.

     Mais justement : Le fait est que K19 est un film américain. Que le point de vue sur cette histoire russe est américain. En somme, prendre des acteurs anglo-saxons se tient. Mais oui, ça reste un Bigelow mineur (mais cher, donc un échec financier important) surtout au regard de ses trois dernières réussites en date que sont Démineurs, Zero dark thirty & Detroit.

Vénus beauté (institut) – Tonie Marshall – 1999

Jacques Bonnaffé, Nathalie BayePeau de femme cœur de pierre.

   5.0   J’avais le souvenir lointain d’avoir détesté. En fait c’est pas si mal. C’est très inégal, souvent trop écrit, chargé en dialogues un brin lourdingues, et formellement c’est assez fade, qu’on navigue à l’intérieur du salon de beauté ou en dehors. Et puis le film se laisse parfois aller à des tentations laborieuses, à l’image du running-gag Mme Buisse, la cliente exhibitionniste. Mais il y a quelques trouées et fulgurances, sur un regard, un détail. C’est assez paradoxal d’ailleurs que les instants les plus réussis soient aussi ceux qui soient les plus artificiels, à savoir tout ce qui se déroule dans l’institut, la succession de clients habitués, les interactions entre les « filles » comme les surnomme leur patronne, incarnée par Bulle Ogier, qui agit en douce maquerelle ensorceleuse. Le cœur du film c’est bien cet institut, son quotidien, mais Tonie Marshall n’y croit pas tellement. Il faut qu’elle en sorte. Mais tout ce qui se déroule en dehors, concerne beaucoup trop Angèle (Nathalie Baye) ce cœur de pierre au passé cruel et trouble, cette esthéticienne qui peut fermer la boutique et disparaître derrière un bus comme par enchantement, pour qu’on ait le temps de s’y attacher. Si le film repose en grande partie sur son interprétation féminine, dommage qu’il s’intéresse si peu aux autres filles, à Samantha, Marie ou Nadine, en somme.

 

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